Histoire de France/De 1875 à la première guerre mondiale

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De 1875 à la première guerre mondiale
Carte du chapitre manquante

Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, les pays européens étendent leur domination sur le monde. Certains États, comme la Grande-Bretagne et la France, assument alors une « mission civilisatrice » que peu osent alors contester. C'est le début de la colonisation.

L'expansion européenne[modifier | modifier le wikicode]

De 1850 à 1914, près de 50 millions d'Européens partent vers les pays neufs[1] : les États-Unis, le Brésil, l'Argentine, ou certaines colonies Britanniques. En effet, le « vieux continent » est victime d'un « trop-plein » démographique ; les terres sont toutes exploitées. À cela s'ajoute l'ouverture du canal de Suez en 1869, qui permet de gagner du temps lors de l'accès aux terres nouvelles grâce à la maîtrise technologique des européens. Les révolutions industrielles font que les Européens produisent plus et veulent vendre plus : il faut trouver de nouveaux marchés.

Avant 1880, la colonisation est empirique et n'est pas planifiée. Elle permet d'assurer la possession des mers par le biais de comptoirs. De 1880 à 1910, la colonisation se fait pour l'exploitation économique. Une conférence internationale, celle de Berlin en 1885, prévoit la libre-circulation des marchandises dans les océans pour le commerce. Ces nouvelles résolutions sont tout-à-fait colonialistes. Elles sanctionnent une compétition politique mais également économique, les États prenant le relais des explorateurs et des scientifiques privés (Livingstone, etc). Les empires coloniaux sont constitués en 1914. Le phénomène est donc extrêmement rapide.

Les Européens se donnent bonne conscience en affichant les peuples colonisés comme des enfants, des sauvages : il est nécessaire de s'occuper d'eux. L'écrivain britannique Rudyard Kipling parlera de « fardeau de l'homme blanc ». Le bilan sera finalement très lourd. Le partage colonial s'est accompagné de terribles violences contre les indigènes ; les confiscations de terres et les déplacements de populations s'ajoutent aux massacres de la conquête. On estime ainsi qu'entre 1900 et 1930, la population indigène a diminué d'un tiers, victime de conditions de travail effroyables et d'une répression sanglante.

Une nouvelle constitution, la IIIe République[modifier | modifier le wikicode]

Organisation de la IIIe République.

La Troisième République est le régime politique de la France de 1870 à 1940. À la suite de la défaite à Sedan de Napoléon III en septembre 1870, l'opposition parlementaire, surtout républicaine, menée par Léon Gambetta parvient à mettre en place un gouvernement provisoire, dit de la Défense nationale. La République est proclamée le 4 septembre, au balcon de l’hôtel de ville de Paris, quoiqu'elle le fut d'abord dans quelques villes de province (Lyon notamment).

Le Président de la République est élu pour 7 ans par les membres de la Chambre des députés et du Sénat, formant à eux deux l'Assemblée nationale. Ses prérogatives sont, entre autres, la dissolution de la Chambre des députés, l'initiative des lois, le gouvernement du pays, la direction du gouvernement, un veto provisoire sur les lois votées par les chambres, la surveillance de l'exécution des lois, la promulgation des lois et le droit de grâce. En outre, il nomme le président du Conseil. Celui-ci obtint, dans les faits, plus d'importance que le président de la République lui-même. C'est lui qui coordonne l'action des ministres.

À ce jour, la IIIe République a été le plus long système politique républicain de la France, ayant duré 69 ans, 10 mois et 7 jours. Cette période a été qualifiée par les historiens comme « passionnément politique, autant que la vie d'un peuple peut l'être dans une période non révolutionnaire »[2]. Elle a compté 14 Présidents.

Colonisation de nouveaux territoires[modifier | modifier le wikicode]

L'Assemblée nationale se sépara après avoir voté la Constitution de 1875, et des élections eurent lieu. Elles donnèrent une chambre républicaine qui fut bientôt en désaccord avec le président. Celui-ci essaya néanmoins de gouverner avec l'appui du sénat qui lui était favorable. Aux ministres Duffet, Dufaure, Jules Simon, succéda, le 16 mai 1877, le ministère de Broglie ; mais l'opposition de 363 députés qui se prononcèrent contre lui, amena la dissolution de la chambre. Les nouvelles élections furent encore contraires au gouvernement et déterminèrent Mac-Mahon à présenter sa démission le 30 janvier 1879.

