La documentation/Rédaction technique/Quelques questions préliminaires

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Ce chapitre est commun aux livres Rédaction technique et Du bon usage d'un traitement de texte.


Avant d'entamer la rédaction d'un document, il est utile de se poser quelques questions[modifier | modifier le wikitexte]

Quels objectifs se fixe-t-on ? Pour quel public-cible (enfants, adultes, experts, débutants, etc.)  ? Quels choix faire pour répondre aux souhaits ou besoins des auteurs et des lecteurs ?

On peut lister un certain nombre de questions basiques de type

  • « quoi ? » (de quoi parle-ton ?),
  • « qui ? » (qui fait ?… pour qui ?),
  • « quand ? », « où? » (dans quelle circonstance sera-t-il lu),
  • « pourquoi ? » (causes),
  • « pour quoi ? » (finalités),
  • « combien ? » (aspects quantitatifs, coûts, etc.).

Ces choix vont déterminer une grande partie du travail, dont le choix du logiciel, du format de fichier, des fontes, des illustrations, …

Vocabulaire utile[modifier | modifier le wikitexte]

Les traitements de texte utilisent rarement le vocabulaire des typographes, pourtant plus précis, ce qui peut induire des erreurs.
Voici quelques définitions de termes typographiques (Glossaire de typographie) :

  • fonte :
    • police : famille de forme des caractères (Times New Roman, Courier, Arial, …),
    • corps : taille de police (10pt, 12pt, …) ;
    • graisse : épaisseur du caractère, graisse moyenne (caractère « normal ») ou caractère gras,
    • romain : caractère droit, par opposition à italique,
    • italique : caractère penché,
    • supérieur : en exposant (petit caractère en haut),
    • capitale : « majuscule » ;
  • composition : format de paragraphe :
    • en drapeau : aligné à gauche (drapeau droit) ou à droite (drapeau gauche), gauche et droite désignant le côté ou le texte flotte (comme un drapeau)
    • au fer à droite : aligné à droite,
    • au fer à gauche : aligné à gauche,
    • justifié : aligné à gauche et à droite,
    • en alinéa : paragraphe justifié avec première ligne en retrait, pas d'espace entre les paragraphes,
    • en pavé : paragraphe entièrement justifié, avec espace entre les paragraphes.

Travailler seul ou à plusieurs[modifier | modifier le wikitexte]

Si vous travaillez seul et que vous assurez vous-même l'impression avec votre imprimante, vous avez toute liberté. Votre système est en général compatible et vous pouvez progresser par tâtonnement pour faire des choix.

Le cas est différent si vous travaillez à plusieurs auteurs, ou si vous déléguez le travail d'impression, voire plus, par exemple si vous soumettez un article à un journal, un texte à un éditeur, ou si vous désirez travailler avec un imprimeur.

Se posent alors les questions suivantes :

  • quel logiciel utiliser ?
    • un traitement de texte ou un logiciel de pagination assistée par ordinateur (PAO) ? Devez-vous faire la mise en page finale, ou simplement fournir le texte et les images, la mise en page étant assurée par l'éditeur ou l'imprimeur ?
    • tout le monde possède-t-il le logiciel en question, les versions sont-elles compatibles ? Même si tout le monde a le même logiciel (ex Microsoft Word ou OpenOffice.org Writer), il peut y avoir des incompatibilités liées à la version (1997, 2000, 2003, 2007, …), aux paramètres régionaux (pays, langue) ou au système d'exploitation ;
  • quel format de fichier ? le format par défaut du logiciel répond-il aux besoins de l'éditeur, imprimeur ou autre destinataire ?
    • si le document n'est pas utilisé tel-quel mais importé (par exemple si le texte est importé dans un logiciel de PAO), le prestataire (éditeur, imprimeur) dispose-t-il des filtres d'importation gérant votre format de fichier, votre mise en forme ?
  • le choix du format de papier (livre, livret, tract ou prospectus « flyer », affiche « poster ») : un imprimeur imprime sur de grandes feuilles (typiquement 70×100 cm ou 40×64 cm), le nombre de pages imprimables sur une feuille (imposition), et l'excédent jeté (chutes), déterminent une partie du prix de l'impression ;
  • le choix des fontes : tout le monde possède-t-il ces fontes ? L'imprimante gère-t-elle ces fontes ? Pour l'imprimeur, vaut-il mieux une police TrueType, PostScript, OpenType ? Voir aussi les restrictions pour le format PDF ci-après ;
  • format et rendu des images : le rendu à l'écran est souvent très différent du rendu à l'impression. La question est donc primordiale.

