Vol balistique et missiles balistiques/Cas particuliers

Un livre de Wikilivres.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche


Modification de trajectoire dans l’atmosphère[modifier | modifier le wikicode]

Si l’objectif des missiles balistiques de dernière génération est de faire pénétrer leurs armes nucléaires à la plus grande vitesse possible dans l’atmosphère pour y dénier toute interception et les rendre imparables, certains modes d’utilisation de l’atmosphère peuvent offrir des avantages militaires importants.

Provoquer un rebond (missile semi-balistique)[modifier | modifier le wikicode]

Missile balistique 27.png

C’est le cas des missiles balistiques de première génération, plus simples et potentiellement moins onéreux et donc accessibles en plus grand nombre, que l’on rend capables de rebondir sur l’atmosphère en leur donnant une portée plus grande que celle offerte par le seul vol balistique. Ce faisant, on les rend encore plus difficiles à intercepter (schéma ci-contre de principe, sans respect d’échelle).

Ce rebond a été très tôt envisagé par les allemands. Dans les développements envisagés du V2, une version ailée du modèle A4 donnait une capacité de rebond dans l’atmosphère. Elle était irréalisable à l’époque, la technologie étant loin d’être au rendez-vous et alors qu'aucun moyen de navigation n'autorisait la précision de trajectoire nécessaire.

Les missiles semi-balistiques actuels de technologie très avancée - mono-étages et mono-corps, et donc de portées dites faibles - bénéficient:

  • d’une légèreté de structure et d’une puissance de propulsion leur donnant des vitesses d’au moins deux fois supérieure à tout avion de combat;
  • de moyens de navigation (dont la navigation par satellites) leur autorisant une très grande précision au but.

Ce sont des engins redoutables.

Un missile semi-balistique tiré en A termine en B sa phase propulsée. Lié à son arme, il suit une trajectoire quasiment balistique de par la faible résistance de l’air aux très hautes altitudes. Après l’apogée il attend que l’air devienne suffisamment dense pour provoquer un rebond en C1 suivi d’une courte phase à dominante balistique. En C2, il utilise pleinement l’aérodynamique et les moyens de recalage les plus modernes pour faire but de façon particulièrement précise.

Corriger de faibles écarts (précision accrue)[modifier | modifier le wikicode]

Profil de vol du Hypersonic Technology Vehicle 2 testé en 2010 et 2011 par la DARPA.

La rentrée dans l’atmosphère peut être uniquement utilisée pour accroître la précision, sans chercher à augmenter la portée rendue notamment suffisante par les missiles balistiques à deux étages et arme séparée.

On parle alors d’ogive manœuvrante. Elle est dotée d’ailerons et de capacités de détection, de suivi et de navigation assurant le tir au but.

Accroître la capacité de tir à une portée déjà significative intéresse les charges nucléaires (c’était le cas du Pershing II) mais surtout les charges d’explosifs classiques ou les ogives utilisant l'énergie cinétique, dans deux cas :

  • contre de grands navires de combat (porte-avions) se déplaçant. L’ogive doit donc reconnaître la cible et l’intercepter. L’intérêt du missile balistique tient dans la très grand vitesse de l’ogive qui interdit toute défense ;
  • contre des objectifs lointains momentanément fixes imposant peu d’effets collatéraux et donc une très grande précision. L’intérêt du missile balistique de moyenne portée réside dans son temps de réponse (une dizaine de minutes), de beaucoup plus bref que l’intervention d’un avion bombardier dans de nombreux cas mettant en œuvre les forces spéciales.