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Histoire de France/Lutte contre l'Autriche

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Chapitre VII
Lutte contre l'Autriche
Introduction

Cette lutte a pour but de maintenir l'équilibre européen[1]. Elle comprend six guerres, quatre sous François Ier, deux sous Henri II, et dure 38 ans, de 1521 à 1559.

La compétition pour la couronne impériale du Saint-Empire

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Gravure de James Basire de 1774, d'après une peinture à l'huile du XVIe siècle

Maximilien Ier, empereur du Saint-Empire romain germanique, meurt le 12 janvier 1519. Cette couronne, si elle n’ajoute aucun contrôle territorial, apporte en revanche à son titulaire un surcroît de prestige et un poids diplomatique certain ; ainsi, la succession est difficile entre Charles Ier d'Espagne, son petit-fils, et François Ier, roi de France, qui tous deux sont sur les rangs pour obtenir la couronne. Si ces deux concurrents sont officiellement en compétition devant une Europe jurant sa neutralité suite aux accords de paix du traité de Londres de 1518, nous savons que, de son côté, le roi d'Angleterre Henri VIII craignait la montée en puissance de François Ier. Ce dernier, outre asseoir son prestige, voulait éviter que le souverain qui contrôle déjà plus de la moitié de l’Europe et le Nouveau Monde ibérique se voie auréolé d’un prestige diplomatique supplémentaire et parvienne à réaliser son rêve avoué de constituer un nouvel empire de Charlemagne.

Les électeurs allemands préférèrent Charles, qui prit le nom de Charles-Quint. Il est élu à 19 ans Roi des Romains le 28 juin 1519 et est sacré empereur à Aix-la-Chapelle le 23 octobre 1520. François Ier en éprouva une profonde jalousie ; cause principale de toutes les guerres qui remplirent son règne. Le Saint-Empire comprenait un grand nombre de principautés et de communes libres. L'empereur était élu par les sept princes les plus importants de l'empire qu'on appelait les sept électeurs ; c'étaient les archevêques de Mayence, de Trèves, de Cologne, le roi de Bohême, le comte palatin du Rhin, le duc de Saxe, le margrave[2] de Brandebourg.

De part et d'autre, les deux royaumes rivaux cherchèrent à se constituer des alliés en vue d'une guerre qui paraissait inévitable. « Qui je défends est maître », disait Henri VIII, roi d'Angleterre. François Ier eut une entrevue avec lui au camp du Drap d'Or, du 7 au 24 juin 1520 entre Ardres et Guînes[3], mais il l'éblouit au lieu de conduire un traité diplomatique ente son royaume et l'Angleterre. Charles-Quint, plus habile, se rend en Angleterre, et avec l’aide du cardinal Thomas Wolsey à qui il fait miroiter l’élévation au pontificat, obtient la signature d’un accord secret contre la France au traité de Bruges.

Possessions comparées de François Ier et de Charles-Quint.
Francesco Sforza, par Bonifacio Bembo, 1460

Les États de Charles-Quint étaient disséminés, un peu indépendants, en butte aux attaques des Turcs. Les États de François Ier étaient très compactes, et il y commandait en maître. Ce dernier, quoique seul, engagea résolument la guerre contre Charles-Quint. Elle commença en 1521, au nord et au sud, avec la volonté que conquérir la Bourgogne. Sur ce premier front, Franz von Sickingen et le comte Philippe Ier de Nassau obligent Bayard à s’enfermer dans Mézières assiégée, qu’il défendra sans capituler. Au sud, les armées de l'Empereur menées par le maréchal Odet de Foix sont décimées par celle commandée par François II Sforza et Prospero Colonna, et la bataille de la Bicoque le 27 avril 1522 à proximité de Milan, voit la défaite de la France et annonce l'effondrement des positions françaises en Italie du Nord. En même temps, Charles de Bourbon, connétable de France, le plus puissant seigneur du royaume, le meilleur général de François Ier, traitait secrètement avec Charles-Quint pour se partager la France. Cette défection fut provoquée par la mère du roi, Louise de Savoie, qui désirait le Bourbonnais et la vicomté de Châtellerault. Charles-Quint le combla d'honneur, le fait lieutenant général de ses armées et lui assigna comme demeure le palais d'un gentilhomme espagnol.

