Affaire Priore/Diverses rumeurs

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Diverses rumeurs


L'Affaire Priore
Affaire Priore
CHAPITRES
ANNEXES
Notes de synthèse
Le rapport Bernard-Latarjet Les souris anglaises La commission de 1960 La commission de 1969
L'Académie des sciences Leroy-Somer S.O.V.I.R.E.L. Les finances de l'Affaire Priore
La D.R.M.E. et la D.G.R.S.T. I.N.S.E.R.M. La thèse universitaire d'Antoine Priore Le Comité de soutien d'Antoine Priore
Diverses rumeurs La Mairie de Bordeaux La Presse, Radio et T.V. Le laboratoire P.I.O.M.


Introduction

Le dossier Priore est semé de rumeurs, de ‘on dit que... ‘ qui ont la vie longue et dure. Dans cette note nous essayons d’analyser, expliquer et ‘dégonfler’ les rumeurs les plus répandues.

Vu de l’extérieur l’Affaire Priore semble simple : Antoine Priore prétende d’avoir découvert un rayonnement électromagnétique qui est capable de guérir le cancer ; certains expériences semblent confirmer ses dires ; l’État subventionne la construction d’un appareil ; puis… rien !

Des tentatives d’explication, par des gens sans accès à l’information, qui voyaient cette situation « étrange » ou apparemment inexplicable de l’extérieur ont donné lieu à beaucoup de rumeurs. Des rumeurs bénignes, qui se dégonflent quand on explique pourquoi elles sont fausses.

Certaines rumeurs sont dues à la perversion et le désir de nuire. La plus pernicieuse entre elles était celle répandue et entretenue pendant plus de vingt ans par le Pr Raymond Latarjet, qui affirmait qu’Antoine Priore ‘truquait’ les expériences en substituant des animaux sains pour les animaux malades. L’analyse de cette rumeur sans fondement fait l’objet d’une longue note : Le rapport Bernard-Latarjet.

Certaines rumeurs sont vraies...

LEROY-SOMER a fait un détournement d'argent[modifier | modifier le wikicode]

Parmi les gens qui essaient de comprendre pourquoi la construction d’un appareil Priore, par la société LEROY-SOMER n’a jamais abouti, malgré une subvention de 3,5 millions de francs, on entend souvent (voir, à titre d’exemple, la lettre du Dr Monnier[1] au Pr Claude Jasmin, ou la lettre du Dr BOUYSSOU[2] publié dans Sud-Ouest) des propos du type:

LEROY-SOMER, qui a reçu une subvention de 3,5 millions de francs de la D.G.R.S.T., a détourné une grande partie pour financer la campagne présidentielle de J. Chaban-Delmas en 1974. Malheureusement, Chaban-Delmas a perdu les élections et LEROY-SOMER n’a jamais pu récupérer son argent et finir l’appareil. C’est pourquoi ils ne veulent pas que l’on reparle de l’affaire Priore ou que l’on pose des questions; c’est pour protéger Chaban-Delmas.

Comme c’est souvent le cas, il y a une possibilité de véracité, qui rende la rumeur plausible. Il est tout à fait possible que la société LEROY-SOMER ait effectivement contribué au financement de la partie politique de Jacques Chaban-Delmas. Le président du directoire de LEROY-SOMER, Georges Chavanes était très proche politiquement à Chaban-Delmas et Chavanes est même devenu ministre de l’industrie dans le gouvernement de Jacques Chirac pendant la première cohabitation de 1986 - 1988. L’absence, à l’époque, des lois clairs sur le financement de la vie politique en France, laissait une floue artistique entre les sociétés commerciales, leurs dirigeants et le soutien des hommes politiques.

La vérité ou non d’un soutien financier de la campagne électorale de Chaban-Delmas n’est pas notre problématique. La question, pour nous, pour répondre à la rumeur, est la suivante:

La société LEROY-SOMER a-t-elle utilisé une partie de la subvention de 3,5 millions de francs de la D.G.R.S.T. à d’autres fins que celles prévues, à tel point qu’elle ne pouvait pas finir le projet parce qu’une partie de la subvention manquée.

Un examen des documents comptables et financiers montre que la réponse à cette question est NON !

Le marché[3] entre la D.G.R.S.T. et la société LEROY-SOMER, établi en novembre 1971 et signée par le ministre François-Xavier Ortoli le 18 avril 1972, prévoyait une subvention de 3,5 millions de francs.

La distribution de cette subvention aurait dû être:

- année 1972 3 150 000 fr
- année 1973 350 000 fr

La distribution réelle de la subvention était:

- le 16 juin 1972 — 60 000 fr
- le 3 janvier 1973 — 1 110 000 fr
- le 25 avril 1973 — 810 000 fr
- le 3 avril 1975 — 500 000 fr
Total — 2 480 000 fr

La somme de 1 020 000 francs était retenue par la D.G.R.S.T. en novembre 1975 parce que LEROY-SOMER n’avait pas respecté les termes de la marché. (Lettre de Hubert Curien[4], délégué générale, adressée à Chavanes.) Bien sûr, la société LEROY-SOMER a fait des tentatives de faire débloquer la somme restante. D’abord un rapport récapitulatif, écrit par Paul Ribeau[5], des lettres de Chavanes[6] à Pierre Aigrain (D.G.R.S.T.), puis une commission désignée par la D.G.R.S.T. (MM. Bisconte, Constant, Priou et Dutreix) proposée[7] de débloquer 1 million de francs, partagé entre LEROY-SOMER (0,8 M.F.) et les équipes d’expérimentateurs désignés par la D.G.R.S.T. (0,2 M.F.). Cette idée était confirmée par une autre commission[8], présidée par le professeur Stratis Avraméas. Cependant, il ne semble pas que les sommes en question avaient été effectivement versées par la D.G.R.S.T. !

Donc, la société LEROY-SOMER a reçu, comme subvention de la D.G.R.S.T.: 2 480 000 F.

