Affaire Priore/Leroy-Somer

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LA SOCIÉTÉ LEROY-SOMER et Antoine PRIORE


L'Affaire Priore
Affaire Priore
CHAPITRES
ANNEXES
Notes de synthèse
Le rapport Bernard-Latarjet Les souris anglaises La commission de 1960 La commission de 1969
L'Académie des sciences Leroy-Somer S.O.V.I.R.E.L. Les finances de l'Affaire Priore
La D.R.M.E. et la D.G.R.S.T. I.N.S.E.R.M. La thèse universitaire d'Antoine Priore Le Comité de soutien d'Antoine Priore
Diverses rumeurs La Mairie de Bordeaux La Presse, Radio et T.V. Le laboratoire P.I.O.M.



Introduction[modifier | modifier le wikicode]

La société Moteurs LEROY (qui deviendra ‘Moteurs LEROY-SOMER en 1968) est une P.M.E. d’Angoulême, spécialisée dans la fabrication de moteurs et pompes électriques.

A partir de mars 1965 elle jouera un rôle décisif dans l’échec d’Antoine Priore. Ce rôle passe par la création de deux filiales:

  • La S.E.R.E.S.O. (Société d'Études et Recherche Électronique du Sud Ouest),
  • La S.E.R.A.P. (Société d’Exploitation du Rayonnement Antoine Priore).

Toutes les deux sociétés étaient destinées à l’exploitation commerciale des brevets d’Antoine Priore. Elles étaient dirigées respectivement par Georges Chavanes, président du directoire de LEROY-SOMER, et par Paul Ribeau, un ingénieur cadre chez LEROY-SOMER.

Auparavant, Antoine Priore avait déjà collaboré avec un industriel. En effet, la société S.O.V.I.R.E.L. (Société de Verreries Industriels Réunis du Loing) de Bagneux, filiale de Saint-Gobain, avait commencé une collaboration avec lui dès 1959[1]. La S.O.V.I.R.E.L. fournissait gracieusement à Antoine Priore les tubes à décharge, éléments essentiels de ses appareils. Il n’y a jamais eu de cadre juridique pour définir leur association, seulement l’accord tacite : « Le jour venu de l'exploitation commerciale des appareils, la S.O.V.I.R.E.L. serait le fournisseur exclusif des verreries », un marché potentiellement énorme. Les rapports entre la S.O.V.I.R.E.L. et Antoine PRIORE étaient basés sur la confiance et le respect mutuel, d’homme à homme, où la parole donnée était la parole tenue.

Sans doute Antoine Priore[2] imaginait que ses rapports avec la société LEROY-SOMER, et en particulier avec G. Chavanes et P. Ribeau, seraient de même nature que ses relations avec les représentants de la S.O.V.I.R.E.L. (MM. Genty, Gousset, Régis et Vène)

Si tel était le cas, il se trompait lourdement.

Nous examinerons en détail les rapports sadomasochistes entre Antoine Priore et la société LEROY-SOMER. Il y a quatre grandes périodes que nous analyserons dans les quatre sections qui suivent :

  • 1965 à 1969 entre la création et la dissolution de la société S.E.R.E.S.O.,
  • 1970 - 1972 avec l’intervention de la D.R.M.E. et la D.G.R.S.T.,
  • 1972 à 1981 entre la création et la dissolution de la société S.E.R.A.P.,
  • 1981 à 1989.

La période S.E.R.E.S.O.[modifier | modifier le wikicode]

Le début de la S.E.R.E.S.O.

Antoine Priore est entré en contact avec la société Moteurs LEROY d'Angoulême en décembre 1964, par l’intermédiaire d’un certain M. Pernon[3] et de P. Vène[4] de la S.O.V.I.R.E.L., afin d’obtenir des facilités de paiement pour un groupe moteur[5] dont il avait besoin.

Dès le tapage médiatique[6] autour de la présentation des travaux de MM. Rivière, Guérin, Priore, Berlureau et Fournier par le Pr. Robert Courrier à l’Académie des sciences le 1 mars 1965, G. Chavanes et P. Ribeau se présentèrent chez Antoine Priore. Ils avaient un devis pour le groupe moteur et des propositions pour une collaboration commerciale avec la société Moteurs LEROY.

D’abord, le 4 mars, ils proposèrent[7] de mettre un local et du matériel électrique à sa disposition dans l’usine d’Angoulême. Quelques jours plus tard, après un autre entretien avec Antoine Priore, G. Chavanes[8] proposa, tout simplement, de construire une usine dans la région bordelaise, pour l’exploitation de ses brevets, si Antoine Priore signait un contrat d’exclusivité avec eux.

Après quelques hésitations de la part d’Antoine Priore et de ses amis[9], la société S.E.R.E.S.O. fut constituée le 15 juillet 1965, avec un capital de 30 000 F. réparti comme suit:

  • 23 600 F. pour les Moteurs LEROY,
  • 6 400 F. pour les porteurs - Priore, Berlureau, Balzeau, Fournier et Lagière. (M. Balzeau était commissaire divisionnaire à la P.J. de Bordeaux et ancien compagnon de résistance d'Antoine Priore ; L. Lagière, dont la mère avait été soignée par Antoine Priore, était adjoint de Jacques Chaban-Delmas à la mairie de Bordeaux.