Si vous travaillez avec un imprimeur ou une maison d'édition, il est important de dialoguer avec eux pour avoir leurs conseils. Si vous déléguez une partie du travail à l'imprimeur, vous aurez un travail a priori de qualité (et facturé), mais l'imprimeur sera — probablement — le propriétaire du fichier final, donc de la mise en forme ; si vous désirez réimprimer le document (ou bien une version mise à jour) chez un autre imprimeur, il faudra repayer la mise en page complète.
Demandez toujours l'impression d'une page test contenant les différentes mises en forme et une image.

Quel mode de diffusion ?[modifier | modifier le wikitexte]

Si c'est un document papier, les questions suivantes se posent :

  • mode de manipulation, de rangement : un petit format se transporte facilement et se lit facilement dans les transports en commun ;
  • cible : un grand format permet des illustrations plus claire, plus détaillées, avec davantage d'informations ;
  • poids : efforts pour porter l'ouvrage, coût d'expédition plus élevé.

Si c'est un document électronique distribué par l'Internet (téléchargement Web ou ftp, mél) :

  • format : la personne dispose-t-elle d'un logiciel permettant de lire le format (universalité du format) ;
  • taille : coût de la mise à disposition (upload), du téléchargement (download), capacité des machines.

Certains formats ne sont pas compressés (le RTF par exemple), donc prennent beaucoup de place, mais les fichiers peuvent être compressés par une application extérieure (zippeur) ; il est inutile de compresser les formats déjà compressés, comme le PDF.

À propos du format PDF[modifier | modifier le wikitexte]

Les lecteurs de fichiers PDF connaissent par défaut les polices Times, Helvetica, Courier et Zapf Dingbats ; un document rédigé avec ces polices sera de fait « plus léger ». Cette solution de fonte par défaut devrait être réservée aux documents distribués de manière électronique : les imprimeurs n'apprécient pas l'absence de police dans un document PDF (les flasheuses ne possèdent que rarement les polices par défaut) [1] .

D'autre part, on n'a pas la garantie que la police sur l'ordinateur servant à la visualisation ou à l'impression soit installée (bien que les polices listées soient gratuites et courantes) et surtout qu'elle soient strictement identiques. [2][1].

Notons aussi que certaines fontes indiquent dans leur licence « print and preview only ». Cela signifie que la fonte ne sera pas incluse dans le fichier PDF, elle ne peut être utilisée que pour l'impression sur un ordinateur possédant la police.

Formats de fichier[modifier | modifier le wikitexte]

Le format par défaut d'un logiciel permet d'en exploiter au maximum les possibilités et de conserver chaque action réalisée ; cependant, il peut être spécifique à ce logiciel et donc difficilement échangeable avec des personnes qui ne le possédent pas. Il peut donc être intéressant d'utiliser un autre format universel :

  • le format RTF (Rich Text Format) ;
  • le format HTML ; le HTML engendré par les logiciels de traitement de texte est cependant souvent peu optimisé, voire non conforme aux spécifications du langage HTML, et cette méthode est déconseillée pour engendrer des pages Web ;
  • le format LaTeX : disponible sur toutes les plateformes, il peut être engendré par LyX ou bien tapé dans un éditeur de texte sans rendu immédiat (voir Programmation LaTeX) ; c'est sans doute la solution la plus robuste et donnant le meilleur rendu, mais l'interface graphique est peu attrayante ; il permet d'engendrer du DVI (format lisible avec des lecteurs disponibles gratuitement), du PostScript (PS) ou du PDF ;
  • le format PDF : il permet également de verrouiller le document (la mise en page est préservée et le document n'est modifiable que si l'on possède un logiciel idoine), mais il rend difficile la collaboration ; on peut réserver le format PDF pour la production finale et utiliser un autre format pour le travail.

Pour améliorer la compatibilité des documents, deux formats ouverts ont vu le jour :

Si la mise en page est déléguée, il suffit généralement de taper le texte « au kilomètre » et de l'enregistrer au format RTF. Le contenu sera ensuite intégré dans le document final et mis en forme à ce moment-là.

Charte graphique[modifier | modifier le wikitexte]

La charte graphique (corporate design) garantit l'uniformité d'un document ou d'une série de documents. C'est la description de la mise en forme : marges, fontes (police, corps, …), dispositions du texte (justifié, en alinéas ou en pavés, en drapeau au fer à gauche, …), couleurs, … et ce, selon la fonction de telle ou telle portion de texte (titres de chapitre ou de section, corps du texte, notes de bas de page, citations hors-paragraphe, formules mathématiques, …).

