Histoire de France/La Révolution

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Chapitre XII
La Révolution

La Révolution française est un bouleversement social qui a mis fin à l'ancien régime, et l'a remplacé par la société moderne. Cette transformation s'est opérée par de sanglantes discordes intérieures ; elle dure environ dix ans (1789-1799).

Les états généraux de 1302 à 1789[modifier | modifier le wikicode]

Règnes Dates Lieu de réunion Objets et résultats
Philippe IV 1302 Paris Lutte contre le pape Boniface VIII, les trois ordres se prononcent en faveur du roi.
Philippe IV 1308 Tours Abolition des Templiers.
Philippe IV 1313 Tours Vote de la levée des tailles.
Philippe V 1317 Paris Philippe fait reconnaître son droit ; les états déclarent que les femmes ne succèdent pas à la couronne.
Philippe VI 1328 Paris Idem.
Jean le Bon 1355 Paris Ils votent des subsides. Ils se réunissent de nouveau en 1356 et traitent de la délivrance de Jean le Bon. Troubles excités par Étienne Marcel.
Jean le Bon 1357 Paris Idem.
Charles VI 1420 Paris Ratification du traité de Troyes et vote des subsides.
Charles VII 1439 Orléans Vote d'une taille perpétuelle pour l'entretien d'une armée permanente.
Louis XI 1468 Tours Opposition au démembrement de la Normandie.
Charles VIII 1484 Tours Charles VIII est déclaré majeur. Réforme d'une grand nombre d'abus.
Louis XII 1506 Tours Opposition au mariage de Claude de France, fille de Louis XII, avec Charles d'Autriche, et vœu pour son union avec François Ier.
Charles IX 1560 Orléans Catherine de Médicis déclarée régente, préparation des lois commerciales qui furent en vigueur jusqu'en 1789.
Henri III 1576 Blois Révocation de l'édit de pacification accordé par Henri III aux protestants.
Henri III 1588 Blois Après la journée des Barricades, l'assemblée composée de ligueurs veut donner la couronne au duc de Guise. Mais par ordre du roi, ce prince est assassiné.
Henri IV 1593 Paris Henri IV est exclu du trône, comme protestant.
Louis XIII 1614 Paris Louis XIII est déclaré majeur, conflit entre les trois ordres, dissolution de l'assemblée.
Louis XVI 1789 Paris Le tiers état se déclare assemblée constitutionnelle, Révolution.

Les causes de la révolution de 1789[modifier | modifier le wikicode]

L'étymologie du mot révolution lui donne son sens : du latin revolvere (rouler en arrière) puis de l'italien rivoltare (retourner) ! Il s'agit bel et bien d'un bouleversement rapide de la société s'accompagnant de profonds changements politiques et sociaux, mené par une majorité[1]. La Révolution française eu lieu en 1789, après celle des Etats-Unis dont la guerre d'indépendance (1775-1783) instaura la stabilité, l'équité et la séparation des pouvoirs exécutif, législatif et juridique. Plusieurs types de causes sont discernables en ce qui concerne la révolution de 1789 :

  • celles immédiates (conjoncturelles), juste avant 1789 ;
  • celles profondes (structurelles), un siècle avant 1789.

La société d'avant 1789 est divisée en trois ordres, définis par la possession ou non d'avantages : les privilèges. Elle est également divisée en trois classes sociales, définies par la possession ou non de richesses. Cette organisation entraîne des tensions : la bourgeoisie, classe enrichie du tiers-état, est jalouse de la noblesse ; la noblesse modeste a peur de régresser socialement et veut augmenter ses privilèges : c'est la réaction nobiliaire ; en outre les très pauvres du tiers-état sont mécontents et près à suivre quiconque protesterait. La société se divise donc ainsi :

  • la bourgeoisie : cette catégorie a une richesse équivalente à celle du groupe dominant, mais n'a pas les mêmes pouvoirs et avantages. Éprouvant rancœur et humiliation, elle souhaiterait occuper dans la société la place numéro 1. C'est la volonté d'avoir les mêmes privilèges que la noblesse qui pousse la bourgeoisie à se révolter.
  • la noblesse : cette catégorie a peur de régresser socialement car certains de ses membres ne sont pas très riches. Obsédée par la conservation de ses privilèges, elle en réclame encore plus au roi. De plus, elle demande que le roi ne soit plus absolu mais qu'il partage ses pouvoirs avec elle. Une minorité de la noblesse est influencée par la philosophie des Lumières, et est prête à renoncer à ses privilèges : c'est la « noblesse éclairée ».
  • le tiers-état : cette catégorie est à la limite de la survie. N'ayant rien à perdre, elle peut se révolter très facilement ; ce danger de révolte est augmenté en cas de mauvaises récoltes et de hausse des prix.

Les parlements, tribunaux composés de nobles choisis par le roi (et le plus souvent par naissance) refusent vers 1785 de signer la réforme fiscale royale. Le roi punit les nobles, mais finalement les laisse faire. Paradoxalement, ils sont soutenus par les plus pauvres du tiers-état, qui soutiennent tous ceux qui protestent comme lors de la journée des Tuiles à Grenoble en juin 1788. Le premier groupe à contester la monarchie absolue est donc la noblesse. Louis XVI est indécis et ne sait pas prendre de décisions. Il n'aime pas la politique et préfère la chasse ou la serrurerie. Contrairement à Louis XVI, il n'aime pas être exposé, il vit dans ses appartements et a une image ridicule auprès du peuple. Il s'avère incapable d'imposer la réforme fiscale qui sauverait l'État de la faillite. Cette réforme visait à faire payer des impôts aux nobles.

Le système politique en place est archaïque et bureaucratique. Il n'y a pas de fonctionnaires pour prélever les impôts ; ce sont des fermiers généraux qui donnent de l'argent au roi et prélèvent eux-même l'impôt sur le tiers-état. Ce système est injuste, car ils profitent de leur situation pour soutirer plus d'argent. En outre, les charges des juges sont payantes : pour devenir juge, il faut payer un droit. Ils ne sont pas fonctionnaires et sont payés par les justiciables : la justice est corrompue.

Questionnaire[modifier | modifier le wikicode]

Les états généraux et la prise de la Bastille[modifier | modifier le wikicode]

Ouverture des États généraux à Versailles, 5 mai 1789, Auguste Couder, 1839, Musée de l'Histoire de France (Versailles).
Le Serment du Jeu de paume par Jacques-Louis David, musée Carnavalet.

Les états généraux, convoqués par Louis XVI, se réunirent à Versailles, le 5 mai 1789. Ils comptaient 1 145 députés : 291 du clergé, 270 de la noblesse et 584 du tiers état. Le roi y fit son entrée au milieu d'acclamations enthousiastes. Il prononça son discours d'ouverture en terminant par ces paroles : « Puisse, Messieurs, un heureux accord régner dans cette assemblée, et cette époque devenir à jamais mémorable pour le bonheur du royaume ! ».

L'accord ne fut pas de longue durée. Le gouvernement n'avait préparé aucun plan pour diriger les travaux de l'assemblée ; aussi, dès la première séance, la discorde éclata lorsqu'il fallut décider si l'on voterait collectivement, comme par le passé[2], ou individuellement ; en d'autres termes s'il y aurait trois assemblées ou une seule. Dans le premier cas, les deux ordres privilégiés, à savoir le clergé et la noblesse, en s'unissant pouvaient toujours l'emporter sur le tiers état ; tandis que dans le second, le tiers était assuré de la majorité, puisqu'il comptait plus de la moitié des députés.

Après cinq semaines de discussions stériles, le tiers-état ne pouvant faire prévaloir le vote par tête, résolut de se passer des autres ordres et se proclame à lui seul assemblée nationale le 17 juin. Pour répondre à cette audace, le roi fit fermer la salle des états et annoncer une séance royale pour le 23 juin ; mais les députés du tiers ne se laissèrent pas intimider ; ils se réunirent le 20 dans la salle du jeu de paume, sous la présidence de Bailly, député de Paris et s'engagèrent par serment à ne pas se séparer avant d'avoir donné à la France une constitution[3].

