Affaire Priore/Le rapport Bernard-Latarjet

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Analyse du rapport de Pr. J. Bernard et Pr. R.Latarjet sur l'Affaire Priore


L'Affaire Priore
Affaire Priore
CHAPITRES
ANNEXES
Notes de synthèse
Le rapport Bernard-Latarjet Les souris anglaises La commission de 1960 La commission de 1969
L'Académie des sciences Leroy-Somer S.O.V.I.R.E.L. Les finances de l'Affaire Priore
La D.R.M.E. et la D.G.R.S.T. I.N.S.E.R.M. La thèse universitaire d'Antoine Priore Le Comité de soutien d'Antoine Priore
Diverses rumeurs La Mairie de Bordeaux La Presse, Radio et T.V. Le laboratoire P.I.O.M.



Introduction[modifier | modifier le wikicode]

Le Problème Priore (1960 - 1981)

Rapport de la Commission de l’Académie des Sciences

à

Monsieur le Ministre d’Etat chargé de la Recherche et de la technologie,

Ce document (1), daté du 22 Mars 1982 est une pièce très importante dans le dossier de l’Affaire PRIORE. Les auteurs de ce rapport sont MM. J. BERNARD et R. LATARJET.

Plusieurs ministres de la recherche ou de la santé (J. P. CHEVENEMENT, L. FABIUS, E. HERVE) se sont appuyés sur les recommandations de ce rapport pour justifier leur refus de prolongation de la subvention au projet de construction d’un appareil PRIORE par la D.G.R.S.T. et la société LEROY-SOMER (2).

En dépit de sa confidentialité le document a été très largement diffusé dans les milieux politique, médical et journalistique. Ce qui fut particulièrement néfaste car, en raison de la notoriété des auteurs et de l’estampille de l’Académie des sciences, nombre de personnes, souhaitant s’informer sur l’Affaire PRIORE, ont en toute bonne foi, pris les termes du rapport au pied de la lettre, considérant celui-ci comme le mieux documenté sur la question. Or, comme nous verrons ci-dessous, le rapport J. BERNARD - R. LATARJET est un amalgame :

- de faits exacts ;

- d’un pot-pourri d’erreurs et de contre vérités sur des faits aisément vérifiables ;

- d’ « oublis » importants, difficilement imputables à l’ignorance des auteurs ;

- de rumeurs sans fondement ni justification ;

- de propos illogiques et contradictoires.

D’une manière générale les aspects négatifs de l’Affaire PRIORE (qui existent bien sûr !) sont mis en exergue, les aspects positifs (qui existent aussi !) sont occultés.

Il convient surtout de remarquer la conclusion du rapport, qui peut paraître particulièrement surprenante. Les auteurs admettent la réalité des effets biologiques du rayonnement émis par l’appareil PRIORE mais recommandent que la recherche sur de tels instruments ne soit pas subventionnée ! De toute évidence les rédacteurs se mettaient à l’abris au cas où, en dépit de leur action, la découverte d’Antoine Prioré aurait accédé à une reconnaissance nationale ou internationale.

La présentation détaillée des termes du rapport et leur analyse est, par la nature des choses, fastidieuse. Mais, en raison de la notoriété des auteurs et de l’impact très négatif du document qu’ils ont produit, nous estimons essentiel de reprendre le rapport ligne par ligne.

Nous signalerons :

- Les affirmations inexactes et pour lesquelles nous donnons une preuve documentaire sur le C.D. ROM.

- Les omissions flagrantes. Omission de faits que les auteurs ne pouvaient ignorer.

- Les contradictions internes du rapport et les illogismes.

- Les insinuations et propos désobligeants.

Nous nous contenterons ici d’annoter et de renvoyer aux documents faisant preuve. La réfutation détaillée du document est constituée de la totalité de notre rapport et de l’ensemble des documents enregistrés sur le C.D. ROM.


L’origine du rapport « J. BERNARD - R. LATARJET »[modifier | modifier le wikicode]

L’origine du rapport remonte en janvier 1980. Le journal Sud-Ouest publie (3) deux articles de J.-M. GRAILLE, remarquables par leur analyse et lucidité, qui décrivent l’impasse de l’Affaire PRIORE. La conclusion du journaliste était qu’il appartenait maintenant au pouvoir politique de s’élever pour assumer sa responsabilité de décision. Les actions de B. MADRELLE (4), député de la Gironde, auprès du Président V. GISCARD D’ESTAING, le Dr PLANTIER, Ministre des anciens combattants auprès le ministre de la santé et d’A. LAMASSOURE, conseiller technique à l’Elysée, ont eu comme résultat que le dossier PRIORE arrive sur le bureau d’un interlocuteur de qualité. L’amiral P. EMEURY, conseiller scientifique du Président de la république (Voir (5) pour une notice biographique.), fut mis au courant du dossier de l’Affaire PRIORE en janvier 1981 par le Pr R. PAUTRIZEL et le Dr J.-P. DAULOUEDE. Après enquête de sa part, P. EMEURY comprend la complexité du dossier et saisit son importance. Le 2 Février 1981, le Président V. Giscard d’Estaing l’autorise à s’occuper du dossier au nom du Président de la république.

L’idée de P. EMEURY est la suivante :

- demander à l’Académie des sciences de désigner une commission pour établir un protocole expérimental indiscutable ;

- confier la réalisation de l’expérience proposée au C.R.E.S.S.A. (Centre de Recherches et d’Etudes du Service de Santé des Armées) ;

- rendre immédiatement public les résultats de l’expérimentation.

Si les conclusions se révèlent négatives le dossier sera classé, si elles sont positives, l’Académie des sciences et les instances administratives seront automatiquement impliquées et les travaux de PRIORE et de PAUTRIZEL soutenus totalement par l’Etat.

Il a fallu six semaines à la présidence pour se faire entendre par le secrétariat d’état à la recherche dirigé par P. AIGRAIN ! Finalement, le 19 Mars 1981, au cours d’une réunion à huis clos, l’Académie des sciences prend connaissance officiellement d’une lettre de P. AIGRAIN, lui demandant, au nom du Président de la république, de former dans les plus brefs délais, une commission d’experts. Cette commission, présidée par P. AIGRAIN (assisté du Pr P. DOUZOU de la D.G.R.S.T.), a pour mission d’établir un protocole d’expérimentation rigoureux à mener par le C.R.E.S.S.A. avec l’appareil PRIORE.

La Commission ne fut pas facile à constituer. Le Pr R. COURRIER se porte naturellement volontaire et le Pr. J. BERNARD, très agacé de voir rebondir l’Affaire PRIORE, est également volontaire. (Pour un aperçu de l’atmosphère à l’Académie voir (6), qui est un compte rendu de la conversation du 18 Mars 1981 entre M. PUEL, secrétaire général (administratif) de l’Académie des sciences et P. CHATEAUREYNAUD). Il a fallu deux autres séances de l’Académie pour trouver les trois autres membres. Leurs noms furent tenus secrets, mais la presse (7) a parlé de MM. BESSIS, CASTAING et GERMAIN. Nous savons que par la suite LATARJET a également fait partie de la commission. Aussitôt constituée, celle-ci demande un rapport de synthèse de l’Affaire PRIORE afin d’être en mesure de proposer un protocole expérimental pour le C.R.E.S.S.A. MM. J. BERNARD et R. LATARJET se chargent de cette tâche. Ils ne donneront aucune suite jusqu’en mars 1982.

Entre temps, avec le changement politique à la tête du pays, le personnel de la présidence a changé. L’amiral P. EMEURY est parti à la retraite. Il laisse (8) le « Dossier PRIORE » à traiter ‘en priorité’ à son successeur.

Tout est à refaire. Un dossier repart pour l’Elysée. Un autre est remis en main propre à Jean-Pierre CHEVENEMENT, ministre de la recherche. Il accepte (9) de relancer la commission académique et d’exiger qu’elle remette le rapport qui lui été demandé.

Le 18 février 1982 (10), il insiste pour prendre connaissance au moins du « Rapport de Synthèse » que le Pr. J. BERNARD était censé faire pour la commission.

Ce rapport écrit par J. BERNARD et R. LATARJET (M. PUEL, Secrétaire Général de l’Académie, révèle (11) à P. CHATEAUREYNAUD, le 17 novembre 1982, que BERTEAUD avait aussi contribué à sa rédaction) fut remis, finalement, au ministre, en mars 1982.

Au cours d’une réunion entre R. COURRIER, J. BERNARD et R. LATARJET, tenue le 22 Mars, le Pr. COURRIER relève quelques erreurs et omissions dans le ‘rapport préliminaire’ écrit par R. LATARJET. Il souhaite, en vain, que le ministre soit informé de ces omissions (compte rendu (12)).


Analyse du Rapport de J. BERNARD et de R. LATARJET[modifier | modifier le wikicode]

Le rapport est reproduit ci-après en pages paires, avec les lignes numérotées. Nos remarques présentées en pages impaires font référence aux lignes correspondantes. Nous achèverons l’analyse par notre propre conclusion. La page titre du rapport:

LE PROBLEME "PRIORE" (1960 - 1981)

Rapport de la Commission de l'Académie des Sciences à Monsieur le Ministre d'Etat chargé de la Recherche et de la Technologie

Ce rapport groupe, sous forme succincte, des informations concernant les phases principales de "l'histoire Priore" depuis 1960. On a été ainsi amené à distinguer les 8 phases suivantes :

1. Le brevet d'invention (1962 - 1963). 2. Premières publications (1960 - 1965). 3. L'expérimentation anglaise(1966). 4. L'expérience avortée de la DGRST (1966 - 1967). 5. La phase immunologique(1966 - 1971). 6. Les missions DRME et DGRST (1969 - 1972). 7. Le contrat DGRST - Leroy-Somer et la mission DGRST (Avraméas, Bisconte) (1972 - 1981). 8. Conclusion. 22 Mars 1982 I LE BREVET D'INVENTION

En 1957, Mr Antoine Priore a construit une "machine" à des fins thérapeutiques, machine qui émet des rayonnements. Il commence à faire passer (gratuitement sans doute) des malades sous cette machine, des cancéreux notamment. Le 1 er juin 1962, il dépose un brevet d'invention qui sera délivré le 7 octobre 1963 sous le no 1.342.772.

