Affaire Priore/Les expériences biologiques

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Les observations biologiques avec les appareils de Priore


L'Affaire Priore
Affaire Priore
CHAPITRES
ANNEXES
Notes de synthèse
Le rapport Bernard-Latarjet Les souris anglaises La commission de 1960 La commission de 1969
L'Académie des sciences Leroy-Somer S.O.V.I.R.E.L. Les finances de l'Affaire Priore
La D.R.M.E. et la D.G.R.S.T. I.N.S.E.R.M. La thèse universitaire d'Antoine Priore Le Comité de soutien d'Antoine Priore
Diverses rumeurs La Mairie de Bordeaux La Presse, Radio et T.V. Le laboratoire P.I.O.M.
I.R.S.C. de Villejuif


Introduction[modifier | modifier le wikicode]

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Wikipédia propose un article sur : « Affaire Priore ».

L'observation des effets biologiques du rayonnement électromagnétique émis par les différents appareils de Priore par des chercheurs universitaires couvre la période 1959 - 1978. Les articles publiés ou les cahiers de laboratoire décrivent en détail le protocole expérimental et les effets observés, mais ne donnent que peu d'informations sur les caractéristiques physiques du rayonnement et de l'appareil qui le produit. On doit les considérer pour ce qu'ils sont : des descriptions précises de phénomènes observés dans un environnement électromagnétique particulier. Leur objet n'est ni d'expliquer, ni de théoriser le phénomène thérapeutique électromagnétique, mais d'apporter l'évidence que ce phénomène existe. C'est le premier pas de la démarche scientifique.

Le chapitre est divisé en deux grandes parties :

  • Une description des observations des effets du « rayonnement Priore » qui ont été publiées. Il y a quatre groupes de publications :
  • Le cancer expérimental ;
  • Le trypanosomiase expérimentale ;
  • Les greffes de peau
  • Essais cliniques
  • Une description des « cahiers de laboratoire », essentiellement de l'équipe du Professeur Pautrizel. Les « cahiers de laboratoire » sont des documents de base de toute recherche expérimentale. C'est là que le chercheur note, à fur et à mesure du déroulement de l'expérience toutes les observations, tous les détails. Ils sont des documents privés qui servent, plus tard, comme aide mémoire pour la rédaction d'un rapport ou d'une publication. Donc, le ton est souvent télégraphique, avec abréviations personnelles, et détails qui ne sont pas reprises dans la publication. Dans les Archives Priore il y a plusieurs milliers de pages manuscrites de cahiers de laboratoire.

Cancer expérimental[modifier | modifier le wikicode]

Entre 1959 et 1965 plusieurs centaines d'animaux de laboratoire, souris et rats greffés avec divers cancers expérimentaux, sont utilisés. Les résultats obtenus varient en fonction du temps d'exposition au rayonnement et de certains paramètres physiques grossiers, tel que l'intensité du champ magnétique ou la fréquence des ondes métriques. Il y a des combinaisons de paramètres pour lesquels les tumeurs régressent et les animaux ainsi guéris présent une immunité spécifique contre le cancer greffé. C'est-à-dire qu'une fois l'animal retourné au laboratoire, l'animal rejette une nouvelle greffe de la même tumeur, mais succombe après la greffe d'un cancer différent.

Les chercheurs qui ont faits des expériences sur un appareil de Priore sont :

  • Institut de recherche scientifique sur le Cancer à Villejuif : M. R. Rivière, M. Guérin, I. Chouroulinkov.
  • Collège de France à Paris : R. Courrier, R. .M. Colonge.
  • Chester Beatty Research Institute à Londres : M. E. Whisson, E. J. Ambrose, A. Ambrose.
  • Faculté de médecine de Bordeaux : G. Delmon, J. Biraben, G. Courty, G. Dubourg.

Durant cette période, les modèles de tumeurs expérimentales utilisés sont :

  • T8 de GUERIN : Cette tumeur est un épithélioma atypique, d'origine utérine, qui s'accompagne dans tous les cas de métastases ganglionnaires. La réussite des greffes avoisine régulièrement les 100%. La durée d'évolution est rapide et ne laisse que 3 à 5 semaines de survie à l’animal.
  • LS347 : Cette tumeur est un sarcome lymphoblastique dont les greffes s'accompagnent dans tous les cas de métastases ganglionnaires. De même, un syndrome leucémique s'installe dès le 5e jour. La réussite des greffes avoisine régulièrement les 100%. La durée d'évolution est rapide : la majorité des animaux porteurs de la tumeur succombent entre les 13e et 15e jours.
  • LS2 : Cette tumeur est, à l'origine, une lymphomatose spontanée survenue chez une souris femelle de souche AHR. La prise de greffes avoisine régulièrement les 100%. Le temps d'évolution est de deux à trois semaines environ et la majorité des souris meurent entre les 15e et 19e jours qui suivent l'implantation de la tumeur.
  • Sa1 : Fibrosarcome expérimental de l'IRSC de Villejuif.
  • Ls1 : Lymphosarcome expérimental de l’IRSC de Villejuif.
  • 6CHED : Lymphome expérimental du Chester Beatty Institute de Londres
  • ADJPC5/A : Plasma cell tumor du Chester Beatty Institute de Londres
  • ADJPC6/A : Plasma cell tumor du Chester Beatty Institute de Londres
  • Tumeurs induites chimiquement par le benzopyrène au Chester Beatty Institute de Londres.
  • Cultures de cellules cancéreuses standards : HeLa et KB.

Pour l’ensemble des expériences sur les tumeurs, les paramètres (voir la section Rayonnement Priore pour plus de détails) connus du champ électromagnétique étaient :

- fréquence micro-onde : 9,4 GHz
- longueur d’onde H.F. : 21 m
- champ magnétique pulsé: fréquence 0,8 s, intensité 300 gauss ou 600 gauss, selon l’appareil.

L'effet rapporté du rayonnement sur les divers modèles était variable selon:

- la durée journalière de l'exposition au rayonnement ;
- le laps de temps entre la greffe de la tumeur et le début du traitement ;
- l'intensité du champ magnétique pulsé principal ;
- la fréquence H.F. principale.

