Neurosciences/Les médicaments du système nerveux

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Dans le chapitre précédent, on a vu que les récepteurs sont relativement spécialisés, sensibles à un neurotransmetteur bien précis. Par exemple, certains récepteurs ne peuvent interagir qu'avec de la sérotonine, d'autres seulement avec la dopamine, et ainsi de suite. Cependant, cette sélectivité n'est pas parfaite et d'autres molécules peuvent se lier sur un récepteur. C'est d'ailleurs ainsi que fonctionnent de nombreux médicaments : ils agissent sur des récepteurs de neurotransmetteurs, qu'il s'agisse de récepteur à la sérotonine, au glutamate, à la dopamine, ou autres. La plupart des médicaments utilisés pour soigner des maladies psychiatriques en sont des exemples notables, qu'il s'agisse d'anti-psychotiques, d'anti-dépresseurs, d'anxiolytiques, de somnifères, ou autre. Mais d'autres agonistes/antagonistes ont des indications purement neurologiques, comme divers médicaments utilisés pour soigner Alzheimer ou Parkinson. Aussi, ne vous étonnez pas si ce chapitre parle de certains médicaments utilisés en neurologies ou psychiatrie, ou de leur mécanisme d'action. Difficile de parler de récepteurs synaptiques sans dévier sur le domaine de la neuropharmacologie !

Les récepteurs membranaires comme cibles thérapeutiques

Suivant le type de récepteur ciblé, l'effet de la molécule sera différent. Si ces sosies activent le récepteur, ils peuvent remplacer la molécule originelle ou du moins simuler son action. On parle alors de molécules agonistes. D'autres substances vont se lier à un récepteur, mais ne vont pas activer celui-ci, qui restera fermé. La substance est alors dite antagoniste. Pour donner un exemple, la cabergoline (un médicament utilisé pour traiter la maladie de Parkinson) active certains récepteurs à la dopamine : on dit que la cabergoline est un agoniste de la dopamine. Plus connue, la caféine est un antagoniste des récepteurs à l'adénosine : elle se fixe sur les récepteurs de l'adénosine, mais les garde inactifs. Comme autre exemple, la naloxone est un antagoniste des récepteurs aux opioïdes, alors que la morphine en est un agoniste. Leurs effets sont naturellement inverses, ce qui explique que la naloxone serve à soigner les overdoses de morphiniques. L'injection de naloxone bloque les récepteurs opioïdes, limitant l'effet de la morphine circulante, qui ne trouve aucun récepteur sur lequel se fixer.

Molécules agonistes et antagonistes.

Les psychotropes[modifier | modifier le wikicode]

Les médicaments utilisés en psychiatrie agissent tous sur le système nerveux central, sans exception. Ils agissent soit sur le GABA, la sérotonine, la dopamine, la noradrénaline ou d'autres neurotransmetteurs. Ce sont des agonistes ou des antagonistes des récepteurs les plus communs du système nerveux.

Les antidépresseurs[modifier | modifier le wikicode]

Les antidépresseurs sont des médicaments utilisés dans le traitement de la dépression, mais aussi d'autres affections psychiatriques ou organiques. Leur nom d'antidépresseur est vraiment trompeur, même si leur indication principale est la dépression. Il faut dire qu'il s'agit aussi du traitement de référence des troubles anxieux, des troubles obsessionnels-compulsifs, des troubles du comportement alimentaire et de quelques autres affections neuropsychiatriques (troubles des impulsions). Ils sont le traitement de référence de l'anxiété, et des troubles anxieux de manière générale : troubles phobiques, phobie sociale, anxiété généralisée, troubles de stress post-traumatique, etc. En clair, les antidépresseurs sont aussi des anxiolytiques, du point de vue du langage courant. Mais dans le langage médical, les anxiolytiques correspondent aux agonistes GABA, d'où une certaine confusion. Outre l'anxiété, les antidépresseurs sont utilisés dans le traitement des troubles obsessionnels-compulsifs, à des doses supérieures à celles de la dépression. Les autres indications sont encore assez expérimentales, que ce soit pour le traitement des douleurs chroniques, de l'impulsivité, ou autre.

Les sous-types d'antidépresseurs[modifier | modifier le wikicode]

On peut classer les anti-dépresseurs en plusieurs classes, dont les plus connues sont les inhibiteurs de la monoamine-oxydase (IMAO), les tricycliques et les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine. On ne sait pas si ces différentes classes ont des différences d'efficacité, mais on a de bonnes raisons de penser que toutes les classes se valent, avec peut-être un effet des IMAO et tricycliques sur les dépressions résistantes aux autres médicaments. Ce sont tous des médicaments qui agissent sur les récepteurs ou les taux des monoamines suivantes : la dopamine, la noradrénaline et la sérotonine. Les premiers anti-dépresseurs agissaient sur ces trois neurotransmetteurs, ainsi que d'autres. Mais les médicaments plus récents sont plus sélectifs, afin de limiter les effets secondaires. Les plus couramment utilisés, à l'heure actuelle, agissent uniquement sur la sérotonine.

