Affaire Priore/Le P.I.O.M.

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Le P.I.O.M. et l'Affaire Priore


Introduction[modifier | modifier le wikicode]

Après de décès d'Antoine Priore, le 9 mai 1983, le Pr. Pautrizel a essayé, avec l’aide du Pr Adolphe Pacault (Faculté des sciences de Bordeaux), de constituer une équipe, mais le Pr. Pacault renonça rapidement.

Finalement, sous l’impulsion du Conseil régional d’Aquitaine (Philippe Madrelle, Alain Rousset, Gilles Savary) [1] une équipe de la Faculté des sciences de l'université de Bordeaux s’est constituée sous l’égide du Pr. Jacques Joussot-Dubien, à l’époque directeur de l’E.N.S.C.B. (École Nationale Supérieure de Chimie de Bordeaux). Cette équipe était formée de : André-Marie Bottreau (physicien), Jacques-Marie Moreau (physicien), Alfred Caristan (chimiste), Bernard Veyret (chimiste), le Raymond Pautrizel (biologiste), Pierrette Chateaureynaud-Duprat (biologiste).

Elle s’est donné comme but l’étude « scientifique » de l’appareil Priore.

Les biologistes de l'équipe avaient une grande expérience de l'expérimentation animale avec l'appareil de Priore. L'un des deux physiciens, A-M. Bottreau, avait fait des mesures des champs magnétiques et micro-onde du véritable appareil de Priore dans le cadre du contrat avec la D.R.M.E. (voir : Les appareils d'Antoine Priore). Malheureusement, les deux physiciens n'avaient aucune expertise avec les générateurs d'ondes H.H. de puissance utilisés par Antoine Priore.

Historique[modifier | modifier le wikicode]

Le laboratoire P.I.O.M. (Physique des Interactions Ondes Matière) fut créé à cette occasion, avec A.-M. Bottreau comme directeur, au sein de l’E.N.S.C.B., qui devint l'E.N.S.C.P.B. (École Nationale Supérieure de Chimie et de Physique de Bordeaux), dont Jacques Joussot-Dubien est Directeur. Le P.I.O.M. était censé avoir deux faces : une face officielle laissant voir un travail de routine scientifique et une face discrète consacré à l’étude de l’appareil Priore.

La discrétion de ce travail était toute relative : la presse populaire en parla [2], les membres de l’équipe participèrent à un reportage pour TF1 (qui sera diffusé le 2 août 1986 lors de l’émission ‘Droit de Réponse’ de Michel POLAC.), et le Journal Officiel de la République, en réponse aux questions posées par certains députés en fit mention [3] à plusieurs reprises.

Au cours de l’année 1984 le conseil régional d’Aquitaine apporta son soutien à l’équipe universitaire qui déposa un projet [4] de construction d’appareillage, très proche de l’appareil Priore. Ce projet a été élaboré principalement par Bottreau. C'est ainsi que l’équipe reçut une subvention d'un million de francs [5] du Conseil régional, avec en plus quelques dons et fonds privés.

Le bon sens et le désir de retrouver l'effet Priore aussi rapidement que possible aurait dû amener l'équipe universitaire et l'équipe de LEROY-SOMER à collaborer étroitement. Hélas, les animosités engendrées au cours des années furent tenaces. Le Conseil régional d’Aquitaine, sous la présidence de Philippe Madrelle, essaya de faire la jonction entre les équipes en proposant un protocole d'accord équitable [6] entre LEROY-SOMER, Mme Priore et l'équipe universitaire. Mais ce fut sans succès, en raison d'une part des exigences financières de Georges Chavanes et d'autre part de l'attitude hargneuse de MM. Chavanes et Ribeau vis-à-vis des universitaires.

Selon Jacques Chaban-Delmas[7], leur mécontentement était en effet exacerbé par le livre de J-M. Graille qui révélait certains faits historiques peu flatteurs pour eux. Or, Graille avait obtenu, en partie, ces documents par l'intermédiaire du Pr. Pautrizel et de Mme Chateaureynaud, qui étaient membres de l'équipe universitaire...

