Soudage/Énergie de soudage

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LE SOUDAGE

Cet ouvrage fait partie de la collection Technologie

Sources d'énergie électrique[modifier | modifier le wikicode]

Arc électrique[modifier | modifier le wikicode]

Beaucoup de procédés de soudage utilisent l'arc électrique comme source d'énergie de fusion car la chaleur de l'arc peut être facilement concentrée et maîtrisée. La physique du transfert de métal à travers un arc électrique a été largement étudiée au cours du XXe siècle. L'arc électrique consiste en un flot relativement élevé de courant électrique maintenu à travers une colonne de gaz ionisé appelé plasma.

La puissance d'un arc peut être exprimée en unités électriques comme le produit de la tension aux bornes de l'arc par le courant passant à travers l'arc. Pour des valeurs données de 23 volts de tension d'arc et de 200 ampères d'intensité, la puissance calculée de l'arc électrique est de 4600 watts. La température de l'arc peut atteindre 3.000°C. Toute cette puissance brute engendrée par l'arc électrique n'est pas utilisée de manière effective dans les procédés de soudage. Le taux d'efficacité d'utilisation de la chaleur peut varier de 20 à 90 % selon les propriétés de convection, de conduction, de radiation ainsi que les projections responsables de ces pertes de chaleur. Par exemple, le taux d'efficacité d'utilisation de la chaleur est relativement faible en soudage TIG, moyen en soudage à l'électrode enrobée et élevé à l'arc sous flux pulvérulent.

L'utilisation d'un arc plasma (ou d'une torche plasma) comme source de chaleur est plus récente. L'arc plasma s'obtient par constriction d'un arc électrique dans un vortex de gaz plasmagène (hélium, argon) créé par une tuyère intégrée aux torches plasma. C'est donc au moyen de forces mécaniques exercées sur l'arc électrique que celui-ci passe à l'état de plasma. La température de l'arc plasma peut atteindre 25.000°C.

L'effet joule[modifier | modifier le wikicode]

L'effet Joule est utilisé dans différents procédés de soudage comme les procédés de soudage par résistance, "électrogas" et "électroslag". Dans le cas du soudage par résistance l'énergie mise en œuvre s'exprime comme suit :

avec :

Énergie générée en joules ou watts.seconde,
Courant électrique en ampères,
Résistance électrique au droit des électrodes en ohms,
Temps pendant lequel le courant électrique est établi entre les électrodes.

Dans le cas du soudage "électrogas" ou "électroslag" l'énergie mise en œuvre s'exprime comme suit :

avec :

Énergie générée en joules ou watts.seconde,
Tension de soudage, en volts, aux bornes de la résistance formée par le bain en fusion,
Intensité, en ampères, traversant le bain de fusion,
Temps pendant lequel le courant électrique est établi.

Sources d'énergie chimique[modifier | modifier le wikicode]

La flamme[modifier | modifier le wikicode]

Dans le cas du soudage à la flamme de l'acier, celle-ci doit posséder deux caractéristiques qui sont :

  • La capacité à atteindre la température de fusion, et
  • La capacité à maîtriser l'atmosphère environnant le bain de fusion.

Différents gaz combustibles sont utilisés, les flammes résultantes peuvent être classées selon le maximum de température atteint par une flamme neutre :

Nature du gaz Flamme neutre
Nom °C Max °C
Acétylène 3102 3100
MAPP 2902 2600
Propylène 2857 2500
Hydrogène 2871 2390
Propane 2777 2450
GNL/méthane 2742 2350

La réaction de combustion de l'acétylène dans l'oxygène se produit en deux étapes. La première réaction se produit juste en sortie du bec du chalumeau dans le cône lumineux bleuté (dard) de la flamme. Elle est le résultat de la combustion du mélange oxygène/acétylène tel qu'effectué par les réglages du chalumeau. Cette réaction est oxydante, le dard ne doit jamais être maintenu en contact avec la pièces à souder.

C2H2 + O2 → 2CO + H2 + 448 kJ/mol

Les produits de combustion issus de la première réaction brûlent dans l'oxygène de l'air pour former le panache de la flamme. Selon les réglages du chalumeau le panache peut être oxydant, neutre ou réducteur. La température maximum de la flamme se situe à 2 mm du sommet du dard, dans le panache de la flamme.

4CO + 2H2 + 3O2 → 4CO2 + 2H2 + 812 kJ/mol

La chaleur totale fournie par la flamme oxyacétylèninque est de 1260 kJ/mol. La première réaction fournit 36% de la chaleur totale.

La réaction exothermique[modifier | modifier le wikicode]

La soudure exothermique regroupe tous les procédés qui utilisent une source de chaleur obtenue par une réaction chimique exothermique créée entre les bords de pièces à souder. L'exemple le plus représentatif de l'utilisation de ce procédé est le raboutage de rails de chemins de fer.

Les réactions exothermiques les plus couramment réalisées sont les suivantes :

A base d'oxydes de fer et d'aluminium :

3Fe3O4 + 8Al → 9Fe + 4Al2O3 + 3010 kJ/mol (3088°C)
3FeO + 2Al → 3Fe + Al2O3 + 783 kJ/mol (2500°C)
Fe2O3 + 2Al → 2Fe + Al2O3 + 759 kJ/mol (2960°C)

A base d'oxydes de cuivre et d'aluminium :

3CuO + 2Al → 3Cu + Al2O3 + 1152 kJ/mol (4866°C)
3Cu2O + 2Al → 6Cu + Al2O3 + 1089 kJ/mol (3138°C)

A base de l'oxyde de nickel et d'aluminium :

3NiO + 2Al → 3Ni + Al2O3 + 864 kJ/mol (3171°C)

A base de l'oxyde de chrome et d'aluminium :

Cr2O3 + 2Al → 2Cr + Al2O3 + 2287 kJ/mol (2977°C)

A base d'oxydes de manganèse et d'aluminium :

3MnO + 2Al → 3Mn + Al2O3 + 1686 kJ/mol (2427°C)
3MnO2 + 4Al → 3Mn + 2Al2O3 + 4356 kJ/mol (4993°C)


Voir aussi[modifier | modifier le wikicode]


< Soudage par frictionThermique du soudage >