La comptabilité de LEROY-SOMER[9] rapportés chaque année à l’assemblée générale de la S.E.R.A.P., pour la période 1972 - 1978, montre que le cumul des dépenses :

Cumul des dépenses pour le M600
Date Appareil Bâtiment Fonctionnement
13 Juin 1973 2 999 856,50  478 902,80  267 676,60 
15 Juin 1974 3 415 641,00  724 306,00  373 917,68 
30 Juin 1975 3 591 886,19  762 112,51  639 241,03 
15 Juin 1976 3 697 101,03  762 112,51  977 819,92 
15 Juin 1977 4 029 026,96  947 523,59  1 340 929,77 
15 Juin 1978 4 091 966,51  947 523,59  1 615 715,68 

Les dépenses pour l’appareil sont des factures pour des objets matériels, qui existent à Floirac, donc il n’est pas question de fausses factures. En plus, MM. Gerbier et Fremiot, du C.E.A. de Grenoble, et mandataient par la D.G.R.S.T., ont établi la recette technique de conformité entre le projet technique et la réalisation effectivement faite le 4 juin 1974[10].

La subvention de la D.G.R.S.T. devait servir uniquement pour la construction de l’appareil, (les frais de la construction du laboratoire qui l’abrite et les frais de fonctionnement étant à la charge de LEROY-SOMER). Donc, la société LEROY-SOMER à dépensée, pour la construction de l’appareil, plus d’argent dans l’année 1972 - 1973 que de la totalité de la subvention effectivement reçue.

Cependant la conclusion ci-dessus n’exclue pas la possibilité d’un certain détournement des crédits. Par exemple, toutes les factures mentionnées dans les comptes de la S.E.R.A.P. sont T.T.C., or, avec des contrats de l'État il y a la récupération de la T.V.A. (environ 20%). M. J. Bleu, conseiller juridique et expert comptable pour la S.E.R.A.P., s’est posé la question de la T.V.A.. et se demandait de qui en a profité[11], lors d’une conversation avec Pr Pautrizel le 7 décembre 1981.

Cette T.V.A., d’environ 20% de la subvention effectivement reçue, est de 500 000 F. Donc, si on ajoute cette somme à la subvention on obtient presque exactement la somme dépensé par LEROY-SOMER en 1973 pour la construction de l’appareil.

Conclusion : il n’est pas vrai que le non-achèvement de l’appareil M600 par la société LEROY-SOMER était dû à un détournement des subventions d'État.

Références[modifier | modifier le wikicode]

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  6. (7)
  7. (8)
  8. (9)
  9. (10)
  10. (11)
  11. (12)

Le secret militaire[modifier | modifier le wikicode]

Il y a deux versions de cette rumeur :

Les recherches de Priore ont été bloquées à cause du secret militaire. Les expériences avec l’appareil de Priore entravaient des travaux militaires sur les « armes électromagnétique ».

ou la version contraire :

Il y a des clauses secrètes dans les accords S.A.L.T. (Strategic Arms Limitation Talks) entre les blocs Soviétique et Occidental pour arrêter toute recherche sur les effets biologiques des ondes électromagnétiques. Il y a des dizaines de projets de recherches en Europe et aux États-Unis sur la bioélectromagnétisme qui sont arrêtés. Les recherches Priore devraient s’arrêter aussi, mais parce que les clauses sont secrètes et Priore un « indépendant », le seul moyen de l’arrêter, sans dire pourquoi, était de bloquer l’affaire à tous les niveaux.

Ces deux rumeurs, assez répandues ne résistent pas à un examen critique.

D’abord, les militaires étaient les premiers à aider Priore après la guerre, pour des raisons d’amitié personnelle et par des liens entre anciens résistants. Cette aide était non officielle (prêt d’équipement: émetteurs H.F., radars, appareils de mesure, réparation des appareils par des ingénieurs militaires, etc.) et « entre copains ».

Les premières aides officielles pour les recherches de Priore étaient accordées par la D.R.M.E., la recherche militaire, au Pr. Pautrizel de 1969 - 1973 et à MM. Bereaud et Bottreau en 1970 - 1971.

Le colonel Ganas, responsable des recherches biologiques à la D.R.M.E., était un ancien de Santé Navale de Bordeaux et connaissait bien Pautrizel. Pour justifier l’attribution des contrats de recherches aux travaux de Priore le colonel Ganas appuyait, dans une fiche d’information pour la presse[1], sur une déclaration du ministre des armées, Michel Debré, faite en décembre 1970 dans une entrevue pour La Recherche[2] :

« Si un projet d’importance nationale, qui mérite d’être soutenu et qui ne trouve pas un financement classique, les militaires de la défense nationale le financera... »

En plus, le général Michel Gense, chargé du budget de l’armée de l’air, proposait[3] des suggestions de forme et d’astuces techniques dans la rédaction des demandes de subvention du Pr. Pautrizel pour augmenter le montant des attributions.

Il est certain que les militaires avaient un très grand intérêt dans les effets biologiques des ondes électromagnétiques, surtout l’effet des radars sur le personnel. Cet intérêt a commencé vers la fin des années 60. La D.R.M.E. a fait beaucoup pour encourager un bon contact entre Pautrizel, Priore et le groupe du Dr Bernard Servantie, du C.E.R.B. à Toulon, (il était chef d’un groupe d’études sur les effets biologiques des radars).

B. Servantie était vivement intéressé par les travaux avec Priore. Il a même présenté lui-même une communication[4] sur les expériences menées avec l’appareil Priore au congrès international de Varsovie en 1973 et à la réunion ONERA-CERB[5] en 1977 à Toulouse.