À la séance royale du 23 juin, le roi déclara nulles les délibérations du tiers et enjoignit aux trois ordres de délibérer séparément ; puis il fit connaître ses projets pour la réforme de l'État, posa les bases d'une administration nouvelle, et sortit de la salle en ordonnant aux députés de se retirer. Les deux ordres privilégiés obéirent, mais les députés du tiers restèrent à leur place ; et quand le marquis de Deux-Brézé, grand maître des cérémonies, les invita à quitter la salle commune, Mirabeau répondit : « Allez dire à votre maître que nous sommes ici par la volonté du peuple et que nous n'en sortirons que par la force des baïonnettes ». Le roi céda ; il engagea la noblesse et le clergé à se joindre au tiers état.

Biographie de Gabriel Riquetti 
Gabriel Riquetti, comte de Mirabeau, fut le plus grand orateur de la Constituante. Pendant sa jeunesse, il se fit remarquer par son intelligence, mais aussi par un naturel farouche, des passions violentes qui le conduisirent plusieurs fois à la prison et à l'exil. Rejeté par la noblesse aux élections des états généraux, il se fit élire par le tiers dont il embrassa la cause avec ardeur. Après avoir lancé la Révolution, Mirabeau s'effraya du chemin parcouru et essaya d'en arrêter la marche. Il était d'ailleurs gagné par les largesses de la cour qui lui payait secrètement ses dettes. Mais il avait trop présumé de son influence et de ses forces : dès qu'il ne fit plus le jeu des violents, il perdit sa popularité ; et mourut le 2 avril 1791, en prononçant ces paroles : « j'emporte avec moi le deuil de la monarchie ; les factieux vont s'en partager les lambeaux ».

La réunion définitive des trois ordres eut lieu le 27 juin. L'assemblée ainsi formée prit le nom d'Assemblée nationale constituante pour montrer qu'elle représentait la nation entière et qu'elle se donnait la mission de faire une constitution. Cet événement mettait fin aux États généraux et commençait la Révolution.

La Prise de la Bastille, Charles Thévenin, 1793, Musée Carnavalet.

Les luttes de l'assemblée eurent leur contre-coup à Paris et dans les provinces. Le roi crut prudent de concentrer des troupes autour de Paris et de Versailles, et de renvoyer Necker. Aussitôt la capitale, craignant que ces troupes fussent utilisées à une sanglante répression de la Révolution naissante, se soulève à la voix de Camille Desmoulins qui appelle le peuple aux armes ; les boutiques d'armuriers sont pillées, des piques fabriquées, les canons et les fusils de l'Hôtel des Invalides sont récupérés ; puis les insurgés se dirigent sur la Bastille qui est prise et démolie. Le 14 juillet, une foule en armes se porte en masse vers la forteresse, qui n'est point défendue que par quelques hommes. Le gouverneur de Launay, pour éviter l'effusion du sang, parlemente et consent à abaisser le pont-levis. Mais il est massacré, au mépris de la parole donnée, et sa tête est portée en triomphe au bout d'une pique avec celle de Flesselles, prévôt de Paris. À cette nouvelle, Louis XIV s'écrie : « Mais c'est donc une révolte ! — Non, sire, répond un courtisan, c'est une révolution ». La forteresse fut démolie, et le peuple dansa sur ses ruines. C'est en souvenir de la prise de la Bastille, événement marquant de la Révolution, qu'est fêtée tous les 14 juillet la fête nationale française.

Le saviez-vous ?
La Bastille était une forteresse bâtie par Charles V. Elle n'était nullement redoutable, mais elle était odieuse au peuple parce qu'elle avait longtemps servi de prison d'État ; et les meneurs la dépeignaient contre le rempart de la tyrannie, où étaient détenus des milliers de victimes.

Le roi se sentit dès lors impuissant à réprimer ces désordres face au puissant soulèvement. Le 16 juillet, il se rendit à Paris au milieu d'une haie de cent mille hommes qui criaient : « Vive la nation ! ». Il promit le renvoi des troupes et le rappel de Necker ; il sanctionna l'élection de Bailly comme maire de Paris, et celle de La Fayette comme général de la garde national. Celle-ci avait pour signe de ralliement la cocarde bleue et rouge ; La Fayette y rajouta le blanc, couleur du drapeau royal, pour montrer l'union du roi avec la nation. Ce fut l'origine du drapeau national.

Questionnaire[modifier | modifier le wikicode]

  1. Comment se fit l'ouverture des états généraux ?
  2. Quelle question divisa d'abord les députés ? Comment fut-elle résolue ?
  3. Qu'est-ce que le serment du Jeu de Paume ?
  4. Que se passa-t-il à la séance royale du 23 juin ?
  5. Parlez de Mirabeau.
  6. Qu'est-ce qui mit fin aux états généraux proprement dits ?
  7. Racontez la prise de la Bastille. Qu'était-ce que cette forteresse ?
  8. Quelles concessions fit le roi après le 14 juillet ?
  9. Quelle est l'origine du drapeau français ?

La constituante[modifier | modifier le wikicode]

L'exemple de Paris, où l'on promène des têtes coupées, donne le signal aux provinces qui veulent, elles aussi, faire leur 14 juillet : les châteaux et les couvents sont pillés et brûlés. L'assemblée fait alors, pour mettre fin à ces excès, supprimer les privilèges lors d'une séance de nuit. C'est le vicomte de Noailles qui propose la suppression de tous les droits féodaux ; le clergé suit l'exemple de la noblesse et renonce à la dîme ; le tiers vote l'abolition des privilèges des villes et des provinces ; la nation est unifiée et l'ancien régime aboli. On croit la révolution terminée et l'assemblée lève la séance en proclamant Louis XVI « restaurateur de la liberté française ».

Malgré le fameux vote du 4 août, les désordres ne faisaient que s'accroître. Le 5 octobre, un cortège de sept à huit milles personnes, principalement des femmes, marche sur Versailles, envahit l'assemblée, pénètre dans le château en réclamant du pain et que le remplacement de la garde personnelle du roi par les soldats de La Fayette, ainsi que le retour du roi à Paris. La Fayette parvient à contenir cette multitude et suggère au roi d'accepter ces revendications. Le roi part aussitôt, escorté par une populace qui porte au bout des piques les têtes des gardes du corps. L'assemblée suit le roi et va s'installer dans la capitale.

Le saviez-vous ?
Le plus influent des clubs de Paris était celui des Jacobins, dirigé par Robespierre ; venait ensuite celui des Cordeliers où se réunissaient les sans-culottes[4] les plus exaltés, avec Danton et Marat ; enfin celui plus modéré des Feuillants, présidé par La Fayette et Bailly.Les journaux n'étaient pas moins puissants que les clubs. L'Ami du peuple de Marat, le père Duchêne d'Hébert, défendaient la suppression de l'aristocratie[5].

Pour rassurer les esprits et consolider l'œuvre qu'elle édifiait, l'Assemblée décida qu'une grande fête civique serait célébrée à Paris, le 14 juillet 1790, jour anniversaire de la prise de la Bastille. On prépara le Champ de Mars pour cette cérémonie où soixante mille députés des communes et de l'armée vinrent prêter serment à la Constitution que l'Assemblée allait bientôt achever.

L'évêque d'Autun, Talleyrand, célébra la messe sur l'autel de la patrie, entouré de prêtres en aubes blanches et ceintures tricolores. Le roi, assis sur un trône, ayant à ses côtés la reine et le dauphin, fut obligé de présider cette fête révolutionnaire et de prêter serment à la Constitution avant son achèvement. Cette solennité toutefois ne réconcilia pas les partis.