Molcule d'Amezepine, un tricyclique.
Molcule de Mirtazapine, un tétracyclique.
  • Les inhibiteurs de la monoamine-oxydase inhibent le fonctionnement des diverses monoamine-oxydases (pour rappel : des enzymes qui dégradent les monoamines). Leur effet est de saturer les synapses en monoamines, surtout en sérotonine, noradrénaline et sérotonine. Ils peuvent cibler soit la monoamine-oxydase A, soit la monoamine-oxydase B. Ils sont aujourd'hui utilisés en dernière intention, en raison de leurs effets secondaires assez importants. Par exemple, ils interagissent assez mal avec la tyramine, un acide aminé présent dans beaucoup d'aliments. Les patients doivent éviter de consommer du fromage, , de l'alcool, du foie et plein d'autres aliments, sous risque de subir une cirse hypertensive potentiellement mortelle.
  • Les tricycliques et tétracycliques sont des inhibiteurs de la recapture de la noradrénaline et de la sérotonine, ce qui veut dire qu'ils empêchent la recapture de ces neurotransmetteurs pour recyclage par les neurones. Ils n'agissent pas ou peu sur la recapture de la dopamine et sont donc sélectifs sur la sérotonine et la noradrénaline. Leur nom vient de leur structure moléculaire, qui contient trois à quatre cycles benzéniques.
  • Les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine inhibent la recapture de la sérotonine, ce qui sature les synapses de sérotonine. Ils n'ont pas ou peu d'effets sur la noradrénaline ou la dopamine, ce qui limite leurs effets secondaires. Les seuls effets secondaires sont limités à des effets neuropsychiatriques et digestifs, si on omet les allergies et intolérances. La molécule la plus connue dans cette classe est la fameuse Fluoxétine, vendue autrefois sous le nom de Prozac.

Outre ces trois classes principales, on trouve d'autres médicaments plus rarement utilisés. On peut par exemple citer les inhibiteurs de la recapture de la dopamine/noradrénaline et quelques autres molécules moins communes. A ce propos, le premier antidépresseur découvert était la réboxétine, un inhibiteur de la recapture de la noradrénaline, sans action sur la dopamine ou la sérotonine.

Les effets secondaires[modifier | modifier le wikicode]

Les effets secondaires les plus courants sont des troubles bénins et communs : nausées et vomissements, insomnies, fatigue, somnolence, etc.

Viennent ensuite les troubles d'ordre sexuels : difficultés d'érection, impuissance, priapisme, etc.

Les antidépresseurs sont aussi connus pour entrainer des épisodes maniaques, surtout chez les patients bipolaires. Aussi, les antidépresseurs sont, chez les bipolaires, systématiquement prescrits avec des régulateurs de l'humeur, des médicaments qui calment les états maniaques sans rendre dépressif. Il arrive que des patients déclenchent un épisode maniaque sous antidépresseur, quand ils commencent à soigner une dépression, un trouble anxieux ou un TOC. Dans ce cas, cela ne signifie pas forcément que le patient est bipolaire, mais cela suggère fortement qu'il l'est. Les psychiatres se battent encore pour savoir si de tels épisodes chez un patient sain signifie ou non la présence d'un trouble bipolaire. D'autant que ces patients ont plus de 30% de chances d'évoluer vers un vrai trouble bipolaire, avec des épisodes non-induits par des traitements médicamenteux. Des psychiatres supposent que de tels épisodes impliquent que le patient est atteint de trouble bipolaire, sous une forme atténuée qui ne se révèle que lors de la prise d'antidépresseurs. Certains qualifient de "trouble bipolaire de type 3" des dépressions accompagnées d'épisodes hypomaniaques sous antidépresseurs. D'autres chercheurs pensent que des épisodes induits par des antidépresseurs ne sont que des effets secondaires, du moins chez la plupart des patients.

L'arrêt des antidépresseurs peut, bien que ce soit assez peu fréquent, entrainer un syndrome de discontinuation (autrefois appelé à tord "syndrome de sevrage"). Il se manifeste par des symptômes assez variés : nausées, vomissements, diarrhées, petite fièvre, syndrome grippal, insomnie, somnolence, cauchemars, tremblements, vertiges, etc. L'existence de ce syndrome ne signifie PAS que les antidépresseurs sont addictifs ou qu'ils entrainent une tolérance. En réalité, ce syndrome vient du fait que le corps doit s'adapter à une baisse du taux de sérotonine lors de l'arrêt du traitement. Le nombre de récepteurs sérotoninergiques s'adapte assez brutalement, ce qui entraine quelques symptômes gênants mais rarement graves. On peut éviter l'apparition de ce syndrome en réduisant progressivement les doses, par exemple en les divisant par deux, ou en les diminuant de quelques milligrammes, toutes les deux/trois semaines.

Les intoxications : le syndrome sérotoninergique[modifier | modifier le wikicode]

Les thymorégulateurs[modifier | modifier le wikicode]

Les antipsychotiques[modifier | modifier le wikicode]

Les anxiolytiques/hypnotiques[modifier | modifier le wikicode]

Les stimulants[modifier | modifier le wikicode]

Les antiparkinsoniens[modifier | modifier le wikicode]

Les agents anti-démence[modifier | modifier le wikicode]

Les (para-)sympatomimétiques et (para-)sympatolytiques[modifier | modifier le wikicode]

Les agonistes/antagonistes des récepteurs opioïdes[modifier | modifier le wikicode]

Leurs effets sont naturellement inverses, ce qui explique que la naloxone serve à soigner les overdoses de morphiniques. L'injection de naloxone bloque les récepteurs opioïdes, limitant l'effet de la morphine circulante, qui ne trouve aucun récepteur sur lequel se fixer.