Dans cette répartition du capital très étonnante il n'est pas tenu compte de l'apport en nature fait par Antoine Priore, c'est à dire son savoir-faire !

Le siège social de la S.E.R.E.S.O. se trouvait au parc industriel de Pessac (Gironde) et G. Chavanes en était le gérant. Le 30 juillet un contrat de travail ‘très bien ficelé’ lia Antoine Priore avec la S.E.R.E.S.O. en tant que directeur technique. Ce contrat fut ‘assoupli’ un peu plus tard[10], après l’intervention du Pr. Jean Auby, professeur de droit à l’université de Bordeaux.

La construction d’un appareil expérimental, désigné soit par le nom « M235 », soit par « PR1 », selon le document consulté, au domicile d’Antoine Priore à Floirac, fut démarrée rapidement sous la direction de P. Ribeau. Ce dernier était censé suivre les directives techniques d’Antoine Priore.

L'expérimentation animale avec cet appareil est un peu troublante.

  • En septembre, octobre et novembre 1965 le Pr. Rivière a fait une série d'expériences[11] sur des rats greffés avec la tumeur LS347. Parfois il a obtenu des résultats partiels puisque quelques rats étaient toujours vivants 21 jours après la greffe. Mais les rats n'étaient pas totalement guéris, comme avec l'appareil d'Antoine PRIORE.
  • En mai 1966, le Pr. R. Pautrizel[12] a fait trois expériences avec des globules rouges de mouton et avec des trypanosomes injectés à des souris. Il obtint encore des résultats partiels, mais pas comparables aux résultats obtenus avec l'appareil d'Antoine PRIORE.
  • Cependant, dans une des expériences, le Pr. Rivière obtient exactement les mêmes résultats avec le PR1 qu'il a obtenu avec l'appareil d'Antoine Priore et pour lui les différences sont dû au balayages des paramètres physiques et temps d'exposition.
  • En octobre 1966 Antoine Priore fait état des défaillances de l'appareil dans deux lettres[13] adressée au Pr. André Maréchal et J. Dardel de la D.G.R.S.T. (Délégation Général de Recherche Scientifique et Technique) où il affirme que l’appareil construit par P. Ribeau n’est pas conforme à ses conceptions et qu’il ne donne pas les effets biologiques de son ancien appareil.
  • Ceci est aussi confirmé par une lettre que P. Vène[14] de la société S.O.V.I.R.E.L. a adressé au Pr. MARÉCHAL, où il donne un devis des opérations à faire pour corriger certaines erreurs de conception dans le tube à décharges de l’appareil de P. Ribeau.

Pendant cette période:

  • Les relations personnelles entre les dirigeants de la S.E.R.E.S.O. et Antoine Priore se dégradent au point ou il envisage de faire dissoudre la société. P. Vène (S.O.V.I.R.E.L.) a pu décider[15] Antoine Priore et ses amis de différer leur action jusqu'au moment ou ils saureraient les intentions de la D.G.R.S.T.
  • G. CHAVANES[16] essaie de convaincre la S.O.V.I.R.E.L. de prendre une participation dans la S.E.R.E.S.O., car il est conscient que la lampe fabriquée par S.O.V.I.R.E.L. est un composant essentiel de l'appareil.
Du côté S.O.V.I.R.E.L. il y a des hésitations[17], car par leurs relations amicales avec MM. Priore et Berlureau les cadres de la S.O.V.I.R.E.L. sont au courant des conflits entre MM. Priore et Ribeau et de certaines illégalités. (Par exemple, à cette époque Antoine Priore n'a signé aucun licence avec la S.E.R.E.S.O., donc elle n'a pas de droit de construire et de vendre des appareils !) Un accorde de principe de participation dans la S.E.R.E.S.O. est donné par M. Duval, directeur général des ventes[18] en février 1966, mais il restera sans suite.

Parallèlement aux activités de la S.E.R.E.S.O., l’I.R.S.C. (Institut de Recherches Scientifiques sur le Cancer) de Villejuif, sous l’impulsion de son directeur, le Pr. Pierre Grabar[19] et du ministre de la recherche[20] décide d’acheter un « appareil Priore » pour l'expérimenter, malgré une opposition interne très forte[21]. L’appareil devait être installé à Villejuif et les expérimentations devraient être effectuées sous le contrôle du Pr. Denoix et du Pr. R. Latarjet.

Après une certaine correspondance avec P. Grabar et une présentation par P. Ribeau[22] le 9 février 1966 à l’I.R.S.C., G. Chavanes proposa à Jacques Crozemarie (I.R.S.C.), le 28 février, le devis d’un appareil, le prénommé « PR1 », pour un montant de 757 000 F. Cette proposition fut acceptée et Crozemarie fit faire une étude par M. Piccon, l’architecte de l’I.R.S.C., dans le but de construire un local destiné à abriter l’appareil[23].

Le 11 mars G. Chavanes demande un devis à la S.O.V.I.R.E.L. pour une lampe destinée à cet appareil. La S.O.V.I.R.E.L.[24] propose de vendre un tel tube à la S.E.R.E.S.O. pour la somme de 22 428 F. H.T., à condition qu’Antoine Priore donne son accord…

Il est difficile de se mettre à la place d'Antoine Priore. On peut facilement imaginer deux scénarii plausibles.