Cette prise de position navrante de MM. Chavanes et Ribeau a aussi été évoquée par Philippe Madrelle[8].

Cependant il semble qu’une certaine entente entre l’équipe LEROY-SOMER et l’équipe universitaire fut obtenue par l’intermédiaire de la Mairie de Bordeaux (Gilbert Leroi et Jacques Valade) : lors d'un réunion-repas au restaurent Le Dubern à Bordeaux avec Gilbert Leroi, Jean-Pierre Bader[9], Georges Chavanes et un certain M. Parienti, le 30 janvier 1985, le Pr Joussot-Dubien accepta de ne pas tenter de construire directement un appareil Priore[10] ! Son équipe se contentera de faire des études plus fondamentales. Elle donnait ainsi une longueur d’avance aux industriels, qui espéraient entre temps avoir une version commerciale d’un « appareil PRIORE ». Le Pr. Joussot-Dubien sembla ne rien obtenir en contrepartie pour s'imposer un frein aux recherches de son équipe.

Effectivement, le premier appareil qui fut construit [11] par l’équipe universitaire n’était pas celui décrit dans la proposition initiale mais une version légèrement modifiée de l’appareil simplifié construit par Berteaud en 1972 et décrit dans son rapport à la D.R.M.E. [12]. Cet appareil simplifié n’avait donné aucun résultat probant en 1972 et n'en donna pas plus en 1985.

Au cours des années, Pautrizel, Bottreau, Mme Chateaureynaud-Duprat et Caristan quittèrent l’équipe du P.I.O.M. pour diverses raisons de désaccord avec la stratégie choisie par MM. Joussot-Bubien et Veyret.

L’équipe LEROY-SOMER piétina pendant plusieurs années sans tenter de construire une copie de l’appareil PRIORE ou de faire repartir les appareils existants à Floirac.

Le groupe de « savoir-faire »[modifier | modifier le wikicode]

Une ‘fusion’ intervint en mars 1989 entre ceux qui restaient du 'groupe Universitaire' (MM. Joussot-Dubien, Veyret et Moreau) et Paul Ribeau et Hubert Gossot, qui se sont nommés groupe de savoir-faire [13]. Cette fusion ne sembla pas être une mise en commun désintéressée des ressources de chaque groupe avec comme but unique de retrouver "l'effet Priore". Elle avait des aspects mercantiles.

Un premier exemple : en septembre 1989 [14], Ribeau proposa de créer un cabinet d'ingénieurs-conseils et de facturer ses services au groupe universitaire pour un montant d'environ 4 MF. Un deuxième exemple : en décembre 1994, Ribeau proposa aux universitaires un "protocole d'accord" [15] où il était question du partage des bénéfices d'une commercialisation éventuelle de son montage « issu des idées d'Antoine Priore ». Ce texte spécifiait bien que les appareils d'Antoine Priore n'étaient plus couverts par des brevets, mais que leur réalisation et leurs réglages nécessitaient un savoir-faire et que ce savoir-faire était détenu par lui-même et par GOSSOT. Il proposa à nouveau au groupe universitaire un document semblable en 2001 [16].

Selon ces projets, rédigés par Paul Ribeau, les héritiers d'Antoine Priore ne figuraient pas parmi les éventuels bénéficiaires de la commercialisation d'appareils « issus des idées d'Antoine Priore »...

La stratégie adoptée par ce groupe hybride d'universitaires et de ‘privés’ sembla être :

  • de se contenter de collecter des fonds et d’aménager un local mis à leur disposition sur le domaine universitaire pour abriter un appareil éventuel ;
  • de ne pas essayer de retracer le cheminement technique et expérimental qui a conduit Antoine Priore, entre 1952 et 1957, vers sa découverte ;
  • de ne pas produire un relevé détaillé des deux appareils existants à Floirac et de ne pas faire intervenir des spécialistes en H.F., micro-ondes etc. ;
  • de sous-traiter la construction d’un appareil à Paul Ribeau dès que les sommes allouées au groupe universitaire le permirent :
  • d'attribuer aux universitaires une seule fonction, celle de vérifier l'efficacité du montage de P. Ribeau en exposant des souris, préalablement infectées avec T. equiperdum, au rayonnement de l'appareil.