Le saviez-vous ?
L'admiration suscitée par le chevalier Bayard, à la fois de son vivant et longtemps après sa mort, peut être rapprochée de celle inspirée par les épopées de Jeanne d'Arc ou Bertrand du Guesclin. Bayard incarne le chef subalterne, qui n'a connu ni fonctions de marque, ni commandement en chef (bien que François Ier eût promis qu'il méritait « les plus hautes charges »), mais dont la renommée historique dépasse pourtant de beaucoup celle de bien des personnages dont le rôle ou les charges furent en théorie plus importants. L'image classique attachée à Bayard est celle du parfait chevalier, qui sait non seulement combattre avec talent, mais aussi défendre les opprimés, et s'opposer au pillage des villes vaincues. En ce sens, il est l'héritier d'une conception médiévale de l'honneur. Cet esprit chevaleresque lui a permis d'être pleuré à sa mort par ses ennemis.

Cette défection retarde la contre-offensive de François Ier. En 1524, Guillaume Gouffier de Bonnivet prend la tête de l’armée qui doit reconquérir Milan mais trouve Charles de Bourbon sur son chemin, doit se retirer sur la Sesia[4]. Blessé, il confie son arrière-garde à Bayard, qui succombe lui-même le 30 avril 1524 d'un coup d'arquebuse. On l'assit au pied d'un arbre le visage tourné vers l'ennemi. La colonne vertébrale brisée, il enjoint à ses compagnons de le quitter et leur dit : « Je n'ai jamais tourné le dos devant l'ennemi, je ne veux pas commencer à la fin de ma vie ». La voie est alors ouverte aux armées impériales pour une invasion par la route de Lyon, offensive préconisée par Charles de Bourbon. Charles Quint préfère attaquer par la Provence et, en août et septembre 1524, fait mettre le siège devant Marseille, qu’il échoue à prendre. François Ier en profite pour reprendre l’initiative et conduit lui-même son armée au-delà des Alpes pour arriver le 28 octobre sous les murs de Pavie. La ville est défendue par Antonio de Leiva et reçoit les renforts du vice-roi de Naples, Charles de Lannoy. Mal conseillé par Bonnivet et malgré l’avis de Louis de la Trémoille, François Ier engage la bataille dans la hâte. L’artillerie, mal placée, doit cesser le feu sous peine de tirer dans les rangs français. L’armée ne peut résister aux troupes impériales ; Bonnivet, La Palice et La Trémoille sont tués. François Ier remet son épée à Charles de Lannoy et reste prisonnier jusqu’à la signature, le 14 janvier 1526, du traité de Madrid. Aux termes de ce traité, François Ier doit céder le duché de Bourgogne et le Charolais, renoncer à toute revendication sur l’Italie, les Flandres et l’Artois, réintégrer Charles de Bourbon au sein du royaume de France et restituer ses terres, et épouser Éléonore de Habsbourg, sœur de Charles. François est libéré en échange de ses deux fils aînés, le dauphin François de France et Henri de France (futur Henri II).

  1. Qui était Charles-Quint ?
  2. Qu'appelle-t-on le camp du Drap d'Or ?
  3. Quelle ville défendit Bayard ?
  4. Quelle défaite éprouva la France en Italie ? Qui trahit François Ier ? Quelle fut la cause de cette défection ?
  5. Indiquez une seconde défaite en Italie. Quelle perte fit l'armée française ?
  6. Comment mourut Bayard ?
  7. Comment fut perdue la bataille de Pavie ? Quelles furent les conditions du traité de Madrid ?

François Ier — Charles-Quint

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Deuxième guerre

De retour en son royaume, François Ier protesta contre la violence qui lui avait été faite ; il consulta la Bourgogne qui refusa de passer sous la domination espagnole, et il fit alliance avec le roi d'Angleterre, le pape et les princes italiens, tous effrayés de la puissance de Charles-Quint. La guerre recommença.

Sac de Rome
Le sac de Rome, gravure de Martin van Heemskerck (1527).