Le premier est en fonction d'une personnalité paranoïaque que l'on peut attribuer à Antoine Priore. Il ne veut pas que son appareil s'échappe de son contrôle, chez lui, il est en désaccord avec la S.E.R.E.S.O., donc il monte toute une histoire pour dire que l'appareil construit par P. Ribeau ne fonctionne pas correctement et il empêche le transfert à l'IRSC.
La deuxième possibilité est, effectivement, l'appareil n'est pas conforme à ses directives, et qu'il ne donne pas les mêmes résultats biologiques constatés avec ses propres appareils. Si tel est le cas, il ne fallait pas le vendre à l’I.R.S.C. où se trouvent ses plus fervents détracteurs ! Une telle situation aurait été l’anéantissement de tous ses espoirs.

Quelque soit ses motivations, Antoine Priore met tout en œuvre[25] pour empêcher cette transaction.

  • Le 10 mars le Pr. Courrier écrit[26] au Pr. Kastler, qui doit visiter l'installation à Floirac le 14 mars, pour lui expliquer la situation très tendue entre Antoine Priore et la société S.E.R.E.S.O. Il suggéra que l'I.R.S.C. attende pour pouvoir acheter un véritable appareil Priore.
  • On peut aussi imaginer les réactions des cancérologues de l’I.R.S.C. après les controverses soulevées à l’Académie des sciences depuis le 1 mars 1965. Au moment où ils acceptent d’expérimenter un « appareil Priore » vendu par la S.E.R.E.S.O., l’inventeur lui-même les empêche de l’acheter !
  • Les soupçons de charlatanisme ou d’escroquerie étaient alors bien alimentés et rendaient la position des défenseurs d’Antoine Priore au sein de l’I.R.S.C. beaucoup plus difficile. En effet, à partir de mars 1966 le Pr. R. Latarjet commença à répandre la rumeur[27] de substitution d’animaux et de fraude chez Antoine Priore. La rumeur n'était pas fondée, mais ce refus de vendre un appareil apporta de l’eau au moulin des détracteurs d’Antoine Priore.

Les relations entre Antoine Priore et la S.E.R.E.S.O. continuent à se détériorer. (Il semble que Antoine Priore est convaincu que la maison LEROY-SOMER veut s’emparer de ses brevets et il décrit en détail ses craintes dans une lettre[28] adressé au Pr. Maréchal.) Lors de l’assemblée générale du 17 juin 1966[29], L. Lagière demande à MM. Chavanes et Ribeau d’expliquer leur animosité.

Apparemment, Antoine Priore refuse de signer le contrat de licence[30], dont l'article 2 lui dépossède complètement de son invention au profit de la S.E.R.E.S.O. ! On peut juger cette attitude parfaitement raisonnable.
De son côté, LEROY-SOMER ne veut pas ‘investir des millions’ sans que Priore signe un contrat de licence exclusif avec la S.E.R.E.S.O. Une attitude que l’on peut considérer comme normale pour un industriel.

Le fond du problème était donc un manque de confiance mutuelle entre les protagonistes. Ils étaient très loin des accords tacites, mais solides, qui liaient Antoine Priore et la S.O.V.I.R.E.L..

  • La peur d’Antoine Priore était justifiée par les démarches déjà entreprises auprès de l’I.R.S.C. Dès la signature de la licence, MM. Chavanes et Ribeau auraient tout de suite vendu des soi-disant « appareils Priore » dépourvus d’effets biologiques, et Antoine Priore aurait perdu toute crédibilité.
  • La peur de MM. Chavanes et Ribeau venait du fait qu’Antoine Priore avait su garder son secret. Ils n’avaient aucune idée ni sur les détails essentiels de la réalisation de l’appareil, ni sur son réglage.

Pendant l’été 1966 :

  • Antoine Priore était en conflit grave avec les dirigeants de la S.E.R.E.S.O.,
  • la rumeur de fraude chez Antoine Priore était en plein essor[31] dans le milieu médical parisien,
  • la D.G.R.S.T. (sous l’impulsion de MM. Bernard, Latarjet et Denoix) demandait avec insistance le déroulement des expériences de contrôle sur divers modèles de cancer expérimentaux[32], avant de considérer une subvention pour la construction d’un nouvel appareil,
  • l’appareil utilisé par MM. Rivière et Guérin, l’équipe du Chester Beatty Institute de Londres et le Pr. Pautrizel était à bout de souffle et tombait souvent en panne,
  • l’appareil de P. Ribeau, le « PR1 », ne donnait pas des résultats biologiques probants[33].
  • le 3 octobre, la S.E.R.E.S.O. dépose en son nom, une demande de brevet, qui sera accepté le 9 octobre 1967. On peut se douter que ce brevet[34] décrive l’appareil construit par P. Ribeau et non l’appareil conçu par Antoine Priore.

Pour résoudre ces problèmes pratiques et humains le Pr. Maréchal (délégué général) envoie des collaborateurs à Floirac en septembre.