Une confiance totale fut accordée à Ribeau sur la foi de ses affirmations répétées de « fils spirituel » d'Antoine Priore. En effet, ayant vécu dans l'ombre d'Antoine Priore pendant des années, Ribeau prétendait tout connaître de ses appareils.

En utilisant des fonds publics (Conseil régional d’Aquitaine, Ministère de la recherche, C.E.A., etc.) et des fonds privés (Comité de soutien, P. Favre, etc.), pour un montant d’environ 5 MF, un appareil hybride fut finalement construit par Ribeau, avec l'aide de MM. Farago et Genty. Ce montage ressemblait à quelque chose entre le P5, construit avec la subvention de la D.G.R.S.T. et le PR1, construit par la société S.E.R.E.S.O. en 1967. A l’époque, l’appareil PR1 avait été un échec et le P5 une débâcle.

Dans un compte rendu daté de novembre 1998 [17], destiné au Ministère de la recherche, pour justifier une partie de la subvention, B. Veyret constata l’absence totale d’effets biologiques du montage de Ribeau. Depuis cette date, malgré certaines modifications du montage, les quelques expérimentations sporadiques faites avec des souris infectées par T. equiperdum, n'ont montré aucun effet biologique probant.

Conclusion[modifier | modifier le wikicode]

L’équipe universitaire avait reconstitué une situation analogue à celle qui existait entre Antoine Priore et la société LEROY-SOMER : une seule personne a la main-mise sur la technique du montage et l'accès aux dossier techniques de l'appareil construit par P. Ribeau et la société Leroy-Somer chez Antoine Priore en 1966-1967. (Cet appareil ne fonctionnait pas comme un appareil d'Antoine Priore, mais, sous certains conditions, il y avait de début d'effet noté par le Pr. Rivière. Antoine Priore a signalé[18] quelques erreurs de construction et de modifications faites par P. Ribeau).

Références[modifier | modifier le wikicode]

  1. A. Rousset, « Lettre adressée à P. Chateaureynaud »
    A. Rousset, « Lettre adressée à G. Chavanes »
    P. Madrelle, « Lettre adressée à J-P. Daulouède »
    P. Madrelle, « Lettre adrssée au Pr. Pautrizel »
  2. Sud-Ouest, « Machine de Priore:une nouvelle étude »
    Canard Enchaîné, « Priorité à Priore »
  3. Journal Officiel, « Question 50.516 »
    Journal Officiel, « Question 797 »
    Journal Officiel, « Question 35.810 »
    Journal Officiel, « Question de P. Favre »
  4. J Joussot-Dubien, « Projet de recherche des effets biologiques de champs électromagnétiques »
  5. A. Rousset, « Lettre adressée à E. Bidault »
  6. P. Madrelle, « Protocole d'accord »
  7. J. Chaban-Delmas, « Lettre adressée à P. Chateaureynaud »
  8. P. Madrelle, « Lettre adressée à E. Bidault »
  9. Auteur du livre : Le Cas Priore : Prix Nobel ou imposture ?, qui semble se ranger avec les industriels et pas avec les chercheurs.
  10. J. Moreau, « Cahier-janvier 1985 »
  11. J. Joussot-Dubien, « Rapport du 21 octobre 1985 »
  12. A-J. Berteaud et A-M. Bottreau, « Rapport final : Contrat D.R.M.E »
  13. J. Moreau, « Cahier-mars 1989 »
  14. J. Moreau, « Cahier-septembre 1989 »
  15. P. Ribeau, « Protocole d'accords »
  16. P. Ribeau, « Projet:Accord de collaboration et de développement »
  17. B. Veyret, « Construction d'un appareillage produisant des champs électromagnétiques pour mener des études biologiques et thérapeutiques »
  18. A. Priore, « Lettre adressée au Pr. Maréchal le 2 mars 1967 »