La révolution devenait chaque jour plus menaçante. Necker, pour sauver sa vie, avait dû fuir à Genève (septembre 1790). Mirabeau, qui avait essayé trop tard de sauver la royauté, était mort le 2 avril 1791 ; l'émigration était générale : cent quatre-vingts membres modérés de l'Assemblée avaient passé la frontière, laissant le roi à la merci des Jacobins. Louis XVI décida lui aussi de fuir. Le 21 juin 1791, à 11 heures du soir, il s'échappa de Paris avec toute la famille royale, pour aller rejoindre à Montmédy, l'armée de Bouillé[6], sur laquelle il pouvait compter. Il était sur le point d'arriver à son but lorsqu'il fut reconnu et arrêté à Varennes. On le ramena à Paris où il fut gardé à vue et suspendu de ses pouvoirs jusqu'à l'achèvement de la Constitution.

Questionnaire[modifier | modifier le wikicode]

Louis XVI — Œuvre de la constituante[modifier | modifier le wikicode]

Déclaration des droits de l'homme

Pendant que le pays était en proie à l'anarchie, l'Assemblée s'occupait de préparer cette consitution qu'elle avait promis de lui donner. Elle la fit procéder, comme préambule, de la célèbre Déclaration des droits de l'homme qui contient ce qu'on appelle les principes de 1789. Les principaux droits qui y sont stipulés sont : la liberté religieuse et la liberté civile, l'inviolabilité de la propriété, la liberté de la presse, l'admissibilité de tous aux charges publiques, l'égale répartition des impôts, la responsabilité des agents de l'autorité.

Constitution de 1791

La nouvelle constitution fut proclamée le 14 septembre 1791. La monarchie absolue était détruite et remplacée par la monarchie constitutionnelle qui établissait la séparation des pouvoirs. Le pouvoir léglisatif appartenait à une assemblée unique et permanente, élue pour deux ans, par les Français âgés de vingt-cinq ans. Le roi ne conservait que le pouvoir exécutif avec le droit de veto, c'est-à-dire le droit de s'opposer pendant quatre ans à l'exécution des lois qu'il n'approuvait pas. En outre, sa personne était inviolable, et il avait le droit de déclarer la guerre et de faire la paix.

Cette fameuse constitution, imposée au roi, devait, disait-on, avoir une durée éternelle ; elle dura 11 mois !

L'Assemblée ne se borna pas à élaborer les lois constitutionnelles, elle transforma tout, fit table rase du passée et fit des réformes religieuses, financières, administratives, judiciaires, industrielles.

Constitution civile du clergé

L'Assemblée voulut changer la constitution de l'Église de France. Elle abolit les ordres religieux, supprima les anciens évêchés et établit une nouvelle organisation ecclésiastique ; puis elle décida que les évêques et les curés seraient soumis à l'élection et il fut interdit aux premiers de recevoir du souverain pontife l'institution canonique. C'est ce qu'on appelle la constitution civile du clergé, à laquelle tout ecclésiastique était tenu de prêter serment. Mais comme le pape avait interdit ce serment schismatique, l'immense majorité du clergé plutôt que de s'y soumettre préféra se cacher.

On appela assermentés ou constitutionnels les ecclésiastiques qui avaient prêté le serment, tandis que ceux qui l'avaient refusé étaient appelés insermentés ou réfractaires. On donna aux premiers les évêchés et les cures dont les seconds furent dépossédés. Les députés du clergé qui refusèrent le serment furent même exclus de l'Assemblée constituante.

Réformes financières - Assignats

Ces innovations troublaient les consciences, mais ne comblaient pas le déficit qui augmentait chaque jour. Pour y remédier, la Constituante créa un papier-monnaie connu sous le nom d'assignats ; et, pour donner à ce papier une valeur réelle, elle décida de s'emparer des biens du clergé et de les mettre à la disposition de 'État, qui, en échange, s'engageait à pourvoir aux frais du culte et au soulagement des pauvres. C'est l'origine du budget des cultes.

Réformes administratives et judiciaires

La France fut divisée en quatre-vingt-trois départements ; chaque département fut subdivisé en districts ou arrondissements, en cantons et en communes. les registres de l'état-civil furent confiés aux municipalités.

Tous les anciens tribunaux furent supprimés. À leur place, on institua un tribunal de paix par canton, un tribunal civil par arrondissement, un tribunal criminel par département, et, à Paris, un tribunal de cassation, chargé à la bonne administration de la justice dans les tribunaux inférieurs.

réformes diverses

Les titres de noblesse furent abolis, ainsi que l'esclavage dans les colonies ; on décida le partage forcé des successions et la création d'un système uniforme des poids et mesures. La liberté du commerce et de l'industrie fut établie par la suppression des douanes provinciales et par l'abolition des corporations ; mais on greva les commerçants d'un impôt spécial, appelé patente.

Fin de la Constituante

La Constituante, ayant achevé son œuvre, se sépara le 30 septembre 1791 après avoir déclaré qu'aucun de ses membres ne ferait partie de la nouvelle assemblée.

Questionnaire[modifier | modifier le wikicode]

Louis XVI — La législative[modifier | modifier le wikicode]

Assemblée législative

L'Assemblée législative se réunit le lendemain du jour où la Constituante se sépara, c'est-à-dire le 1er octobre 1791. Ses membres se divisaient en trois partis :

  • les constitutionnels ou feuillants qui voulaient le maintien de la royauté et de la constitution ;
  • les girondins, partisans d'une république modérée ;
  • les montagnards ou jacobins, hommes violents qui prenaient le mot d'ordre au club des Jacobins et à celui des Cordeliers.

Les constitutionnels siégeaient à droite ; les girondins, à gauche, et les montagnards occupaient les gradins les plus élevés de la salle.

Premiers travaux de la Législative

L'Assemblée législative ne tarda pas à montrer de quel esprit elle était animée. Elle abolit les titres de sire et de majesté et ordonne que le roi siégera sur un simple fauteuil. Un décret ordonne à Monsieur, frère du roi, de rentrer avant deux mois sous peine de perdre ses droits éventuels à la régence. Un deuxième décret déclare les émigrés coupables de conspiration. Un troisième supprime le traitement des prêtres non assermentés et leur ôte la liberté de l'exercice de leur culte. Le roi opposa son veto à ces deux derniers décrets.

Déclaration de guerre à l'Autriche

Les girondins et les montagnards prétendirent que « la guerre était indispensable pour consommer la Révolution ». Ils accusaient la cour de comploter avec les souverains étrangers, et avec les émigrés concentrés en armes sur les frontières. Le roi fut contraint de remplacer ses ministres constitutionnels par un ministère girondin, dont les principaux membres étaient Roland et Dumouriez ; et la guerre fut déclarée à l'Autriche, le 20 avril 1792.

Journée du 20 juin

Les débuts de la guerre nous furent défavorables et la frontière fut envahie. Ces revers irritèrent l'Assemblée ; le ministre Roland écrivit au roi une lettre menaçante, lui reprochant de s'opposer à l'exécution des décrets. Il fut renvoyé. Aussitôt les clubs organisèrent une émeute.

Le 20 juin 1792, la populace armée de piques, de bâtons, de sabres, et conduite par le maire Pétion et par Santerre, envahit l'Assemblée, puis marche sur les Tuileries, dont les portes sont enfoncées. Louis XVI est accablé de menaces et d'injures ; il est coiffé du bonnet rouge[7]. Cette journée soulève une indignation générale dans les départements.

La patrie en danger

Les Prussiens s'étaient alliés aux Autrichiens contre la France, et le duc de Brunswick venait de publier un manifeste menaçant Paris d'une destruction complète si le roi n'était rétabli dans tous ses droits. Devant cette provocation, l'Assemblée déclare la patrie en danger ; le canon tonne d'heure en heure ; les enrôlements volontaires se font au son du tambour sur les principales places de la capitale. En même temps, Danton organise une nouvelle insurrection contre la royauté.