Notons que la notion de charte graphique est plus vaste que la création de documents et peut inclure également l'ordonnancement de lieux, la couleur des meubles, la manière de s'habiller, le positionnement de logos, … Nous nous limitons ici à la partie « règles typographiques », « consignes aux auteurs ».

C'est un document indispensable si vous travaillez à plusieurs mais il est intéressant même si vous travaillez seul : lorsque vous prenez une décision, vous en souviendrez-vous plus tard dans le document, ou pour un autre document ?

La séparation du fond et de la forme permet de garantir cette charte graphique par la définition d'un modèle (template) : fichier .dot (jusqu'à la version 2003) ou .dotx[2] sous Microsoft Word, ott[3] pour OpenOffice, et pour LaTeX classe (fichier .cls), extension (package, fichier .sty), ou fichier LaTeX (.tex) à inclure et contenant le préambule (avec la commande \input{nom_de_fichier}).

Si vous travaillez seul, vous pouvez très bien créer votre charte graphique au fur et à mesure de la création de votre document.

Si vous travaillez avec un organisme (association, éditeur, journal, administration, entreprise privée), vous devrez peut-être respecter une charte graphique et l'organisme pourra même, le cas échéant, vous fournir le modèle idoine. Il convient d'éclaircir ce point avant de commencer le travail.

La charte graphique devrait prévoir au moins les données suivantes :

  • document : dimensions de la page, dimension des blancs (marges) ;
  • corps de texte :
    • nombre de colonnes, gouttière (espace entre les colonnes) le cas échéant,
    • fonte : police (famille), corps, interligne,
    • composition : justifié ou en drapeau droit (aligné à gauche), en alinéa (avec retrait de paragraphe à la première ligne) ou en pavés (avec un interligne entre les paragraphes), avec ou sans lettrine ;
  • titres, selon le niveau : titre de l'ouvrage, titre de partie, titre de chapitre, titre de section, de sous-section, titre courant, … ; mêmes paramètres que pour le corps de texte, avec en plus
    • de possibles effets (couleurs, filets),
    • la possibilité de centrer ou d'aligner au fer à droite,
    • l'éventuelle numérotation (sans numérotation, numérotation de type 2.2.5, de type chapitre II section 2 sous-section e), …) ;
  • citations dans le texte : dans quels cas utiliser l'italique, dans quels cas utiliser les guillemets, quels guillemets utiliser (guillemets français « », guillemets anglais “”, guillemets allemands „“, …) ;
  • citations hors paragraphe : quelle police (en général un corps plus petit), quelle marge ;
  • légendes d'image, de tableaux : même paramètres que le corps de texte, avec en plus le positionnement (en général, au-dessus pour un tableau et en dessous pour une image), et le type de numérotation (recommencer à 1 à chaque chapitre, inclure le numéro du chapitre, …) ;
  • listes :
    • composition en sommaire (première ligne saillante) ou en alinéa (première ligne rentrante),
    • pour les listes numérotées : type de numérotation selon le niveau (par exemple chiffres arabes au premier niveau, lettres minuscules au deuxième niveau, chiffres romains minuscules au troisième niveau),
    • pour les listes non numérotées : caractère d'introduction (tiret demi-cadratin en typographie française, puce en typograpie anglosaxonne) ;
  • tableaux : type de filets (traits), police des éléments du tableau (en générale la même que pour le corps de texte, parfois d'un corps plus petit), police des titres de lignes et de colonnes ;
  • notes :
    • position : en bas de page, en marge, en fin de chapitre,
    • police : en général, de même famille que le texte mais d'un corps plus petit ;
  • bibliographie :
    • type de référence numérotation par ordre d'apparition, par ordre chronologique, mention des auteurs et année de parution, initiales des auteurs et année,
    • description de l'ouvrage : ordre des éléments, abréviations utilisées ;
  • formules mathématiques, équations chimiques :
    • quel placement lorsqu'elles sont hors paragraphe,
    • quelle police.

Avec un traitement de texte, l'idéal est de définir un style pour chacune de ces situations.

Voir les articles :

Le droit d'auteur[modifier | modifier le wikitexte]

Tout texte, toute image a un auteur, même s'il est publié sur l'Internet et non cité. Dans un certain nombre de pays, et notamment ceux qui ont signé la Convention de Berne, l'auteur a des droits sur ses œuvres, elles sont sa propriété intellectuelle. En particulier, il a le droit d'en autoriser ou d'en interdire la reproduction par autrui et/ou de demander une rémunération en échange de la reproduction.

Le problème du droit d'auteur se pose pour l'utilisation d'un contenu créé par d'autres, mais aussi pour protéger votre texte.

