Précis d'épistémologie/Fondements scientifiques pour la psychiatrie et le développement personnel

Un livre de Wikilivres.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

(en cours d'écriture)

Le problème fondamental : l’efficacité de la bonne volonté[modifier | modifier le wikicode]

Les troubles psychiques sont les troubles de l’esprit qui nous empêchent de nous adapter à la réalité pour bien vivre, ou pas trop mal, parce qu’ils privent la bonne volonté de son efficacité.

Tant qu’on est bien portant, les réactions intérieures (émotions, pensées et décisions) nous aident à bien vivre en nous aidant à nous adapter à la réalité. La bonne volonté et l’intelligence commune sont en général suffisantes pour résoudre ou surmonter les problèmes de la vie d’un esprit. Les difficultés intérieures ne sont pas des troubles psychiques tant qu’on est capable de les surmonter spontanément avec un effort de volonté. Elles deviennent des troubles psychiques quand elles dépassent les capacités autoréparatrices de la bonne volonté. Les troubles psychiques sont des troubles qu’un esprit n’arrive pas à surmonter spontanément avec sa bonne volonté et son intelligence. Ils révèlent une inefficacité de la volonté. La volonté est souvent puissante mais elle n’est jamais toute puissante, même lorsqu’il s’agit seulement de se gouverner soi-même.

Tant que les difficultés intérieures ne sont pas trop grandes, la bonne volonté suffit pour résoudre les problèmes, parce que même un débutant peut résoudre des problèmes faciles. Quand les troubles psychiques surviennent, les difficultés intérieures sont devenues trop grandes, la bonne volonté seule ne suffit plus, elle est dépassée par ce qu’elle subit, elle a besoin d’être éclairée et aidée.

Les troubles psychiques surviennent quand la bonne volonté ne marche pas, ou pas très bien.

La guérison psychique est toujours de restaurer l’efficacité de la bonne volonté.

Quand la guérison complète semble impossible, il faut rechercher une guérison partielle, restaurer une partie de l’efficacité de la bonne volonté, afin de mieux vivre avec ses troubles.

Le problème fondamental de la psychiatrie est donc de comprendre l’efficacité de la bonne volonté. Qu’est-ce qui fait qu’elle marche parfois bien ? Quelles sont les conditions de son bon fonctionnement ? Si on comprend comment elle marche, on comprend du même coup pourquoi elle ne marche pas, parce qu’elle fonctionne mal quand les conditions de son bon fonctionnement ne sont pas réunies.

Le développement personnel est d’améliorer le fonctionnement de la bonne volonté. Le savoir sur le développement personnel peut enrichir la psychiatrie, puisqu’il porte sur le fonctionnement de la bonne volonté. Inversement le savoir psychiatrique peut enrichir le savoir sur le développement personnel, pour la même raison.

Les six causes prochaines des dysfonctionnements de la bonne volonté[modifier | modifier le wikicode]

Pour que la bonne volonté soit efficace, trois conditions sont nécessaires et suffisantes : connaître la réalité suffisamment bien pour s’adapter, connaître ses capacités, apprécier à leur juste valeur les objectifs qu’on poursuit ou auxquels on renonce. L'ignorance de la réalité, de nos capacités ou de la valeur des fins rend la volonté inefficace mais ne révèle pas forcément un trouble psychique. Elle peut résulter seulement d'un manque d'apprentissage. Nous apprenons tout au long de la vie à connaître la réalité, nos capacités et la valeur des fins. Les troubles psychiques surviennent quand nos facultés naturelles d'apprentissage ne suffisent pas pour que la volonté soit efficace. Ils révèlent un échec de l'apprentissage. Nous n'arrivons pas à apprendre ce qu'il faudrait apprendre, nous restons coincés dans l'ignorance. Cet échec de l'apprentissage se manifeste sous six formes principales, deux pour chacune des trois conditions de l'efficacité de la volonté :

  • Le déni : nier que la réalité est telle qu’elle est.
  • L’illusion : affirmer que la réalité est telle qu’elle n’est pas.
  • L’autodénigrement : nier qu'on est capable alors qu'on est capable.
  • La prétention excessive : affirmer qu'on est capable alors qu'on est incapable.
  • La dévalorisation des fins : nier que des objectifs méritent d’être poursuivis alors qu’ils le méritent.
  • La survalorisation des fins : affirmer que des objectifs méritent d’être poursuivis alors qu’ils ne le méritent pas.

Le déni et l'illusion sont souvent inséparables, parce qu'on nie que la réalité est telle qu'elle est pour croire qu'elle est telle qu'elle n'est pas, et ne sont pas toujours faciles à distinguer, parce qu'une affirmation sur la réalité est aussi une négation, et inversement.

Les deux dernières causes montrent l’importance du savoir éthique pour la psychiatrie. L’éthique est fondamentale pour la médecine de l’âme. Pas d’éthique, pas de psychiatrie.

Ces six causes sont seulement des causes prochaines. Elles ont elles-mêmes des causes plus profondes. Une analyse plus approfondie requiert davantage de compréhension du fonctionnement de la volonté.

La prise de décision dans le cerveau : une administration centralisée sans administrateur central[modifier | modifier le wikicode]

La prise de décision dans le cerveau peut être expliquée avec un modèle d'administration centralisée sans administrateur central : toutes les parties du cerveau peuvent contribuer à la prise d'une décision qui, une fois adoptée, s'impose en retour à toutes les parties du cerveau, comme dans une démocratie sans chef où les décisions prises collectivement s'imposent à tous. Tout ce que nous percevons, imaginons et ressentons influence nos décisions, qui en retour influencent tout ce que nous percevons, imaginons et ressentons.

Les pensées sont des discours imaginaires que nous nous donnons. Elles font toujours l'objet d'une prise de décision, parce que nous choisissons de les approuver, de les désapprouver ou de suspendre notre jugement.

La perception de la réalité ne dépend pas seulement des informations d'origine sensorielle, mais aussi des préconceptions ou des préjugés que nous avons retenus avant même de percevoir. Ces préconceptions définissent des cadres d'interprétation, des schémas, dans lesquels nous intégrons les informations reçues. Nous construisons ces cadres d'interprétation avec des pensées que nous approuvons. Nos pensées peuvent donc influencer nos façons de percevoir.

Les émotions sont des guides pour la décision, parce que nous sommes naturellement incités à rechercher les émotions agréables, les plaisirs, et à éviter les émotions désagréables, les peines (la tristesse, l'angoisse, la colère, la honte, le dégoût...). Elles sont déclenchées involontairement mais elles sont influencées par nos décisions, parce qu'elles dépendent de nos façons de percevoir.

Le cerveau fonctionne comme une boucle étrange (Hofstadter 2007) dans laquelle les perceptions, les émotions, les rêves et les pensées conduisent à des décisions qui influencent les perceptions, les émotions, les rêves et les pensées.

Les interactions entre les perceptions, les émotions, les rêves et les pensées[modifier | modifier le wikicode]