Ville30/Pourquoi adapter les limitations de vitesse ?/Pour éviter les accidents

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Plan Ville30
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Le champs de vision d'un conducteur est proportionnel à sa vitesse. Plus cette dernière sera réduite, plus l'automobiliste aura une vision globale de sa trajectoire, des autres usagers de la route, et des éléments qui pourraient devenir source de danger.

À vitesse réduite, la distance de freinage est également nettement moindre. Ainsi, avec un temps de réaction moyen d'1,5 seconde, une voiture circulant à 50km/h fera, avant de s'immobiliser, une trajectoire deux fois plus grande qu'à 30km/h (27,7m contre 13,3m selon l'IBSR).

La probabilité de collision est donc ainsi réduite. Lorsqu'elle est inévitable, les conséquences des accidents sont bien moins souvent fatales. En effet, selon les chiffres IBSR 2012, un piéton victime d'un heurt avec un véhicule dont la vitesse est de 50km/h a 55 % de chances de survivre ; si la vitesse était de 30km/h, ce piéton resterait en vie dans 95 % des cas. On peut comparer l'impact d'une collision à 50km/h à celui d'une chute libre de 10 mètres (l'équivalent de 3 étages) et à une chute de 3,5 mètres (1 étage) pour une collision à 30km/h. L'occupant d'une voiture, attaché sur un siège avant, a lui trois fois plus de chances d'éviter une blessure grave en roulant à 30km/h plutôt qu'à 50 et cinq fois plus qu'à 65 (Hobbs et Mills, 1984).

Enfin, le réseau routier, plus complexe et diversifié en milieu urbain que sur les grands axes, entraîne une plus grande variété d'accidents et une dispersion des lieux d'impacts. La réduction de vitesse a l'avantage d'améliorer globalement la sécurité routière quel que soit le terrain où elle est appliquée. Ce qui fait d'elle un facteur logique de sécurisation globale des voiries urbaines sans devoir s'attacher à déterminer et traiter en priorité des points noirs.

Une étude a établi des liens entre vitesse et probabilité d'accidents (Nilsson G., 1982):

  • La probabilité d’accident avec blessures est proportionnelle au carré de la vitesse.
  • La probabilité d’accident grave est proportionnelle au cube de la vitesse.
  • La probabilité d’accident mortel équivaut à la vitesse à la puissance 4.

Ces formules physiques ont été démontrée de façon empirique. Les villes ayant adopté ce concept de « ville 30 » constatent toutes une forte diminution de la mortalité et des blessés graves sur leurs routes. Ainsi en 1989, Hambourg rapportait une diminution de 20 % des accidents sur son territoire depuis l'instauration des zones 30. Bruges a enregistré une réduction de 25 % seulement 7 mois après la mise à 30km/h d'une grande partie des voiries communales. Les Pays-Bas signalent une diminution de 42 % grâce à la mise en place de zones 30 et d'espaces de rencontre. Au Royaume-Uni, où la législation impose aux autorités locales de faire en sorte que 85 % des automobilistes roulent à 32 km/h (20 mph), on constate une diminution de plus de 60 % des accidents (Webster & Mackie, 1996). De manière générale, le passage en ville 30 permet de réduire d'environ 25 % les accidents corporels et jusqu'à 40 % le nombre de blessés graves (OCDE, 2002).

La relation entre vitesse et accidents se vérifie également à la campagne. Ainsi, une étude britannique démontre qu'une réduction d'1,6 km/h (1 mile/h) permet de réduire la fréquence des accidents de 5 % sur les routes de campagne lorsque la vitesse moyenne se situe dans une fourchette entre 40 et 50 miles/h (Baruya, 1998).