Suite à cette visite, M. Dardel de la D.G.R.S.T., demande à Antoine Priore et A-J. Berteaud du laboratoire de magnétisme du C.N.R.S. à Bellevue, d’élaborer, pendant le mois d’octobre, des devis[35] pour une éventuelle remise en état de son ancien appareil et pour la construction d’un nouvel appareil par lui-même.
Cependant, le Pr. Guillaud, directeur du laboratoire de Bellevue, (dont la fille travaillait à l’I.R.S.C.) après des contacts avec LEROY-SOMER, menace[36] Antoine Priore de faire refuser sa demande de subvention auprès de la D.G.R.S.T. s’il n’accepte pas de laisser la S.E.R.E.S.O. vendre un appareil à l’I.R.S.C. de Villejuif.


La fin de la S.E.R.E.S.O.

Les relations entre la S.E.R.E.S.O. et Antoine Priore étaient si mauvaises que la D.G.R.S.T. s'en mêle dans une tentative d'apaisement.

  • D'abord, le 2 novembre 1966 une réunion entre MM. Dardel, de Lignac, Berteaud, Mme Baruch de la D.G.R.S.T. et P. Ribeau de la S.E.R.E.S.O. (compte-rendu [37] écrit par P. Ribeau). RIBEAU expose la situation du point de vue de la S.E.R.E.S.O. des relations avec Priore : le méfiance d'Antoine Priore ; la manque de coopération ; une demande de « 100 millions de francs » (centimes !) etc.
  • Suite à cette réunion, le Pr. Maréchal organise, le 9 novembre 1966, une réunion entre MM. Priore, Chavanes, Ribeau, avec les bons offices de MM. Vène et Meyer de la société S.O.V.I.R.E.L. Le but de cette réunion était de rétablir un climat de confiance entre Antoine Priore et la S.E.R.E.S.O. Un compte rendu a été écrit par M. Meyer[38]. Le Pr. Maréchal[39] conseillait très vivement aux protagonistes de régler leurs problèmes à l’amiable et rapidement.

Un des problèmes majeurs était le fait qu’Antoine Priore refuse, avec raison, de signer une licence avec la S.E.R.E.S.O. qui n’était pas de tout favorable à ses intérêts. Il explique dans une lettre[40] adressée au Pr. Maréchal les diverses tentatives faites par MM. Chavanes et Ribeau pour l’obliger de signer. Après un certain nombre de réunions et d'âpres discussions[41], Antoine Priore accepta de signer, le 28 décembre 1966, un contrat de licence exclusif avec la S.E.R.E.S.O.

Au lieu d’apaiser les tensions, ce contrat fût la source d’une nouvelle et désastreuse détérioration des relations avec la S.E.R.E.S.O. Il semble que[42] pendant les discussions lors de la signature, une modification manuscrite ait été apportée à la page 2 du contrat.

Les intéressés, G. Chavanes et A. Priore ont bien paraphé la modification. Au lieu d’apporter une tranquillité dans leurs relations, ce contrat était le départ d’une controverse supplémentaire.
En janvier 1967 G. Chavanes[43] envoie une copie de cette licence à P. Vène pour justifier les commandes pour les lampes que la S.E.R.E.S.O. fera auprès de la S.O.V.I.R.E.L. En même temps, à titre amical, Antoine Priore lui envoie une copie de son exemplaire du contrat. Avec les deux copies du contrat sous les yeux, Philippe Vène constate que les modifications manuscrites sur les deux contrats ne sont pas identiques !
Sur la copie[44] de G. Chavanes, la version qu'il avait enregistré, Article 1, page 2 figure en manuscrit: « Un mot nul » et le mot « notamment » intercalé entre « .. et en vue uniquement des applications thérapeutiques concernant notamment le cancer humain et animal ». Cet ajout est paraphé « GC » et « AP ».
Sur la copie[45] d'Antoine Priore, au même endroit, figure en manuscrit: « Un mot ajouté; notamment », avec les paraphes « GC » et « PA ».

Les écrits manuscrits sur les deux documents semblent être de la même main et les paraphes « GC » se ressemblent. Cependant les paraphes « AP » et « PA » ont une apparence différente sur les deux documents. Dans les archives du Dr F. Berlureau se trouve une copie de la troisième version de ce contrat[46]. Il est semblable à la copie qu'Antoine Priore avait donnée à P. Vène, sauf pour l'emplacement du mot « notamment » sur le papier.

Philippe Vène pense que les deux versions des contrats qu'il a reçus ne sont pas tapés avec la même machine. Il signale[47] ces différences à G. Chavanes et à Antoine Priore. En réponse, G. Chavanes affirme[48] que sa version est la bonne : Antoine Priore affirme que sa version est la bonne.

Nous ne sommes pas compétents d'apprécier la portée juridique de ses variations manuscrites. A priori, ils semblent être anodins, mais une chose est certaine, Antoine Priore avait le sentiment d'être « roulé » une fois de plus, à tel point qu'il envisageait de déposer des nouveaux brevets à son nom, en dehors de la société S.E.R.E.S.O.

Il demanda l'avis de MM. Vène et Meyer. Ces derniers lui conseillent[49] très vivement de ne pas aller à l'encontre de ses engagements signés avec la S.E.R.E.S.O., au risque de perdre le peu de crédibilité qu'il a acquis auprès de la D.G.R.S.T. Qu'il valait mieux attendre, puis négocier un nouveau contrat avec la S.E.R.E.S.O.