Les études[modifier | modifier le wikicode]

  • 1959 - 1961 Delmon et Biraben[1]
Une étude comparative des effets du rayonnement Priore, d’un champ magnétique pulsé seul, des rayons X et de la cobaltothérapie a été faite sur un lot d’environ 150 rats greffés avec la tumeur T8.
icône image Images externes
Poster: évolution des tumeurs, oct-déc 1959 (a)
Poster: évolution des tumeurs, oct-déc 1959 (b)
Poster: évolution des tumeurs, oct-déc 1959 (c)
Le traitement n’était appliqué qu’à partir du 13e jour après la greffe. La tumeur n’était plus alors un greffon en phase adaptative mais était constituée et en pleine phase proliférative. La durée moyenne de l'exposition au rayonnement était de 15 minutes, deux fois par jour.
Une représentation visuelle de l'évolution des tumeurs lors d'une expérience en octobre-décembre 1959 est donnée dans les images ci-contre.
Résultats : 95% de guérison sur les rats traités au rayonnement Priore. Dans le même temps les groupes traités par les autres rayonnements et les groupes de contrôle enregistraient 100% de mortalité.
  • 1963 - 1965 Rivière et Guérin[2]
(a) Tumeur T8 de GUERIN.
Au total plus de 300 rats greffés ont été exposés au rayonnement des appareils de Priore. Ont ainsi été étudiés l'effet sur la tumeur des variations :
icône image Images externes
Poster: évolution de la tumeur (sept 1963) (a)
Poster: évolution de la tumeur (sept 1963) (b)
Poster: évolution de la tumeur (sept 1963) (c)
Poster: évolution de la tumeur (sept 1964)
- du temps d'exposition journalier au rayonnement (10 min, 20 min, 40 min, 90 min par jour).
- du laps de temps entre la greffe de la tumeur et le début du traitement (2 jours, 6 jours, 10 jours, 14 jours ).
- de l'intensité du champ magnétique pulsé principal (300 gauss et 620 gauss).
Résultats:
- Tous les rats des groupes de contrôle sont morts entre le 22e et le 30e jour après la greffe.
- Tous les rats exposés un temps de 10 minutes par jour sont morts.
- Lorsque le traitement commençait 2 ou 6 jours après la greffe et que le temps d'exposition était au moins de 20 minutes par jour, toutes les tumeurs étaient résorbées et les rats guéris.
- Tous les rats dont le traitement commençait 10 jours après la greffe et étaient exposés au rayonnement avec un « champ magnétique principal » de 300 gauss pendant 20 min par jour sont morts.
- Ceux exposés au rayonnement 10 jours après la greffe avec un champ magnétique de 620 gauss pendant au moins 20 min par jour ont résorbé leur tumeur.
- Quand le traitement commençait 14 jours après la greffe, seuls les rats traités pendant au moins 90 min avec un « champ magnétique principal » de 620 gauss résorbaient leur tumeur.
Tous les rats ayant résorbé leur tumeur étaient vivants et en bonne santé trois mois après la fin de l'expérimentation.
(b) Tumeur LS347. Les rats meurent habituellement entre le 13e et le 15e jour après la greffe.
Un groupe de 30 rats servait de contrôle. Des lots de 6 rats étaient utilisés selon divers protocoles :
- durée de traitement journalier : 80 min, 90 min et 140 min,
- laps de temps entre la greffe et le début du traitement : 2 jours, 5 jours ou 7 jours.
Le traitement dans tous les cas était poursuivi durant 30 jours.
Résultats:
- Tous les rats du groupe de contrôle sont morts entre le 11e et le 15e jour après la greffe.
- Tous les rats traités à partir du 2e jour après la greffe ont résorbé leur tumeur et les métastases.
- Pour les rats traités à partir du 5e jour après la greffe, seuls les rats exposés au moins 90 min par jour ont survécu.
- Pour les rats traités à partir du 7e jour après la greffe, seuls les rats exposés au moins 140 min par jour ont survécu.
Deux mois après la fin de l'expérimentation, tous les rats ayant survécu étaient en bonne santé, sans signes cliniques de tumeur.
(c) Tumeur LS2 greffée sur des souris. Cette tumeur est mortelle après trois semaines maximum.
Un lot de 28 souris formait le groupe de contrôle. Des lots de 7 souris étaient utilisés dans divers protocoles:
- durée journalière du traitement : 2 ou 3 heures,
- laps de temps entre la greffe et le début du traitement : 5 jours, 7 jours ou 10 jours.
Résultats :
- Toutes les souris du groupe de contrôle sont mortes entre le 15e et le 18e jour après la greffe.
- Toutes les souris traitées à partir du 5e ou du 7e jour après la greffe ont résorbé leur tumeur.
- Lorsque le traitement commençait 10 jours après la greffe, toutes les souris exposées 2 heures par jour sont mortes entre le 19e et le 22e jour. En revanche, toutes les souris traitées 3 heures par jour ont résorbé lentement leur tumeur.
Deux mois après la fin de l'expérience, les examens histologiques des organes des souris ayant résorbé leur tumeur étaient normaux.
(d) Poursuite de l'étude de la tumeur LS347. Les rats traités qui avaient résorbé leurs tumeurs étaient regreffés avec la même tumeur. Les nouvelles greffes étaient pratiquées soit deux mois, soit six mois, soit 10 mois après l'arrêt du traitement.
Résultats:
Dans aucun cas ces nouvelles greffes ne se sont développées. Les rats apparaissaient comme immunisés contre cette tumeur. Les animaux témoins, greffés avec la tumeur LS347, meurent dans les trois semaines qui suivent.
Les mêmes rats, immunisés contre la LS347, étaient ensuite greffés avec la tumeur T8. Tous sont morts en même temps que le groupe de contrôle.
  • 1965 Courrier et Colonge[3].
Le professeur Courrier, secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences, a souhaité vérifier, d'une façon indépendante, une des expériences de Rivière et Guérin. Il choisit l'expérience avec la tumeur LS347.
Un lot de 18 rats fût greffé avec la tumeur LS347. Dix rats servirent de témoins et 8 furent répartis en 4 séries de 2 animaux (l'appareil ne pouvait contenir que 2 animaux à la fois).
Les animaux de la série 1 furent exposés pendant 1 heure par jour.
Les animaux de la série 2 furent exposés pendant 2 heures par jour.
Les animaux de la série 3 furent exposés pendant 1 heure par jour.
Les animaux de la série 4 furent exposés pendant 2 heures par jour.
Le traitement commença au 6e jour après la greffe.
Résultats:
- Tous les témoins étaient tous morts le 15e jour après la greffe.
- Tous les animaux exposés 1 heure par jour étaient morts le 19e jour après la greffe.
- Tous les animaux exposés 2 heures par jour résorbaient leurs tumeurs. Ils étaient gardés en parfaite santé au Collège de France pendant plusieurs mois après la fin du traitement.
Cette expérience confirma les résultats de Rivière et Guérin sur la durée de l'irradiation et son effet sur la tumeur LS347.
  • 1966 E. J. Ambrose, A. Ambrose et M.E. Whisson[4]. Le travail décrit ci-dessous fût interrompu par l’éclosion à Paris d’une rumeur selon laquelle les expériences étaient ‘truquées’. Cette rumeur fût répandue principalement par le professeur Raymond Latarjet. L’analyse de cette rumeur, qui a considérablement empoisonné l’Affaire Priore est faite dans la section Controverses.
(a) Pour la tumeur C3HED, greffée sur des souris, la durée de survie des témoins était de 18 jours. Sur les 10 souris traitées, 4 n’ont pas développé de tumeurs, la durée de survie des autres était de 25 jours.
(b) Pour les tumeurs ADJPC5/A et ADJPC6/A, la durée de survie des témoins était de 21 jours. Pour les souris traitées par l’appareil de Priore, la durée de survie était de 42 jours.
(c) L’effet du rayonnement sur des cellules HeLa et KB in vitro se traduit par un net ralentissement de leur croissance.
(d) Des tumeurs induites par le Benzopyrène sur des rats, montraient un ralentissement significatif de leur croissance chez les animaux traités, par rapport aux animaux témoins.
  • 1966 I. Chouroulinkov.[5] Le but de ce travail, fait à la demande du Professeur Guérin, était d’étudier :
(a) L’effet du rayonnement sur des tumeurs Sa1 et Ls1 greffées sur la souris ;
(b) L’effet du rayonnement sur des cellules normales et des cellules tumorales in vitro ;
(c) La réponse immunitaire (production d’isoanticorps) :
- des souris non traitées recevant des cellules tumorales traitées par l’appareil,
- des souris traitées par l’appareil et recevant des cellules tumorales non traitées.
Résultats:
(a) Pour la tumeur Sa1, il y avait une différence significative de durée de vie entre les souris traitées (41 jours) et les souris témoins (22 jours). Pour la tumeur Ls1, il y avait une différence très significative entre les souris traitées (seulement 3 sur dix développaient une tumeur) et les témoins (10 sur 10 développaient une tumeur).
(b) Pour les cellules Sa1 et Ls1 en culture, le rayonnement avait un léger effet sur la croissance. Par contre pour les cellules HeLa et KB en culture, la croissance était fortement inhibée par le rayonnement.
(c) Le traitement des souris de souche IC a stimulé la production d’isoanticorps (anti Sa1). Le traitement des souris de souche S42 a également stimulé la production d’isoanticorps (anti Ls1). Par contre, le traitement des souris S42 n’a pas stimulé la production des isoanticorps (anti Sa1).