Le Congrès, réuni le 30 janvier 1879, nomma M. Grévy en remplacement de Mac-Mahon. Sous sa présidence, le ministère fut fréquemment renouvelé, et eut successivement pour principaux chefs MM. de Freycinet, Jules Ferry et Gambetta. Grévy, qui avait été réélu le 4 octobre 1885, dut donner sa démission deux ans après. Pendant son passage au pouvoir, plusieurs expéditions coloniales avaient eu un plein succès notamment, celles de Tunisie, du Tonkin et de Madagascar.

En Tunisie, une expédition fut entreprise, en 1881, pour lutter contre les Kroumirs qui sèment le trouble en Algérie (selon les autorités coloniales). La campagne, menée par les généraux Alphonse Charles Delebecque et Jules Aimé Bréart, mobilise d'avril à mai 43 000 soldats Français ; le bey[3] de Tunis, Sadok Bey, n'a plus guère de choix que de se soumettre. C'est ainsi qu'il signe, tout comme Ben Ismaïl (ministre de Sadok Bey), Bréart et Théodore Roustan (représentant de la France en Tunisie), le traité au palais de Ksar Saïd (près du Bardo). Ce traité, le traité du Bardo, place la Tunisie sous le protectorat[4] de la France. Le port de Bizerte constitue alors une position de premier ordre pour la marine de guerre Française.

La signature du traité provoque le soulèvement des tribus Naffat et des Ouled Iyan qui mobilisent 30 000 Français. Sfax est bombardée par la marine française, sous le commandement de l'amiral Henri Garnault, qui s'empare de la ville le 16 juillet. Kairouan, Sousse, Gabès et Gafsa subissent le même sort et sont investies.

Mais l'affaire du Bardo soulève l'irritation de l'Italie qui se serait bien vue protectrice de la Tunisie et qui croyait avoir la mainmise sur la Tunisie pour se constituer un empire colonial. Du coup, Rome signe le 20 mai 1882 avec l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie le traité de la Triplice par lequel les trois pays se promettent aide et assistance en cas d'agression de la France ou de la Russie9. Ce traité sera régulièrement renouvelé jusqu'à la Première Guerre mondiale. Quant au Royaume-Uni, l'éternel rival de la France, il prend prétexte de ce traité pour précipiter sa propre intervention dans les affaires de l'Égypte. Dès l'année suivante, il établit son protectorat sur cette autre ancienne province ottomane.

Depuis la conquête de la Cochinchine, en 1861 et 1867, des explorateurs et des négociants cherchaient une voie pour pénétrer dans la Chine méridionale ; mais ils n'y parvenaient pas. Le commandant Rivière s'empara de Hanoï face aux Pavillons-Noirs, groupe armé soutenu par la Chine ; Rivière périt dans une embuscade. Après sa mort eu lieu une expédition plus importante. L'amiral Courbet prend la forteresse de Sontay ; les généraux Brière de l'Isle et de Négrier s'emparent de Bac-Ninh, Hong-Hoa et la Chine se résigne à signer le traité de Tien-Tsin (avril 1884). Cependant, les troupes françaises furent attaquées à Bac-Lé. Pendant que les généraux de Négrier et Brière de l'Isle battent les Chinois à Lang-Son, Courbet détruit l'arsenal de Fou-Tchéou et anéantit la flotte chinoise avec ses torpilleurs (août 1884). Ensuite, il occupe Formose et les îles Pescadores.

Malgré un grave échec du général de négrier à Lang-Son, la Chine dut signer un nouveau traité de Tien-Tsin, qui reconnaissait en 1885 la prise de possession Française du Tonkin et le protectorat sur l'Annam. En même temps, le roi Norodom cédait à la France l'administration du Cambodge. L'empire colonial de la France en Extrême-Orient comprenait désormais une population de vingt-cinq millions d'habitants.