Bourbon forma une nouvelle armée, composée en partie de protestants, et se précipita sur Rome où il fut tué en donnant un assaut (6 mai 1527). Une fois Rome prise, les soldats adonnèrent au pillage de la ville pendant près de deux ans. En ces temps, les soldats sont payés tous les cinq jours : lorsque le commandant ne dispose pas de l'argent suffisant pour la rétribution des soldats, il autorise la mise à sac de la ville qui ne dure pas, en général, plus d'une journée, le temps suffisant pour que la troupe prélève son butin. Le saccage de la ville a de graves conséquences sur la ville : vingt mille victimes, des dommages incalculables sur le patrimoine artistique ; les travaux de la construction de basilique Saint-Pierre sont interrompus et repris seulement en 1534 avec le pape Paul III. À la fin de l'année, Rome ne compte plus qu'un habitant sur cinq ; à la dévastation succède la peste en raison des cadavres que personne n'a enterrés.

Paix des Dames ou de Cambrai
Charles Quint par Christoph Amberger, 1532)

L'année suivante, Lautrec délivra Rome des soldats de bourbon ; mais la maladie se mit dans son armée et le contraignit à la retraite. Charles-Quint, de son côté, avait à défendre Vienne, sa capitale, contre les Turcs devenus, à cette occasion, alliés des Français. La paix fut donc signée à Cambrai (1529) et négociée par Louise de Savoie et marguerite d'Autriche[5] ; ce fut la paix des Dames. La Bourgogne resta française ; mais l'Italie passa sous la domination de Charles-Quint.

3e guerre

Les princes d'Europe, effrayés de la puissance de Charles-Quint, firent alliance avec François Ier, et, six ans après, la guerre recommença (1536). Charles-Quint envahit une seconde fois la Provence ; mais le connétable de Montmorency détruisit les récoltes, et l'empereur fut obligé de se retirer pour ne pas voir tous ses soldats mourir de faim et de maladie. Le pape Paul III fit signer entre les deux rivaux la trêve de Nice (1538).

Charles-Quint, parvenu en Provence, ne se proposait rien de moins que la conquête de tout le royaume. « Combien de journées, demanda-t-il à un capitaine français prisonnier, combien de journées peut-il y avoir d'ici à Paris ? — Si, par journées, votre majesté entend des batailles, répond celui-ci, il peut y en avoir une douzaine, à moins que l'agresseur n'ait la tête cassée dès la première ».

4e guerre

L'empereur avait promis le Milanais au duc d'Orléans[6], si François Ier lui permettait de traverser la France pour châtier les Gantois révoltés. Il ne tint pas parole, et la guerre recommença encore (1542). Dans le Piémont, les troupes françaises remportèrent la victoire de Cérisoles ; mais elles furent moins heureuses dans le Nord, où la France eut à subir une double invasion : Charles-Quint s'avança jusqu'à Château-Thierry, et Henri VIII assiégea Boulogne. Le traité de Crespy-en-Laonnais (1544) délivra le territoire du premier, et le traité d'Ardres (1546) du second. La France conservait ses frontières.

Bataille de Cérisoles

Pendant que Charles-Quint mettait la Champagne à feu et à sang, le jeune duc d'Enhien, qui commandait en Italie, faisait demander au roi la permission de livrer bataille. François Ier consulta ses vieux capitaines, qui ne furent pas de cet avis. Le capitaine Montluc, envoyé du duc d'Enghien, fut introduit dans le conseil et parla avec une énergie toute militaire. Finalement, François Ier accorda la bataille, qui fut gagnée par Montluc.

Mort du roi

François Ier mourut le 31 mars 1547. Il avait tenu en échec une puissance qui aurait disposé de l'Europe si elle eût dompté la France. S'il ne fut pas toujours heureux dans la lutte, il sauvegarda l'indépendance de la France et fit échouer les projets de Charles-Quint, qui rêvait d'une domination européenne.

Son gouvernement

François Ier avait gouverné en roi absolu ; il terminait ses ordonnances royales par ces mots : « Car tel est notre[7] bon plaisir ». Il fit plusieurs réformes : l'ordonnance de Villers-Cotterets établit les registres de l'état civil, qui devaient être tenus par les curés de chaque paroisse, et remplaça le latin par le français dans les actes publics. le port du havre fut creusé, et les premiers essais de colonisation tentés au Canada.