Ce climat de « petite guerre » entre Antoine PRIORE et le personnel de la société LEROY-SOMER est aussi décrit par P. Genty[50], dans un compte rendu d'une visite qu’il a fait à Floirac en mars 1967.

A l'époque de cet imbroglio juridique, G. Chavanes, fort de sa licence, cherche des subventions au développement auprès de la D.G.R.S.T. Il fait, le 16 janvier, une demande[51] pour la somme de 3 270 000 F.

Une réunion a eu lieu le 19 janvier à la D.G.R.S.T. (Présents: Mme Baruch, MM. Dardel, Priore, Chavanes, Dejussieu-Pontcarrel, Vène, Meyer) pour considérer cette demande.
Le Pr. Maréchal proposait[52] une subvention de 780 000 F à condition que les expériences de contrôle demandées par la D.G.R.S.T. depuis juin 1966 soient concluantes.
Antoine Priore prend connaissance des détails du projet soumis à la D.G.R.S.T. seulement le 21 janvier[53]. Il écrit immédiatement au Pr. Maréchal pour lui dire qu'il n'est nullement d'accord avec ce projet, car P. Ribeau est désigné comme le seul responsable technique et la S.O.V.I.R.E.L. n'a même pas été associé à la demande.

Cependant, le Pr. Maréchal, qui veut débloquer la situation, confirme[54] sa proposition le 8 février. G. Chavanes affirme le 22 février[55] que l'appareil « PR1 », qui s'appelle maintenant le « M235 », sera mis à la disposition des biologistes désignés par la D.G.R.S.T. bientôt.

Une fois de plus, Antoine Priore est obligé d’écrire[56] au Pr. MARÉCHAL :

Le 2 mars il l’informe que:

  • l’appareil promis bientôt par G. Chavanes est en pièces détachées entre Floirac et Angoulême,
  • absolument rien n'est en état de marche,
  • l’appareil n’a jamais donné les résultats escomptés,
  • il n’est pas du tout au courant des propositions formulées par G. Chavanes, donc, il ne peut pas être associé aux dires de G. Chavanes.

Le 14 mars 1967 le Dr F. BERLUREAU écrit[57] également au Pr. Maréchal pour lui parler des problèmes rencontrés avec l’appareil de P. Ribeau, toujours en pièces détachées.

Le 19 mars 1968, Pierre Aigrain, qui a remplacé le Pr. Maréchal à la D.G.R.S.T., met fin à l’offre de subvention[58], car aucune réponse de la part de G. Chavanes concernant les expériences demandées par la D.G.R.S.T. ne lui est parvenue.

Extrêmement déçu par les comportements de MM. Chavanes et Ribeau, Antoine Priore donne sa démission[59] comme directeur technique de la S.E.R.E.S.O. le 7 juillet 1967, avec préavis de trois mois.

Le 10 juillet Antoine PRIORE demande[60] au professeur Rivière un lot de 36 rats greffés avec la tumeur LS347 pour une expérimentation avec l'appareil de la S.E.R.E.S.O.

Le 24 juillet 1967, P. Ribeau commence une expérimentation avec son appareil sur des rats greffés avec la tumeur LS347, (dorénavant utilisée par MM. Rivière et Guérin avec l’appareil d’Antoine Priore). Le résultat de cette expérimentation fut un échec total[61]. Aucun effet biologique de l’appareil de P. Ribeau ne fut constaté.

Certes, tous les rats traités sont morts, mais vus le troublant expérimentation avec cet appareil en octobre et novembre 1965 et les relations très tendues entre Antoine Priore et la S.E.R.E.S.O. on peut se demander si Antoine Priore lui-même n'as pas 'saboté' l'expérimentation.

Il y a eu quelques tentatives de réconciliation avec Antoine Priore de la part de LEROY-SOMER[62], mais sans succès. Le 2 avril 1968 Antoine Priore demande[63] à G. Chavanes d’enlever l’équipement qui appartient à la S.E.R.E.S.O. de son laboratoire de Floirac.

La S.E.R.E.S.O. essaie de continuer sans Antoine PRIORE. En mai 1968 G. Chavanes demande[64] à la S.O.V.I.R.E.L. de fabriquer des lampes, « type Priore », selon les plans de P. Ribeau[65]. Grâce à la licence, signée en décembre 1966, la S.O.V.I.R.E.L. accepte[66] de fabriquer les tubes en verre pour la S.E.R.E.S.O., mais demande à celle-ci de fournir tout l’équipement électronique à mettre à l’intérieur du tube. Cette demande amène P. Ribeau à accuser la S.O.V.I.R.E.L. de mauvaise volonté vis-à-vis de la S.E.R.E.S.O.

Dans tous les cas, aucun autre appareil ne fut construit par P. Ribeau et la S.E.R.E.S.O.

L’assemblée générale de la S.E.R.E.S.O., du 29 juin 1968 (Présents: MM. Labernède (LEROY-SOMER), Lagière (mairie de Bordeaux), Bleu (expert comptable) et Berlureau), est assez agitée[67]. M. Labernède déclare à la fin de la réunion que la société LEROY-SOMER ne veut plus s’occuper de l’Affaire Priore.