Le colonel Plurien, de la D.R.M.E. a fait la même chose[6] au congrès: Biological effects of non ionising radiation à New York en 1974

Donc, les militaires faisaient une publicité des travaux de Priore eux-mêmes. En plus, toutes les demandes de publier les résultats des expériences faites pour ces contrats militaires, par Pautrizel[7] ou par Berteaud[8] étaient vite acceptées par la D.R.M.E. et les résultats soumis pour publication normalement. En plus, le Pr Pautrizel avait l’autorisation[9] d’inviter des personnes de son choix aux réunions d’information sur le progrès des recherches.

En 1978, en plein crise de la construction du M600, l’échec de la thèse universitaire d’Antoine Priore et l’expulsion du Pr Pautrizel de l’I.N.S.E.R.M., le Pr [[w:fr:André Lwoff|André Lwoff}} propose[10] au général Carpentier de la D.R.E.T. (nouveau nom de la D.R.M.E.) de former une commission de contrôle pour vérifier les effets biologiques du rayonnement émis par les appareils. Le général Carpentier est tout à fait d’accord[11] et le 9 mars, puis le 12 mais, il écrit[12] à Antoine Priore pour l’informer. Malheureusement Antoine Priore ne donne pas suite à cette tentative de sauvetage et malgré les conseils de H. Gossot[13], refuse l’offre.

Du côté américain, l’O.N.R. (Office of Naval Research) a fait des enquêtes sur l’appareil Priore. Les rapports de ces enquêtes[14] étaient immédiatement autorisés pour « public release », c’est-à-dire, une copie était fournie à celui qui faisait la demande, sans la moindre confidentialité. On peut les procurer encore aujourd’hui.

Donc chez les militaires américains les résultats obtenus par Antoine Priore suscitaient un intérêt scientifique, sans le moindre « secret ».

Conclusion : il n’y a aucune indication que les recherches de Priore gênaient de près ou de loin une recherche militaire ‘ultra secret’ et il n’y a pas d’indication non plus d’une pression militaire pour étouffer les travaux de Priore et de Pautrizel.


L’autre version de la rumeur de ‘secret militaire’:

Pour les clauses secrètes des accordes S.A.L.T., la rumeur s’effondre aussi selon un raisonnement donné en février 1997 par Alain Lamassoure[15]( ministre du budget à l'époque).

Le 29 janvier 1981, par son intermédiaire (à l’époque A. Lamassoure était conseilleur technique au secrétariat général de la présidence de la république, sous la présidence de V. Giscard d'Estaing), Pr R. Pautrizel et le Dr J-P. Daulouède ont pu exposer le dossier Priore en détail à l'Élysée, avec l’amiral Pierre Emeury.

L’amiral Emeury était conseilleur scientifique auprès du Président, et en plus, responsable pour tous les aspects concernant la force de frappe nucléaire française et la défense nationale. Au-dessus de lui, sur cette question, était seulement le Président. S’il y avait une question de secret défense ou de clause secrète qui concernait de près ou de loin les recherches de Priore, il était forcement au courant. L’amiral Emeury n’aurait jamais appuyé de dossier Priore auprès du Président comme il l’a fait:

  • Le 31 janvier, l'amiral Emeury dépose sur le bureau du Président une note indiquant qu’il estimait que la découverte de Priore était très importante et il demandait carte blanche pour s’occuper du dossier au nom du Président.
  • V. Giscard d'Estaing donne son feu vert le 2 février.
  • Le secrétaire d'état, P. Aigrain, est chargé de demander à l’Académie des sciences un protocole expérimental pour une expérimentation avec l’appareil Priore. Ce protocole sera utilisé par la C.R.E.S.S.A. (Centre de Recherches et d'Études des Services de Santé des Armées) pour une expérimentation indépendante avec l’appareil à Floirac et l'Élysée s’engage de publier les résultats de cette expérience.

Cette procédure était largement commentée dans la Presse:

Le 13 avril: Sud-Ouest, Var-Matin, Le Républicain Lorrain, Le Soir.
Le 14 avril: Presse-Océane, Le Provençal, Nord Littoral de Calais.
Malheureusement, pour l’Affaire Priore, les élections de mai 1981 sont arrivées avec le changement de Président. Mais, en quittant son poste à l'Élysée l'amiral a laissé le dossier Priore classé: « à traiter en urgence » pour son successeur. Le 12 mai 1981, juste avant de quitter son poste à l'Élysée, l’Amiral Emeury téléphone le Pr Pautrizel<ref<(28)</ref> et lui dit:

« Vous savez, tout le monde traîne les pieds dans cette affaire - les académiciens ont très mal pris qu’elle soit confiée à des militaires - Je vais relancer le cabinet d’Aigrain pour faire le point avant son départ. Il faudrait vous mettre en rapport avec le député socialiste (Philippe Madrelle[16]) qui avait écrit au Président à ce sujet. Il est maintenant sûrement très bien placé. Dites-lui tout ce qui a été fait ici, rien n’est à cacher. Pour ma part, je veux savoir exactement ce qu'il en est. Je suivrai par la presse la suite de cette affaire et je me réjouirai de tout issue favorable. »

Conclusion : Les recherches avec les appareils d’Antoine Priore n’étaient pas ‘bloquées’ à cause d’un secret militaire.

Références[modifier | modifier le wikicode]

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Il y a « Raison d'État » pour bloquer l'Affaire[modifier | modifier le wikicode]

Cette rumeur semble être le fruit d’une imagination à court d’idées réalistes pour expliquer l'immobilité de la situation à partir de 1983. Cependant, sans avoir des preuves formelles, il y a des fortes présomptions que, effectivement, la « raison d’état » a joué un rôle néfaste pour l’affaire Priore !

A la fin de son livre « Dossier Priore », publié en 1984, J-M. Graille lance un cri de cœur et un appel au Président de la république comme étant la seule personne capable de débloquer la situation. Car après le rapport tronqué et très partial de MM. J. Bernard et R. Latarjet[1], écrit sous l’égide de l’Académie des sciences, seulement François Mitterrand pouvait passer outre et relancer les travaux avec l’appareil Priore avec des moyens adéquats.

