Ville30/Pourquoi adapter les limitations de vitesse ?/Pour une qualité d'air supérieure

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En dessous de 40 km/h, les véhicules particuliers à essence émettent moins d'oxydes d'azote (NOX) au contraire des moteurs diesel pour lesquels le meilleur ratio entre vitesse et ce type de pollution est à 70 km/h. Les poids lourds sont, de loin, les plus gros émetteurs d'oxydes d'azote, particulièrement à vitesse réduite. Leurs émissions ne stagnent qu'à partir de 70km/h (cf. Figure 1).

Un constat similaire peut être fait pour les particules fines (PM10). Il est à noter que les véhicules à essence n'en produisent pas (cf. Figure 2).

Les émissions de monoxyde de carbone (CO) sont plus élevés à vitesse réduite. Néanmoins, les améliorations technologiques de ces dernières années ont permis de limiter fortement cette situation[1]. (cf. Figure 3).

Les émissions de dioxyde de carbone (CO2) sont, quand à elles, moins élevées entre 50 et 70 km/h. Pour les poids lourds, la vitesse la moins polluante en CO2 est entre 90 et 100km/h (cf. Figure 4).

Une vitesse inférieure à 50 km/h augmenterait donc globalement la pollution (à des seuils différents en fonction des polluants et des différents types de pollution). Il convient néanmoins de nuancer ce propos :

  • Les données présentées ici ont été mesurées sur des vitesses constantes. Mais en milieu urbain, les successions d'accélérations et de freinage entraîne une augmentation conséquente de la pollution et de la consommation de carburant. C'est pourquoi il est préférable d'adopter une conduite apaisée diminuant les variations de vitesse. L’éco-conduite permet d’atteindre 15 à 20 % d’économie de carburant par rapport à une conduite normale[2].
  • Ces données semblent démontrer que la vitesse optimale pour une pollution moins élevée est généralement de 70 km/h. Or, cette vitesse est bien trop élevée pour être appliquée au sein d'un quartier. D'un point de vue environnemental, il est donc préférable que le trafic soit massivement redirigé vers les axes de transit.
  • Les moteurs sont aujourd'hui optimisés pour être moins énergivores et polluants entre 50 et 70 km/h. Mais il est techniquement possible de concevoir des voitures moins polluantes à vitesse réduite. Il suffirait que les constructeurs le veuillent ou que des mesures politiques soient prises en ce sens.

Les moteurs hybrides font appel à l'énergie électrique en dessous d'une certaine demande de puissance (correspondant généralement à 50km/h pour une conduite non agressive dans des conditions optimales). On s’aperçoit donc que les propriétaires de telles voitures adoptent une conduite modérée pour éviter l’enclenchement du moteur thermique et payer un surcoût de carburant.

Notes et références[modifier | modifier le wikicode]

  1. À une vitesse de 5km/h, on est ainsi passé d'une moyenne de 10g de CO/km sur le parc de véhicules français en 2006 contre 4g de CO/km en 2008 (AtmoPACA, 2010).
  2. Inter-Environnement Wallonie propose un calculateur des économies réalisables par l'éco-conduite à partir d'un diagnostic sur la consommation et les émissions de CO2 : http://iew.be/spip.php?article3629