Journée du 10 août

Le 9 août, une municipalité jacobine s'installe à l'Hôtel de Ville ; le lendemain, vingt mille faubouriens avec cinq cents Marseillais arrivés la veille[8] marchent une seconde fois sur les Tuileries ; les gardes sont massacrés, le roi avec sa famille se réfugient au sein de l'Assemblée. La Commune était désormais souveraine ; elle déclare Louis XVI suspendu de ses fonctions, et le fait enfermer au Temple. L'Assemblée législative, se trouvant annulée, décrète l'élection d'une Convention nationale et se sépare.

Massacres de septembre

Les vrais chefs de la Commune, Robespierre, Danton et Marat ont résolu de dominer par l'épouvante, et ils entassent dans les prisons de Paris des centaines de prêtres, de nobles et de royalistes. Cependant le territoire français est envahi par les ennemis, et Verdun tombe en leur pouvoir. À cette nouvelle, des bandes d'assassins se précipitent vers les prisons et y massacrent plus de quatorze cents détenus, sous prétexte qu'il faut se débarasser des ennemis du dedans avant de marcher contre les ennemis du dehors. Danton et Marat durent porter devant l'histoire la responsabilité de cette boucherie qui dura cinq jours (2-6 septembre).

Premières victoires

Pendant que ces horribles scènes terrifiaient la France, les soldats français, commandés par Dumouriez et Kellermann, arrêtaient l'invasion par la victoire de Valmy (20 septembre). Le 6 novembre suivant, Dumouriez gagnait encore la bataille de Jemmapes. En même temps, Custine s'emparait de Worms et de Mayence ; Montesquiou faisait la conquête de la Savoie, et Anselme, celle du comté de Nice.

Bataille de Valmy

À Valmy, les jeunes volontaires, encadrés dans les troupes de ligne, se battent contre les Prussiens.

Questionnaire[modifier | modifier le wikicode]

La Convention[modifier | modifier le wikicode]

Les partis de la Convention

La Convention nationale se réunit le 21 septembre 1792. Dès sa première séance, sous la présidence de Pétion, elle vote l'abolition de la royauté, et le lendemain, 22 septembre, elle proclama la république.

Les membres de la Convention, au nombre de sept cent soixante environ, formaient trois partis :

  • les girondins ou républicains modérés, parmi lesquels étaient des orateurs remarquables : Vergniaud, Lanjuinais, Louvet, Barbaroux, Roland, Pétion ;
  • les montagnards ou républicains exaltés, Robespierre, Danton, Marat, Saint-Just, Couthon, Philippe-Égalité ;
  • la plaine ou le marais, qui comprenait les timides et les indécis : Barras, Boissy-d'Anglas, Sieyès, Monge, Cambacérès. Ils suivaient généralement les plus forts.

La division ne tarda pas à éclater entre les girondins et les montagnards. Roland demanda le châtiment des assassins de septembre ; Danton, de son côté, reprocha aux girondins de rêver un gouvernement fédératif, et fit déclarer la république une et indivisible. Ils ne purent s'entendre que pour faire le procès du roi.

Procès de Louis XVI

Les montagnards, qui voulaient « jeter en défi aux souverains coalisés une tête de roi », réclamèrent le jugement de Louis XVI ; et la plupart des girondins n'osèrent s'y opposer, dans la crainte de passer pour modérés. Le 3 décembre, la Convention décida que le roi serait jugé par elle ; le 11, le procès commença ; il dura plusieurs semaines ; le roi répondit avec calme. Le 17 janvier, Louis XVI était condamné à mort, malgré l'éloquent plaidoyer du jeune de Sèze qui flétrit la procédure par ces paroles : « Je cherche parmi vous des juges, et je ne vois que des accusateurs ». Tronchet, Malesherbes, le courageux Lanjuinais luttèrent aussi pour sauver le roi ; mais la Convention rendit la sentence, et le 21 janvier 1793, le roi était conduit à l'échafaud.

Mort de Louis XVI

Le soir du 20 janvier, le ministre de la justice vint notifier au roi sa condamnation. Louis XVI reçut la nouvelle à laquelle il s'attendait, demanda l'assistance d'un prêtre et la possibilité de revoir sa famille.

Le lendemain, Louis XVI, à l'appel de ses bourreaux, traversa Paris dans une voiture fermée, entre deux rangs de baïonnettes, après avoir entendu la messe. Parvenu sur l'échafaud, il adressa à la foule ces paroles : « Français, je suis innocent des crimes que l'on m'impute ; je pardonne aux auteurs de ma mort, et je demande à Dieu que mon sang ne retombe pas sur la France ». Un roulement de tambours, ordonné par Santerre, l'empêcha de continuer. Quelques minutes après, sa tête tombait.

La famille royale

La reine Marie-Antoinette, détenue à la Conciergerie, ne tarda pas à suivre Louis XVI sur l'échafaud. Madame Élisabeth, sœur du roi, subit le même sort, le 10 mai 1794.

Le dauphin, devenu Louis XVII, après la mort du roi, fut livré au cordonnier Simon : il mourut au Temple, à l'âge de dix ans, le 7 juin 1795, de mauvais traitements.

Madame Royale, fille de Louis XI, fut échangée, en 1795, contre les commissaires que Dumouriez avait livrés à l'Autriche, et, en 1799, elle épousa son cousin, le duc d'Angoulême. Après avoir erré dans divers pays, elle se fixa à Bordeaux en 1814 ; exilée de nouveau, en 1830, elle mourut au château de Frohsdorf (Autriche), le 19 octobre 1851.

Questionnaire[modifier | modifier le wikicode]

  1. Quels partis renfermait la Convention ? Quels sont les plus célèbres conventionnels ? Que décidèrent-ils le 22 septembre ?
  2. Parlez du procès du roi. Quels furent ses défenseurs ?
  3. Que devinrent les autres membres de la famille royale ?

La Convention — La Terreur[modifier | modifier le wikicode]

Lutte des partis

La mort de Louis XVI indigna l'Europe ; mais elle ne réconcilia pas les partis. La lutte devint de plus en plus ardente entre les girondins, qui dominaient par le nombre à la Convention et les montagnards appuyés par la Commune, les clubs et les sections armées ou garde nationale.

Les montagnards réussirent à dominer le tribunal révolutionnaire et le comité de salut public institués par la Convention.

Le tribunal révolutionnaire, établi le 10 mars 1793, était chargé de juger sans appel les ennemis de la Révolution. Pour être suspect, il suffisait de donner le moindre signe de religion, de cacher un prêtre, d'oublier sa cocarde tricolore, de dire monsieur au lieu de citoyen, etc. On se voyait aussitôt dénoncé, jeté en prison, condamné à mort.

Le comité de salut public, composé de neuf membres, était le véritable gouvernement de la France. Armé d'un pouvoir sans limite et sans contrôle, il exerça sur le pays une véritable dictature. Ses principaux membres étaient Robespierre, Couthon, Saint-Just, Carnot, Collot d'Herbois.

Chute des girondins

Les montagnards finirent par triompher. Le 2 juin, une insurrection organisée par la Commune de Paris exige la proscription des girondins. Vingt-deux des principaux sont arrêtés ; les autres s'enfuient et le pouvoir reste aux jacobins qui inaugurent le régime de la terreur.

La Terreur

Le Comité de Salut public, devenu tout puissant, fit de la terreur un moyen de gouvernement. Robespierre donna une impulsion nouvelle à la marche de la révolution : les prisons se remplirent, l'échafaud se dressa en permanence sur les places publiques, et la guillotine fit chaque jour son œuvre de mort avec une activité toujours croissante. L'assassinat de Marat, par Charlotte Corday, le 13 juillet, provoqua de nouvelles violences : la terreur redoubla.

Tous les partis et toutes les classes de la société fournissaient des victimes. La reine Marie-Antoinette fut conduite à l'échafaud, le 16 octobre, sur le tombereau des condamnés, au milieu des injures ; le 31, c'était le tour de vingt et un girondins qui furent exécutés malgré leur défense. Une foule de nobles, de prêtres, de religieuses, de citoyens,de bourgeois, prirent place sur la fatale charrette ; puis ce furent Bailly, l'ancien maire de Paris ; Malesherbes, le défenseur de Louis XVI ; Mme Roland, l'inspiratrice de la Gironde ; Philippe-Égalité, le régicide ; Lavoisier, savant chimiste ; André Chénier, poète ; des généraux comme Custine, Houchard, Beauharnais, etc.