  1. Qu'arriva-t-il à Bourbon dans la deuxième guerre ?
  2. Par qui fut négocié le traité de Cambrai ?
  3. Comment les impériaux furent-ils chassés de Provence ?
  4. Quelle fut la cause de la quatrième guerre ?
  5. Quelle en fut la principale bataille ?
  6. Quel était le but principal des guerres de François Ier ?
  7. Quel était le caractère de son gouvernement ? Quelles réformes opéra-t-il ?
Henri II par François Clouet, 1559
Caractère de Henri II

Henri II était intelligent, mais il se laissa trop gouverner par d'ambitieux conseillers. Pour suffire aux prodigalités de la cour et aux frais de la guerre, il augmenta les impôts, ce qui excita de nombreuses révoltes, surtout en Guyenne.

2e guerre — Conquête des Trois-Évêchés

Henri II songea bientôt à reprendre la guerre contre la maison d'Autriche. Il renoua les alliances de son père avec les princes allemands, les États italiens et les Turcs ; puis il s'empara de Metz, Toul, Verdun, qu'on appelait les Trois-Évêchés (1552).

Siège de Metz

Charles-Quint irrité vient assiéger Metz avec une grande armée. Mais François de Guise, jeune prince lorraine, est là pour la défendre ; il discipline ses soldats, renvoie les bouches inutiles, ménage les vivres et se rit de l'Empereur qui lutte vainement pendant deux mois contre les rigueurs de l'hiver, les remparts de Metz et la bravoure des assiégés. Désespéré, le vieil empereur lève le siège, après avoir perdu les deux tiers de son armée.

Abdication[8] de Charles-Quint

Après quelques autres échecs, Charles-Quint signe avec Henri II la trêve de Vaucelles (1556) ; puis il partage ses vastes États entre son frère et son fils. À son frère Ferdinand, il remet la dignité impériale et les domaines de la maison d'Autriche en Allemagne ; à son fils, Philippe II, il donne l'Espagne, les Pays-Bas, Milan, les Deux-Siciles et le nouveau monde. Ce partage fait, Charles-Quint descend de son trône et se retire dans le monastère de Saint-Just (Espagne), où il meurt deux ans après.

6e guerre — Bataille de Saint-Quentin

Philippe II, qui avait épousé Marie Tudor, reine d'Angleterre, renouvelle bientôt les hostilités. Son général, Philibert-Emmanuel, se porte sur Saint-Quentin ; Coligny se jette dans la ville pour la défendre. Montmorency accourt avec une armée pour la délivrer ; mais il se laisse envelopper par la cavalerie espagnole, perd la bataille et reste prisonnier (1557). Henri II eut le temps, grâce à Philippe II qui s'était attardé à faire le siège de places peu importantes, de rassembler de nouvelles forces ; il les confia au duc de Guise qui s'empara de Calais.

Prise de Calais

Guise, rappelé d'Italie, vengea l'échec de Saint-Quentin. Les Anglais qui possédaient Calais depuis 211 ans, disaient qu'ils « avaient les clefs de la France pendues à leur ceinture ». Sur une des portes de la ville était même gravée cette inscription :

Les Français à Calais viendront planter le siège
Quand le fer et le plomb nageront comme liège.

Guise, par une marche habile, sut tromper l'ennemi ; en plus hiver, au mois de janvier, il parut avec une armée devant Calais, et en huit jours cette ville fut prise (1558).

Traité de Cateau-Cambrésis

Le roi d'Espagne, vaincu dans la personne de son alliée l'Angleterre, ne tarda pas à signer la paix de Cateau-Cambrésis (1559). La France gardait les villes de Calais, Metz, Toul, Verdun ; des mariages unirent les maison de France et d'Espagne.

Mort du roi

Dans un des tournois donnés à l'occasion de ces mariages, Henri II fut blessé par Montgommery, son capitaine des gardes, d'un éclat de lance dans l'œil, le 30 juin 1559. Malgré les soins des médecins et chirurgiens royaux dont Ambroise Paré, autorisé à reproduire la blessure sur des condamnés afin de mieux la soigner, il meurt dans d'atroces souffrances le 10 juillet 1559.

  1. Quelles alliances fit Henri II ? Quelles villes prit-il à Charles-Quint ?
  2. Racontez le siège de Metz.
  3. Comment Charles-Quint partagea-t-il ses États ?
  4. Racontez la bataille de Saint-Quentin. Comment le duc de Guise répara-t-il ce désastre ?
  5. Comment les Anglais considéraient-ils Calais ?
  6. Quelles furent les conditions du traité de Cateau-Cambrésis ?
  7. Comment mourut Henri II ?