Vie politique[modifier | modifier le wikicode]

Le 3 décembre 1887, Sadi Carnot, républicain modéré, le petit-fils de Lazare Carnot, était élu président de la république. Ses principaux ministres furent Charles de Freycinet, Loubet, Casimir-Périer. Parmi les faits importants de cette présidence, on peut retenir le vote d'une loi militaire établissant le service militaire de 3 ans pour les jeunes hommes de 21 ans, l'Exposition de 1889, l'expédition du Dahomey et le rapprochement avec la Russie. Son mandat fut perturbé par l'affaire du canal de Panama et une forte agitation boulangiste.

Casimir-Périer succède à M. Carnot le 27 juin 1894 et confie la présidence du Conseil à Charles Dupuy. Il démissionna le 15 janvier 1895.

Le 17 janvier 1895, Félix Faure, armateur du Havre, est nommé président de la république, et Ribot devient chef du ministère. Quelques jours après, l'armée perdait son dernier maréchal de France, Canrobert, qui eu droit à des funérailles nationales. La même année avait lieu la seconde expédition de Madagascar.

Le 18 février 1899, Émile Loubet, président du sénat, devient président de la république. Il conserve d'abord le ministère Dupuy qu'il remplace, six mois après, par le ministère Waldeck-Rousseau. L'année 1900 a vu l'Exposition universelle se tenir à paris, qui a marqué la fin du XIXe siècle.

Loubet ayant achevé son septennat le 18 février 1906, le Congrès élut président de la république Armand Fallières.

La « belle époque »[modifier | modifier le wikicode]

La « belle époque » est une période où tout va relativement bien en France, de 1910 à 1914. C'est une expression qui traduit non pas une réalité mais un point de vue nostalgique après la première guerre mondiale.

Pendant cette période, la France est à l'apogée de son rayonnement. Son empire colonial est le deuxième du monde, après celui du Royaume-Unis ; l'opinion publique y est majoritairement indifférente. La métropole investit peu dans ses colonies car l'objectif n'est pas le développement économique. En 1900, le Français est une langue internationale parlée par les élites et les diplomates qui rédigent les traités dans cette langue. Paris est une ville d'arts qui rassemble de nombreux poètes, peintres comme Henri de Toulouse-Lautrec ou écrivains célèbres comme Octave Mirabeau.

L'Exposition universelle a lieu à Paris en 1900. Paris devient un haut lieu de l'architecture, avec la Tour Eiffel, et de la technologie, avec la présentation du cinématographe par les frères Lumière, de l'électricité et du Métropolitain. Elle accueille 83 000 exposants dont 45 000 étrangers.

Le saviez-vous ?
À l'occasion de l'Exposition, les dirigeants ordonnent la construction d'infrastructures pour permettre aux visiteurs de se déplacer dans les 216 hectares. C'est le cas des ponts sur la Seine d'Ivéa, de l'Alma, des Invalides... Ces mêmes dirigeants voient dans l'Exposition une formidable vitrine pour présenter la technologie du pays ; la construction d'une tour, atteignant symboliquement les 300 m de haut, est envisagée. Gustave Eiffeil, un ingénieur Français, est chargé du projet. C'est ainsi qu'en 2 ans, de 1887 à 1889, il fera bâtir la célèbre Tour Eiffel en plein cœur de Paris. Elle aurait eu être détruite à la fin de l'Exposition, mais l'installation d'antennes de TSF et d'une station météo changèrent la donne. À cette époque, de nombreux artistes (Alexandre Dumas fils, Guy de Maupassant, Charles Gounod, Leconte de Lisle, Charles Garnier, Sully Prudhomme, etc.) se montrèrent opposés à la tour qui devait « défigurer Paris », selon eux. De nos jours, elle accueille chaque année 7 000 000 touristes.

Notes[modifier | modifier le wikicode]

  1. Pays neufs : pays indépendants ou autonomes d'Amérique ou d'Océanie, peu peuplés par rapport au continent européen densément occupé et exploité.
  2. Madeleine Rebérioux, La République radicale ? 1898-1914, Paris, les éditions du Seuil, coll. Points Histoire, 1975.
  3. Bey : titre turc désignant à l'origine un chef de clan.
  4. Protectorat : contrôle politique exercé par une grande puissance sur un autre État.