Les provinces suivaient l'exemple de la capitale : des commissaires de la Convention, envoyés dans les départements, répandaient le sang à flots. Collot d'Herbois faisait mitrailler les Lyonnais ; Carrier, trouvant la guillotine trop lente, avait imaginé des bateaux à soupape pour noyer les Nantais ; Lebon promenait sa guillotine dans le Pas-de-Calais ; Tallien opérait à Bordeaux. Plus de trois cent mille victimes périrent. « Les têtes tombent comme les tuiles un jour de vent », disait Fouquier-Tinville, accusateur public.

Le calendrier républicain

Au culte chrétien, interdit, fut substitué le culte de la Nature, de la Raison et de la Vertu. Le calendrier fut changé et devint le calendrier révolutionnaire : la semaine était remplacée par la décade et le dimanche par le décadi ; l'an Ier de la République commença le 22 septembre 1792 ; les mois, tous de 30 jours, s'appelèrent vendémiaire, brumaire, frimaire pour l'automne ; nivôse, pluviôse, ventôse pour l'hiver ; germinal, floréal, prairial pour le printemps ; messidor, thermidor, fructidor pour l'été. L'année était complétée par cinq jours de fêtes nationales ou sans-culottides.

La grande Terreur

La Montagne ne tarda pas à se diviser. Danton et Camille Desmoulins firent entendre la voix de la modération, tandis qu'Hébert et Chaumette demandaient encore plus de sang. Robespierre, qui cherchait à se débarrasser de ses rivaux pour arriver au pouvoir suprême, accusa les premiers de modérantisme et les seconds de corruption. Les hébertistes montèrent les premiers sur l'échafaud, le 24 mars 1794, et les dantonistes, le 5 avril suivant.

Robespierre restait sans rival. Il imposa sa domination à la Commune, au comité de Salut public, à la Convention, à la France entière : ce fut l'époque de la grande Terreur.

Le 9 thermidor

Un tel régime ne pouvait durer, et les partisans de Robespierre, se sentant menacés à leur tour, se liguèrent contre le tyran qui fut renversé le 9 thermidor (27 juillet 1794).

Robespierre ne succomba pas sans lutte. Dans une séance orageuse, Tallien l'attaqua avec fureur et demanda sa mise en accusation. Robespierre veut se défendre ; il essaye de protester ; mais des huées couvrent ses paroles, sa voix s'éteint : « C'est le sang de Danton qui t'étouffe », lui crie-t-on. Enfin le décret d'accusation est voté contre lui et ses amis.

Cependant tout n'est pas fini : la Commune fait appel aux jacobins des faubourgs, et Henriot accourt pour délivrer le tyran. Mais la Convention ne se laisse pas intimider : elle nomme Barras commandant de la force armée, et les troupes de la Convention triomphent des bandes de l'Hôtel de Ville. Le lendemain, le dictateur avec Couthon, Saint-Just, Lebas et leurs partisans montaient sur l'échafaud.

Période thermidorienne

Comme le pays était las de violences, la terreur cessa d'elle-même, les prisons s'ouvrirent et la France respira. La Convention rappela les girondins proscrits, tandis qu'elle envoyait à l'échafaud Fouquier-Tinville, Carrier, Lebon, Henriot, le cordonnier Simon, etc.

L'année suivante, le 1er prairial, l'assemblée eut à réprimer une insurrection de jacobins qui voulaient ramener la terreur ; une autre de royalistes fut vaincue, le 13 vendémiaire, par le jeune général Bonaparte. Au milieu de ces troubles, elle élabora une nouvelle constitution dite Constitution de l'an III, puis elle se sépara, le 26 octobre 1795, après avoir siégé trois ans et quelques jours.

Œuvre de la Convention

La Convention est la plus terrible assemblée politique qui ait jamais existé. Elle régna au dedans par la terreur ; mais elle repoussa avec énergie et avec succès l'invasion étrangère. Elle dota le pays de plusieurs institutions utiles : l'École normale, l'École polytechnique, l'Institut, le Conservatoire des arts et métiers, le système métrique, le Grand-Livre de la dette publique. Il faut remarquer toutefois qu'à la dissolution de l'assemblée, plusieurs de ces créations n'étaient encore que sur le papier ; il était réservé aux gouvernements suivants de les réaliser.

Questionnaire[modifier | modifier le wikicode]

  1. Quels partis entrèrent en lutte à la Convention ? Qu'est-ce que le tribunal révolutionnaire ? le comité de salut public ?
  2. Comment furent renversés les girondins ?
  3. Qu'est-ce que la Terreur ? Quelles furent ses principales victimes ? Quelle fut la fin de Marat ?
  4. Que savez-vous sur le calendrier républicain ?
  5. Quels partis se proscrivirent tour à tour ?
  6. Qu'est-ce que le 9 thermidor ? Racontez la chute de Robespierre.
  7. Quel changement le 9 thermidor amena-t-il en France ? Citez deux insurrections de la période thermidorienne.
  8. Quelles sont les principales créations de la Convention ?

Guerres de la première coalition[modifier | modifier le wikicode]

Résumé

Les guerres de la République et de l'Empire, qui ont ensanglanté l'Europe pendant plus de vingt ans, se subdivisent en sept coalitions. La première, qui est la plus importante et la plus longue, commence au 20 avril 1792, et se termine au traité de Campo-Formio, signé le 17 octobre 1797. Elle peut se diviser en trois parties :

  1. du commencement à la mort de Louis XVI (année 1792), la coalition contre la France n'est que partielle ; elle comprend l'Autriche, la Prusse et la Sardaigne.
  2. du 21 janvier 1793 aux traités de Bâle (années 1793, 1794 et 1795), la coalition devient générale : toute l'Europe est contre la France.
  3. à partir des traités de Bâle (années 1796 et 1797), la coalition redevient partielle : elle ne comprend plus que la Sardaigne, l'Autriche et l'Angleterre.
Campagne de 1792

La première partie commença par des revers et se termina par des succès. L'invasion du territoire, la prise de Longwy et de Verdun provoquèrent les insurrections du 10 août et les massacres de septembre. Mais le 20 septembre, l'ennemi fut arrêté à Valmy, dans les défilés de l'Argonne.

Campagne de 1793

La campagne de 1793, comme la précédente, débute par des revers et se termine par des victoires. Dumouriez, mal secondé par des volontaires indisciplinés, fut battu à Nerwinde (18 mars). On l'accusa de trahison, et la Convention envoya quatre commissaires pour l'arrêter dans son camp ; mais Dumouriez les prévint et les livra lui-même en otages aux ennemis. Il essaya ensuite d'entraîner son armée contre la Convention ; n'ayant pu y réussir, il passa à l'étranger avec le duc de Chartres[9].

La défaite de Nerwinde fit perdre à la France la Belgique, et la Flandre fut envahie. Sur le Rhin, Beauharnais rendait Mayence aux Prussiens pendant que les Espagnols occupaient le Roussillon et que l’insurrection éclatait de toute part, à l'intérieur : la Vendée était sous les armes, Lyon s'était soulevé contre l Convention, Toulon avait livré ses forts aux Anglais.

Succès

Dans cette extrémité la Convention redoubla d'énergie : elle ordonna une levée de 300 000 hommes, puis une levée en masse ; Carnot organisa onze armées, embrigada les volontaires dans les anciennes troupes et envoya 1 200 000 hommes sur les frontières menacées. Aussi, à partir de septembre 1793, les armées françaises prirent l'offensive et triomphèrent partout. Dans le Nord, les victoires de Hondschoote et de Wattignies libéraient la Flandre ; Hoche et Pichegru chassaient les Prussiens de l'Alsace envahie ; les Vendéens étaient battus au Mans et à Savenay ; Lyon était repris le 10 octobre, et Toulon en décembre, grâce au général d'artillerie Bonaparte.