Ce brevet, fort long, est rédigé de telle manière qu'il est impossible de se faire une représentation claire et non équivoque de la "machine". La rédaction donne une idée du niveau scientifique de son auteur. On y trouve, entre autres, les phrases suivantes :

"... on prévoit des moyens pour moduler au rythme du coeur du sujet (traité) l'émission des rayonnements, les champs magnétiques et électriques accélérateurs, ainsi qu'éventuellement le système déflecteur rotatif".

"le couple cellulaire noyau-protoplasme est doué de conductivité électrique directement en rapport avec les mouvements d'échanges ioniques provoqués par les phénomènes métaboliques. On note dans les tissus la présence d'une accumulation d'électricité sous des potentiels différents selon les diverses densités cellulaires de ces tissus".

"... en état d'équilibre physico-électrique normal, le noyau cellulaire est en charge positive, mais peut devenir à surcharge négative par suite de phénomènes analogues à une polarisation".

"L'invention permet notamment aux organes atteints de cette inversion de leur potentiel électrique, en particulier dans le cas de surcharges négatives pathologiques des noyaux cancéreux, de retrouver leur équilibre initial".

On pourrait multiplier les citations de ce genre. Viennent ensuite de nombreuses précisions (?) sur les organes de la machine. On y trouve un émetteur de particules chargées (qui doivent être des électrons), un "cyclotron" (?) accélérant ces particules. Il y a aussi un "magnétron" qui émet des ondes électromagnétiques centimétriques. Les deux rayonnements convergent dans un tube "accélérateur et directeur du rayonnement résultant". Ce tube contient de l'argon sous basse pression .

L'émission d'électrons provient d'une cathode. Les meilleurs résultats ont été obtenus avec une cathode en molybdène. Des résultats moins bons, mais encore satisfaisants, ont été obtenus avec une cathode en tungstène. "Il se trouve que le molybdène et, en moindre degré, le tungstène sont les métaux dont la valence est la plus proche de la valence moyenne des molécules chimiques constituant les tissus vivants et plus particulièrement les tissus humains ..."!

L'ensemble du texte comporte environ 600 lignes où foisonnent des détails qui semblent précis, mais qui n'ont pas permis depuis lors à quiconque de reproduire cette machine sans l'intervention de son auteur. En particulier, le brevet ne précise pas les caractéristiques des rayonnements, ni qualitatives (distributions spectrales) ni quantitatives (flux énergétiques).

NDR: Voir en face


Ligne 1: Le Brevet d’invention Erreur d’omission malveillante On donne l’impression qu’Antoine PRIORE n’a déposé qu’un seul brevet. Deux brevets ont été déposés en France (13) et 9 à l’étranger: N° 1.342.772 du 7 Octobre 1963 (demandé le 1 Juin 1962) N° 1.501.984 du 9 Octobre 1967 (demandé le 3 Octobre 1966). Ces deux brevets forment la base de ceux déposés également aux: U.S.A., Grande Bretagne, Hollande, Suisse, Suède, Italie, Allemagne, Danemark.

Ligne 4 ... (gratuitement sans doute)... Remarque ironique En effet, R. LATARJET avait répandu la rumeur en 1969, qu’Antoine PRIORE faisait payer très cher les malades qu’il traitait (Voir la Note (14).)

Lignes 8 - 27 Extraits du brevet du 7 Octobre 1963. Propos condescendants Le brevet est certes critiquable. Il est inhabituel de trouver, dans un brevet d’invention, un essai d’explication scientifique des phénomènes que l’appareil breveté est censé produire. Le brevet d’invention est destiné à protéger l’inventeur en prouvant son antériorité dans la description d’un procédé ou d’un appareillage. Un brevet n’est ni le plan de construction d’un appareillage, ni le mode d’emploi de l’appareil. Cependant, les idées, misent en avant par MM. BERNARD et LATARJET pour ridiculiser Antoine PRIORE, ne sont pas de lui. On les trouvent dans des revues scientifiques populaires des années soixante, particulièrement sous la plume de A. SZENT-GYORGYI (prix Nobel de Chimie) (15).



Lignes 31 - 34 ... ‘’cyclotron’’ ... ‘’magnétron’’ ... Propos condescendants Par l’usage des guillemets et de points d’interrogation, MM. BERNARD et LATARJET semblent vouloir montrer un certain ridicule dans les propos d’Antoine PRIORE. Malheureusement ils montrent surtout leur incompétence en physique. Les termes employés sont exacts. Le mouvement d’un électron accéléré entre cathode et anode en présence d’un champ magnétique transverse est hélicoïdal et s’appelle mouvement cyclotronique. Un magnétron est un dispositif inventé au début de la Deuxième Guerre mondiale pour produire des ondes électromagnétiques centimétriques de fortes puissances dans les fameux ‘radars’. Les ‘tubes contenant de l’argon sous basse pression’ sont des tubes à décharge utilisés depuis la fin du 19e siècle pour étudier la propagation des particules chargées électriquement.


Lignes 43 - 45 ... n’ont pas permis depuis lors à quiconque de reproduire ... C’est un fait étonnant, mais jusqu’à ce jour, personne n’a fait l’effort de reproduire à l’identique un appareil PRIORE ! Comme nous verrons ci-après, l’attitude des scientifiques chargés de le faire a été: « C’est compliqué, on peut faire la même chose plus simplement »...

Lignes 45 - 46 En particulier, le brevet ne précise pas les caractéristiques... Le brevet décrit la gamme de fréquences, mais il ne décrit pas le mode d’emploi de l’appareil, ce qui n’est pas l’objet d’un brevet. On regrette vivement que PRIORE n’ait jamais rédigé un tel mode d’emploi, c’est là le nœud gordien du ‘Problème Priore’.

Ligne 47 Le brevet du 9 Octobre 1967 !!! Omission malveillante MM. BERNARD et LATARJET ne font aucune mention de ce brevet, qui décrit un appareil amélioré. Ce brevet est une description technique et sobre d’un appareillage, avec des détails concernant les intensités et fréquences des divers champs électromagnétiques produits et sans aucune tentative ‘d‘explications théoriques’. Le contenu de ce brevet ne se prête pas au genre de remarques ironiques formulées ci-dessus, en conséquence MM. BERNARD et LATARJET préfèrent l’ignorer !

II. PREMIERES PUBLICATIONS (1960 - 1965).

Le 21 juin 1960, au laboratoire municipal de Bordeaux, le Docteur Fournier, médecin à Blaye, présente les résultats d'une expérience effectuée par le Professeur J. Biraben (Faculté de Médecine de Bordeaux) et son assistant G. Delmon avec la machine de Priore.

Monsieur Chaban-Delmas, Président de l'Assemblée Nationale, est présent. On a greffé par voie sous-cutanée la tumeur T8 de Guérin à des rats. Puis ces animaux ont été soumis au rayonnement de la machine de Priore. La croissance des tumeurs a été fortement ralentie. Ultérieurement, Messieurs Delmon et Biraben publient dans la revue de Pathologie Comparée (Février 1966, pages 85 - 88) les résultats de nouvelles expériences qu'ils ont faites sur la demande de Messieurs Priore et Berlureau pour savoir quelle est la composante du rayonnement complexe de la machine qui est responsable de cette inhibition de la croissance tumorale. A cet effet, des rats Wistar, ayant toujours reçu une greffe sous-cutanée du carcinome T8, sont soumis, soit à un champ magnétique pulsé de 4500 Gauss, soit à une dose de 3000 r de rayons X (1000 r par jour pendant 3 jours consécutifs), soit enfin au rayonnement de la machine. Ils constatent que l'inhibition de la croissance tumorale est très forte pour ce dernier ; elle est notable, mais moindre, pour les rayons X, et nulle pour le champ magnétique pulsé.

Le 21 décembre 1964, Monsieur Robert Courrier, Secrétaire Perpétuel de l'Académie des Sciences, présente une note intitulée: "Action des champs électromagnétiques sur les greffes de la tumeur T8 chez le rat", présentée par Messieurs R. Rivière, A. Priore, F. Berlureau, M. Fournier et M. Guérin (Messieurs Rivière et Guérin sont des chercheurs bien connus de l'Institut de Recherche sur le Cancer à Villejuif). Il s'agit encore d'une greffe sous-cutanée de la tumeur T8 à des rats Wistar, dont un lot témoin n'est pas traité, alors que l'autre lot est soumis quotidiennement au rayonnement de la machine Priore. Alors que presque tous les témoins meurent de cancer généralisé en 3 à 5 semaines, la tumeur régresse puis disparaît chez les animaux traités. Aucune récidive ne se manifestera dans les mois qui suivent.

Le 15 février 1965, Monsieur Courrier présente une seconde note des mêmes auteurs qui confirment le précédent résultat en utilisant une autre tumeur greffée chez le rat, cette fois ci le lymphocarcinome lymphoblastique 347.


Lignes 53 - 55 Erreur d’omission Le Dr FOURNIER présentait dans son exposé (16) l’ensemble des résultats biologiques obtenus avec l’appareil PRIORE. Par contre le travail de BIRABEN et DELMON était présenté par le Pr. BIRABEN lui-même et ce travail n’était pas une expérience, mais un ensemble d’expériences, concernant plus de 150 rats greffés avec la tumeur T8 expériences qui se sont déroulées pendant plus d’un an. (Comptes rendus de cette réunion (17) et notre Note de synthèse (18) pour les véritables détails.)