En effet, l’activité de la S.E.R.E.S.O. est nulle et le bilan comptable[68] très négatif. Le 20 juin 1969, G. Chavanes proposa [69] la dissolution de la société. Cette proposition fut acceptée par l’assemblée générale du 5 juillet 1969.

La dissolution de la S.E.R.E.S.O. par anticipation fut prononcée le 7 juillet 1969.

Antoine PRIORE exprima tout son amertume dans une lettre[70] adressée à Jacques Chaban-Delmas le 18 juillet 1969.

Références[modifier | modifier le wikicode]

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Intermède[modifier | modifier le wikicode]

Le fiasco de la S.E.R.E.S.O. aurait pu être la fin de l’Affaire Priore. La situation fut sauvée par l’intervention du Pr. R. Pautrizel. Ses expériences faites avec l’ancien appareil d’Antoine Priore en 1966[1] l’avaient convaincu de l’importance des effets biologiques du rayonnement émis par l’appareil. Malheureusement cet appareil était à bout de souffle et tombait régulièrement en panne. Antoine PRIORE voulait construire un nouvel appareil, plus fiable et plus puissant.

En plein conflit avec la S.E.R.E.S.O., Antoine Priore n’avait aucune ressource financière. C’est le Pr. Pautrizel qui trouvera les moyens nécessaires (dons privés, subventions de l’O.M.S. (Organisation Mondiale de la Santé), de la F.R.M.F. (Fondation pour la Recherche Médicale Française), de l’université etc.) pour aider financièrement Antoine Priore[2]. Le nouvel appareil fut construit par Antoine Priore et son « équipe fidèle » (MM. Dezes, Genty, Léglise, Martinez, Plantin, Prémont) entre la fin de 1966 et la fin de 1968. Cet appareil, qui est appelé le « P4 » , fonctionnera jusqu’en 1980.

Avec un appareil relativement fiable et des résultats biologiques spectaculaires, le Pr. Pautrizel demanda des subventions de recherche auprès de la D.R.M.E. (Direction des Recherches, Moyens et Essais). La D.R.M.E.[3] lui en accorda effectivement une subvention afin qu’il poursuive ses recherches et, de plus, elle en accorda une autre subvention à MM. Berteaud et Bottreau, physiciens du C.N.R.S. (Centre National de Recherche Scientifique), afin qu'ils étudient les caractéristiques physiques du rayonnement électromagnétique émis par cet appareil[4].

Références[modifier | modifier le wikicode]

  1. (72)
  2. (73)
  3. (74)
  4. DRME B & B

L’intervention de la D.G.R.S.T. (II)[modifier | modifier le wikicode]

A la suite de ces travaux, en 1971, il devint évident qu’il fallait construire un nouvel appareil, semblable au « P4 », mais avec des paramètres électromagnétiques variables. Ceci devait permettre d’optimiser les effets biologiques et de bien cerner l'influence des différents paramètres. Le coût d’un tel appareil était estimé à environ 4 M.F. La D.R.M.E. ne disposait pas d’une telle somme. Ce domaine de recherche, entre biologie et physique, devait plutôt passer sous l’égide de la D.G.R.S.T.

Malheureusement, à la D.G.R.S.T., le souvenir du fiasco de la S.E.R.E.S.O. était toujours vif et c’est seulement sous la très forte pression de Jacques Chaban-Delmas, maire Bordeaux et Premier ministre, qu’elle accepte d’accorder une subvention de 3,5 M.F. Cependant, dans un rapport confidentiel[1] adressé au ministre de la recherche le 15 avril 1971, P. Aigrain (délégué général de la D.G.R.S.T.) analyse très objectivement la situation et propose qu’une subvention soit allouée à l’université de Bordeaux pour la construction d’un nouvel appareil. Cette subvention est annoncée dans une conférence de presse[2] par Pierre Aigrain et Hubert Curien (directeur du C.N.R.S.) le 5 mai 1971. Cette proposition stipule que :

  • l'appareil soit construit sur le domaine universitaire de Bordeaux,
  • la gestion de la subvention soit confiée à l’A.D.E.R.A. (Association pour le Développement de l’Enseignement et des Recherches en Aquitaine),
  • le responsable technique soit Antoine Priore,
  • le responsable scientifique soit le Pr. Pautrizel.

Telle était la position officielle définie lors d’une réunion à l’hôtel Matignon le 24 juin 1971.

  • Le 30 juin M. Cuzin, président de l’A.D.E.R.A., écrit[3] à P. Aigrain pour lui faire des propositions pratiques afin que la gestion de la subvention se déroule dans de bonnes conditions.
  • Le 8 juillet, P. Aigrain répond[4] à M. Cuzin : il regrette que ses propositions soient devenues « sans objet », sans faire d'autres commentaires.

En fait, il y eut des changements dans l’attribution de la subvention de la D.G.R.S.T. Finalement:

  • la subvention sera attribuée exclusivement à la société LEROY-SOMER,
  • la construction de l’appareil n’aura plus lieu dans un laboratoire d'état, mais chez Antoine PRIORE, sous la responsabilité de P. RIBEAU !

Le 30 juillet P. Aigrain écrit[5]) à G. Chavanes pour lui confirmer l’accord établi entre Jacques Valade (maire-adjoint de Bordeaux) et LEROY-SOMER. Il exprime seulement quelques réserves sur l’utilisation du mot Exploitation dans le nom de la future société, la S.E.R.A.P. (Société pour l’Exploitation du Rayonnement Antoine Priore). Cette désignation lui semble prématurée pour un projet de recherche pure.