Références[modifier | modifier le wikicode]

  1. G. Delmon, « La croissance du carcinome de Guérin sous l'action de champs magnétiques », dans Revue de pathologie comparée, no 2, 1966, p. 85-88 [texte intégral] .
  2. M-R. Rivière, « Cancérologie. Action des champs électromagnétiques sur les greffes de la tumeur T8 sur le rat », dans Comptes rendus de l'Académie des sciences de Paris, 21 décembre 1964, p. 4895-4897 [[disponible sur Gallica texte intégral]] .
    M-R. Rivière, « Effet de champs électromagnétiques sur un lymphosarcome lymphoblastique transplantable du Rat », dans Comptes rendus de l'Académie des sciences de Paris, 15 février 1965, p. 2099-2102 [[disponible sur Gallica texte intégral]] .
    M-R. Rivière, « Phénomènes de régression observées sur les greffes d'un lymphosarcome chez des souris exposées à des champs électromagnétiques », dans Comptes rendus de l'Académie des sciences de Paris, 1 mars 1965, p. 2639-2643 [[disponible sur Gallica texte intégral]] .
  3. R. Colonge, « Cahier de laboratoire 28 février 1965 » sur Archives de l'Affaire Priore
  4. E.J. Ambrose et al., « Cahier de laboratoire : Effets des ondes modulés de très haute fréquence et champs magnétiques sur la croissance cellulaire (18 pages) » sur Archives de l'Affaire Priore
    E.J. Ambrose et al., « Cahier de laboratoire : Expériences faites avec les tumeurs C3HED, ADJPC5/A et ADJPC6/A » sur Archives de l'Affaire Priore
  5. I. Chouroulinkov, « Cahier de laboratoire (12 pages) » sur Archives de l'Affaire Priore

Trypanosomiase expérimentale[modifier | modifier le wikicode]

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Appareil utilisé dans les expériences avec la Trypanosomiase

Pour les raisons développées dans la section Controverses, le modèle biologique principal étudié à partir de 1966 est la Trypanosomiase expérimentale de la Souris, du Rat et du Lapin. Le Trypanosoma equiperdum, la parasite (dont une des variétés, le Trypanosoma brucei est responsable de la maladie du sommeil chez l'homme) de la maladie des équidés, la Dourine, induit une maladie aiguë chez la souris et le rat (une injection de 20 000  parasites tuera la souris en environ 100 heures). Chez le Lapin, la maladie est chronique et l’animal meurt après 4 ou 5 semaines. Ces protozoaires sont capables de modifier très rapidement leurs caractères antigéniques. Ils résistent à la défense de l’hôte et s’adaptent continuellement aux éléments spécifiques de cette défense. La mortalité est toujours de 100% et il n’existe pas de traitement efficace pour guérir les animaux.

Les expériences sur la période 1966 - 1981 furent menées principalement par le Professeur Raymond Pautrizel et ses collaborateurs de l'université de Bordeaux sur plusieurs milliers d’animaux. Les résultats obtenus, comme pour le cancer expérimental, varie en fonction de quelques paramètres physiques grossiers du rayonnement. Mais il y a une combinaison qui produit une guérison à 100%, avec une immunité spécifique contre des infestations ultérieures de T. equiperdum.