Ligne 57 Inexactitude M. J. CHABAN-DELMAS n’était pas présent à cette réunion. Présents: MM. TAYEAU, LACHAPELE, REBOUL, LEGER, DANGOUMAU, BIRABEN, BLANQUET, MAYER, DAGREOU, DALBOS, DELMON, PRIORE, BERLUREAU, FOURNIER.

Ligne 59 ... La croissance des tumeurs a été fortement ralentie. ... Erreur d’omission Lors de leurs premières expériences BIRABEN et DELMON ont obtenu un ralentissement de la croissance des tumeurs greffées, mais, après modification des paramètres de l’appareil, ils ont obtenu des guérisons totales. Voir (19) pour les détails de ces expériences.

Ligne 62 ... sur la demande de MM Priore et Berlureau... Inexactitude Les expériences faites par BIRABEN et DELMON avec un champ magnétique pulsé n’étaient pas faites à la demande de PRIORE et BERLUREAU, mais à la suite d’une communication de McLEAN (20) qui rapportait les effets de champs magnétiques intenses sur certains cancers expérimentaux et sur certains cas cliniques qu’il avait traités. Par contre, les expériences de 1960 ont été faites à la demande de MM. PRIORE et BERLUREAU. Ceci est très explicite dans l’article (21) de DELMON et BIRABEN que MM BERNARD et LATARJET ne semblent pas avoir lu attentivement...

Lignes 66 - 68 ... Ils constatent que l’inhibition de la croissance .... Citations inexactes DELMON et BIRABEN disent, pour les rayons X: « ... Si bien que la phase de ralentissement ne peut être considérée que comme une rémission de courte durée. ... »,, pour le traitement électromagnétique: « ... C’est alors que nous avons pu constater une inhibition complète de la croissance tumorale, inhibition se poursuivant au-delà de trois mois sans irradiation. », et pour le champ magnétique pulsé seul,: « .. la sensibilité nulle du T8 au champ magnétique pulsé seul. ... »

Lignes 75 - 76 ... dont un lot n’est pas traité. Alors que l’autre lot... Omission malveillante MM. BERNARD et LATARJET laissent entendre qu’un seul (petit) lot de rats a été traité. Il suffit de lire l’article en question (22) pour se rendre compte que plus de 150 animaux ont été traité durant une période de 12 mois !

Ligne 76 ... presque tous les témoins meurent ... Insinuation mensongère Les auteurs semblent donner l’impression qu’il existait des guérisons spontanées de la tumeur T8, c’est à dire que des témoins avaient survécu. En réalité tous les témoins sont morts. La mortalité de la tumeur T8 sur des rats Wistar était toujours de 100%. Voir les travaux de JACQUET (23).

Le 1er mars suivant, une troisième note par les mêmes auteurs confirme le résultat précédent, et suggère qu'un nouveau champ est ouvert pour le traitement des cancers. Le Professeur Lacassagne, dans la discussion qui suit, attire l'attention sur le fait que le rejet d'une tumeur greffée n'est pas un phénomène comparable à la disparition thérapeutique d'une tumeur "naturelle", et qu'il est trop tôt pour extrapoler le résultat présent à la thérapeutique des cancers humains. Le Professeur Courrier souligne la confiance qu'on peut accorder à des chercheurs bien connus comme Messieurs Guerin et Rivière (notons, à ce sujet, que Guérin n'a pas été lui-même à Bordeaux faire l'expérience; qu'il s'est contenté d'y envoyer une technicienne en laquelle il a confiance). Il ajoute que leurs expériences sont faciles à vérifier. La suite va montrer qu'un telle vérification n'est pas si facile. D'une part la machine est unique ; il faut donc effectuer les expériences à Floirac, faubourg de Bordeaux où elle est installée, 83 cours Gambetta. D'autre part, les expérimentateurs bordelais, qui craignent, semble-t-il, la diffusion de "secrets", ne paraissent pas disposés à faciliter une expérimentation sur place par des chercheurs venus d'ailleurs !

III L'EXPERIMENTATION ANGLAISE ( 1966 ).

Des chercheurs anglais vont pourtant réussir à effectuer une expérimentation à Floirac. Les notes publiées jusqu'ici à l'Académie des Sciences ont soulevé, bien entendu, un grand intérêt, et suscité déjà de vives controverses dont les échos ont retenti à l'étranger. Le Professeur Alexander Haddow, directeur de Chester Beatty Research Institute, très intéressé et, semble - t - il, a priori favorable, envoie à Bordeaux son collaborateur le Docteur E. J. Ambrose et la femme de celui ci, avec mission de passer sous la machine des souris cancéreuses qu'il a apportées avec lui et qu'il remportera ensuite en Angleterre. Le Docteur Ambrose est déjà très connu par sa découverte de l'inhibition de contact des cellules cancéreuses. Les souris qu'il a transportées étaient de lignée pure. Elles avaient toutes reçu un plasmocytome par greffe.


Ligne 87 ... et suggère qu’un nouveau champ est ouvert pour le traitement des cancers. Mensonge Dans leur article (24), RIVIERE, PRIORE, BERLUREAU, FOURNIER et GUERIN ne font aucune mention de la possibilité du traitement des cancers en général.

Ligne 90 ... il est trop tôt pour extrapoler le résultat présent à la thérapeutique des cancers humains. ... Insinuation mensongère Il est sous-entendu que le Pr RIVIERE et al ont fait cette extrapolation. La seule personne qui l’a faite était le Pr A. LACASSAGNE. Ni les auteurs de l’article, ni le Pr COURRIER ne font cette extrapolation. En fait, R. COURRIER dit, dans son commentaire publié à la fin de la Note: « Il ne peut être question d’application humaine à l’heure actuelle. »

Ligne 93 .... qu’il s’est contenté d’y envoyer une technicienne ... Insinuation méprisante M. GUERIN s’occupa de la préparation des rats et des analyses biologiques sur les animaux à Villejuif. M.-R. RIVIERE a transporté les rats à Bordeaux et supervisé leur traitement. Il était professeur agrégé, pas « ... une technicienne... ». MM. BERNARD et LATARJET confondent peut-être les travaux de RIVIERE et al avec l’expérience contrôle organisée par le Pr R. COURRIER (décrite dans les commentaires à la fin de la Note). Il avait chargé Mme A. M. COLONGE de répéter une des expériences décrites par RIVIERE et al. Mme COLONGE était maître assistant au Collège de France, et non pas « ... une technicienne ».

Lignes 97 - 99 ... les expérimentateurs bordelais, qui craignent, semble-t-il, la diffusion de ‘’secrets’’, ne paraissent pas disposés à faciliter une expérimentation sur place ... Propos désobligeants La liste des chercheurs ‘étrangers’ à Bordeaux qui ont effectivement fait des expériences avec l’un des appareils de PRIORE est explicite: M. R. RIVIERE, M. GUERIN, I. CHOUROULINKOV, I.R.S.C., Villejuif R. COURRIER, A. M. COLONGE, Collège de France, Paris E. J. AMBROSE, A. M. AMBROSE, M. WHISSON, C.B.R.I., Londres A. J. BERTEAUD, C.N.R.S., Thiais F. KLEIN, Université de Rotterdam A. LWOFF, S. AVRAMEAS, Institut Pasteur, Paris Leurs expériences sont décrites en détail dans notre rapport (25). Cependant, il est vrai que R. LATARJET, après avoir publiquement, en juin 1966, traité PRIORE et les chercheurs collaborant avec lui d’être des fraudeurs et des escrocs, ne faisait pas partie des bienvenus chez Antoine PRIORE.

Lignes 100 - 168 III L’EXPERIMENTATION ANGLAISE Rumeur calomnieuse Cette partie du rapport est la redite d’une rumeur qui a été propagée, à l’instigation du Pr R. LATARJET, à partir de mars 1966. L’analyse détaillée des propos de R. LATARJET et la réfutation de cette rumeur fait l’objet d’une note de synthèse (26) d’une vingtaine de pages! Rappelons simplement les inexactitudes contenues dans le rapport.

Ligne 103 ... Réussir à effectuer une expérimentation à Floirac. Propos tendancieux Les biologistes Londoniens n’avaient nul besoin de vaincre une opposition quelconque de la part ‘des bordelais’ pour ‘réussir à effectuer une expérimentation’, comme en témoignent les lettres amicales (27) entre Prs AMBROSE, PRIORE, BERLUREAU, RIVIERE et PAUTRIZEL.

Ligne 111 ... Elles avaient toutes reçu un plasmocytome par greffe. Inexactitude Les expériences (28) concernaient 4 types de cancers greffés, des tumeurs induites sur des rats par benzopyrène et trois types de cultures cellulaires in vitro ! Citons les termes d'une lettre que le Docteur P. C. Koller, professeur de Cytogénétique à l'Université de Londres et chef de service au Chester Beatty Research Institute, écrivit le 4 mars 1966 : ". . De Bordeaux, toutes les souris nous revinrent sans tumeur. Elles nous parurent bizarres. Nous leur fîmes des greffes de peau en provenance de souris de leur lignée d'origine. Toutes les greffes furent rejetées. De cela nous avons conclu que ces souris n'étaient pas celles que nous avions envoyées à Bordeaux. Maintenant, Ambrose a été autorisé d'envoyer là - bas des rats porteurs d'une tumeur primitive induite par le benzopyrène. Je n'ai personnellement rien à voir dans tout ça, mais je commence à me faire du souci pour la réputation de notre Institut".

Trois semaines plus tard, Rivière vint faire une conférence à Londres au CBRI. Après sa conférence, Koller écrivit à nouveau une lettre dont voici un extrait:

"A son retour de Paris, Haddow m'a dit que les expériences de Bordeaux lui semblaient suspectes et que nous devrions nous tenir à l'écart.