Guerre de la Vendée

L'insurrection de la Vendée fut avant tout une guerre religieuse. Quand les Vendéens virent leurs églises fermées, ils se révoltèrent et refusèrent de se soumettre aux jacobins.

Leurs principaux chefs furent Cathelineau, surnommé le « saint de l'Anjou », Charette, d'Elbée, Bonchamp, Lescure, La Rochejacquelein, qui haranguait ses hommes en leur disant : « Si j'avance, suivez-moi ; si je recule, tuez-moi ; si je tombe, vengez-moi ». Ces hommes commandaient des troupes de paysans en sabots, armés à la hâte de fusils de chasse, de pieux, de faux et de fourches. Ces soldats improvisés allaient au combat avec une image du Sacré-Cœur, et chargeaient les bleus[10].

Les Vendéens remportèrent d'abord des victoires à Cholet, Thouars, Châtillon, Saumur, Torfou. Après la mort du généralissime Cathelineau, ils manquèrent d'unité dans le commandement et ils furent battus au Mans, puis exterminés à Savenay.

Siège de Lyon

Les Lyonnais ne subissaient qu'en frémissant la tyrannie des jacobins de Paris. À la nouvelle de la proscription des girondins, ils se soulevèrent, guillotinent Chalier, émissaire de Robespierre, et établissent une municipalité moédérée. Mais bientôt Dubois-Cancé vient faire le siège de la ville avec soixante mille hommes parmi lesquels un grand nombre de volontaires recrutés en Auvergne par Couthon et Javogues.

Les Lyonnais, commandés par les comtes de Précy et de Virieu, se défendent vaillamment ; mais bloqués et sans secours, ils sont obligés de se rendre après deux mois de siège et de bombardement. La Convention décréta que la ville serait détruite et que sur son emplacement serait élevé un monument portant cette inscription : « Lyon fit la guerre à la liberté, Lyon n'est plus ». Couthon et Collot d'Herbois vinrent faire exécuter le décret ; ils employèrent la mine contre les édifices et la mitraille contre les habitants ; les plus beaux quartiers furent détruits et des milliers de muscadins[11] ensanglantèrent la plaine des Brotteaux. Ce qui restait de la ville s'appela Commune affranchie.

Campagne de 1794

En 1794, la lutte continue et les victoires se succèdent. Dans le Nord, Jourdan est vainqueur à Fleurus, le 26 juin, puis il s'empare des villes du Rhin ; Pichegru envahit la Hollande, s'empare avec sa cavalerie de la flotte engagée dans les glaces, et établit la République bastave. Vers les Pyrénées, les Espagnols sont chassés du Roussillon ; Moncey et Pérignon pénètrent en Espagne ; aux Alpes, Schérer est vainqueur à Loano.

Sur mer, la France fut moins heureuse. Les Anglais s'emparèrent des colonies et battirent, en face de Brest, l'amiral Villaret-Joyeuse qui protégeait l'arrivée d'un convoi de blé.

Traités de Bâle

Tant de succès rompirent la coalition. La Prusse, la Hollande et l'Espagne renoncèrent à la lutte par les traités de Bâle et de la Haye (1795) qui assuraient à la France la rive gauche du Rhin, une partie de la Hollande et de l'île Saint-Domingue.

Questionnaire[modifier | modifier le wikicode]

  1. Comment se subdivise la première coalition ?
  2. Quels furent les principaux faits militaires en 1792 ?
  3. Quels revers éprouva la France dans l'année 1793 ?
  4. Quelles victoires remporta la Convention à la fin de l'année 1793 ?
  5. Parlez de la guerre de Vendée. Nommez quelques chefs Vendéens.
  6. Que savez-vous du siège de Lyon ? Comment fut traitée cette ville ?
  7. Quels furent les événements militaires de 1794, dans le Nord ? vers les Pyrénées ? sur mer ?
  8. Quels furent les résultats des traités de 1795 ?

Le directoire — Campagne d'Italie[modifier | modifier le wikicode]

Constitution de l'an III

La constitution de l'an III confiait le pouvoir législatif à deux assemblées élues pour trois ans : le conseil des Anciens et le conseil des Cinq-Cents, et le pouvoir exécutif à un directoire composé de cinq membres, renouvelable tous les ans par cinquième. Les premiers directeurs élus furent : Barras, Carnot, Rewbel, Letourneur, Laréveillère-Lépeaux.

Le conseil des Anciens, sorte de Sénat, était composé de 250 membres mariés ou veufs, âgés de quarante ans au moins. Ils approuvaient ou rejetaient les lois proposées par les Cinq-Cents et nommaient les directeurs.

Politique intérieure du Directoire

Au moment où le Directoire prit le pouvoir, la situation était difficile : les révolutionnaires voulaient recommencer la terreur ; les royalistes commençaient à se montrer et prétendaient rétablir la monarchie ; les finances étaient ruinées et la coalition, quoique réduite par les traités de 1795, était encore redoutable.

Coup d'État du 18 fructidor

Les élections de 1797 ayant été favorables aux royalistes, ceux-ci dominèrent dans les deux Conseils et firent entrer Barthélémy, un des leurs, au Directoire. Les autres directeurs organisèrent alors un coup d'État[12] avec l'aide d'Augereau rappelé d'Italie. Le 18 fructidor an V, Barthélémy et les principaux députés royalistes, avec des journalistes, furent arrêtés et déportés à Cayenne ; les journaux modérés furent supprimés et les lois révolutionnaires remises en vigueur.

Deux autres coups d'État (22 floréal an VI et 30 prairial an VII) vinrent encore fausser les rouages de la constitution. Enfin un quatrième, celui du 18 brumaire, détruisit la constitution elle-même, comme on le verra plus loin.

Guerre contre l'Autriche — Plan de Carnot

La première coalition, redevenue partielle, ne comptait guère plus que l'Autriche, le nord de l'Italie et l'Angleterre. Carnot qui avait repris, comme sous la Convention, la conduite des opérations militaires, conçut le projet de lancer trois armées sur Vienne afin de frapper l'Autriche au cœur. La première, commandée par Jourdan, devait suivre la vallée du Mein ; la seconde, sous les ordres de Moreau, descendrait le Danube, et la troisième, celle d'Italie, confiée à Bonaparte, suivrait la vallée du Pô.

Opérations en Allemagne

Le plan échoua en Allemagne. Jourdan fut obligé de se replier sur le Rhin. Moreau, malgré quelques victoires, dut faire de même ; il opéra alors une grande retraite, mais la campagne était perdue. Il n'en fut pas de même en Italie, où Bonaparte attira à lui toutes les armées autrichiennes et les défit toutes.

Le général Bonaparte

Napoléon Bonaparte naquit à Ajaccio (Corse) le 15 août 1769. Son père obtint pour lui une bourse à l'école militaire de Brienne. Il passa plus tard à celle de Paris, d'où il sortit avec le grade de lieutenant dans un régiment d'artillerie. Nous l'avons déjà vu paraître dans deux circonstances : au siège de Toulon, où son artillerie amena la reddition de la place, et le 13 vendémiaire, où, à la tête des troupes de la Convention, il mitrailla les royalistes devant l'église Saint-Roche, à Paris. Barras, qui l'avait apprécié ce jour-là, le fit nommer général en chef de l'armée d'Italie. Il avait alors 26 ans.

Le 27 mars 1796, Bonaparte rejoignit son armée à Savone, au pied des Alpes. Il y fut accueilli froidement par les officiers et par les soldats à cause de sa jeunesse ; mais cette impression dura peu. « Soldats, leur disait-il, vous êtes mal nourris et presque nus ; le gouvernement vous doit beaucoup, mais il ne peut rien pour vous... Je vais vous conduire dans les plus riches plaines du monde ; vous y trouverez honneur, gloire et richesse. Soldats d'Italie, manqueriez-vous de courage ! ».