Les chercheurs sont :

  • Institut de Recherches Scientifiques contre le Cancer de Villejuif : S. Avraméas, A. Lwoff
  • Laboratoire de biologie parasitaire de la faculté de médecine de Bordeaux : R. Pautrizel A. N. Pautrizel, P. Mattern, A. Capbern, T. Baltz, D. Bernard, M.F. Forestier, P. Chateaureynaud-Duprat.
  • Laboratoire d’histologie et embryologie de la faculté de médecine de Bordeaux : Gaston Mayer, Guy Mayer.
  • Unité de recherches en cardiologie de l’I.N.S.E.R.M. à Bordeaux : M. Dallocchio, R. Crockett.
  • Faculté des sciences de Bordeaux : A. M. Bottreau, R. Cambar.
  • I.N.R.A. à Villenave d’Ornon (banlieue bordelaise) : M. Rives.
  • Fondation Bergonié (Centre anticancéreux) à Bordeaux : C. Lagarde.
  • Laboratoire du magnétisme, C.N.R.S., Bellevue : A. J. Berteaud.
  • Université Érasme de Rotterdam, Pays-Bas : F. Klein.

Lors des premiers essais du professeur Pautrizel, en 1965, l’appareil est réglé pour les travaux sur le cancer. L’effet sur les souris trypanosomées est nul. Il fut nécessaire de modifier les réglages de l’appareil en adaptant la longueur d’onde H.F. En diminuant la valeur de ce paramètre, l’effet sur les souris apparaissait et allait en augmentant. A la longueur d’onde de 17 m, toutes les souris exposées au rayonnement étaient vivantes après 5 jours, tous les témoins morts. Ce paramètre fut alors maintenu à cette valeur pour l’ensemble des expériences avec les Trypanosomes.

L’intensité du champ magnétique principal était de 600 gauss en 1966, de 1 000 gauss sur l’appareil de 1969 et de 4 000 gauss sur l’appareil de 1975.

Les études[modifier | modifier le wikicode]