Mais jeudi dernier, Rivière, assistant de Guérin, est arrivé. Il a présenté à un petit groupe d'entre nous, ses constatations sur la régression tumorale. Nous n'avons pas pu prendre au sérieux ce rapport auquel manquaient les détails expérimentaux.

Mais, à la fin, il nous a parlé d'une expérience préliminaire qui a été faite avec le Professeur d'Immunologie de l'Université de Bordeaux : Ils ont injecté des hématies de mouton à 12 rats. Puis, 2 jours après, 6 de ces rats ont été exposés à la machine (pendant 6 à 7 heures par jour pendant 6 jours). Après 6 jours, on a titré les anticorps. Parmi les 6 témoins, 4 étaient négatifs (!!!) pas d'agglutinine; 1 avait un titre faible et le dernier un titre assez élevé, beaucoup plus élevé que les témoins. L'un spécialement élevé (1/2000)? ça parait incroyablement élevé.

Rivière n'a pas pu répondre à nos questions. Il s'est contenté de rapporter les données fournies par le professeur bordelais.

Après un jour de réflexion, nous avons décidé de faire une expérience avec eux; nous leur enverrons 20 souris qui auront reçu un antigène que nous connaissons. 10 seront exposées; 10 serviront de témoins; et les 20 souris et les antigènes seront identifiés par l'un de nous.

Nous ne savons pas encore s'ils vont accepter cette proposition. Rivière nous a dit qu'ils désirent faire des expériences dans les conditions les plus strictes. Ce qu'ils ont annoncé sur les souris leucémiques est seulement fondé sur la survie (ce qui n'est guère satisfaisant).

Rivière interprète ces effets par une mobilisation du système réticulo endothélial...".

Nous ignorons ce qu'il advint de cette expérience, mais à la fin de l'été, Haddow, qui, répétons le, était plutôt favorable au début, décida de se retirer. Le 22 septembre 1966, il écrivit à Monsieur Courrier et à Monsieur Priore :

"J'ai été quelque peu déçu par le déroulement des expériences de Bordeaux, et je me demande s'il est vraiment nécessaire que le CBRI continue d'y participer. J'ai cru comprendre que la question dans son ensemble va être étudiée à l'initiative du Gouvernement Français, par le Docteur Seligmann et par d'autres. Il m’apparaît qu'ainsi le problème entier sera très convenablement étudié par vous - mêmes et par vos collègues français, et je considère que pour l'instant le CBRI ne devrait pas participer plus longtemps" (* ).




Ligne 116 ... toutes les souris nous revinrent sans tumeur. Faux Seules 4 sur 10 d’un lot et 2 sur 10 d’un autre lot de souris (29) ne portaient ni marques d’identification ni tumeurs. Pour tous les autres animaux (rats et souris) il n’y avaient aucun problème d’identification, avec des tumeurs à divers stades de régression.



Ligne 123 Trois semaines plus tard, ... Faux Trois semaines après le 4 mars on est vers la fin du mois de mars, or, les expériences qui sont attribuées à Pr PAUTRIZEL (le professeur d’immunologie de Bordeaux) ont débutées seulement le 6 mai 1966 (30).















Ligne 153 ... Nous ignorons ce qu’il advint de cette expérience,... Inexactitude MM. BERNARD et LATARJET savaient fort bien que l’expérience proposée par M. KOLLER n’avait pas eu lieu, ils savaient également qu’une expérience analogue, faite par A. LWOFF et S. AVRAMEAS en janvier 1971 avait eu lieu, ils en font mention (lignes 524 - 525), sans toutefois en donner les détails et en faisant une erreur de date (1981 au lieu de 1971). Les résultats de cette expérience étaient si convaincants aux yeux du Pr. A. LWOFF (Prix Nobel de Médecine) qu’il était devenu un ardent défenseur d’Antoine PRIORE.

Ligne 154 .... décida de se retirer... Omission volontaire MM. BERNARD et LATARJET donnent l’impression que le Pr. HADDOW a agit de manière totalement indépendante, mais la lettre (31) du Pr. AMBROSE explique clairement que le Pr HADDOW a eu peur que son nom ne soit mêlé à une fraude scientifique précisément après les conversations qu’il y eues à Paris avec R. LATARJET... IV. L'EXPERTISE AVORTEE DE LA DGRST (1966 - 1967).

L'expérience anglaise pouvait être interprétée de deux manières. La première, la plus simple qui fut admise par les Anglais, était que, par suite d'un événement malencontreux, les animaux envoyés en Angleterre n'étaient pas ceux qui étaient arrivés porteurs d'un plasmocytome greffé. La seconde, très inattendue, était que, sous le rayonnement de la machine, les caractères immunologiques des animaux avaient été si profondément modifiés que non seulement ils rejetaient la tumeur, mais qu'en outre ils rejetaient la peau isogénique. Cette seconde interprétation fut étayée par une observation de Messieurs Rivière et Guérin, qui, le 20 juin 1966, présentèrent à l'Académie des Sciences une quatrième note dans laquelle ils rapportèrent les faits suivants : Des animaux guéris d'une greffe de lymphosarcome plusieurs mois auparavant (guérison qui avait fait l'objet de la note précédente) reçurent une nouvelle greffe de la même tumeur. Or ces greffes furent rejetées, comme si le traitement précédent avait développé chez ces animaux une immunité spécifique et durable contre ce lymphosarcome. L'immunité était spécifique car ces animaux acceptèrent la greffe d'un autre cancer (ceci n'expliquerait pas le rejet de la peau isogénique qui n'a pas été confirmé).

Ainsi qu'on verra au paragraphe suivant, ces observations ouvrirent le champ à une expérimentation nouvelle de caractère immunologique.

En attendant, la situation devant laquelle on se trouvait était si controversée que la DGRST décida d'intervenir. Sous la présidence du Délégué Général, Monsieur André Maréchal, elle réunit une commission comprenant notamment Messieurs Jean Bernard, Courrier, Denoix, Grabar, Kastler, Latarjet, Pautrizel et Tubiana, pour discuter de la conduite à suivre. Il apparut à tous indispensable que des scientifiques étrangers à l'équipe bordelaise fissent des expériences à Floirac, sous le contrôle technique de Monsieur Priore, et dans des conditions de sécurité absolue. Après discussion, on chargea :

- Monsieur Latarjet (Institut du Radium) de préparer un protocole de traitement de tumeurs expérimentales épithéliales et mésenchymateuses chez des animaux génétiquement contrôlés.

- Monsieur Seligmann (Saint Louis) de préparer un protocole de traitement de souris porteuses d'un plasmocytome greffé, et de contrôle des réactions immunitaires des animaux traités.

- (sur la demande de Monsieur Courrier) Monsieur Denoix de préparer un protocole permettant de refaire l'expérience de Rivière et Guérin sur le lymphosarcome 347.

En outre, Monsieur Kastler, qui était déjà allé à Floirac le 14 mars, devait mettre au point un programme d'étude qui permettrait de définir les divers facteurs physiques mis en jeu dans le fonctionnement de la machine. Sur la recommandation de Monsieur Kastler, Messieurs Servant et Bonnefille furent chargés de ces études. Le 21 juin suivant, Messieurs Latarjet et Seligmann remettaient les projets de leur protocole à la DGRST, et Monsieur Denoix suggérait d'envisager un protocole concernant des tumeurs spontanées dont Madame Lacour serait responsable.

Les protocoles de Messieurs Latarjet et Seligmann comportaient non seulement les données scientifiques requises, mais également les données opérationnelles permettant de prendre toute responsabilité quant à la signification et à la sécurité des expériences. Ces protocoles furent rapidement approuvés sans réserve par les membres de la commission (Monsieur Grabar le 23 juin, Monsieur Lacassagne le 24 juin, Monsieur J. Bernard le 27 juin, Monsieur Courrier le 29 juin, etc.). Le 7 juillet, Monsieur Maréchal donnait en quelque sorte le coup d'envoi en précisant que la DGRST prendrait à sa charge les frais de l'opération en passant des conventions avec les 3 Instituts intéressés.

Ligne 173 ... qui fut admise par les Anglais,... Propos fallacieux Ces propos signifient que le Pr AMBROSE pensait qu’une substitution d’animaux par ‘les bordelais’ avait eu lieu. Ceci est faux, voir les lettres du Pr AMBROSE (32).





Ligne 184 ... qui n’a pas été confirmé. Inexactitude volontaire Une série d’expériences (33), faites par P. CHATEAUREYNAUD (C.N.R.S.), ont montré que des greffes isogéniques étaient rejetées par des souris soumises aux rayonnements de l’appareil PRIORE. Ces résultats sont décrits en détail dans le rapport (34). P. CHATEAUREYNAUD a eu l’occasion (35), le 10 juin 1981, de s’entretenir personnellement avec R. LATARJET et de décrire en détail ses expériences.

Lignes 191 - 192 Inexact MM. GONDET, GALLAIS et BONNEFILLE participaient aussi à cette réunion (du 3 juin 1966), et M. TUBIANA n’était pas présent. Voir le compte rendu de M. MARECHAL (36).






Lignes 211 - 212 ... des tumeurs spontanées dont Madame Lacour serait responsable. Inexact Mme LACOUR était chargée de répéter l’expérience avec la tumeur LS 347, ce qu’elle ne fit pas, voir les lettres du Pr MARECHAL et PRIORE (37). Dans un deuxième temps elle fut chargée (38) de répéter l’expérience avec la tumeur T8, il était convenu que les autres expériences ne commenceraient qu’après la fin de cette vérification. Mme LACOUR partit au Japon et ne fit jamais les expériences prévues !

