« Précis d'épistémologie/L'esprit, comment ça marche ? » : différence entre les versions

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→‎La décision : une administration centralisée sans administrateur central : On agit sur soi-même en se programmant soi-même.
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(→‎La décision : une administration centralisée sans administrateur central : On agit sur soi-même en se programmant soi-même.)
L'évaluation qui précède une décision est une sorte de délibération collective, à laquelle nos ressources intérieures sont invitées à participer. Une fois que la décision est prise, ces mêmes ressources intérieures doivent la respecter. L'organisation intérieure qui permet à la volonté d'exister ressemble à une administration centralisée sans administrateur central. Une loi commune est décidée par tous et s'impose à tous. Nos projets volontaires sont proposés, élaborés et évalués par l'ensemble de nos ressources intérieures, et une fois adoptés, ils s'imposent à ces mêmes ressources intérieures, qui doivent obéir aux ordres qui leur sont donnés. Mais il n'y a pas de chef, pas d'administrateur central. Les modules exécutifs ne font qu'enregistrer des décisions prises par la collectivité. Eux aussi ne font qu'obéir à l'ordre commun.
 
Toutes les décisions déjà prises déterminent un programme d'actions, de transformation de soi et de son environnemement. On écrit le programme en prenant des décisions. Chaque décision nouvelle complète et modifie le programme existant. Un esprit est un système programmable qui écrit son propre programme. On agit sur soi-même en se programmant soi-même.
 
Un système est autonome lorsqu'il obéit à sa propre loi, à une loi qu'il a lui-même choisie. La décision rend autonome, parce que nous pouvons décider des lois auxquelles nous obéissons.
 
(La suite est en cours de réécriture)
 
Le modèle d'administration centralisée sans administrateur central explique pourquoi le moi est comme une boucle étrange (Hofstadter 2007).
 
Comme les systèmes émotionnels évaluent les buts sur lesquels nous nous décidons, on peut songer à un modèle de la volonté qui la réduit à un rôle de servante des émotions. La prise de décision volontaire pourrait consister simplement à soumettre un projet aux systèmes émotionnels puis à compter leurs évaluations. Si les avis favorables l'emportent nettement sur les autres alors la décision est prise. La volonté ainsi conçue serait hétéronome, elle ne ferait qu'obéir à une loi extérieure, celle des émotions.
 
La volonté est autonome parce qu'elle se donne sa propre loi. Elle est autonome dans ses évaluations lorsqu'elle prend ses décisions à partir de règles ou de critères d'évaluation qu'elle a elle-même décidés.
 
Les buts sur lesquels nous nous décidons peuvent être suggérés par les systèmes de la perception et de l'émotion indépendamment de tout contrôle volontaire. Dans de tels cas la volonté a seulement à donner son accord pour des projets qu'elle n'a pas élaborés. Tout ce qu'on lui demande est de donner sa signature. Mais nous pouvons aussi décider d'élaborer des projets sur lesquels nous nous déciderons ultérieurement. La volonté est autonome dans son exécution lorsqu'elle décide d'élaborer les projets qu'elle soumettra à ses évaluations. Un système autonome dans ses évaluations et son exécution est capable de poser et résoudre des problèmes.
 
Le modèle d'administration centralisée sans administrateur central explique pourquoi le moi est comme une boucle étrange (Hofstadter 2007). Je peux décider des critères d'évaluation de mes décisions, parce que la volonté est autonome dans ses évaluations. Je peux aussi décider des objets sur lesquels porteront mes prochaines décisions, parce que la volonté est autonome dans son exécution.
 
Lorsque leurs comportements sont routiniers, les agents n'ont pas besoin de chercher longtemps des solutions. Ils les trouvent spontanément parce que leurs modules cérébraux savent comment les produire, par instinct ou par habitude. Les agents se contentent de résoudre les problèmes qu'ils savent déjà résoudre. Mais face à une situation nouvelle, les réactions habituelles ne sont pas toujours adaptées. Il se peut que l'agent dispose des ressources intérieures nécessaires pour réagir comme il convient, mais qu'il ne sache pas les mobiliser, parce qu'il lui faudrait pour cela inventer un nouveau mode de coordination entre ses modules cérébraux. Aucun d'entre eux n'a les moyens de recruter les autres, alors qu'il suffirait qu'ils travaillent ensemble pour atteindre les fins recherchées. L'agent aurait besoin d'un compositeur-chef d'orchestre intérieur, capable de trouver des solutions vraiment nouvelles (Shallice & Cooper 2011). Le modèle d'administration centralisée sans administrateur central montre, sans postuler l'existence d'un esprit dans la machine, comment le cerveau peut fonctionner comme s'il était doté d'un tel compositeur-chef d'orchestre .
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