Campagne d'Italie

À peine arrivé, Bonaparte tourne les Alpes par le col de Cadibone, sépare violemment les Piémontais des Autrichiens à Montenotte, bat les Autrichiens à Dégo et écrase l'armée piémontaise à Millésimo et à Mondovi. Le Piémont demande la paix et cède à la France la Savoie et le comté de Nice au traité de Cherasco (avril 1796).

Bonaparte marche alors contre le général autrichien Beaulieu, le bat à Lodi, puis le rejette dans le Tyrol et met le siège devant Mantoue. Il impose une lourde contribution de guerre à la Lombardie, aux ducs de Parme et de Modène ; puis il envoie des millions au Directoire. Les Autrichiens reviennent à la charge, commandés par Wurmser et Alvinzy. Bonaparte bat le premier à Castiglione et à Bassano ; le second au pont d'Arcole (novembre 1796) et à Rivoli (janvier 1797). Mantoue capitule le 2 février.

Marche sur Vienne

Après avoir repoussé de toutes parts ses ennemis, Bonaparte prend l'offensive à son tour. Il bat l'archiduc Charles, le poursuit vivement et arrive bientôt aux portes de Vienne. L'Autriche signe les préliminaires de la paix à Léoben (avril 1797). La république de Venise s'étant soulevée est occupée par les troupes de Napoléon. Les États romains sont pillés, et par le traité de Tolentino, doit donner plusieurs œuvres d'art de valeur à la Convention.

Traité de Campo-Formiio

Le traité de Campo-Formio, signé le 17 octobre 1797, met fin à la première coalition. La France garde la Belgique et la rive gauche du Rhin. La Lombardie est érigée en république cisalpine et le territoire de Gênes en république ligurienne. Venise était donnée à l'Autriche.

Questionnaire[modifier | modifier le wikicode]

  1. Parlez des la constitution de l'an III. Nommez les cinq premiers directeur.
  2. Comment le Directoire gouverna-t-il à l'intérieur ?
  3. Qu'est-ce qu'un coup d'État ? Comment se fit le coup d'État du 18 fructidor ? Indiquez-en trois autres.
  4. En quoi consistait le plan de Carnot ?
  5. Quel fut le résultat des opérations militaires en Allemagne ?
  6. Où naquit Bonaparte ? Quels furent ses premiers faits d'armes ?
  7. Quelles sont les principales victoires de la campagne d'Italie ? Quels généraux autrichiens furent envoyés contre Bonaparte ?
  8. Quel fut le résultat de la marche sur Vienne ?
  9. Quelles furent les conditions du traité de Campo-Formio ?

Le directoire — Deuxième coalition[modifier | modifier le wikicode]

Expédition d'Égypte

Après la paix de Campo-Formio, la France n'avait plus que l'Angleterre à combattre. Bonaparte, sentant l'impossibilité de pénétrer dans son île, voulut l'atteindre dans ses colonies. Il rêva de conquérir l'Égypte d'où il pourrait menacer les Indes ; c'était en même temps fonder une riche colonie et faire de la Méditerranée un lac français. Le Directoire, désireux d'éloigner Bonaparte de la métropole, s'empressa d'approuver son plan.

Le général prépara son expédition avec le plus grand secret. Il s'embarqua à Toulon, le 19 mai 1798, avec 10 000 marins commandés par l'amiral Brueys, et 36 000 hommes de débarquement sous les ordres de Kléber, Desaix, Murat, Davout, Lannes, Junot, Marmont. Il était en outre accompagné d'une commission de savants, Monge, Berthollet, Dolomieu, Caffarelli, etc, chargés de faire des recherches sur l'ancienne Égypte.

Victoire des Pyramides

Bonaparte fait voile pour l'Égypte, prend Malte en passant, échappe à l'amiral anglais Nelson qui croisait dans la Méditerranée, aborde près d'Alexandrie dont il s'empare puis marche sur le Caire.

Arrivé au pied des Pyramides, il rencontre les mameluks rangés en bataille. Après une bataille gagnée par les troupes de Napoléon, les mameluks se retirent et Bonaparte entre vainqueur au Caire.

Désastre d'Aboukir

Pendant ce temps, l'amiral anglais Nelson détruisait la flotte française dans la rade d'Aboukir, de sorte que l'armée d'Égypte se trouvait complètement isolée de la France. « Nous sortirons de ces déserts grands comme les anciens », dit Bonaparte en apprenant ce cruel désastre. Puis il organisa sa conquête et employa la commission scientifique à chercher les meilleurs moyens de construire des moulins, de cultiver la vigne, de remplacer le houblon dans la fabrication de la bière, de faire de la poudre, des fusils, des canons, des draps, etc.

Expédition de Syrie

La Turquie, excité par l'Angleterre, préparait deux armées contre Bonaparte. Celui-ci marche vers la Syrie, au-devant de la première et l'écrase au mont Thabor ; mais il échoue au siège de Saint-Jean-d'Acre. De retour en Égypte, il rejette à la mer la seconde armée turque qui débarquait à Aboukir.

Retour de Bonaparte

Bonaparte, apprenant que le Directoire était détesté et ne se maintenait que par des coups d'État, que la coalition était victorieuse, décida qu'il fallait agir. Il laisse le commandement à Kléber, s'embarque secrètement, traverse la Méditerranée sans rencontrer la flotte anglaise et débarque à Fréjus le 9 octobre 1799.

Deuxième coalition

Pendant que Bonaparte guerroyait en Égypte, le Directoire avait soulevé toutes les colères de l'Europe par sa politique agressive. Il s'était emparé de Genève et du Piémont ; il avait fait enlever de Rome le pape Pie VI et le gardait prisonnier à Valence ; les États pontificaux étaient devenus la république romaine. De même, le royaume de Naples était devenu la république parthénopéenne[13], et la Suisse, la république helvétique[14]. Toutes ces entreprises avaient provoqué une seconde coalition presque aussi générale que la première.

Opérations militaires

La France se battit sur le Rhin, en Italie, dans le Nord et en Suisse.

Vers le Rhin Jourdan perdit la bataille de Stokach. En Italie, les généraux français sont battus les uns après les autres à Magnano, à Cassano, à la Trébie et à Novi où Joubert est tué ; l'Italie est perdue. Ils furent plus heureux en hollande où Brune battit les Anglais à Bergen, et en Suisse où Masséna arrêta les Russes et les Autrichiens à Zurich.

Coup d'État du 18 brumaire

À peine arrivé d'Égypte, Bonaparte organisait un coup d'État ; avec l'appui de l'armée et du conseil des Anciens, il renversait le Directoire et établissait un gouvernement nouveau, le Consulat, dont il devenait le véritable chef.

Bonaparte s'entend avec Talleyrand, avec les directeurs Siyès et Roger-Ducos, et les principaux membres des Anciens, puis il se décide à agir. Le 18 brumaire, an VIII (9 novembre 1799) il reçoit le commandement des troupes de Paris ; trois directeurs donnent leur démission et les deux autres sont gardés à vue au Luxembourg : il n'y a plus de gouvernement.

Le lendemain, le général se présente aux Anciens, accuse le Directoire et réclame une nouvelle constitution. Il se rend aux Cinq-Cents ; mais ici, éclate un tumulte affreux. « À bas le dictateur ! hors la loi ! » crie-t-on de toute part. Lucien Bonaparte, président de l'assemblée, s'efforce en vain de défendre son frère ; le général se trouble, se croit perdu ; il est emporté dehors par ses grenadiers. « Ils vous ont mis hors la loi, lui dit Sieyès, mettez-les hors de la salle ». Un bataillon de grenadiers est lancé contre les députés, tambours battants,baïonnettes croisées. Les Cinq-Cents s'enfuient, sautent par les fenêtres ! Le soir, Lucien réunit les députés du parti et leur fait voter la suppression du Directoire et nommer trois consuls provisoires : Bonaparte, Siyès et Roger-Ducos.