Lignes 216 - 218 Ces protocoles furent rapidement approuvés sans réserve... Une contre-vérité Il est faux que ces protocoles furent approuvés sans réserve. Le Pr R. COURRIER écrivait (39) à R. LATARJET lui-même le 29 juin 1966 pour lui dire exactement son désaccord avec le protocole proposé ! Le Pr COURRIER insistait sur le fait qu’il fallait d’abord refaire les expériences sur la T8 et la LS347, expériences que le Pr R. LATARJET contestait, avant d’entreprendre des expériences sur de nouveaux modèles biologiques. Toutefois, il fut admis, sur la suggestion de Monsieur Latarjet qu'avant d'entreprendre le travail, il fallait demander à Monsieur Priore l'assurance que la machine serait en ordre de marche pendant le déroulement des expériences, et que, de ce point de vue, celles - ci seraient significatives.

Le 5 août, Monsieur Seligmann rendit visite à Monsieur Priore qui lui dit que les deux appareils (car un second avait été construit) étaient en panne,' mais que ces deux appareils seraient en marche dans un délai de deux mois. Les dispositions furent prises pour commencer les expériences dans le courant d'octobre. Malheureusement à cette date, Monsieur Priore ne nous avait pas encore donné le feu vert, et, en février 1967, la DGRST était toujours dans l'attente du bon fonctionnement des appareils. Le Général de Jussieu à qui Monsieur Chaban-Delmas avait demandé de suivre l’Affaire, fit savoir qu'on ne pouvait rien espérer ayant le 15 mars. Pourtant l'on savait, par des Bordelais dignes de foi, que l'appareil fonctionnait dans d'autres buts. Il était clair que Monsieur Priore et ses associés bordelais refusaient le contrôle scientifique extérieur des spécialistes désignés par la DGRST. Ils décidaient ainsi de demeurer dans le secret d'une sorte de clandestinité.

Dans ces conditions, et après plus d'un an d'attente vaine, la DGRST renonça à son projet à la fin de l'été. Les Instituts qui avaient bénéficié d'une convention lui reversèrent les sommes qu'ils n'avaient pas dépensées.

V. LA PHASE IMMUNOLOGIQUE (1966 - 1971).

Nous avons signalé, au début du paragraphe précédent, la communication de Messieurs Rivière et Guérin (20 juin 1966) qui mettait l'accent sur l'induction, par l'exposition au rayonnement de la machine, d'une immunité spécifique et durable contre un lymphosarcome greffé.

Il n'est pas étonnant qu'on ait pensé de bonne heure à interpréter par une réaction immunologique les rejets de greffes tumorales annoncées. En effet, dès 1925, Vlès et De Coulon (Strasbourg) avaient observé des rejets de greffes tumorales en soumettant les animaux à un champ magnétique intense. Pourtant, comme on l'a vu plus haut, l'expérience de Delmon et Biraben concluait à un effet négatif du champ magnétique contre un effet positif du rayonnement de la machine de Priore.

Dès 1965, sur l'instigation semble-t-il de Monsieur Courrier, Monsieur R. Pautrizel, professeur d'immunologie et de Biologie parasitaire à la Faculté de Médecine de Bordeaux, se mit en rapport avec Monsieur Priore, et, très convaincu de l'importance des résultats publiés dans le domaine du rejet de greffes tumorales, entreprit des expériences de caractère immunologique. Cette fois - ci, on abandonnait le cancer pour se consacrer à des expériences tout aussi significatives, mais plus facilement interprétables et d'un moindre impact subjectif sur le public. Dès le 1 er août 1966, c'est-à-dire 6 semaines seulement après la note de Rivière et Guérin, paraissait à l'Académie des Sciences une note de Messieurs Pautrizel, Rivière, Priore et Berlureau, intitulée : "Influence d'ondes électromagnétiques et de champs magnétiques associés sur l'immunité de la souris infectée par Trypanosoma equiperdum". Des souris Suisses avaient reçu par injection intrapéritonéale 20000 trypanosomes. Au 5e jour, tous les témoins étaient morts. En revanche, les souris soumises quotidiennement , aussitôt après l'injection, au rayonnement de la machine de Priore franchirent ce cap, puis on assista, chez la majorité d'entre elles, à la disparition complète des parasites du sang. Comme dans l'expérience sur les tumeurs greffées, ces animaux guéris conservèrent leur immunité contre une infection ultérieure par les mêmes parasites. Le sérum de ces animaux contient des anticorps à titre élevé qui exercent une action préventive et curative contre l'infection trypanosomique.

Le Professeur Pautrizel poursuivit ses travaux au cours des années suivantes et publia à l'Académie des Sciences une note en 1969 (travail effectué sur des rats) et une autre en 1970 (travail effectué sur des lapins).

Ligne 231 Le 5 août, Monsieur Seligmann rendit visite à Monsieur Priore... Inexact SELIGMANN était à Bordeaux le 2 août, pas le 5, non pas pour faire une expérimentation comme affirmait LATARJET ailleurs (40), mais pour rencontrer MM. PRIORE et PAUTRIZEL, voir (41).

Lignes 237 - 238 Pourtant l’on savait, .... dans d’autres buts. Propos tendancieux Une fois de plus MM. BERNARD et LATARJET colportent une rumeur car ils ne donnent aucune justification. Les cahiers de laboratoire de Mlle A. N. PAUTRIZEL pour la période août 1966 à juin 1967 montrent que les seules expériences faites par le Pr. R. PAUTRIZEL et ses collaborateurs étaient des études biologiques (réinfestations, analyse d’anticorps etc.) sur des souris déjà traitées par l’appareil PRIORE. Ces études étaient faites au sein du laboratoire universitaire et non pas chez PRIORE. De plus, - l’appareil P2, utilisé par BIRABEN, RIVIERE et PAUTRIZEL était tombé irrémédiablement en panne, - l’appareil P3, construit par la société LEROY-SOMER ne fonctionnait pas, - l’appareil P4, financé avec l’aide du Pr. PAUTRIZEL était en construction, Voir le Calendrier (42) de cette période pour réaliser que les propos de BERNARD et LATARJET sont faux.

Ligne 248 V LA PHASE IMMUNOLOGIQUE (1966 - 1971) Omission malveillante Il n’est fait nullement mention dans le rapport des travaux réalisés par le Pr. PAUTRIZEL et ses collaborateurs dans les années 1971 - 1979, et qui ont donné lieu à 13 publications originales dont la rigueur scientifique est indiscutable !

Lignes 254 - 255 Un non-sequitur Par rapport à la phrase précédente, les auteurs disent, en effet, l’acquisition d’une immunité spécifique fait penser à une réaction immunologique, certes vrai, mais....

Lignes 254 - 257 Les travaux de Vlès et de Coulon sont cités sans référence, sans détails. On ne donne aucune indication sur ce dont il s’agit: Quel type de tumeur? Quels champs magnétiques? Quelles conditions expérimentales? Ces travaux sont mis en opposition, sans commentaires, avec les observations de DELMON et BIRABEN concernant l’effet d’un champ magnétique pulsé particulier sur la tumeur T8 (lignes 64 - 69). Le lecteur est censé penser quoi ? (Par ailleurs, DELMON et BIRABEN avaient conclu dans leur article a un effet ‘nul’ du champ magnétique pulsé particulier, et non a un ‘effet négatif’.)

Ligne 260 ..... semble-t-il .... Propos un peu ironique Le Pr. R. COURRIER (43) écrivit au Pr. PAUTRIZEL le 16 janvier 1964. Il décrit les résultats obtenus par RIVIERE et GUERIN et demande le concours du Pr. R. PAUTRIZEL (hébergement des animaux, logistique etc.) pour aider Mme COLONGE dans le déroulement d’une expérience de vérification. Ligne 266 .... c’est-à-dire 6 semaines seulement ... Propos sarcastiques Il est suggéré que ce travail n’avait commencé qu’après la publication du 20 Juin 1966 et qu’une publication si rapide à l’Académie des sciences impliquait un travail bâclé ou peu sérieux. Les cahiers de laboratoire de Mlle A. N. PAUTRIZEL prouvent que cette expérimentation préliminaire était commencée dès le 3 Mai 1966 (44).

Lignes 278 - 280 Erreur d’omission MM. BERNARD et LATARJET laissent croire que Pr. R. PAUTRIZEL et ses collaborateurs ont publiés seulement 2 Notes à l’Académie des sciences. Ils ont en fait réalisé 13 publications (45). Ces travaux sont totalement occultés dans le rapport En 1969, le Professeur Lwoff vint sur place examiner cette expérimentation et lui donna sa caution. Celle-ci se traduisit notamment par l'obtention par le Professeur Pautrizel de deux contrats de la DRME.

L'ensemble des travaux accomplis dans ce domaine par Monsieur Pautrizel et ses collaborateurs a fait l'objet d'un rapport à l'INSERM en date du 8 octobre 1971.

VI. LES MISSIONS DRME ET DGRST (1969 - 1972).

Parallèlement, une étude physique fut entreprise pour mieux définir le rayonnement électromagnétique qui sort de l'appareil afin d'étudier les effets biologiques d'un rayonnement plus simple et mieux défini que celui de la machine de Priore.

Cette étude fut confiée, par la DRME (dont le directeur était le Professeur Delcroix), à Monsieur A. J. Berteaud, Directeur de Recherche au CNRS, spécialiste des ondes d'hyperfréquences, et à un physicien bordelais A. M. Bottreau dans le but :

- d'évaluer la fréquence et l'intensité des rayonnements de toutes fréquences émis par la machine Priore, sans agir sur aucun des constituants de cette machine ;

- de préciser, si possible, l'importance relative de certains des paramètres vis-à-vis d'un effet biologique bien défini (action contre l'infection par les trypanosomes).

Les résultats devraient permettre de réaliser d'autres appareils plus efficaces, en particulier un appareil à paramètres variables.