Cet appel de J-M. Graille, les lettres du comité de soutien de la découverte d’Antoine Priore[2], une pétition avec 140 000 signatures, un appel[3] des anciens collaborateurs d’Antoine Priore (MM. Plantin, Prémont, Martinez et Léglise) adressées à F. Mitterrand restaient sans réponse. Des contacts privés par des amis proches du Président (Roland Dumas, Philippe Madrelle, etc.) n’aboutissent à rien.

Cependant, le 14 mai 1986, Mme Danielle Mitterrand reçoit au Palais de l'Élysée le Pr R. Pautrizel, Mme P. Chateaureynaud et le Dr J-P. Daulouède[4]. Elle est parfaitement au courant de l’histoire de l’affaire Priore et des enjeux pour une éventuelle thérapeutique humaine. Elle les informe que, malgré l’importance du sujet, le Président n’interviendra pas dans l’Affaire Priore, pour des raisons qu’elle ne peut pas divulguer. La situation restera bloquée.

Avec du recul nous pouvons deviner, peut-être, la raison derrière cette fin de non-recevoir de la part de François Mitterrand. En 1984, le cancer qui l’emportera était déjà bien déclaré, mais l’existence de sa maladie était effectivement un secret d'État. Cependant, dans certains milieux journalistiques et politiques la rumeur de sa maladie était chouchoutée vers la fin de 1982. Le Président a été mis au courant de l’affaire Priore par Roland Dumas et R. Mayet a plusieurs reprises pendant l’année 1982. Il a choisi d’être soigné par l’hormonothérapie.

Il est donc certain à l’époque de la ‘première cohabitation’, François Mitterrand voulait éviter à tout prix que son nom soit associé avec un coup de force contre l’Académie des sciences pour relancer la machine à guérir le cancer d’Antoine Priore. Une telle situation ne pouvait que nourrir la rumeur de sa propre maladie.

Références[modifier | modifier le wikicode]

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Un puissant lobby bloque l'Affaire[modifier | modifier le wikicode]

Il est très fréquent que des personnes qui, croyant aux effets biologiques du rayonnement Priore, essayent de fournir une explication de l’échec d’Antoine Priore en évoquant l’action d’un groupe de pression, tapis dans l’ombre. Les groupes de pression les plus cités sont :

  • « Les laboratoires pharmaceutiques », car le traitement physique élimine les produits chimiques, donc une perte énorme des bénéfices…
  • « Les cancérologues », car si on guérit le cancer ils seront au chômage et tout le monde sait, il y a plus de gens qui vivent sur le cancer que ceux qui en meurent.
  • « L’industrie des gros appareils médicaux », car si l’on m’a plus besoin des appareils de radiothérapie ils vont perdre beaucoup d’argent…
  • « Les Francs-Maçons, etc. », c’est pour aider leurs copains, aux dépens des pauvres malades…

Nous tenterons de démontrer que chacune des affirmations ci-dessus est invraisemblable. Bien sûr, on peut toujours évoquer un pouvoir occulte beaucoup plus subtil, qui se cache totalement de nos investigations. Cependant, dans notre analyse[1] des relations entre Antoine Priore et la société LEROY-SOMER, (basée sur des documents ouverts à l’inspection de tous), il est claire que :

  • à partir de 1970 Antoine Priore avait tout à sa disposition pour réussir : appuie scientifique, appuie financier, appuie politique, appuie industrielle.
  • à partir de 1970, un comportement mégalomaniaque d’Antoine Priore et un comportement vénal de la société LEROY-SOMER a tout gâché.

Un quelconque groupe de pression puissant (et donc bien informé), aurait vite compris que la meilleure façon de bloquer l’affaire serait de ne rien faire !

Laboratoires Pharmaceutiques contre Antoine Priore[modifier | modifier le wikicode]

Dans notre documentation de l’affaire Priore il n’y a aucun trace de la moindre tentative d’un groupe pharmaceutique d’étouffer le développement des appareils Priore. Par contre, il y a quelques documents qui indiquent des dons très modestes[2] des laboratoires UPSA, LERTA, et ROCHE au Pr Pautrizel pour le compte d’Antoine Priore. Le seul contact sérieux vient de la fondation Mérieux de Lyon.

A la demande du Pr R. Courrier[3] en 1970, Charles Mérieux de la fondation Mérieux, était près à intervenir dans le développement d’un appareil Priore à condition que l’appareil se fasse dans un laboratoire universitaire et que la fondation Mérieux ne soit pas le seul partenaire industriel. Donc, il ne cherchait ni le secret, ni le monopôle, ni l’étouffement de l’affaire.

Or, en 1970–1971 le Pr Pautrizel et Antoine Priore était en négociation avec la D.G.R.S.T. pour une subvention de 3,5 millions de francs pour la construction d’un appareil fiable et à paramètres variables au laboratoire du Pr Pautrizel à Bordeaux. En plus la société LEROY-SOMER d’Angoulême voulait être associée au projet. Donc les conditions demandées par Charles Mérieux étaient remplies et le premier apporte d’un million de francs aurait été extrêmement utile au projet.

Malheureusement, la société LEROY-SOMER ne voulait ni partager des éventuels bénéfices avec une autre entreprise, ni laisser des universitaires un libre accès à l’appareil. Il ne fallait pas beaucoup de persuasion pour convaincre Antoine Priore de garder son appareil et son secret chez-lui. Voir (37) pour le récit détaillé de cette choix catastrophique.

La fondation Mérieux, bien évidemment, ne donne pas suite et ne manifeste aucune ’rancune’.

Après le mort d’Antoine Priore en 1983, la société LEROY-SOMER était en contact avec la fondation Weizmann (Haiffa), bien connu pour ses innovations médicales. Malheureusement, au lieu d’un vrai partenariat la société LEROY-SOMER cherchait un mécène, prêt à donner une subvention conséquente ‘à fonds perdus’. Encore, le comportement de la société LEROY-SOMER a écarté un partenaire puissant.