  • 1966 R. Pautrizel et coll.[1]. Un lot de souris était infesté par une dose de 20 000  trypanosomes. Le traitement consistait en 12 heures d’irradiation par jour sous l’appareil. Les souris du groupe de contrôle mourraient toutes après 5 jours. Pour les groupes exposés au rayonnement, le nombre de Trypanosomes observables dans le sang augmentait, de la même manière que pour les témoins, jusqu’au 4e jour suivant l’infestation. On notait ensuite une chute brutale du nombre de trypanosomes. Le 5e jour, pour 82% des souris, aucun parasite n’était plus observable dans le sang. Si le traitement était arrêté au 5e jour, on assistait à une réapparition progressive des parasites dans le sang. Par contre, si le traitement se poursuivait durant 7 jours supplémentaires soit un total de 12 jours d'exposition, la disparition des trypanosomes était définitive et les animaux guéris de la maladie. Il semble que le système de défense immunitaire ait été impliqué car les souris guéries résistaient aux réinfestations par la même souche de trypanosomes mais restaient sensibles à l’infestation par une autre souche. Le traitement par le rayonnement leur avait conféré une immunité spécifique.
  • 1969 R. Pautrizel et coll.[2] L’expérience est semblable à la précédente avec des souris et des rats. Un nouvel appareil avait été construit par Antoine Priore. Les animaux témoins mourraient tous après 5 jours et les animaux traités guérissaient à 100%. L’expérience conduisait aux conclusions suivantes:
- Les réinfestations par des trypanosomes n’avaient aucun effet sur ces animaux traités.
- Lorsque l’on injectait à des souris et des rats vierges de toute expérimentation les anticorps circulant dans les animaux traités, ces souris et rats étaient protégés contre les infestations de trypanosomes.
- Néanmoins, 45 jours plus tard, ces anticorps étaient éliminés et une nouvelle infestation provoquait la mort des animaux dans les délais habituels de 5 jours.
  • 1969 La Commission de contrôle.[3] Afin d’éviter toute controverse et rumeur sur la validité des expériences avec les souris trypanosomées, le professeur Courrier a suggéré au professeur Pautrizel d’organiser une Commission de Contrôle pour répéter l’expérience de base : Des souris inoculées avec 20 000 Trypanosomes sont exposées au rayonnement PRIORE, 6 heures par jour, durant 5 jours. On dénombre ensuite les souris mortes et vivantes, le tout sous un contrôle sévère.
Les précautions prises par cette commission, présidée par le professeur Roger Cambar, étaient draconiennes: les souris étaient placées dans des cages cadenassées, des scellés étaient posés par huissier sur ces cages et sur les portes des laboratoires, les membres de la commission étaient présents à chaque opération...
Le résultat de l’expérience fût une confirmation totale de celle décrite par Pautrizel et col. A la fin de l’expérience, les souris traitées ont été remises au professeur Claude Lagarde, directeur de la Fondation Bergonié, membre de la commission et détracteur d'Antoine Priore, qui a pu ainsi vérifier lui-même les caractéristiques immunologiques acquises par les animaux.
  • 1970 R. Pautrizel et coll.[4] Cette expérience portait sur la trypanosomiase chronique du lapin. Tous les animaux du groupe de contrôle étaient morts au bout de 6 semaines. Tous les lapins traités furent guéris. Le facteur modifié était la durée totale du traitement. Plus le traitement commençait tard après l’infestation, plus la guérison des animaux prenait de temps.
Les lapins guéris furent tous suivis en laboratoire pendant plus de 12 mois. Ils étaient tous immunisés aux réinfestations par la même souche de trypanosomes.
  • 1971 A-J. Berteaud et A. Bottreau[5]. Cette expérience fut menée par deux physiciens du C.N.R.S. qui passèrent plus d’un an chez Antoine Priore pour caractériser l’émission électromagnétique de son appareil. Ces chercheurs utilisaient des souris trypanosomées comme témoin de l’effet du rayonnement. Le modèle de la trypanosomiase expérimentale était en effet si régulier et si reproductible qu’ils mettaient des souris infestées à des distances variables de l’axe central de l’appareil pour corréler certains paramètres physiques (intensité des champs magnétiques, puissance des micro-ondes etc.) et l’effet sur la trypanosomiase. La conclusion principale de ce travail fut :
- Toutes les souris placées sur l’axe central guérissaient comme d’habitude.
- Plus les souris sont éloignées de l’axe central, moins l’effet se faisait sentir.
- Placées à une distance de 20 cm de l’axe, les souris mourraient en même temps que les témoins du groupe de contrôle.
  • 1971 S. Avraméas et A. Lwoff[6]. Dans le but de vérifier par lui-même la véracité des observations, le Pr A. Lwoff décide de faire une expérimentation « secrète ». Avec un lot de souris infestées avec T. equiperdum et destinées à être traitées chez Antoine Priore, il injecte aussi un antigène connu de lui seul. Il pouvait donc contrôler la possibilité de substitution de souris en recherchant des anticorps à cet antigène. Le professeur Lwoff envoya son assistant, S. Avraméas, avec ces souris à Bordeaux pour traitement par le rayonnement. L’analyse des anticorps des souris irradiées et guéries de leur trypanosomiase fut réalisée par hemagglutination dans son laboratoire à Paris.
Résultats:
Le taux des anticorps spécifiques à l’antigène « secret » était plus élevé chez les souris traitées que chez les témoins resté à Paris. Donc, pas de possibilité de substitution des souris chez Antoine Priore et même une exaltation des défenses contre l’antigène secret !
Suite à cette expérience, le Professeur Lwoff, qui était à l’origine très sceptique en ce qui concerne les effets attribués au rayonnement Priore, devint un défenseur convaincu.
  • 1971 R. Pautrizel et coll.[7] Le but de cette expérimentation était de savoir si l’immunité induite par le rayonnement électromagnétique était modifié chez les souris privées de leur rate. Aucune différence de comportement ne fut mise en évidence. Les souris, privées de leur rate et traitées, résistaient jusqu'à la 7e ré-infestation soit 173 jours après la première infestation.
  • 1972 R. Pautrizel et coll.[8] Cette étude concernait l’action du rayonnement sur les modifications lipidiques provoquées chez le lapin par l’administration d’un régime alimentaire hypercolestérolé. Pour obtenir un effet, il était nécessaire de faire passer la longueur d’onde H.F. de 17 m à 13 m. L’action du rayonnement fut d’atténuer considérablement l’hyperlipémie, les résultats sur la cholestérolémie dépendaient de l’intensité du traitement.
  • 1972 R. Pautrizel et coll.[9] Cette expérience avait comme but d’étudier l’effet du rayonnement sur l’orchite trypanosomienne du lapin.
La manifestation la plus caractéristique de la trypanosomiase du lapin est l’apparition d’une orchite. Le traitement précoce par le rayonnement empêcha l’apparition de l’orchite trypanosomienne. L’effet d’un traitement décalé se manifesta plus tardivement. La restauration sembla définitive. Lorsqu’un lapin était irradié du 15e au 33e jour après l’infestation, il présentait encore des testicules normaux au point de vue gamétogène et hormonogène 8 et 14 mois après l’infestation.
  • R. Pautrizel reçoit le soutien de la Direction des Recherches et Moyens d'Essais D.R.M.E (recherche militaire). Le rapport final donne les détails des expérience fait avec l'appareil de Priore sur des souris, rats et lapins infestés avec T. equiperdum et avec P. bergei[10]. Les animaux infestés avec T. equiperdun sont guéris à 100%, mais ceux infestés avec P. bergei (vecteur du paludisme), la guérison est à 40%.
  • 1975 R. Pautrizel et coll.[11] L’objet des expériences était de confirmer le mode d’action du rayonnement, c’est à dire de déterminer si l’effet se produisait sur les trypanosomes eux-mêmes ou s’il se produisait sur le système immunitaire. Des expériences furent faites sur :
(a) des souris adultes ;
(b) des souris nouveau nés, dont le système immunitaire n’était pas développé ;
(c) des souris adultes auxquelles on avait administré un immunodépresseur (cyclophosphamide) ;
(d) des trypanosomes confinés dans des « cages de diffusion » greffées sur le dos de souris. Dans ces cages, les trypanosomes se multiplient à l’abri de l’action directe des cellules de l’hôte.
Le protocole de traitement restait identique à celui déjà utilisé.
Résultats:
- Toutes les souris adultes traitées furent guéries comme à l’habitude et le taux des anticorps agglutinants qu’elles produisirent était supérieur à 2 000 .
- Pour les souris nouveau-nées, il n’y avait pas d’effet observé et elles moururent en même temps que les souris témoins.
- Pour les souris auxquelles on avait administré un immunodépresseur, elles n’avaient pas de trypanosomes visibles dans le sang au 5e jour, mais le dosage des anticorps agglutinants était plus faible (50  au lieu de 2 000 ) et les trypanosomes réapparurent 12 jours plus tard.
- Les trypanosomes confinés dans les cages de diffusion se développèrent normalement et ne perdaient rien de leur virulence. Quand ils furent injectés à de nouvelles souris, celles-ci moururent 5 jours plus tard.
La conclusion du travail était donc que le rayonnement n’avait pas d’effet direct sur les trypanosomes, mais que son action passait par une stimulation du système immunitaire.
  • 1976 - R. Pautrizel et coll.[12] Présentation de l’ensemble des travaux expérimentaux au "Colloque international sur la trypanosomiase humaine Africaine" à Anvers.
  • 1977 - A. Bottreau et coll.[13], avec les membres de son laboratoire de physique à la faculté des sciences (G. Delbos, C. Demau, C. Marzat, J. Moreau, J.-L. Salefran et G. Vicq) fit une expérience demandée par le professeur Lumsden de Londres : l’expérience dite des « témoins internes ». Les souris témoins étaient placées sous l’appareil à côté des souris irradiées, mais complètement isolées du champ électromagnétique par un blindage. Les témoins étaient donc exactement dans le même environnement (température, lumière, bruit etc.) que les souris traitées. Cette expérience est fait pour répondre à la suggestion que les guérisons des souris sont dûs à la chaleur, bruit ou la lumière à proximité de l'appareil.
Le résultat fut que toutes les souris témoins étaient mortes après 5 jours et que les souris traitées étaient toutes vivantes.
  • 1977 - R. Pautrizel et coll.[14] ont étudiés l’effet de l’hyperthermie sur la trypanosomiase expérimentale de la souris. Certaines critiques des résultats obtenus avançaient l’hypothèse que la guérison des souris pouvait être due à un échauffement des souris par l’appareil. Les résultats de cette étude montrent que les souris infestées avec des trypanosomes et maintenues dans un environnement à 35 °C pendant 6 heures par jour meurent en même temps que les souris témoins. Les souris qui sont maintenues à 35 °C 24 heures sur 24 ont montré une petite différence avec les témoins, mais seulement 2% des souris guérissaient.
  • 1978 R. Pautizel et coll.[15] Publication des résultats d’un travail en continuation de l’étude sur les immunodépresseurs intenses et l’action du rayonnement PRIORE. Les immunodépresseurs utiliseraient : Rayon X (dosages de 600 R, 900 R et 1 200 R) et cyclophosphamide par injections (300 mg/kg avant infestation et 70 mg/kg chaque jour). Deux types de souris ont été utilisées: des souris ‘Swiss’, qui ont dans le sang des lymphocytes B et lymphocytes T, et des souris ‘Nude’. Ces dernières ont un système de défense amoindri du fait d’une déficience en lymphocytes T.
Résultats:
- Toutes les souris ayant reçu des doses élevées de cyclophosphamide mourraient en même temps que les témoins.
- Toutes les souris ayant reçu des doses élevées de rayons X (900 R et 1 200 R) moururent en même temps que les témoins.
- Les souris ayant reçu 600 R de rayons X n’avaient plus de trypanosomes apparent dans le sang au 5e jour, mais, quelques jours plus tard, ils réapparurent. L’éradication était incomplète.
- Les souris ‘Nude’ guéries l’étaient exactement comme les souris ‘Swiss’.
- Les souris ‘Nude’ qui avaient reçu 600 R de rayons X sont mortes en même temps que les témoins.
Les résultats amenaient à la conclusion que si les défenses immunitaires étaient intensément déprimées, le rayonnement n’avait pas d’action.
  • 1978 R. Pautrizel et coll.[16] Expérience destinée à étayer l’idée que la stimulation des défenses immunitaires était une caractéristique essentielle de l’action du rayonnement. Des expériences furent faites en fonction de l’âge des souris.
Résultats:
- Pour les souris de moins de 28 jours, qui ont un système immunitaire immature, les animaux irradiés mourraient en même temps que les témoins.
- Pour les souris âgées de 29 à 34 jours, certaines guérissaient, d’autres mourraient.
- Pour des souris âgées de plus de 35 jours, toutes guérissaient.
  • 1981 R. Pautrizel et coll.[17] L’hypothèse selon laquelle la guérison des souris par le rayonnement Priore résultait d’un effet thermique produit soit par les micro-ondes (9,2 GHz), soit par les ondes radiofréquences (17 MHz) fut étudiée par le professeur Pautizel et ses collègues. L’effet de l’hyperthermie seule sur les souris trypanosomées était nul. Les souris soumises à un traitement purement thermique moururent en même temps que les témoins.