Avec la pleine collaboration de Monsieur Priore, un travail approfondi fut effectué par les deux chargés de mission. Les résultats furent consignés dans un rapport remis à la DRME en juin 1971, dont les principaux résultats furent les suivants :

1) Les signaux émis par l'appareil sont constitués par un mélange des fréquences incidentes (grossièrement une 17 mégahertz, une 9400 MHz, une basse fréquence) et d'un champ continu solénoïdal lentement pulsé entre 0 et 600 Gauss, à moins de 1 période par seconde.

2) Une corrélation nette existe entre l'intensité du signal à 9400 MHz et l'évolution de la parasitémie chez les souris. A ce sujet, les deux auteurs réussirent à modifier le niveau des micro-ondes agissant sur divers lots de souris et montrèrent qu'en dessous d'un certain niveau les souris mouraient toutes, alors qu'au dessus elles survivaient toutes.

Ce résultat fut publié dans une note à l'Académie des Sciences le 15 février 1971. Lignes 286 - 288 Une omission malveillante MM. BERNARD et LATARJET omettent de mentionner que le Pr. A. LWOFF (Prix Nobel de Médecine) ne donna sa caution à l’expérimentation de PAUTRIZEL qu’après avoir étudié le rapport de la Commission de contrôle, présidée par le Pr. R. CAMBAR, dont il n’est pas question ici. Le Pr. PAUTRIZEL obtint, non pas deux mais quatre contrats avec la DRME ! Voir les diverses conventions (46). Aucune mention n’est faite des rapports sur les expériences biologiques (47) exigés à la fin de ces contrats de recherche.

Ligne 290 L’ensemble des travaux ... l’objet d’un rapport INSERM ... Minimisation malveillante Le document cité (48) était un bref résumé (5 pages) des travaux accomplis entre 1969 et 1971, écrit par le Pr. R. PAUTRIZEL pour M. BAILLY du BOIS de la D.G.R.S.T. et pour le Colonel GANAS de la D.R.M.E. (49), par contre, les résultats des expériences biologiques faites pour le compte de la D.R.M.E. font l’objet d’un rapport de plus de 50 pages. De plus, MM. J. BERNARD et R. LATARJET qui écrivent leur rapport en Mars 1982 occultent tous les travaux faits par le Pr. R. PAUTRIZEL et ses collaborateurs entre 1971 et 1980 et qui ont donné lieu à 16 publications supplémentaires !

Ligne 292 Une omission malveillante Les lignes 101 - 168 du rapport sont consacrées à une rumeur de fraude scientifique. Il est donc très étonnant que MM. BERNARD et LATARJET, soucieux de rigueur scientifique, ne fassent pas état des travaux de la commission de contrôle, présidée par M. le Pr. R. CAMBAR. Celle-ci a répété l’expérience de base du Pr. PAUTRIZEL en mai et juin 1969 dans des conditions excluant toute possibilité de ‘substitution d’animaux’. Les travaux de cette commission (50) étaient connus de MM. BERNARD et LATARJET. Rappelons en outre que, lors de la réunion de la commission de l’Académie des sciences, le 22 mars 1981, le Pr. R. COURRIER (51) a expressément demandé que les travaux et les conclusions de la Commission CAMBAR soient inclus dans le rapport de MM. BERNARD et LATARJET. Ce qui ne fut jamais fait !

Lignes 295 - 297 Propos incohérents Cette phrase est un non-sens.

Ligne 301 .... et un physicien bordelais A. M. Bottreau ... Propos un peu méprisant A.-J. BERTEAUD (C.N.R.S. de Thiais) est cité en étant directeur de recherches au C.N.R.S., etc., A.-M. BOTTREAU était, à cette époque, maître de recherches au C.N.R.S., spécialiste en hyperfréquences et plasmas, mais de Bordeaux...

Ligne 312 Avec la pleine collaboration de Monsieur Priore... Propos contradictoire En contradiction avec le propos « demeurer dans le secret d’une sorte de clandestinité » de la ligne 240.


Citons d'ailleurs les conclusions du rapport de MM Berteaud et Bottreau à la DRME:

"Les objectifs de la recherche ont été normalement réalisés et nous ont permis, d'une part de relever le spectre des rayonnements constituant le signal sortant de l'appareil, d'autre part de montrer à l'aide d'un modèle biologique bien maîtrisé l'existence de corrélations entre l'intensité de l'une de ces ondes et l'évolution de la parasitémie.

Pour que les études physiques analytiques puissent être poursuivies, il est indispensable de disposer d'un appareil où chaque constituant puisse être séparément contrôlé sans réaction sur les autres constituants.

Il est souhaitable que, parallèlement à cette étude analytique indispensable, une tentative de synthèse soit réalisée qui, s'appuyant sur les résultats analytiques précédents et sur l'évolution récente de la technologie, permette d'optimaliser, voire de simplifier, l'ensemble actuellement existant. Il va de soi que ces deux voies de recherche physique contribueront également à la détermination des phénomènes fondamentaux mis en jeu qui est l'objectif essentiel de tous ces travaux de recherche.

Il ne serait pas sans intérêt d'examiner, à la lumière des connaissances actuelles, quels sont les effets thermiques ou non thermiques qui peuvent intervenir dans ces interactions (nous avons montré que des effets thermiques hyperfréquences ne pouvaient avoir lieu, mais d'autres effets thermiques, liés à la modulation du champ magnétique par exemple, ne peuvent être écartés à priori). Cet examen sort du cadre du présent rapport, bien que nous l'avions abordé récemment.

Il faut cependant avoir présent à l'esprit que les ondes hyperfréquences concernées (environ 10 GHz), dont l'amplitude est réduite de moitié au passage de la peau, ne pénètrent pas l'organisme vivant au-delà de 4 à 5 mm; la longueur d'onde étant également réduite dans un rapport de 3 à 10 suivant le tissus considéré.

Il en va autrement des ondes H.F. et B.F. (notamment le 17 MHz) ainsi que du champ magnétique quasi-statique qui peuvent pénétrer dans l'organisme et s'y propager sans trop de pertes. Bien entendu, l'information de 17 MHz ± 2,5 MHz portée par l'onde hyperfréquence peut se propager dans l'organisme après démodulation périphérique par un effet non linéaire quelconque.

Des effets liés au champ magnétique quasi-statique ou aux variations dans le temps et dans l'espace de ce champ doivent être également estimés. Les ordres de grandeur sont cependant très différents de ceux pour lesquels des variations d'activité enzymatique ont été parfois observés, notamment avec de forts gradients de champ magnétique.

Nous poursuivrons l'examen et l'estimation de ces différents effets connus".

MM Berteaud et Bottreau réalisèrent alors une synthèse partielle des signaux émis par la machine Priore, à partir d'éléments plus simples, semi-conducteurs au lieu de plasmas notamment (recherche financée par la DRME). Malgré une bonne analogie des signaux et l’utilisation d'un champ magnétique lentement pulsé, aucun effet biologique positif ne fut ainsi obtenu.

Bien qu'estimant que ces travaux devaient être poursuivis, et en ayant informé la DRME et la DGRST, Mr Berteaud ne fut jamais à même de le pouvoir faire.

Le problème Priore reçut une nouvelle impulsion en 1969 par l'intervention de personnalités politiques de très haut niveau, tels MM Edgar Faure et Chaban-Delmas. Celui-ci transmit le dossier à Mr. Jeanneney, Ministre des Affaires Sociales, qui saisit la Direction Générale de la Santé Publique (correspondance de MM J. Allain, Sous Directeur de l'Action Médico sociale). La DGRST fut saisie à son tour. Ligne 331 ... les conclusions du rapport... Inexactitude Le texte cité dans les lignes 333 à 373 est extrait du §5 du rapport final (52) de BERTEAUD et BOTTREAU qui s’intitule ‘Perspectives ultérieures pour la recherche en physique’. Il ne s’agit donc pas de ‘Conclusions’.

Lignes 333 - 370    							                    Redondance

Cette très longe citation, qui n’apporte rien en particulier à l’intelligence du problème, est parfaitement résumée en une phrase (lignes 374 à 377).





















Lignes 376 - 377 Malgré une bonne analogie... avec Lignes 406 - 407 ... ce dernier reconnaît qu’il n’a pas réalisé... Une contradiction logique D’une part, MM. BERNARD et LATARJET affirment que l’appareil simple réalisé par BERTEAUD à Thiais émet un rayonnement très proche de celui de l’appareil PRIORE et d’autre part, BERTEAUD lui-même admet que l’environnement électromagnétique n’est pas le même (absence de la lampe à plasma, absence du champ magnétique principal, etc.) Le Délégué Général, Mr Pierre Aigrain, reçoit une demande de subvention (de 3,6 ou de 6 M.F., selon le projet accepté) destinée à faire fabriquer une nouvelle machine plus performante par la Société Leroy-Somer, d'Angoulême, en association avec Mr Priore. La DGRST demande une expertise technique sur place à Mr Frémiot et Gerbier qui remettent leur rapport a Mr Aigrain le 8 janvier 1971.

Selon ce rapport, la première machine, celle qui a servi de 1957 à 1965, a été détruite, et le hangar qui l'abritait également. Une machine est en fonctionnement, celle qui a servi aux études de Berteaud, dont on a vu les conclusions ci - dessus. Priore demande un crédit pour faire construire une nouvelle machine plus puissante et plus souple afin de traiter des malades. Il insiste sur le fait que chacun des paramètres de la machine est critique pour l'efficacité du traitement. Les rapporteurs émettent des objections à la plupart des points techniques du projet. Toutefois ils estiment que les devis, tant de 3,6 M.F. pour un champ magnétique de 5000 Gauss que de 6 M.F. pour un champ magnétique de 10000 Gauss, paraissent justifiés, en tout cas pas extravagants. Seul "le mélangeur à plasma" demeure mystérieux. Des deux, le devis de 3,6 M.F. leur parait beaucoup plus raisonnable. Ils concluent comme suit : "Les essais déjà effectués par Mr Berteaud ont été des échecs ; cependant, ce dernier reconnaît qu'il n'a pas réalisé exactement l'environnement de la machine de Priore.