Les cancérologues contre Antoine Priore[modifier | modifier le wikicode]

Il est vrai que parmi les priorephobes les plus acharnés se trouvaient bon nombre de cancérologues parisiens (MM. Latarjet, Bernard, Mathé, Lacassagne,…) et bordelais (MM. Lachapèle, Reboul, Lagarde,…). Mais il est également vrai que parmi les priorephiles se trouvaient bon nombre de cancérologues parisiens (MM. Guérin, Rivière, Grabar, Lwoff,…). Le Pr GRABAR, directeur du centre anti-cancer de Villejuif avait même obtenu des crédits pour l’achat d’un appareil PRIORE en 1965. L’appareil devait être installé à Villejuif et utilisé par le Pr LATARJET. Malheureusement, l’appareil construit par P. RIBEAU de la société S.E.R.E.S.O., filiale de LEROY-SOMER, ne donnait pas les résultats biologiques escomptés et Antoine PRIORE bloquait la transaction. Évidement cette action alimentait le climat de suspicion et rendait plus difficile la tâche des cancérologues priorephiles parisiens.

Avant de devenir complètement priorephobes les cancérologues bordelais ont donné à Antoine Priore l’occasion de montrer l’efficacité de son appareil.

  • Le Pr Lachapèle (directeur de la fondation Bergonié) était d’accord[4] pour mettre un local à la disposition d’Antoine Priore à la fondation Bergonié pour faire des expériences animales. Antoine Priore refusait cette offre pour deux raisons : D’abord, la difficulté matérielle de déménager ou de reconstruire son appareil à la fondation Bergonié et surtout son désir de « garder son secret » à l’abri des regards.
  • Le Pr Reboul acceptait le principe de laisser Antoine Priore traiter certains patients[5]. Malheureusement, l’administration hospitalière refusait[6] de prendre la responsabilité du transport des patients entre la fondation Bergonié et le domicile privé d’Antoine Priore. Si seulement l’appareil a été dans un hôpital public…
  • Le Pr Lagarde (directeur de la fondation Bergonié) participait aux travaux de la commission de contrôle de 1969, a signé le rapport final[7] attestant aux résultats biologiques du rayonnement Priore sur des souris infestées avec des trypanosomes et il a fait des observations personnelles sur les souris ainsi traitées[8]. Sa méfiance ultérieure venait, très probablement, du fait que la subvention de la D.G.R.S.T. destinée à construire un appareil expérimental fiable et de faire des expériences de contrôle sur divers modèles du cancer étaient utilisée par la société LEROY-SOMER pour construire le M600.

Certes, l’attitude ultime des cancérologues priorephobes était anti-scientifique, et pour certains, dépassait la limite de l’honnêteté, mais on ne peut pas raisonnablement évoquer une cabale protectionniste de leur part contre Antoine Priore.

L’industrie de la Radiothérapie contre PRIORE[modifier | modifier le wikicode]

Le marché des gros appareils médicaux (rayons X, gamma, Cobaltothérapie, scanner, IRM etc.) est énorme et demande des investissements considérables de la part des industriels. Le rayonnement Priore, s’il s’avérait efficace contre le cancer, aurait rendu beaucoup de ces appareils caducs. D’où la rumeur que ces industriels, pour protéger leurs investissements, ont bloqué le développement des appareils Priore. Cette ‘explication’ néglige totalement le fait que cette industrie de point soit continuellement en traîne de faire du progrès technique pour rendre les appareils existants caducs. C’est la seule façon de renouveler le marché ! Un appareil Priore efficace contre le cancer aurait provoqué une compétition intense entre industriels pour le produire.

En effet, à partir de mars 1965, après la présentation à l’Académie des Sciences par le Pr Courrier, certains industriels ont commencé des tentatives de contact. La liste d’industriels qui étaient intéressés par l’appareil Priore :

- la C.G.R. (Compagnie Générale de Radiologie, France),
- Philips, (Holland),
- G.E. (General Electric, U.S.A.),
- Siemens (Allemagne),
- Ferranti (Royaume-Uni),
- Thomson (France)
- Dassault (France).

Antoine Priore les a repoussés tous.

Il ne voulait pas s’associer avec un industriel compétent et ainsi perdre la maîtrise de ses appareils. Aucun des industriels n’a fait ni des propositions concrètes, ni mis des bâtons dans les roux d’Antoine Priore.

Les « Francs-Maçons » etc contre PRIORE[modifier | modifier le wikicode]

Il y a plus de six mille documents sur la base de données Archives Priore et parmi eux des notes et journaux intimes qui n’étaient pas destinés d’être publié. En particulier le Pr Pautrizel[9]) notait de jour en jour, entre 1970 et 1984, tous les aspects de l’Affaire Priore. Il n’y a aucun trace de pression venant d’un groupe nébuleux quelconque.

Le lecteur peut s’amuser à construire un tel groupe (Francs-Maçons, Juifs, Américains etc.), avec la liste des intervenants dans l’Affaire et la liste complète des documents dans les archives, puis de compter le nombre de priorephiles et de priorephobes dans le groupe en question. Il trouvera, très probablement, plus de priorephiles que de priorephobes !

Références[modifier | modifier le wikicode]

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  5. (39)
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L’appareil Priore n'existe pas ![modifier | modifier le wikicode]

« PRIORE n’a qu’un compteur E.D.F. de 10 ampères (ou de 5 ampères, selon les circonstances), donc son appareil n’est pas plus puissant qu’un fer à repasser...  »

Cette rumeur à fait surface publiquement le 12 mars 1965 dans un article publié dans Minute[1], sous le titre: « Il faut finir avec les charlatans du cancer ». Cet article date de la période de déchaînement de la presse populaire après la présentation des travaux de Rivière, Priore, Berlureau, Fournier et Guérin à l’Académie des Sciences par le Pr R. Courrier le 1 mars.

