Philosophie/Thalès de Milet
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Thalès I de Milet II (-625/-620 ⏳, à Milet — -548/-545 ⏳, à Milet)
I Du nom propre grec ancien Θαλῆς / Thalễs (en), potentiellement « celui qui prospère » ;
➥ du verbe θᾰ́λλω / thállō (en), « Fleurir, germer. Grandir, s’épanouir, prospérer. Grossir, abonder. » ;
➥ + du suffixe adjectival -ής / -ês ;
Selon Mathilde Brémond 🔍, Maîtresse de conférences en philosophie à l’Université Clermont Auvergne, toutes les attributions faites à Thales de Milet, plutôt tardives, sont difficiles à vérifier, et pourraient être dues à la volonté de faire remonter à une grande figure de philosophe certaines découvertes scientifiques. Mais il est possible que Thalès ait introduit en Grèce un certain nombre de théories scientifiques qui avaient été développées par les Égyptiens en géométrie ou les Babyloniens en astronomie.
II Du nom propre grec ancien Μίλητος / Mílētos (en);
Ancienne cité grecque d’Ionie V, fondée, selon diverses légendes, par Milétos, un héro mythologique. Le tyran Thrasybule conserva l’indépendance de Milet à la fin du VIIème siècle AEC grâce à une guerre de 12 ans contre la Lydie ; mais elle tomba au début du VIème siècle AEC; et, au milieu du siècle, passa aux mains des perses, à la défaite du roi de Lydie Crésus par le roi achéménide Cyrus II.
III De l’adjectif grec ancien φιλόσοφος / philósophos, « celui qui aime la sagesse »;
➥ de l’adjectif φίλος / phílos, « ce qui est aimé »;
➥ + de l’adjectif σοφός / sophós, « 1. Habile. 2. (En parlant de l’intelligence ou du caractère) • Prudent, sage; • (En particulier) Initié à la sagesse; • (En particulier) Ingénieux, fin, rusé. »;
Les termes de « philosophie » (φιλοσοφία / philosophíā) et « philosophe » (φιλόσοφος / philósophos) ne sont pas utilisés par les premiers penseurs : les termes apparaissent pour la première fois chez Gorgias de Leontinoi VI, dans l’Éloge d’Hélène, §13 (le terme apparaît également dans le fragment B93 d’Héraclite, mais son authenticité est contestée) :
« 13. Que la persuasion, en s’ajoutant au discours, arrive à imprimer jusque dans l’âme tout ce qu’elle désire, il faut en prendre conscience.
Considérons en premier lieu les discours des météorologues VII : en détruisant une opinion et en en suscitant une autre à sa place, ils font apparaître aux yeux de l’opinion des choses incroyables et invisibles.
En second lieu, considérons les plaidoyers judiciaires qui produisent leur effet de contrainte grâce aux paroles : c’est un genre dans lequel un seul discours peut tenir sous le charme et persuader une foule nombreuse, même s’il ne dit pas la vérité, pourvu qu’il ait été écrit avec art.
En troisième lieu, considérons les discussions philosophiques : c’est un genre de discours dans lequel la vivacité de la pensée se montre capable de produire des retournements dans ce que croit l’opinion. »
Les Écoles présocratiques, Gorgias, Éloge d’Hélène, 1, §13, traduction du grec ancien par Daniel Delattre, Jean-Paul Dumont et Jean-Louis Poirier, Folio essais, 1991, p. 711-713.
(version bilingue grec ancien-français également disponible ici)
Selon Mathilde Brémond 🔍, Maîtresse de conférences en philosophie à l’Université Clermont Auvergne, on peut généralement considérer qu’il y a une rupture à partir de Thalès de Milet entre les mythologues précédents (Homère et surtout Hésiode) et les philosophes, dans l’explication du monde par une causalité unifiée (et non multiple) et systématique (et donc naturelle, plutôt que dépendante des caprices divins, et donc surnaturelle), et dans la nécessité de justification par argumentation de ces derniers.
IVLes présocratiques sont des philosophes III qui, dans la Grèce antique, ont participé aux origines de la philosophie du milieu du VIème siècle AEC jusqu’au IVème siècle AEC, et n’ayant pas subi l’influence de Socrate. Selon Mathilde Brémond 🔍, Maîtresse de conférences en philosophie à l’Université Clermont Auvergne, il est difficile de définir leur unité dans une opposition nette à la philosophie socratique, tant ils se différencient même dans les sujets traités. Aristote les désigne par le terme de φῠσῐκοί / phusikoí, « physiciens », définissant l’objet principal de leurs recherches par la φῠ́σῐς / phúsis, « la nature » Physique, liv.I, chap.II., §§1,7 & chap.V., §1. Les premiers présocratiques sont originaires de Milet II et sont au nombre de trois : Thalès, Anaximandre et Anaximène.
V Du nom commun grec ancien Ἴων / Íōn (en), « ionien, un habitant d’Ionie. Ion, l’ancêtre mythologique du peuple ionien »;
Région historique du monde grec antique située dans l’ouest de l’Asie Mineure, ou Anatolie, entre Phocée au nord et Milet II au sud; qui passa, au milieu du VIème siècle AEC d’une indépendance de chaque cité, à une domination lydienne, puis à une satrapie perse.