Nous sommes donc fondés à croire que, pour confirmer (ou infirmer) "l'effet Priore", la réalisation de la machine proposée, pour le devis indiqué, est un passage obligé.

Cependant, dans l'hypothèse d'une confirmation, une fois l'effet reconnu et mieux compris, il serait certainement possible de construire des appareils efficaces plus simples et moins coûteux. Malheureusement personne, ni physicien, ni biologiste, ne semble actuellement disposer de renseignements suffisants pour concevoir de tels appareils.

Conclusion : Les motivations du projet nous paraissent honnêtes et acceptables. Nous demandons à avoir communication des nouveaux devis à venir pour pouvoir émettre un avis sur les coûts exacts. Dès maintenant, nous pouvons dire qu'il serait possible de réduire ces coûts au prix d'une diminution des performances prévues au projet (ce qui apparaissait comme une marque de défiance vis - à - vis des inventeurs), mais que cela ne peut aller jusqu'à la suppression de la "lampe", qui, faute de meilleures informations, nous paraît être l'élément capital de la technique Priore actuelle".

Mr Aigrain forme une commission qui, sous la présidence du Pr. J. Bernard, comprend MM Berteaud, Courrier, Delcroix, Denoix, Gerbier, Kellershon, Latarjet, Lwoff, Pautrizel, Samaille, Seligmann, Tubiana. Cette commission est réunie le 27 octobre 1971 à la DGRST. Malgré les opinions défavorables exprimées nettement au sein de cette commission, malgré l'hostilité dont le Pr. Bricaud, doyen de la Faculté de Médecine de Bordeaux, a fait part, malgré le scepticisme que Mr Aigrain ne dissimule pas, mais, grâce à de fortes pressions politiques favorables (notamment de Mr Chaban-Delmas, maire de Bordeaux et Président du Conseil des Ministres), la DGRST dégage en 1972 une subvention de 3,5 M.F. pour permettre à Mr Priore de faire construire une nouvelle machine plus puissante par les Etablissements Leroy-Somer. MM Courrier et Lwoff soutiennent le projet d'une machine identique à la précédente qui serait mise à la disposition de chercheurs étrangers à l'équipe bordelaise.

Après s'en être entretenu avec Mr Aigrain, Mr Berteaud écrit à Mr Chaban-Delmas que cette machine ne répond pas au souhait qu'il avait formulé en conclusion du travail ci-dessus cité. Il souhaitait la réalisation d'un appareil à paramètres variables, de même dimension que le précédent et de même puissance moyenne, dont le coût eut été d'environ 1,5 M.F. seulement. Il émet de sérieuses réserves sur la possibilité de fonctionnement de la version partiellement extrapolée finalement retenue qu'il considère comme une aventure technologique.

Lignes 393 - 394 ... le 8 Janvier 1971. Erreur Le rapport de MM. FREMIOT et GERBIER (53) est un compte rendu de leur entretien avec MM. PRIORE et RIBEAU du 8 Septembre 1971.

Ligne 396 ... celle qui a servi de 1957 à 1965, ... a été détruite. Erreur Il ne s’agit pas de l’appareil utilisé de 1957 à 1965, qui a servi pour les expériences de DELMON, BIRABEN, RIVIERE, GUERIN, mais de l’appareil construit en 1965 - 1967 par la société LEROY-SOMER, sans respecter les consignes de PRIORE et qui n’a jamais fonctionné convenablement.

Ligne 397 Une machine est en fonctionnement,... Inexactitude Le rapport de MM. FREMIOT et GERBIER dit le contraire: « Cette machine n’étant pas en état de fonctionner, le poste EDF étant démonté. »

Lignes 401 - 402 Les rapporteurs émettent des objections à la plupart des points...

Inexactitude

Citons FREMIOT et GERBIER: « Nous avons reçus des explications satisfaisantes sur tous les points, à l’exception du tube à décharge de grande taille. ». Les lignes 401-402 du rapport de MM. BERNARD et LATARJET sont également en contradiction avec leur conclusion donnée en ligne 418 !









Lignes 425 - 427 Erreurs Les personnalités suivantes étaient aussi présentes à la réunion, (qui a eu lieu le 28 Octobre 1971 et non le 27): BADER, DORMONT, BARUCH, GANAS et VALADE. Absents de la réunion: DENOIX et SAMAILLE. Bien que son avis n'ait pas été suivi, Mr Berteaud accepte, avec Mr Avraméas, une mission de la DGRST (dont Mr Hubert Curien est devenu le Délégué Général) de contrôler la nouvelle machine si elle devait un jour fonctionner (1972).

On verra plus loin qu'en 1979 (soit sept années et quelques millions de N. Fr. perdus), la nouvelle machine ayant été un échec complet, on devait revenir (momentanément ?) à la suggestion. de 1972 de Mr Berteaud.

VII. LE CONTRAT DGRST - LEROY-SOMER ET LA MISSION DGRST (AVRAMEAS, BISCONTE) (1972 - 1981).

Le maître d'oeuvre du contrat passé avec la DGRST est la Société des Moteurs Leroy-Somer à Angoulême. Le responsable technique du programme est Mr Paul Ribeau. Parallèlement, un programme de développement de recherche doit être réalisé par le Laboratoire Scientifique "Antoine Priore", sous la direction de Mr Priore.

Est créée une "Société d'Exploitation du Rayonnement Antoine Priore" (SERAP) ayant pour objet l'industrialisation des générateurs Priore. Cette Société associe Mr Priore à la Société des Moteurs Leroy-Somer, sous la direction de MM. Priore et Ribeau. Une filiale de la SERAP est créée en association avec SOVIREL pour l'industrialisation des lampes des générateurs Priore. On peut noter également la création d'un Conseil de Surveillance dont le président est Mr Georges Chavanes, président des Moteurs Leroy-Somer. Il y a aussi des conseillers scientifiques, comme MM Pautrizel et Rivière (lequel n'a d'ailleurs rien publié d'original, à notre connaissance, depuis les notes de 1964 et 1965).

En principe, le nouveau générateur devrait être réalisé en 1977. La DGRST adopte le principe de constituer alors une Commission Scientifique chargée de réaliser, sur le nouvel appareil, des expériences biologiques prévues au contrat.

Très vite, la réalisation souffrit de retards et d'incidents. A la fin de février 1977, la première phase du contrat n'était toujours pas terminée par suite de "difficultés de mises au point technologiques". Les dépenses engagées dans l'opération depuis 1972 s'élevaient, fin 1976, à 12,8 M.F., dont 2,48 M.F. fournis par la DGRST, soit 19%.

Devant cette situation, la Société Leroy-Somer, en accord avec SOVIREL et avec Mr Priore, décida, quelque temps après, d'abandonner le projet M600, et de revenir à un projet plus modeste, dit projet M315, dérivant toujours directement de l'ancien appareil M235, qui d'ailleurs fonctionnait encore. C'était là, sans que personne ne le reconnut, se ranger aux recommandations que Mr Berteaud avait formulées 6 ans plus tôt. Le Secrétaire d'Etat à la Recherche (Mr P. Aigrain) dans le cadre de son action Génie Biologique et Médical, désigna une commission présidée par Mr Bisconte pour étudier sur place à Bordeaux l'état du projet, tant du point de vue technologique que financier. Depuis 10 ans, Mr Aigrain demande à Mr S. Avraméas de présider un Comité Scientifique qui veuille bien coordonner et vérifier les travaux effectuées sur l'appareil M315, auquel on s'est finalement rallié lorsque celui - ci fonctionnera (lettre du 18 juin 1979). Mr Avraméas accepte sans enthousiasme (lettre du 6 juillet 1979).

Six mois plus tard, les choses n'ayant guère avancé , le Secrétariat à la Recherche précise comment les opérations portant sur l'appareil M315 devront être conduites et contrôlées, et comment le reliquat de 1 M.F. devra être utilisé. Mr Ribeau a fait savoir, le 24 octobre 1979, que la mise au point définitive de l'appareil M315 ne saurait tarder, et que les expérimentations biologiques sur cette machine pourraient commencer en juin 1980, sous le contrôle de la commission présidée par Mr Avraméas, Mr Priore ayant alors garanti le fonctionnement de l'appareil. C'est seulement après ces expériences contrôlées portant sur les trypanosomes que, dans un deuxième temps, le rayonnement émis par le M315 sera mis à l'épreuve sur des tumeurs greffées. Six mois plus tard, qu'il y ait ou non des résultats, la Commission rendra ses conclusions à la DGRST.










Lignes 465 - 466 Une filiale de la SERAP est créée.. Inexact La Convention du 15 Juin 1972 (54) prévoit la création éventuelle d’une telle filiale, mais la société n’a jamais été créée.

Ligne 468 ... conseilleurs scientifiques, comme Pautrizel et Rivière.. Erreur Il n’y a aucun document de la S.E.R.A.P. qui indique que le Pr. M.-R. RIVIERE faisait partie d’un quelconque ‘conseil scientifique’ de la S.E.R.A.P.

Ligne 469 ... (lequel n’a d’ailleurs rien publié d’original,... Propos désobligeants Ces directives ne devaient pas être suivies. En effet, Mr Priore décide d'arrêter la construction du M315 et de revenir au M600 (!!!), en désaccord avec les précédentes prescriptions du Secrétariat d'Etat à la Recherche.

- il demande à Mr Chavanes la présidence de la SERAP, et exige la démission de Mr Paul Ribeau.

- il demande à Leroy-Somer de prendre en charge sa rémunération totale et les frais de maintenance (matériels et main d'oeuvre) du projet.

- il confirme son intention de reprendre le projet M600.

Le 16 juin 1980 Mr Chavanes refuse ces exigences de Priore.