L’article cite le Pr Reboul, radiologue à Bordeaux:

«  ... Les professeurs n’insistent pas. Ils reviennent quelques mois plus tard à la suite d’une nouvelle demande de crédits, effectuée en très haut lieu. Cette fois, les membres de la commission peuvent examiner d’un peu de plus près la fameuse machine. Impression générale: on dirait un radar des surplus américains, arrangé par un bricoleur bien doué. L’assistant du professeur Reboul, intrigué par la multitude de fils sortant de tous les coins de l’appareil, pénètre dans la pièce voisine. Il en voit pendouiller, non branchés, ne débouchant sur rien. On relève aussi ce jour-là que le compteur électrique n’est que de 10 ampères. De quoi alimenter un fer électrique et un aspirateur, en somme!

M. Reboul a apporté un compteur Geiger qui devrait témoigner d’une ionisation éventuelle. Las! l’appareil ne marque aucune oscillation...  »

La commission en question est celle de juin 1960. Contrairement à l’information donnée dans l’article, ni le Pr Reboul, ni le Pr Lachapèle ne sont jamais déplacé pour voir l’installation de Priore ! En tant que ‘patrons’ ils se contentaient d’envoyer deux assistants[2]: Dr P. Bouyssou et Dr J. Tavernier (un futur président de Bordeaux II, qui refusera [3], le 23 mai 1987 de faire valoir des droits de l’université de Bordeaux II sur l’appareil de Priore, le P4, financé en partie par le Pr Pautrizel). Le Pr R. Courrier[4] a noté aussi que le compteur geiger, emmené par Bouyssou et Tavernier ne marchait pas. La réparation était faite sur place par Antoine Priore !

La rumeur a été utilisée pour critiquer les travaux de Rivière et Guérin (cancers seulement greffés, facilement guérissable etc.) lors d’une réunion du comité de direction de l’I.R.S.C. de Villejuif, le 2 avril 1965, par le Pr A. Lwoff, puis dans une lettre[5] adressée au Pr P. Grabar (directeur de l’I.R.S.C.) le 9 avril. (Le Pr COURRIER évoque cette réunion dans des comptes rendus[6] destinés à Jacques Chaban-Delmas.)

La réunion a eu lieu en plein essore de controverses entre priorephiles et priorephobes. A l’ordre du jour était la demande ministérielle pour savoir les suites à donner aux travaux de Priore. L’élaboration d’un compte rendu[7] de la réunion donnait lieu à une vive échange de lettres de protestation entre Grabar, Lwoff, Courrier et Wolff[8].

Pr Rivière et Pr Guérin écrivaient des lettres[9] de protestation au directeur de l’I.R.S.C. et au directeur du C.N.R.S. Ils demandaient que leurs critiques guérissent des rats greffés avec la tumeur T8; que demande à l’E.D.F. si Priore avait seulement une consommation électrique domestique etc. Priore, Berlureau et Fournier écrivaient[10] au ministre de l’information pour se plaindre des diffamations dans la presse.

Malgré les démenties, la rumeur semble ancré dans les esprits des cancérologues de Villejuif, car, lors d’une réunion du comité de direction du 2 décembre 1965, Mlle Le Breton la ressorte[11], en disant en plus que M. Gallais, directeur adjoint au C.N.R.S. avait fait demander à l’E.D.F. les détails sur l’installation électrique chez Priore. Elle critique aussi les expériences de Rivière et Guérin, car les rats n’avaient été pesés ! (Le fait que les témoins soient tous morts et les rats traités tous vivants emporte peu à Mlle Le Breton.)

Il est tout à fait possible que M. Gallais ait tenté d’apprendre des détails sur l’installation électrique chez Priore, c’était demandé par Rivière et Guérin dans leur lettre au directeur du C.N.R.S. du 5 avril. On ne sait rien de ses démarches, sauve les propos de Mlle Le Breton.

Cependant, une chose est certaine, la facture de l’E.D.F.[12], datée du 16 avril 1965 est de 1 000 F.., pour un mois de consommation. A l’époque une telle consommation d’électricité pour une échoppe bordelaise n’a rien à voir avec une installation « domestique ».

Le Pr Pautrizel a pris en charge les frais de consommation électrique chez Antoine Priore en 1968. Le contrat[13], qui était apparemment le même que Priore avait souscrit donne tous les détails de la fourniture par l’E.D.F., voici un extrait:

CONDITIONS PARTICULIÈRES

1° Nom ou raison sociale de l’Abonné: Monsieur Raymond Pautrizel
Laboratoire d'Immunologie et Biologie Parasitaire
2° Lieu de la fourniture: 83, Cours Gambetta - 33 - FLOIRAC
3° Définition du point de livraison:
Le point de livraison à partir duquel l'Abonné a la responsabilité du courant fourni

est fixé en amont des isolateurs d'ancrage du support réseau, à l'origine de la dérivation 15 kV alimentant le poste de transformation de l'Abonné.