Le droit d'auteur est un problème complexe car il s'appuie beaucoup sur la jurisprudence et dépend du pays. Nous allons évoquer ici quelques pistes, mais cela ne remplacera en rien des conseils d'un avocat ou d'un organisme spécialisé.

Utilisation de contenu créé par d'autres[modifier | modifier le wikitexte]

Il faut toujours citer le nom de l'auteur de l'œuvre reprise et la source (par exemple, donner les références de l'ouvrage dont elle est tirée). Plus qu'une nécessité légale, c'est un devoir moral et une preuve d'honnêteté et donc de sérieux.

La deuxième chose à faire est de contacter l'auteur ou ses ayant droits (héritiers, exploitants de l'œuvre, …), ou la personne chargée de gérer ses droit. Dans le cas d'un site internet, on a fréquemment un lien « licence » ou « mention légale » ; il convient de lire ce qui y est écrit et de s'y conformer.

Si l'auteur ou ses ayant droits refusent la reproduction de l'œuvre, vous avez tout de même la possibilité d'en faire une courte citation à des fins d'analyse, de critique, de pédagogie.
Notons que dans le cas d'une œuvre graphique, la notion de « courte citation » est ambiguë, il vaut mieux s'abstenir de reproduire, même partiellement, même à basse résolution, sans le consentement de l'auteur ou les conseils éclairés d'un spécialiste.

Protection de vos œuvres[modifier | modifier le wikitexte]

Dans certains pays, et notamment la France, vous avez des droits sur vos œuvres du seul fait que vous en êtes l'auteur. Mais pour faire respecter votre droit, il faut pouvoir prouver que vous êtes l'auteur.

La première précaution est de mettre votre nom[4]. Mais il faut aussi pouvoir dater la création de l'œuvre, pour marquer l'antériorité par rappport à des plagiats. En théorie, tous les moyens sont bons, on peut par exemple s'envoyer à soi-même son manuscrit dans une enveloppe scellée en recommandé avec avis de réception et faire ouvrir cette enveloppe devant huissier en cas de problème. Mais le mieux est de déposer le manuscrit auprès d'un organisme chargé de la défense du droit d'auteur comme la Société des Gens de Lettres (SGDL) en France. Il existe également des sites internet permettant le dépôt des œuvres, comme par exemple Creasafe, mais il faut s'assurer de la validité de l'opération vis-à-vis du droit national et international.

Il faut bien avoir conscience qu'il est difficile de contrôler soi-même la diffusion de son œuvre et de faire valoir ses droits. Si l'on passe par un éditeur, cet aspect est pris en charge par le service juridique de l'éditeur (mais se pose alors le problème du contrat avec lui).

Rien n'est plus facile que de faire une copie de nos jours : copier-coller d'un document électronique, reconnaissance de caractères à partir d'une capture d'écran ou d'une numérisation (scan), ou même tout simplement recopie à la main, c'est uniquement une question de moyens, donc de motivation.

Licences libres[modifier | modifier le wikitexte]

Il existe plusieurs types de licences libres. L'idée est que si une personne accepte que l'on reproduise son œuvre gratuitement, elle ne désire en revanche pas que l'on en fasse une exploitation commerciale — qu'on se fasse de l'argent avec son œuvre gratuite. Mais, la publication demandant un effort financier, l'auteur peut éventuellement accepter que l'on vende une reproduction de son œuvre, à condition que l'on puisse librement copier cette reproduction, par exemple dans le cas de la licence GFDL ; l'éditeur ne peut ainsi pas empêcher la copie de l'ouvrage, à partir du moment ou une partie du contenu est sous licence GFDL (sauf s'il ne s'agit que d'une courte citation pour analyse, critique, …).

Si vous utilisez du contenu sous licence libre, il faut bien étudier les répercussions sur votre propre droit de propriété intellectuelle, et si vous choisissez de publier votre œuvre en utilisant une licence libre, il convient de choisir la mieux adaptée à votre point de vue.

La licence doit bien entendu être mentionnée clairement, elle doit aussi en général être reproduite en entier (typiquement en fin d'ouvrage).

Voir sur Wikipédia

Notes[modifier | modifier le wikitexte]

  1. sur ce sujet, on pourra également consulter l'article sur les différents Garamonds : Garamond vs. Garamond]
  2. document template, XML
  3. open document text template
  4. vous pouvez ajouter des mentions du type « tous droits réservés » ou « Copyright » (ou « © », ou « (c) ») avec l'année, mais cela n'apporte rien en terme de preuve de paternité

Voir aussi[modifier | modifier le wikitexte]


Rédaction technique
Du bon usage d'un traitement de texte

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