Le Secrétariat d'Etat s'inquiète évidemment du retard apporté à l'exécution de ses directives du 26 décembre 1979. Il s'étonne que l'on abandonne le projet M315 pour revenir au M600 qui avait été abandonné pour cause d'échec flagrant. Bien entendu, les expériences prévues par la Commission présidée par Mr Avraméas n'ont pas eu lieu. Mr Bisconte en fait part à Mr Ribeau à la fin de l'année (19 décembre 1980) (nous n'avons pas de renseignement sur ce qui s'est passé depuis le début 1981). Mr Avraméas, toutefois, a pu faire une expérience qui a confirmé que les animaux exposés aux rayonnements de la machine produisent des anticorps dans les conditions où les témoins n'en produisent pas. Mr Avraméas, n'ayant pu disposer à nouveau de l'appareil, n'a pas répété cette expérience, et, en conséquence, ne l'a pas publiée). '

Il n'est pas sans intérêt d'établir le bilan de ce qui s'est passé au cours des 8 années 1972 - 1980. Ce bilan est négatif.

- Le projet de la machine M600 n'a pas abouti, bien que plus de 12 M.F. aient été engloutis dans ce projet au cours des 5 premières années. Après ces 5 années d'échecs et d'atermoiements, le projet fut abandonné pour celui du M315, plus modeste, que les physiciens Berteaud et Bottreau avaient recommandé en 1971. Mais, curieusement, ce nouveau projet, à son tour, a été abandonné en 1979 pour revenir au M600 qui n'en a pas avancé pour autant.

- Il n'y a pas eu d'expériences de cancérologie depuis la période 1960 - 1966 et depuis l'expérience anglaise. Il semble toutefois qu'on ait continué à traiter des malades avec la vieille machine M235, la seule qui ait fonctionné au cours de cette période. Mais à notre connaissance, aucune publication n'a donné un quelconque résultat, une quelconque statistique de ces traitements qui sont restés dans l'ombre.

- Les expériences d'immunologie ont stagné. Les publications de Mr Pautrizel et de ses collaborateurs après 1970 ont surtout consisté à diffuser les résultats précédemment obtenus sur les trypanosomes, dans divers congrès et séminaires (Angleterre, Belgique, Suisse et diverses villes françaises). On relève en 1972 un travail original sur les lipides du lapin soumis au rayonnement de la machine. D'ailleurs, pendant cette période, l'INSERM a supprimé l'unité que dirigeait Mr Pautrizel. Pourtant, c'est dans ce domaine immunologique que la vraisemblance des résultats soulève le moins d'objections. Les effets de la machine, s'ils sont exacts (et nous pensons qu'ils le sont) pourraient être dûs à une faible composante d'ondes de basse fréquence dans l'ensemble des signaux qui sortent de l'appareil. Les effets immunologiques des basses fréquences (16 Hertz) sont bien étudiés actuellement dans plusieurs laboratoires dans le monde, au moyen d'émetteurs simples parfaitement définis au point de vue physique. En revanche le champ magnétique semble sans effet.

- Il est très regrettable qu'au cours des dix dernières années aucun chercheur étranger a l'équipe bordelaise n'ait pu expérimenter avec l'appareil, ni en cancérologie, ni en physique.


Lignes 524 - 527 Inexactitude L’expérience de M. S. AVRAMEAS et du Pr. A. LWOFF (55) a été faite en Janvier 1971, et non, comme laisse entendre MM. BERNARD et LATARJET en 1979 ou 1980.

Lignes 539 - 542 Il semble toutefois qu’on ait continué à traiter des malades... Insinuation MM. BERNARD et LATARJET donne l’impression qu’Antoine PRIORE traitait des malades cancéreux pendant la période 1972 - 1979 avec l’appareil P4. La réalité est toute autre. L’appareil P4 était réglé pour le traitement de la trypanosomiase pendant la période 1969 - 1977. C’est seulement en Octobre 1977 que l’appareil fut modifié pour le traitement du cancer et que les premiers patients furent traités. Ces malades n’étaient pas ‘traité par PRIORE à la sauvette’, mais sous le contrôle de MM. les Pr. COURRIER, PAUTRIZEL, DUBOURG et COURTY. Le Pr. COURTY, devenu Président de l’Ordre des Médecins d’Aquitaine, peut difficilement être soupçonné d’agir à la légère. Il suivait ses propres patients de très près.

Lignes 541 - 542 ..., aucune publication n’a donné un quelconque résultat... Inexactitude Une publication (56) sur des résultats préliminaires de ces traitements de cancer humain a été faite au Congrès de Versailles en Juin 1979 et un article (57) a été soumis pour publication à l’Académie de médecine vers la fin de 1979. Cependant, le secrétaire perpétuel de l’Académie de médecine, M. LEMAIRE, a refusé d’accepter l’article (58) en prétextant: « ... votre travail n'est pas du ressort de notre Compagnie... ».

Lignes 544 - 547 Les expériences d’immunologie ont stagné... Inexactitude Pendant la période 1970 - 1979, Pr. PAUTRIZEL et ses collaborateurs ont fait 13 publications originales !

Ligne 548 D’ailleurs pendant cette période... Insinuation malveillante MM. BERNARD et LATARJET laissent entendre que les expériences immunologiques stagnant, PAUTRIZEL est relevé des ses fonctions comme directeur de son Unité I.N.S.E.R.M. et l’Unité 89 supprimée, donc PAUTRIZEL est un incompétent. La réalité est autre. Les problèmes entre le Pr. PAUTRIZEL et l’I.N.S.E.R.M., qui sont analysés dans la note de synthèse (59), sont liés uniquement au fait que PAUTRIZEL travaillait avec l’appareil de PRIORE. Les autres travaux de son unité ont plutôt reçus des éloges !

Lignes 550 - 551 Les effets de la machine, s’ils sont exacts (et nous pensons qu’ils le sont).. Incroyable ! MM. BERNARD et LATARJET avouent qu’ils pensent que les observations de stimulation immunologique, rapportées par l’équipe du Pr. PAUTRIZEL sont exactes. En réalité, ces effets sont spectaculaires, ils n’ont jamais été obtenus par d’autres moyens, ils peuvent avoir des conséquences fondamentales et thérapeutiques très importantes ! Malgré cela, MM. BERNARD et LATARJET conseillent au ministre de ne pas soutenir cette recherche. Ils ne font donc preuve d’aucune curiosité scientifique !

Lignes 551 - 555 ... d’ondes de basses fréquences ... Faux Il est vrai que les effets (bénéfiques ou nocifs) des champs électromagnétiques (lignes de haute tension, téléphones mobiles, basses fréquences de 50 ou 60 Hz, etc.) font l’objet de nombreuses recherche dans le monde. Mais, il était totalement faux en 1982 (et il est toujours faux aujourd’hui en 2009) d’affirmer que l’on pouvait obtenir, avec des appareils ‘simples’, des résultats semblables à ceux obtenus avec l’appareil PRIORE. Le fait que MM. BERNARD et LATARJET ne donnent aucune référence concernant ces hypothétiques travaux est symptomatique. VIII. CONCLUSION.

La Commission désignée par l'Académie des Sciences ne peut pas conseiller à Monsieur le Ministre d'Etat chargé de la Recherche et de la Technologie de poursuivre le soutien financier de cette affaire. Celle-ci ne satisfait pas aux critères qui sont exigés, partout ailleurs dans la Recherche Scientifique, pour l'obtention d'une subvention de l'État.


Conclusion[modifier | modifier le wikicode]

Le ministre de la science et de la technologie, M. Jean-Pierre CHEVENEMENT avait demandé à l’Académie des sciences de lui fournir un rapport - synthèse de « L’Affaire PRIORE ». Ce rapport, écrit par MM. J. BERNARD et R. LATARJET, fourmille d’inexactitudes et d’omissions importantes. Il ne peut sous cette forme permettre au ministre de se faire une idée objective du « Problème Priore » et en conséquence lui permettre de prendre une décision adaptée.

Certaines sont des erreurs ‘minimes’, d’autres sont ‘majeures’. Mais, vus leur nombre, il apparaît clairement que le rapport est soit ‘bâclé’, soit malveillant.

A notre avis, cette présentation était délibérée de la part des auteurs.

De plus, la rédaction de certains passages fait apparaître un ton méprisant et condescendant, non seulement à l’égard d’Antoine Prioré, mais également à l’égard de personnalités scientifiques qui, bien que moins en vue que les auteurs, rivalisaient aisément en terme de compétence. L’utilisation d’insinuations mesquines est plus en adéquation avec la presse à scandale qu’avec l’Académie des sciences.

Il apparaît clairement, par la forme du rapport et ses conclusions, que le but de J. BERNARD et de R. LATARJET était d’enterrer définitivement le dossier PRIORE. Ce travail de sape ne fait honneur ni aux Pr. J. BERNARD et Pr. R. LATARJET ni par voie de conséquences à l’Académie des sciences.

Dans tous les cas de figure les auteurs, J. BERNARD et R. LATARJET ne se sont pas montrés dignes de la tâche qui leur avait été confiée.

Ce rapport est un exemple supplémentaire, comme entre-autre celui du scandale du « Sang contaminé », qui montre que les dirigeants politiques et les décideurs peuvent être délibérément mal informés par leurs conseillers scientifiques.

En tout état de cause, nonobstant la qualité du rapport, les faits rapportés auraient dû dégager une conclusion objective comme:

- Les effets biologiques, surtout dans le domaine immunologique, sont réels et éventuellement d’une grande importance thérapeutique.

- Les subventions précédemment accordées l‘ont été dans des conditions inhabituelles et discutables lorsqu’il s’agit de fonds publics pour la recherche.

- Des subventions pourraient être accordées dans un cadre bien défini, sous contrôle scientifique compétent, tel que...

Références[modifier | modifier le wikicode]