VI Du nom propre grec ancien Γοργίᾱς / Gorgíās (en);
➥ de l’adjectif γοργός / gorgós, « 1. Sinistre, féroce, terrible. 2. Fougueux, vigoureux. 3. (du style littéraire) Véhément, vigoureux. »;
➥ + du suffixe nominal masculin -ίας / -ías (en).
Philosophe III présocratique IV, de profession rhéteur enseignant la rhétorique Platon, Gorgias, §449a ou orateur Souda, Adler id. gamma 388, et désigné comme sophiste de Léontium Platon, Hippias Majeur, §282b et fondateur de la sophistique primitive, à savoir « la rhétorique appliquée à la philosophie : elle traite, en effet, dans ses dissertations, les mêmes matières que les philosophes ; seulement, voici la différence : avec leur système d’interrogations insidieuses, et leur manière de traiter les questions par une minutieuse analyse des détails, les philosophes nous avouent, sur bien des points, qu’ils sont encore dans l’ignorance, et, ces points-là, le sophiste des anciens temps en parle comme de choses qu’il connaît [... et traite] sans restriction dans toutes ces matières » Philostrate, Vies des Sophistes, liv. I, Intro..
(fl. Vème — IVème siècles AEC) 🔍
VII Du nom commun grec ancien μετεωρολογία / meteōrología (en), « étude/discussion des corps et phénomènes célestes »;
➥ de l’adjectif μετέωρᾰ / metéōra (en), « 1. Élevé, en haut, dans les airs. 2. (nominalisé, neutre pluriel) Phénomènes astronomiques. »;
➥ de la préposition μετά / metá (en), « 1. [avec génitif] • Au milieu de, parmi, entre, avec; • En commun, avec l’aide de; • Concernant ses relations avec; • (rare) en même temps. 2. (uniquement en poésie, généralement épique) [avec datif] • Entre, parmi; • D’ailleurs, au-delà. 3. [à l’accusatif] • Comme un mouvement vers : à la poursuite de; • De séquence ou de succession : a. (d’un lieu) Après, derrière; b. (temps) Après; c. (valeur, rang) Suivant, après; • Après, selon; • Parmi, entre. »;
➥ + du verbe ἀείρω / aeírō (en), « (Épique, ionique, poétique) 1. (transitif) Élever, lever, soutenir : (d’armées, de navires, transitifs) Pour mettre la flotte sous voiles, appareiller. 2. (transitif) Porter, soutenir. 3. (transitif) Élever, exalter : (transitif) Élever par des mots, louer, exalter. 4. (transitif) Soulever et emporter, enlever : • (transitif, avec le génitif) Pour enlever de; • (κοινὴ διάλεκτος / koinḕ diálektos (en), le « langage commun » parlée en Grèce depuis l’époque d’Alexandre environ, et comprise partout où l’on parlait grec, transitif) partir soudainement en catimini, tuer. 5. (voix moyenne, transitive) Prendre pour soi, gagner : • (transitif) Prendre sur soi, subir : (transitif) Entreprendre, commencer; • (transitif) Élever; • (transitif) À emporter. 6. (voix passive, intransitive) à suspendre. »;
➥ + du suffixe -λογία / -logía (en), « Base pour les noms désignant l’étude de quelque chose, ou la branche de connaissance d’une discipline. »;
➥ du nom commun λόγος / lógos, « 1. Ce qui est dit : mot, phrase, discours, histoire, débat, énoncé, argument. 2. Ce qui est pensé : raison, considération, calcul, estimation. 3. Un compte rendu, une explication ou un récit. »;
➥ + du suffixe nominatif abstractif -ῐ́ᾱ / -íā (en).
« § 2. De toute cette étude, il ne nous reste plus qu’à examiner une seule partie, celle que nos devanciers ont ordinairement nommée la météorologie. Elle comprend tous ces phénomènes qui, bien que se produisant suivant des lois naturelles, ont cependant des conditions moins régulières que celles de l’élément premier des corps, et qui ont lieu dans l’espace le plus rapproché de la révolution des astres ; je veux dire, par exemple, la voie lactée, les comètes, les météores ignés et à mouvement rapide, que nous pouvons regarder comme des accidents communs de l’air et de l’eau. Enfin cette science comprend l’étude de toutes les espèces de la terre, de ses parties, ou des propriétés de ces parties, qui nous peuvent servir à expliquer les causes des vents et des tremblements de terre, et de toutes les circonstances qui accompagnent les mouvements qu’ils provoquent. Parmi ces phénomènes, les uns nous sont inexplicables; les autres nous sont accessibles dans une certaine mesure. Nous traiterons aussi de la chute de la foudre, des ouragans, des tempêtes, et de toute cette série de phénomènes qui par leur combinaison deviennent des modifications de ces mêmes corps. »
Météorologie d’Aristote, Livre I, § 2., traduite en français par J. Barthélemy-Saint-Hilaire, Librairie Philosophique de Ladrange, 1863
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Résumé des sources
[modifier | modifier le wikicode]Biographie
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Astronomie
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Ingénierie
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Politique
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Hydrologie
[modifier | modifier le wikicode]- Hérodote, Histoire/Enquête, Livre II — EUTERPE, Chap. XX. (Attribution incertaine)
Mathématiques
[modifier | modifier le wikicode]- Hérodote, Histoire/Enquête, Livre II — EUTERPE, Chap. CIX. (Attribution incertaine)