Nous n’avons trouvé aucun document de la D.G.R.S.T. qui puisse expliquer ce virement de 180°. Cependant, le compte-rendu[6] d'un entretien entre P. Ribeau et A-J. Berteaud, du 12 mai 1971, jette une lumière sur cette volte-face. Berteaud était l'expert scientifique de la D.G.R.S.T. pour ce projet Priore. Il a pris contact avec P. Ribeau en mai 1971 car les relations entre Priore et la D.G.R.S.T. n'étaient pas bonnes : Priore était très méfiant, il refusait de dévoiler le fonctionnement de son appareil ; il refusait de recevoir Berteaud à Floirac, etc. La subvention a été accordée uniquement à cause de la forte pression de Jacques Chaban-Delmas. Pierre Aigrain, Délégué générale, avait en mémoire le fiasco de la S.E.R.E.S.O. et voulait s'assurer qu'en cas de rupture avec Antoine Priore, la D.G.R.S.T. avait un interlocuteur industriel dans le contrat. Berteaud s'arrange avec Ribeau que M. Bailly du Bois (adjoint de P. Aigrain) prenne contact avec G. Chavanes avant la fin du mois de mai pour étudier la possibilité de faire rentrer la société LEROY-SOMER dans le contrat Pautrizel-Priore. Ribeau lui-même rencontra Antoine Priore en début juin.

A son tour, Antoine Priore commence à regretter d'avoir accepté de construire un appareil à la faculté de médecine de Bordeaux. Il a peur que sa découverte lui échappe.

En début de juin il contacte G. Leroi pour que Chaban-Delmas fasse modifier le contrat de la D.G.R.S.T. Selon P. Ribeau[7], Chaban-Delmas a rencontré G. Chavanes lors d'une réunion Industriels - Politiques à Poitiers et lui demande, comme faveur personnelle, que la société LEROY-SOMER retourne dans l'affaire Priore. Avec l'insistance de P. Ribeau, G. Chavanes accepte et les détails sont réglés avec G. Leroi, J. Valade (adjoint au maire de Bordeaux et future ministre de la recherche) et la D.G.R.S.T.

Le 6 juillet 1971 des contacts[8] entre P. Ribeau et Antoine Priore ont eu lieu. Ribeau proposa la constitution d’une société avec lui-même comme directeur et Antoine Priore comme sous-directeur. Il y eut aussi une réunion à la mairie de Bordeaux avec G. Leroi et J. Valade.

En parallèle avec la demande de subvention auprès de la D.G.R.S.T., le Pr. Pautrizel et ses collègues cherchaient aussi des fonds privés. Ainsi, le Pr. Robert Courrier, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences, a demandé[9] une aide d’un million de francs auprès de Charles Mérieux de la fondation Mérieux à Lyon. Ce dernier accepta[10], à condition que l’appareil soit construit dans un laboratoire universitaire et qu’il y ait un partenariat avec d’autres instances.

Le Pr. Pautrizel a été contacté par un groupe de financiers (MM. De Laage, Poncet, Salmon) qui proposa également un partenariat avec: l’université, une fondation privée et la D.G.R.S.T. Les négociations avec ce groupe furent menées par H. Gossot, secrétaire général de l’A.D.E.R.A., pendant le mois de juin 1971. Ces négociations[11] furent bien avancées et le groupe était prêt à déposer un chèque certifié d’un million de francs pour montrer sa bonne foi. Cependant, H. Gossot les prévint, qu’avant tout accord, il fallait l’aval de G. Leroi et de la «mairie de Bordeaux».

A la fin de juillet 1971, H. Gossot apprend[12] avec stupéfaction (d’abord par B. De Laage, puis par le Pr. Pautrizel) le retour de la société LEROY-SOMER dans l’affaire.

Comme convenu avec H. Gossot, B. De Laage prend contact avec le secrétaire général de la mairie de Bordeaux au début du mois d’août. Le 13 août H. Gossot [13] reçoit l’ordre venant de l’entourage de J. Valade, de laisser tomber ses négociations, car LEROY-SOMER doit être le seul partenaire avec la D.G.R.S.T.

Le 18, puis le 20 août, H. Gossot écrit[14] à J. VALADE. Il explique en détail les raisons qui l'amènent à penser que le « mariage » Priore - LEROY-SOMER est voué à l’échec. Il souligne aussi le danger de voir certains faits historiques rendus publics. H. Gossot avait déjà évoqué les diverses illégalités de la S.E.R.E.S.O. et le non-fonctionnement de l’appareil de P. Ribeau dans une lettre[15], adressée en avril 1971, à un ami.

Cette attitude ambivalente de la mairie de Bordeaux, qui, d’une part, aidait matériellement Antoine Priore et qui, d’autre part, conservait la main mise de la société LEROY-SOMER, se retrouve tout le long de la période 1971 - 1982. Les raisons sont relativement obscures. Peut-être l’engagement de G. Chavanes vis-à-vis de la famille politique de J. Chaban-Delmas y est pour quelque chose ? En mai 1981, J-M. Graille, journaliste à Sud-Ouest, évoque, dans une longue lettre[16] adressée à J. Valade, les actions curieuses de la mairie de Bordeaux dans l’affaire Priore.