Références[modifier | modifier le wikicode]

  1. R. Pautrizel, « Influence d'ondes électromagnétiques associés sur l'immunité de la Souris infestée par Trypanosoma equiperdum », dans Comptes rendus de l'Académie des sciences de Paris, 1 août 1966, p. 579-582 [[disponible sur Gallica texte intégral]] .
  2. R. Pautrizel, « Stimulation, par des moyens physiques, des défenses de la souris et du rat contre la Trypanosomose expérimentale », dans Comptes rendus de l'Académie des sciences de Paris, 9 avril 1969, p. 1889-1892 [[disponible sur Gallica texte intégral]] .
  3. R. Cambar, « Rapport de la Commission de controle 1969 (a) » sur Archives de l'Affaire Priore
    R. Cambar, « Rapport de la Commission de controle 1969 (b) » sur Archives de l'Affaire Priore
  4. R. Pautrizel, « Action de champs magnétiques combinés à des ondes électromagnétiques sur la trypanosomiase expérimentale du Lapin », dans Comptes rendus de l'Académie des sciences de Paris, 7 septembre 1970, p. 877-880 [[disponible sur Gallica texte intégral]] .
  5. A-J. Berteaud, « Essai de corrélation entre l'évolution d'une affection par Trypanosoma equiperdum et l'action d'une onde électromagnétique pulsée et modulée », dans Comptes rendus de l'Académie des sciences de Paris, 15 février 1971, p. 1003-1006 [[disponible sur Gallica texte intégral]] .
  6. S. Avramias, « Cahier de laboratoire » sur Archives de l'Affaire Priore
  7. R. Pautrizel, « État de protection vis-à-vis de Trypanosoma Equiperdum chez des souris splénectomisées et soumises à une stimulation physique », dans Colloque Européen de Parasitologie, Rennes, 1971 [texte intégral] .
  8. R. Pautrizel, « Action d'ondes électromagnétiques sur les modifications lipidiques provoquées chez le Lapin par l'administration d'un régime alimentaire hypercholestérolé », dans Comptes rendus de l'Académie des sciences de Paris, 17 janvier 1972, p. 488-491 [[disponible sur Gallica texte intégral]] .
  9. Gaston Mayer, « Action de champs magnétiques associés à des ondes électromagnétiques sur l'orchite trypanosomienne du Lapin », dans Comptes rendus de l'Académie des sciences de Paris, 29 mai 1972, p. 3011-3014 [[disponible sur Gallica texte intégral]] .
  10. R. Pautrizel et coll., « Stimulation de la production d'anticorps par l'association de champs magnétiques modulés et d'ondes électromagnétiques : Rapport final : Convention D.R.M.E. n° 69-34-316-00-480-75-01 » sur Archives de l'Affaire Priore
  11. R. Pautrizel, « Stimulation des défenses de la souris trypanosomée par l'action d'un rayonnement associant champ magnétique et ondes électromagnétiques », dans Comptes rendus de l'Académie des sciences de Paris, 28 avril 1975, p. 1915-1918 [[disponible sur Gallica texte intégral]] 
    A-N. Pautrizel, « Multiplication de Trypanosoma equiperdum dans une « chambre de diffudion » implantée chez la souris », dans Comptes rendus de l'Académie des sciences de Paris, 21 avril 1975, p. 1825-1828 [[disponible sur Gallica texte intégral]] ..
  12. R. Pautrizel, « Effets des champs magnétiques et des ondes électromagnétiques modulés sur la trypanosomiase expérimentale », dans Annales de la société belge de médecine tropicale, 1976, p. 501-523 [texte intégral] .
  13. [auteur=A. Bottreau et coll. Cahier de laboratoire (6 pages) sur Archives de l'Affaire Priore
  14. A-N. Pautrizel, « Influence d'une ambiance thermique élevée sur l'évolution de la trypanosomiase expérimentale de la Souris », dans Comptes rendus de l'Académie des sciences de Paris, 6 juin 1977, p. 2187-2190 [[disponible sur Gallica texte intégral]] .
  15. R. Pautrizel, « Importance des mécanismes immunitaires dans la guérison de la trypanosomiase expérimentale par stimulation physique », dans Comptes rendus de l'Académie des sciences de Paris, 22 mai 1978, p. 1487-1492 [[disponible sur Gallica texte intégral]] .
  16. R. Pautrizel, « Influence de l'âge de la Souris sur l'efficacité de la stimulation de ses défenses par un rayonnement électromagnétique », dans Comptes rendus de l'Académie des sciences de Paris, 18 septembre 1978, p. 575-578 [[disponible sur Gallica texte intégral]] .
  17. R. Pautrizel, « Immunostimulation by electromagnetic waves compared with effects of hyperthermia », dans 9th International Congress on Biometorology, Osnabruck, septembre 1981, p. 126-127 [texte intégral] 