Caractéristiques du courant
4° Nature du courant alternatif triphasé à la fréquence de 50 Hz avec tolérance de 1 Hz en plus ou en moins
5° Tension de livraison 15 400 V avec tolérance de 7% en plus ou en moins. E.D.F. se réserve le droit de modifier la tension d'alimentation en la portant de 15 kV à 20 kV. A cet effet, le poste de transformation sera équipé avec du matériel à 23 kV, les câbles de raccordement et de liaison seront prévus pour la tension de 20 kV. Le ou les transformateurs de puissance seront convertibles à la tension de 20 kV par décuvage et échange des bobinages.
Mesure de la fourniture
6° Nomenclature des appareils de mesure
- 1 compteur triphasé d'énergie active 4 fils triple tarif,
- 1 compteur triphasé d'énergie réactive 4 fils double tarif,
- 1 indicateur de puissance moyenne à période de 10 minutes à 2 cadrans,
- 1 contacteur à période de 10 minutes,
- 1 horloge commandant les changements de tarif,

- 3 transformateurs de courant,

- 1 armoire do comptage,
- boites d'essais,
- 1 compteur horaire.
7° Ces appareils sont la propriété de l'E.D.F.
8° Tension de comptage: 127/220 Volts.
9° Corrections pour tension de comptage différente de la tension de livraison.
L'énergie livrée en courant à 15 400 V étant mesurée en courant à basse tension à 127/220 Volts, il est précisé, conformément aux dispositions du 7° alinéa de l'article V des Conditions Générales, que les puissances et les énergies active et réactive enregistrées par les appareils de mesure dans chaque période tarifaire seront majorées pour tenir compte des pertes Joule et des pertes dans le fer dans le transformateur.

En plus, le 27 août 1969, l’E.D.F.[14] écrivait au Pr Pautrizel l’informant que la puissance utilisée dépassait souvent le 30 kW du contrat actuel et on suggérait qu’on doive augmenter la puissance souscrite à 40 kW. Le 14 décembre 1970 un avenant[15] au contrat E.D.F. augmentait la puissance maximale de l’installation chez Antoine Priore à 50 kW.

La lecture des factures E.D.F.[16]) en même temps que les cahiers d’expériences de Mlle A. N. Pautrizel montre une concordance entre les périodes d’expérimentation et de fortes consommations de l’électricité (entre 1 000 F. et 2 000 F. par mois !)

Référence[modifier | modifier le wikicode]

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Antoine Priore a reçu « des milliards » en subventions[modifier | modifier le wikicode]

Par une lecture de la presse populaire[1], la presse scientifique, des déclarations d’administrateurs de la recherche qui en principe sont ‘bien informés’, on peut croire qu’Antoine Priore a reçu personnellement des ‘milliards’ (de centimes !), et qu’il les a engloutis dans ses appareils (ou dans sa poche), sans retour.

(T.F.1 le 3 janvier 1984: Priore a reçu 800 millions de subvention...) (Dr P. Bouyssou (radiologue) a écrit une lettre publiée dans Sud-Ouest le 13 mai 1973 ou il insinuait que la subvention de la D.G.R.S.T. n’a pas été utilisée comme prévue.)

La vérité est toute autrement.

D’abord, Antoine Priore lui-même n’a jamais reçu la moindre subvention de l'État.

Les subventions de l’État destinées aux recherches sur le « rayonnement Priore » avaient deux sources : La D.R.M.E. (Direction des Recherches et des Moyens d’essais des Armées) et la D.G.R.S.T. (Délégation Générale de la Recherche Scientifique et Technique). Les sommes allouées par ces deux organismes étaient gérées soit par l’université de Bordeaux II, soit par le C.N.R.S. ou par la société LEROY-SOMER.

Les subventions de la D.R.M.E.[modifier | modifier le wikicode]

Il y a eu deux séries de contrats de recherches. Une au laboratoire du Pr Pautrizel de l’université de Bordeaux II et l’autre au laboratoire de magnétisme du C.N.R.S. (Bellevue) pour financer les travaux de MM. Berteaud et Bottreau.

Avec les contrats de recherche du Pr Pautrizel, Antoine Priore était salarié de l’université de Bordeaux II pour la durée des contrats et assimilé comme ingénieur radio-électronicien du C.N.R.S. au 5ième échelon.

Les contrats :

  • Du 26 novembre 1969 d’un montant de 100 000 F, dont 50 400 F pour le salaire d’un ingénieur plus les charges sociales.
  • Du 15 janvier 1970 d’un montant de 130 000 F, dont 41 280 F pour les salaires d’un ingénieur et un technicien plus les charges sociales.
  • Du 15 juin 1971 d’un montant de 150 000 F., dont 61 580 F pour le salaire d’un ingénieur plus les charges sociales.
  • Du 1 avril 1972 d’un montant de 250 000 F., dont 90 000 F pour les salaires d’un ingénieur et un technicien plus les charges sociales.

Son salaire était la seule source de revenue d’Antoine PRIORE pendant la période 1969 – 1974.

Les contrats de recherches entre la D.R.M.E. et MM. Berteaud et Bottreau :

  • Du 1 juillet 1970 d’un montant de 88 000 F.
  • Du 7 septembre 1970, d’un montant de 10 000 F.
  • Du 5 février 1971, d’un montant de 43 680 F.
  • Du 13 mai 1971, d’un montant de 120 000 F.

La totalité de ces subventions était utilisée exclusivement par MM. Berteaud et Bottreau pour effectuer leurs mesures du rayonnement émis par l’appareil ‘P4’ utilisé par le Pr Pautrizel.

Antoine Priore ne recevait rien, même pas le paiement de l’électricité consommé par les physiciens pendant leurs travaux !

Les détails sur ces subventions sont décrits dans la note[2].

La subvention de la D.G.R.S.T.[modifier | modifier le wikicode]

En 1971–1972 la D.G.R.S.T. a alloué une subvention de 3 500 000 F. à la société LEROY-SOMER pour la construction d’un appareil Priore à paramètres électromagnétiques variables et pour l’exécution d’une série d’expériences de contrôle sur le traitement du cancer expérimentale.

La somme de 2 480 000 F a été versée à la société LEROY-SOMER, mais la D.G.R.S.T. a refusé de verser le complément, car cette société n’avait rempli aucune des conditions stipulées dans le contrat. Cependant, la totalité de la subvention reçue a été utilisée pour l’achat des composants de l’appareil ‘M600’. Antoine PRIORE n’a profité financièrement d’aucune façon. Pour les détails voir les notes[3].