Questionnaire[modifier | modifier le wikicode]

  1. Quel projet conçut Bonaparte contre l'Angleterre ? Comment était composée son expédition ?
  2. Quels succès remporta l'armée française en Égypte ?
  3. Quel désastre éprouva l'expédition ? Que fit alors Bonaparte ?
  4. Quels sont les principaux faits d'armes de l'expédition de Syrie ?
  5. Pourquoi Bonaparte quitta-t-il l'armée d'Égypte ?
  6. Quelles furent les causes de la seconde coalition ?
  7. Quels furent, pendant la 2e coalition, les événements de la guerre dans le Nord ? en Italie ? en Suisse ?
  8. Comment Bonaparte prépara-t-il son coup d'État ? Comment l'exécuta-t-il ? Quels furent les trois consuls provisoires ?

Questions de récapitulation[modifier | modifier le wikicode]

Première partie[modifier | modifier le wikicode]

Que savez-vous sur : le champ de Mars ? la commission des arts en Égypte ? les pyramides d'Égypte ? Moreau ? La Fayette ? Carnot ? la prison du Temple ? les assignats ? les clubs ? le drapeau tricolore ? Mirabeau ? l'émigration ?

Deuxième partie[modifier | modifier le wikicode]

  1. De combien de membres se composaient les états généraux ?
  2. Citez les principaux faits qui se passèrent sous la Constituante.
  3. Parlez de Necker.
  4. Racontez l'insurrection du 20 juin.
  5. Quels étaient les partis de l'Assemblée législative ?
  6. Quelles victoires furent remportées en 1792 sur la coalition ?
  7. Quelle est la date de la mort de Louis XVI ?
  8. Quel fut l'effet de cette mort ?
  9. Quels étaient les partis de la Convention ?
  10. Parlez de la Terreur.

Troisième partie[modifier | modifier le wikicode]

  1. Nommez les principaux chefs de la Convention.
  2. Quand et comment se termina la Terreur ?
  3. Quel gouvernement lui succéda ?
  4. Rappelez les principales journées de la Révolution.
  5. Quelles victoires remportèrent l'armée française en 1793 ?
  6. Parlez de la constitution de l'an III.
  7. Où naquit Napoléon ?
  8. Nommez les savants qui suivirent Bonaparte en Égypte ?
  9. Quelle île fut conquise sur la route d'Égypte ?
  10. Quel fut l'amiral anglais qui détruisit la flotte française à Aboukir ?

Quatrième partie[modifier | modifier le wikicode]

  1. Racontez les derniers moments et la mort de Louis XVI ?
  2. Quel fut le premier acte de la Convention ?
  3. Nommez quelques personnes remarquables qui périrent pendant la Terreur ?
  4. Que fit la Convention après la chute de Robespierre ?
  5. Racontez la première campagne de Bonaparte, en Italie ?
  6. Parlez de l'expédition d'Égypte.
  7. Qu'est-ce que le coup d'état du 18 brumaire ?
  8. Quel gouvernement succéda au Directoire ?
  9. Où se trouvent Valmy, Zurich, Nerwinde et les Pyramides ?
  10. Que savez-vous sur la jeunesse de Bonaparte ?

Tableau synoptique de la première coalition[modifier | modifier le wikicode]

Tableau synoptique de la guerre vendéenne[modifier | modifier le wikicode]

Causes Les excès des Jacobins, la persécution contre les prêtres, la mort de Louis XVI, la levée de 30 000 hommes.
Chefs Cathelineau, Stofflet, Charette, d'Elbée, Bonchamp, Laroche-jacquelein, Lescure.
Débuts Combat de Saint-Florent, prise de Cholet, de Machecoul.
Armées Les Vendéens forment trois corps d'armée : l'armée de l'Anjou commandée par Bonchamp ; l'armée de la Loire, par d'Elbée ; l'armée du Marais, par Charette.
Succès Ils s'emparent de Thouars, Fontenay, Châtillon, Saumur. Cathelineau est nommé généralissime. Il prend Angers, mais il est tué au siège de Nantes.
Revers D'Elbée est nommé généralissime. La Convention envoie Kléber avec ses Mayençais, des colonnes infernales incendient le pays. Les Vendéens, victorieux à Torfou et à Laval, sont défaits au Man et à Savenay (23 décembre 1793).
Fin Les Vendéens, unis aux chouans de Bretagne, continuent la guerre de partisans. En 1795, quatre mille émigrés débarquent à Quiberon ; ils capitulent et sont fusillés, à Vannes et à Auray, au mépris de la parole donnée. Stofflet et Charette sont passés par les armes, l'un à Angers, l'autre à Nantes.

Hoche pacifie la Vendée en usant de modérations. Il signe un traité à la Jaunaie.

Tableau synoptique de la deuxième coalition[modifier | modifier le wikicode]

Causes Agissements du Directoire ; occupation du Plémon, enlèvement du pape, établissement de la république romaine, de la république parthénopéenne, de la république helvétique.
Coalisés Angleterre, Russie, Autriche, États italiens.
Période de revers Sur le Rhin : Jourdan est vaincu à Stokach, rejeté sur le Rhin.
En Italie : Schérer est battu à Magnano ; Moreau est à Casano ; Macdonald, à la Trébie ; Joubert à Novi où il est tué.
En hollande : Brune est vainqueur à Bergen et à Castricum.
En Suisse : Massèna bat les Austro-Russes à Zurich.
Renversement du Directoire ; établissement du Consulat.
Période de succès En Italie : le premier consul franchit le Saint-Bernard, occupe Milan, est vainqueur à Montebello, puis à Marengo (14 juin 1800).
En Allemagne : Moreau suit le Danube, s'empare de Ratisbonne et gagne la bataille de Hohenliden (décembre 1800).
Résultats Le traité de Lunéville, avec l'Autriche (1801), confirme le traité de Campo-Formio. Le traité d'Amiens, avec l'Angleterre (1802), reconnaît à la France la rive gauche du Rhin et les provinces belges, restitue les colonies. L'Angleterre doit rendre Malte aux chevaliers.

Notes[modifier | modifier le wikicode]

  1. Quand cette condition n'est pas remplie, et qu'une minorité prend le pouvoir, on parle de coup d'État.
  2. Dans les états généraux précédents, chaque ordre siégeait à part. Pour qu'une décision fût prise, il fallait qu'elle fût votée par deux ordres : c'est ce qu'on appelait le vote par état.
  3. Constitution : loi fondamentale qui règle la forme de gouvernement d'un État, les droits politiques des citoyens et l'organisation des pouvoirs publics.
  4. Sans-culottes : jacobins exaltés, ainsi appelés parce que, les premiers, ils substituèrent le pantalon à la culotte courte qui était l'ancien costume français. Ils remplacèrent de même l'habit long par la veste ronde ou carmagnole.
  5. Aristocrates : les grands, les nobles. Terme péjoratif, dans le langage de l'époque.
  6. Bouillé (marquis de) : général en chef de l'armée de la Meuse.
  7. Bonnet rouge : coiffure des galériens, adoptée, comme un signe distinctif, par les jacobins.
  8. Les fédérés marseillais firent entendre pour la première fois, à Paris, le Chant de l'armée du Rhin, lequel chant fut dès lors appelé la Marseillaise.
  9. Le duc de Chartres, fils de Philippe-Égalité, sera plus tard Louis-Philippe Ier.
  10. Bleus : soldats de la Convention, ainsi nommés par les Vendéens à cause de la couleur de leur uniforme.
  11. Muscadins : terme par lequel les jacobins désignaient les élégants, les bourgeois.
  12. Coup d'État : mesure violente, contraire aux lois, menée par une minorité pour s'emparer du pouvoir ou pour s'y maintenir.
  13. Parthénopéenne : de Parthénope, ancien nom de Naples.
  14. Helvétique : des Helvètes, anciens habitants de la Suisse.