Les greffes de peau[modifier | modifier le wikicode]

Pour les raisons expliquées dans la section « Les souris anglaises » ci-dessous, les chercheurs du Chester Beatty Institute ont pratiqué des greffes de peau sur certaines souris soumises au rayonnement Priore. Les greffons, en provenance de souris de la même lignée, sont rejetés, ce qui est inhabituel. Ce résultat surprenant fut utilisé pour alimenter une rumeur répandue principalement par les Prs R. Latarjet et J. Bernard selon laquelle les « prétendues guérisons » sont simplement le résultat d’une substitution d’animaux : les souris qui retournent à Londres ne sont pas de la même que les souris envoyées à Floirac !

Le chercheur principal qui a fait les observations chez Priore, le Dr. Ambrose, n'a jamais considéré cette rumeur sérieuse ; il la traite comme « bêtise »[1]. En même temps, juin 1966, le professeur Grabar, Directeur de l’Institut de Recherche Scientifique sur le Cancer de Villejuif, suggère que le rejet des greffes indiquait peut-être une exaltation des défenses immunitaires chez les souris irradiées.

Entre 1969 et 1971, poursuivant l'idée du professeur Grabar, P. Chateaureynaud-Duprat (C.N.R.S.), en collaboration avec A.-M. Colonge (Collège de France), pratiqua une série de greffes (allogreffes, homogreffes (greffe dans laquelle le donneur du greffon appartient à la même espèce que le receveur) et isogreffes) sur des souris soumises au rayonnement Priore[2].

  • Les homogreffes étaient rejetées plus rapidement chez les souris irradiées que chez les souris témoins.
  • Pour les isogreffes (greffes entre souris de la même lignée), il fut montré que malgré la forte histocompatibilité, les souris irradiées rejetaient leurs greffes et les souris non-irradiées acceptaient bien les greffons.

Il semble donc que, une fois passé sous le rayonnement produit par l’appareil de Priore, l’organisme de l’animal soit capable de faire, à cause d'une stimulation des défenses immunitaires, une différence entre ses constituants propres et ceux de l’isogreffe, différences que l’organisme de l’animal non-irradié ne perçoit pas. Ce travail explique le rejet des greffes des « souris anglaises ».

Références[modifier | modifier le wikicode]

  1. E.J. Ambrose, « Lettre du 21 juin 1966 » sur Archives de l'Affaire Priore
    E.J. Ambrose, « Lettre du 22 juin 1966 » sur Archives de l'Affaire Priore
  2. P. Chateaureynaud-Duprat, « Rapport d'activité à la Direction du CNRS (1970-1971), pages 3-9 » sur Archives de l'Affaire Priore
    P. Chateaureynaud, « Notes de laboratoire - Influences des ondes électromagnétiques et des champs magnétiques modulés sur le devenir des homogreffes de peau chez la Souris » sur Archives de l'Affaire Priore

Essais cliniques[modifier | modifier le wikicode]

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Appareil Priore c. 1978

En 1978-1979 plusieurs cas de cancer humain sont traités en utilisant l'appareil conçu pour les animaux[1]. Cette démarche, qui peut paraître pas déontologique, s'explique par les controverses engendré par l'« Affaire Priore » et qui sont décrites ci-dessous.

Ces tentatives thérapeutiques ont été faites avec beaucoup de prudence et de réserves par les Professeurs Dubourg, Courty (président régional de l'Ordre des Médecins)et Pautrizel, car ils soignaient des êtres humains de 50 kg avec un appareil conçu initialement pour traiter quelques souris de 20 gm chacune! L'appareil utilisé pour les expériences avec les trypanosomes a subi seulement des modifications de façade : cache autour de la lampe à plasma ; émail blanc sur les panneaux de contrôle, lit amovible sous la lampe, etc. Ces aménagements étaient faits pour rendre l'environnement plus « médical » pour les malades.

Les patients sélectionnés pour l'essai clinique avaient tous bénéficié de la panoplie des propositions thérapeutiques disponibles à l'époque et leurs cas sont considérés désespérés par leurs médecins traitants avec un pronostique d'issue fatale à brève échéance.

Sur les 12 cas traités durant cette période, les résultatsfurent modestes, ce qui n’est pas surprenant étant donné leur gravité. Il y eut, dans presque tous les cas, des améliorations de l’état général des patients, quelques cas de prolongement de vie au-delà des espérances médicales et un cas de guérison certaine : la patiente en question est décédée en novembre 1999, âgée de 95 ans !

Le contraste entre les résultats étonnants de l’expérimentation animale et des résultats inconsistants chez l’homme a probablement plusieurs causes parmi lesquelles on peut en particulier citer :

- les insuffisances de l’appareil utilisé : les organismes animaux étaient complètement irradiés, contrairement aux humains ;
- les cas traités étaient désespérés et les malades avaient souvent subi des chimiothérapies et des radiothérapies ayant considérablement détérioré leur système de défense immunitaire.

Références[modifier | modifier le wikicode]

  1. G. Dubourg, « Stimulation des défenses de l'organisme par association d'un rayonnement électromagnétique pulsé et un champ magnétique : Tentatives d'application au traitement du cancer chez l'homme. », dans International Symposium on wave therapeutics : Interaction of non-ionising electromagnetc radiation with living systems, 19-20 mai 1979, p. 198-208 [texte intégral] .