La Renaissance — la réforme

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La Renaissance

À la fin du XVe siècle, l'esprit humain, en Occident, sembla s'animer d'une nouvelle vie. L'imprimerie était inventée ; la prise de Constantinople, en dispersant les savants grecs, répandit partout les ouvrages anciens, et on se mit à les étudier avec ardeur, puis à les imiter. Les lettres et les arts reçurent ainsi comme une nouvelle naissance, c'est ce qu'on a appelé la Renaissance. C'est donc un épanouissement des lettres et des arts dû à l'étude et à l'imitation des chefs-d'œuvre de l'antiquité.

Les ouvriers de la Renaissance
Le Bain de Diane par François Clouet, 1558-1559, Musée des beaux-arts de Rouen
Les toits et les cheminée du château de Chambord

L'Italie, poussée par le pape Léon X, entra la première dans la voie de la Renaissance : elle se glorifia de Léonard de Vinci, de Raphaël et de Michel-Ange ; des poètes comme Dante, Pétrarque, le Tasse, etc... Toutes les autres puissances eurent aussi leurs grands hommes, mais c'est la France qui tint le second rang.

François Ier ramena de Milan et de Florence des artistes illustres, fonda le Collège de France et l'Imprimerie royale. Il fit venir des architectes, des peintres, des sculpteurs italiens, qui formèrent les sculpteurs Jean Goujon et Germain Pilon, les peintres Jean Cousin et François Clouet, les architectes Pierre Lescot et Philibert Delorme. Aux châteaux succédèrent les habitations princières du Louvre, des tuileries, de Saint-Germain et de Fontainebleau, d'Amboise, de Chambord, de Blois, de Chenonceaux, chefs-d'œuvres de l'architecture.

François Ier accorda sa protection aux savants et aux artistes et mérita le nom de Père des Lettres; Il fut contemporain des poètes Marot et Ronsard, des écrivains Rabelais, Amyot, Montaigne et Marguerite de Navarre. Parmi les savants de cette époque on peut citer les jurisconsultes Alciat et Cujas, le mathématicien Viète, le médecin Fernel et Ambroise Paré, le père de la chirurgie française.

Marguerite de Navarre était la sœur de François Ier qui l'appelait la Marguerite des Marguerites. Mariée à Henri d'Albret, roi de Navarre, elle a été la mère de Jeanne d'Albret et la grand-mère d'Henri IV.

Ambroise Paré (vers 1510 — 20 décembre 1590) met au point la ligature des artères, qu'il substitue à la cautérisation, dans les amputations.

Jacques Amyot, d'une famille pauvre, devint un des plus savants hommes de son temps. Il fut le précepteur des fils d'Henri II, puis évêque d'Auxerre.

Découvertes maritimes

Le progrès des sciences, autant que l'invention de la boussole, favorisa les découvertes maritimes qui illustrèrent les grands navigateurs de cette époque. des marins portugais découvrent les Açores (1448), Barthélémy Diaz pousse jusqu'au cap de Bonne-Espérance (1486), Vasco de Gama double le cap et parvient jusqu'aux Indes (1498) ; des missionnaires tels que François-Xavier furent envoyés par ces nouvelles routes diffuser le christianisme.

Pendant que les navigateurs portugais cherchent la route des Indes par l'est, le Génois Christophe Colomb, soutenu par Isabelle de Castille, s'avance à travers l'océan Atlantique et découvre l'Amérique (1492) ; Fernand Cortez conquiert le Mexique (1519) ; Pizarre et Almagro s'emparent du Pérou.

Les Anglais, en 1513, fondent des établissements dans l'Amérique du Nord, et le Français Jacques Cartier découvre le Canada.

La Réforme

On désigne sous le nom de Réforme la révolte qui éclata dans la société chrétienne, au XVIe siècle, et sépara de l'Église romaine une partie notable de l'Europe. Elle se propagea rapidement en Allemagne[9], en Suisse, en Angleterre et dans la plupart des États du Nord de l'Europe, semant partout le trouble et la guerre civile.