Autres subventions[modifier | modifier le wikicode]

Le Pr Pautrizel a eu quelques subventions venant de l’O.M.S. (Organisation Mondiale de la Santé), la F.R.M.F. (Fondation pour la Recherche Médicale Française), la Ligue Contre le Cancer et quelques dons privés. Ces subventions étaient gérées par : l’U.N.A.C.I. (Union de l’Université, de l’Agriculture, du Commerce et de l’Industrie et les Amis de l’Université, présidé par le Recteur de l’Académie de Bordeaux), l’A.D.E.R.A. (Association pour le Développement de l’Enseignement et la Recherche en Aquitaine) et l’A.N.B. (Association Nationale de Bioélectromagnétisme). L’argent en question était utilisé soit pour financer les travaux biologiques, soit pour l’achat de l’équipement pour la construction des appareils. Antoine PRIORE ne recevait rien financièrement.

Les détails de toutes les transactions financières sont exposés dans la note[4].

Références[modifier | modifier le wikicode]

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  2. (65)
  3. (66)
  4. (67)

Deux rumeurs répandues par le Pr. Latarjet[modifier | modifier le wikicode]

La rumeur de ‘substitution’ d’animaux analysée dans la note[1] n’est pas la seule rumeur propagée par le Pr R. Latarjet !

En février - mars 1969, deux autres rumeurs circulaient dans le milieu médical parisien (Voir le compte rendu[2] du comité de direction de l’I.R.S.C., Villejuif du 8 février 1968). Ces rumeurs ont ajouté leur poids à l’impression générale de malaise que « L’affaire Priore » générait chez des personnes influentes, mais peu informées. Ces deux autres rumeurs étaient[3] :

- Mes collaborateurs, les docteurs Duplan et Jullien, se sont rendus chez Priore en juin 1966 pour l’expérience de contrôle demandée par la D.G.R.S.T.. Par hasard, bien sûr, l’appareil était ‘en panne’, ils ne pouvaient rien contrôler...

- Vous savez, n’est ce pas, que Priore demande des sommes astronomiques pour traiter des malades. Je connais le cas de la femme d’un industriel belge à laquelle Priore demanda ‘un million’ pour le traitement. Elle est morte quatre jours après son arrivée à Bordeaux. Vous comprenez, l’appareil de ce Priore...

Madame Colonge écrivit le 18 mars 1969 à Antoine Priore pour lui demander des précisions sur ces deux rumeurs. Les précisions demandées furent données par Priore et Berlureau[4] le 20 mars 1969.

Il est vrai que les docteurs Duplan et Jullien se sont rendus à Bordeaux le 15 juin 1966 et le 5 août 1966[5]. L’objet de leur visite était, d’une part, de commencer à mettre en place l’organisation des expériences demandées par la D.G.R.S.T. (où pouvaient-ils héberger les animaux à traiter, comment organiser leur transport,  etc.) et, d’autre part, de préparer l’intégration du Docteur Duplan à la fondation Bergonié. Un compte rendu[6] de cette visite, pour J. Chaban-Delmas, a été écrit par F. Berlureau.

La visite des docteurs Duplan et Jullien chez Antoine Priore fût impromptue, sans avertissement et surtout, sans animaux à traiter !

Que l’appareil n’ait pas fonctionné lors de leur visite est tout à fait possible, car l’appareil tombait fréquemment en panne, de plus Priore en modifiait tout le temps les composants. Mais, le non fonctionnement de l’appareil ne peut être un subterfuge en vue d’empêcher une expérimentation effectuée par MM. Duplan et Jullien.

Donc, même s’il est vrai que Duplan et Jullien n’ont pas fait d’expérience chez Priore en août 1966, ce n’est pas pour les raisons insinuées par le Pr R. Latarjet.

Concernant la deuxième rumeur, la malade en question, Madame Delmotte, était la femme du directeur de l'École Libre de Bruxelles.

Son mari sans doute a découvert l’existence l’appareil Priore par la presse populaire. (Nous avons recensé[7] une quarantaine d’articles dans la presse francophone, uniquement pour mars 1966 !).

Le 25 mars 1965, désespéré, il envoyait un télégramme[8] chez Antoine Priore, en lui demandant de construire un appareil à Bruxelles, pour soigner sa femme. Si Priore a répondu, sa réponse était évidemment: Non, c’est impossible.

Le médecin traitant de Madame Delmotte, le Pr Maisin, de Louvain, écrivait aussi au Pr Denoix (Villejuif) pour avoir des précisions sur l’appareil de Priore. Le Pr Denoix répondait[9] le 29 mars 1965. Il était très clair et très explicite. Les résultats annoncés dans les notes publiées dans les comptes rendus de l’Académie des sciences portaient uniquement sur des cancers expérimentaux et, pour le moment, il n’était pas question de thérapeutique pour des humains. Le Pr Maisin[10] a transmis la réponse du Pr Denoix à M. Delmotte le 13 avril 1965.

Malgré cette correspondance, M. Delmotte a amené sa femme à Bordeaux et, comme écrivait F. Berlureau à Madame Colonge :

« Elle était conduite par son mari au centre Bergonié, après le refus absolu de la recevoir dans le laboratoire de Priore ».
« Quant à la fantaisie du million, pure invention de mauvaise foi ! »
  • Le Dr M. Fournier attestait[11] que les soins prodigués par lui et Antoine Priore étaient gratuits et ceci a été indiqué sur la feuille de la sécurité sociale. En plus, il tenait le président de l’ordre des médecins au courant des cas traités.
  • Mme Masse, soigné par Priore racontait à l’abbé Ducrot que tous les soins étaient gratuits.
  • P. Genty, ingénieur chez S.O.V.I.R.E.L., qui faisait fonctionner l’appareil P4 entre 1977 et 1980 pour soigner les patients du Pr Courty et du Pr Dubourg, affirme[12] que la plus souvent les malades les plus démunis partaient avec ‘un petit billet’, donné par Antoine Priore.

Références[modifier | modifier le wikicode]

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