Publications[modifier | modifier le wikicode]

La liste de l'ensemble des publications dans des revues scientifiques, avec liens pour une lecture en-ligne se trouve ci-dessous :

Publications dans les Compte rendus de l'Académie des sciences (Paris)

  • M-R. Rivière, « Cancérologie. Action des champs électromagnétiques sur les greffes de la tumeur T8 sur le rat », dans Comptes rendus de l'Académie des sciences de Paris, 21 décembre 1964, p. 4895-4897 [[disponible sur Gallica texte intégral]] .
  • M-R. Rivière, « Effet de champs électromagnétiques sur un lymphosarcome lymphoblastique transplantable du Rat », dans Comptes rendus de l'Académie des sciences de Paris, 15 février 1965, p. 2099-2102 [[disponible sur Gallica texte intégral]] .
  • M-R. Rivière, « Phénomènes de régression observées sur les greffes d'un lymphosarcome chez des souris exposées à des champs électromagnétiques », dans Comptes rendus de l'Académie des sciences de Paris, 1 mars 1965, p. 2639-2643 [[disponible sur Gallica texte intégral]] .
  • R. Pautrizel, « Influence d'ondes électromagnétiques associés sur l'immunité de la Souris infestée par Trypanosoma equiperdum », dans Comptes rendus de l'Académie des sciences de Paris, 1 août 1966, p. 579-582 [[disponible sur Gallica texte intégral]] .
  • R. Pautrizel, « Stimulation, par des moyens physiques, des défenses de la souris et du rat contre la Trypanosomose expérimentale », dans Comptes rendus de l'Académie des sciences de Paris, 9 avril 1969, p. 1889-1892 [[disponible sur Gallica texte intégral]] .
  • R. Pautrizel, « Action de champs magnétiques combinés à des ondes électromagnétiques sur la trypanosomiase expérimentale du Lapin », dans Comptes rendus de l'Académie des sciences de Paris, 7 septembre 1970, p. 877-880 [[disponible sur Gallica texte intégral]] .
  • A-J. Berteaud, « Essai de corrélation entre l'évolution d'une affection par Trypanosoma equiperdum et l'action d'une onde électromagnétique pulsée et modulée », dans Comptes rendus de l'Académie des sciences de Paris, 15 février 1971, p. 1003-1006 [[disponible sur Gallica texte intégral]] .
  • R. Pautrizel, « Action d'ondes électromagnétiques sur les modifications lipidiques provoquées chez le Lapin par l'administration d'un régime alimentaire hypercholestérolé », dans Comptes rendus de l'Académie des sciences de Paris, 17 janvier 1972, p. 488-491 [[disponible sur Gallica texte intégral]] .
  • Gaston Mayer, « Action de champs magnétiques associés à des ondes électromagnétiques sur l'orchite trypanosomienne du Lapin », dans Comptes rendus de l'Académie des sciences de Paris, 29 mai 1972, p. 3011-3014 [[disponible sur Gallica texte intégral]] .
  • A-N. Pautrizel, « Multiplication de Trypanosoma equiperdum dans une « chambre de diffudion » implantée chez la souris », dans Comptes rendus de l'Académie des sciences de Paris, 21 avril 1975, p. 1825-1828 [[disponible sur Gallica texte intégral]] .
  • R. Pautrizel, « Stimulation des défenses de la souris trypanosomée par l'action d'un rayonnement associant champ magnétique et ondes électromagnétiques », dans Comptes rendus de l'Académie des sciences de Paris, 28 avril 1975, p. 1915-1918 [[disponible sur Gallica texte intégral]] .
  • A-N. Pautrizel, « Influence d'une ambiance thermique élevée sur l'évolution de la trypanosomiase expérimentale de la Souris », dans Comptes rendus de l'Académie des sciences de Paris, 6 juin 1977, p. 2187-2190 [[disponible sur Gallica texte intégral]] .
  • R. Pautrizel, « Importance des mécanismes immunitaires dans la guérison de la trypanosomiase expérimentale par stimulation physique », dans Comptes rendus de l'Académie des sciences de Paris, 22 mai 1978, p. 1487-1492 [[disponible sur Gallica texte intégral]] .
  • R. Pautrizel, « Influence de l'âge de la Souris sur l'efficacité de la stimulation de ses défenses par un rayonnement électromagnétique », dans Comptes rendus de l'Académie des sciences de Paris, 18 septembre 1978, p. 575-578 [[disponible sur Gallica texte intégral]] .


Publications diverses

  • G. Delmon, « La croissance du carcinome de Guérin sous l'action de champs magnétiques », dans Revue de pathologie comparée, no 2, 1966, p. 85-88 [texte intégral] .
  • R. Pautrizel, « État de protection vis-à-vis de Trypanosoma Equiperdum chez des souris splénectomisées et soumises à une stimulation physique », dans Colloque Européen de Parasitologie, Rennes, 1971 [texte intégral] .
  • R. Pautrizel, « Effects of the Priore apparatus on some different model », dans Biological effects of non-ionising radiations, 1974 [texte intégral] .
  • R. Pautrizel, « Guérison de la Trypanosomiase Chronique du Lapin à Trypanosoma equiperdum par l'Action Combinée de Champs Magnétiques et d'Ondes Électromagnétiques Modulées », dans Journal de Protozoologie, vol. 22, no 3, 1975, p. A84 [texte intégral] .
  • R. Pautrizel, « Effets des champs magnétiques et des ondes électromagnétiques modulés sur la trypanosomiase expérimentale », dans Annales de la société belge de médecine tropicale, 1976, p. 501-523 [texte intégral] .
  • R. Pautrizel, « Un aspect spectaculaire du bioélectromagnétisme : permettre à l'organisme-hôte de se débarrasser d'une infection aigüe ou chronique sans l'aide d'aucune substance médicamenteuse », dans 104 Congrès National des Sociétés Savantes, Bordeaux 17-21 avril 1979, 1979 [texte intégral] .
  • G. Dubourg, « Stimulation des défenses de l'organisme par association d'un rayonnement électromagnétique pulsé et un champ magnétique : Tentatives d'application au traitement du cancer chez l'homme. », dans International Symposium on wave therapeutics : Interaction of non-ionising electromagnetc radiation with living systems, 19-20 mai 1979, p. 198-208 [texte intégral] .
  • R. Pautrizel, « Immunostimulation by electromagnetic waves compared with effects of hyperthermia », dans 9th International Congress on Biometorology, Osnabruck, septembre 1981, p. 126-127 [texte intégral] 
  • R. Pautrizel, « Stimulation of protection mecanismes by magnetic fields and electro-magnetic waves (Priore apparatus) », dans Poster : Symposium of the International Society of Bioelectricity, Boston U.S.A., octobre 1983, p. 1-22 [texte intégral] 

Les « Cahiers de Laboratoire »[modifier | modifier le wikicode]

En travaux
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Dans les sections qui suivent nous résumons les contenus des cahiers et donnons les liens vers les dossiers correspondants dans les Archives Priore.

Les cahiers de Anne-Nelly Pautrizel[modifier | modifier le wikicode]

Les cahiers de Gaston et Guy Mayer[modifier | modifier le wikicode]

Les cahiers de Françoise Forestier[modifier | modifier le wikicode]