Les auteurs de la Réforme

Le premier auteur de la révolte fut Martin Luther, moine allemand. Il remit en question l'autorité du pape, les dogmes de l'Église et promit aux princes l'affranchissement de la tutelle des papes, ainsi qu'au peuple le partage des biens du clergé.

En Suisse, les idées nouvelles furent surtout répandues par Jean Calvin. Banni de France, il se réfugia à Genève.

L'Angleterre fut aussi séparée de l'Église romaine par le roi Henri VIII ; il imposa le schisme à ses sujets pour se venger du pape qui avait refusé d'approuver son divorce.

Le calvinisme en France

En France, le calvinisme se répandit rapidement. François Ier qui, dans un but politique, avait pour alliés les protestants allemand, laissa à peu près libre les protestants français. Mais Henri II, son sucesseur, rendit des édits sévères contre eux ; ses trois enfants se laisseront dominer par des ambitieux, et la France sera déchirée par des guerres civiles.

Le concile de Trente

Face à de telles divisions, l'Église réunit un concile, à Trente, qui s'ouvrit en 1545 et réalisé une restauration du catholicisme. Il décida notamment l'instauration de séminaires.

  1. Qu'est-ce que la Renaissance ? Quelles en furent les causes ?
  2. Quels furent les principaux artistes italiens de la Renaissance ? les artistes français ? les écrivains français ? les savants ? Quels châteaux furent construits ?
  3. Quelles découvertes firent les navigateurs portugais ? espagnols ? anglais ? français ? Qu'est-ce qui facilita ces découvertes ?
  4. Qu'est-ce que la Réforme ? Quelles en furent les causes ?
  5. Quels furent les auteurs de la Réforme ? Quelle fut la conduite de François Ier à l'égard des protestants ?
  6. Qu'est-ce que le concile de Trente ?

Questions de récapitulation

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Première partie

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  1. Quel était le caractère de François Ier ?
  2. Quelle alliance rechercha François Ier au camp du Drap d'or ?
  3. Quelles furent les conditions de la paix de Cambrai ?
  4. Comment François de Guise défendit-il Metz, en 1522 ?
  5. Comment Bayard s'est-il rendu célèbre ?
  6. Comment mourut Henri II ?
  7. Qu'est-ce que la Renaissance ?
  8. Quelle fut la part de François Ier dans ce mouvement ?
  9. Citez les noms des principaux écrivains de la Renaissance.
  10. Qu'est-ce que l'équilibre européen ?

Deuxième partie

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  1. Comment étaient élus les empereurs d'Allemagne ?
  2. Quelle fut la cause de la défection du connétable de Bourbon ?
  3. Quels traités terminent chacune des guerres d'équilibre ?
  4. Que savez-vous sur les chevaliers de Rhodes ?
  5. Quels sont les écrivains français de la Renaissance ?
  6. Quelle fut la conduite d'Henri II à l'égard des protestants ?
  7. Quelles conquêtes a faites Henri II ?
  8. Que savez-vous sur Henri VIII ?

Troisième partie

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  1. Quels guerriers furent tués à Pavie ?
  2. Comment mourut le connétable de Bourbon ?
  3. Quelles étaient les conditions du traité de Madrid ?
  4. Qui a négocié le traité de Cambrai ?
  5. Comment Montmorency défendit-il la Provence ?
  6. Quelles sont les dates des six guerres de ce chapitre ?
  7. Comparez les forces de François Ier et de Charles-Quint.
  8. Quelles furent les conditions du traité de Cateau-Cambrésis ?
  9. Quel but se proposa François Ier dans toutes ses guerres ?
  10. Qu'est-ce que la Réforme ?

Tableau synoptique des guerres contre Charles-Quint

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Les quatre premières sont sous François Ier ; les deux autres sous Henri II.

Guerre Explications
1ère guerre
1521-1526
contre Charles-Quint et Henri VIII
Causes :
  • François Ier réclame la Navarre pour la maison d'Albret ;
  • Charles-Quint veut le Milanais et la Bourgogne.

Événements :

  • au Midi, les Français s'emparent de Pampelune (1521) ;
  • au Nord, Bayard défend Mézières ;
  • en Italie, Lautrec battu à la Bicoque (1522). Bonnivet vaincu à Biagrasse (1524). Bayard y est tué.
  • en Provence : invasion du territoire ; siège de Marseille ;
  • revers : François Ier poursuit l'ennemi et assiège Pavie. Bourbon l'attaque, le bat et le fait prisonnier (1525).

Résultats :

  • le traité de Madrid (1526) cède la Bourgogne à Charles-Quint, rétablit Bourbon dans ses biens ;
  • deux princes sont livrés en otage.
2e guerre
1527-1529
contre Charles-Quint
Causes :
  • François Ier refuse de livrer la bourgogne ;
  • il fait alliance avec Henri VIII, le pape, les Italiens.

Événements :

  • en Italie : Bourbon ravage le Milanais ; il est tué à l'assaut de Rome qui est prise et saccagée. Lautrec s'empare du Mialanais, délivre Rome, puis meurt de la peste. Le traité de Cambrai ou paix des Dames (1529) laisse la Bourgogne à la France, qui abandonne l'Italie, l'Artois, la Flandre.
3e guerre
1536-1538
contre Charles-Quint
Causes :
  • alliance de François Ier avec l'Angleterre, les protestants d'Allemagne, la Suède, les Turcs ;
  • meurtre d'un agent français.

Événements :

  • en Provence : la Provence envahie par Charles-Quint est défendue par Montmorency ;
  • succès : les Français occupent la Savoie, le Piémont et l'Artois.

Résultat :

  • le pape fait signer la trêve de Nice qui assure à la France la Savoie et le Piémont.
4e guerre
1542-1546
contre Charles-Quint et Henri VIII
Causes :
  • Charles-Quint refuse le Milanais qu'il avait promis ;
  • meurtre de deux ambassadeurs français à Milan.

Événements :

  • en Italie : les flottes françaises et turques bombardent Nice. Le duc d'Enhien est vainqueur à Cérisoles ;
  • en France : Henri VIII assiège Boulogne. Charles-Quint envahit la Champagne.

Conséquences :

  • au traité de Crespy, François Ier abandonne Naples, la Flandre et l'Artois ; il garde la Bourgogne ;
  • au traité d'Ardres Henri VIII reçoit 2 000 000 écus d'or.
5e guerre
1551-1556
contre Charles-Quint
Cause :
  • alliance de Henri II avec les princes italiens.

Événements :

  • succès : conquête des Trois Évêchés (Metz, toul et Verdun). Défense de Metz par François de Guise (1552) ;
  • Charles-Quint ravage l'Artois. Il abdique.

Résultat :

  • la trêve de Vauxelles laisse à la France les Trois Évêchés.
6e guerre
1556-1559
contre Philippe II et les Anglais
Causes :
  • Philippe II réclame la Bourgogne ;
  • le pape s'allie à Henri II pour chasser les Espagnols de Naples.

Événements :

  • revers : siège de Saint-Quentin ; Montmorency est battu ;
  • succès : prise de Calais par François de Guise (1558).

Résultats :

  • le traité de Cateau-Cambrésis (1559) donne à la France les Trois Évêchés, Calais, Saluces et Saint-Quentin ;
  • la fille de Henri II, Élisabeth, épouse Philippe II, et sa sœur Marguerite, le duc de Savoie.
  1. Équilibre européen : système politique en vertu duquel, lorsque l'Europe se sent menacée par l'agrandissement excessif d'une puissance, les autres s'associent pour lui faire contrepoids.
  2. Le titre de margrave (de l'allemand Markgraf) était donné sous l'empire Carolingien aux chefs militaires ; le titre fut conservé dans le Saint-Empire, et attribué à certains princes. Le titre équivalent en français est marquis.
  3. Camp du Drap d'Or : ainsi nommé à cause des étoffes de soie et d'or dont étaient ornées les tentes des deux rois et de leur suite.
  4. Affluent du Pô, au nord de l'Italie.
  5. Marguerite d'Autriche : la tante de Charles-Quint, celle qui avait été fiancée à Charles VIII au traité d'Arras en 1482.
  6. Duc d'Orléans : le deuxième fils de François Ier
  7. Comprendre : « Car tel est mon bon plaisir ».
  8. Abdiquer : renoncer à la couronne
  9. Les réformés d'Allemagne ayant protesté contre les décisions de la diète de Spire furent désormais appelés protestants.