On peut se demander pourquoi la société LEROY-SOMER veut se relancer dans une association avec Antoine Priore après le fiasco de la S.E.R.E.S.O. Il semble, après un questionnement de G. Chavanes par H. Gossot, L. Lagière et R. Bleu, lors d’une réunion du conseil de surveillance de la S.E.R.A.P., le 14 octobre 1972[17], que la pression venait exclusivement de P. Ribeau. Chavanes lui-même ne croyait pratiquement pas dans le succès du projet. Il était déjà prêt à imputer à l’avance l’échec, si échec il y avait, à Ribeau.

On peut se demander également pourquoi Antoine Priore accepta de renouer avec la société LEROY-SOMER au lieu d’entrer dans la « science officielle » par le biais d’un laboratoire de la Faculté de Médecine de Bordeaux.

La réponse est relativement facile à donner.

  • Premièrement, le rêve d’Antoine Priore était de voir la création d’une usine à Bordeaux qui produirait ses appareils en grande série. Pour l'appâter, la société LEROY-SOMER lui présenta alors un projet[18] de développement industriel important: la construction autour de Bordeaux de plusieurs usines, employant plus de 5 000 ouvriers !
  • Deuxièmement, Antoine Priore avait une peur viscérale qu’on lui vole son secret. Il n’avait pas entièrement tort. Après l’étude du rayonnement fait par MM. Berteaud et Bottreau en 1970 - 1971, pour le compte de la D.R.M.E., A-J. Berteaud pensait qu’il avait percé le secret essentiel de l’appareil. Il a construit dans son laboratoire du C.N.R.S. à Bellevue, un appareil simplifié, malgré la garantie de protection des intérêts d’Antoine Priore donnée par la D.R.M.E. et par lui-même.
En mai 1971 le Pr. Pautrizel constate dans une lettre[19] adressée à J. Chaban-Delmas, «... qu’après avoir été roulé par un industriel d’Angoulême, Priore est en traîne d’être roulé par des fonctionnaires d'État... ». Il y a peu de doutes, qu’en cas de succès de l’appareil de Berteaud, Antoine PRIORE aurait été laissé pour compte.

Évidement, Antoine Priore craignait que la construction de son appareil à la faculté laisse la porte ouverte à ceux qui voulaient le piller. Par contre, la société LEROY-SOMER avait tout intérêt à garder la confidentialité, de plus elle n’avait pas de personnel spécialisé dans la technologie de son appareil car Antoine Priore avait déjà constaté que Paul Ribeau lui-même, malgré un effort acharné, n’avait pas pu percer « son secret ». Donc, pourquoi ne pas utiliser les atouts de la société, son intendance logistique etc. avec peu de risques de perdre la maîtrise du «savoir-faire» de son appareil ?


Le contrat de la D.G.R.S.T.[modifier | modifier le wikicode]

La signature officielle du contrat de la D.G.R.S.T. traîne. Bien que l’accord officieux date de la fin juillet 1971, P. Aigrain envoie [20] une copie du contrat[21] à G. Chavanes pour signature le 26 novembre 1971. Chavanes le signe aussitôt. Cependant, le ministre de la recherche, François-Xavier Ortoli, le contresigne seulement le 18 avril 1972 !

Ce délai était dû aux exigences, toutes à faites légitimes, de P. Aigrain. Il voulait[22] que les expériences prévues par la D.G.R.S.T. depuis juin 1966 soient faites avec l’appareil « P4 » par des équipes désignées par lui-même et que des physiciens de la D.G.R.S.T. puissent contrôler les paramètres de l’appareil. Ceci était une condition sine qua non pour l’obtention de la subvention.

Il y eut un long échange de lettres[23] entre P. Aigrain et Antoine Priore pour mettre au point un protocole acceptable[24], car Antoine Priore craignait toujours d’être mis à l’écart par des physiciens « officiels ». Dès que P. Aigrain comprit que Priore voulait simplement protéger ses droits d’inventeur et qu’il n’essayait pas de se dérober, un accord d’engagement de confidentialité fut trouvé facilement et Antoine Priore le signa le 6 mars. Le ministre donna alors son accord pour la subvention.

Le contrat[25] proposé par la D.G.R.S.T. est limpide :

  • Le montant total de la subvention est de 3 500 000 F ;
  • L'organisme titulaire est la société LEROY-SOMER ;
  • Le responsable scientifique est Paul Ribeau ;
  • La société LEROY-SOMER doit construire un générateur de champs électromagnétiques en suivant les indications de M. Priore ;
  • Les diverses caractéristiques de puissance et de modulation de cet appareil pourront être fixées indépendamment les unes des autres dans des domaines de grandes amplitudes. Elles devraient permettre de reproduire et de développer des expériences dont les résultats ont fait l’objet de communications à l’Académie des Sciences ;
  • La subvention est destinée uniquement à la construction du générateur ;
  • Les frais de fonctionnement et la construction du bâtiment pour abriter l’appareil sont à la charge de LEROY-SOMER.

En contrepartie de la subvention, la société LEROY-SOMER fera en sorte que :

  • Soient réalisées immédiatement avec l’appareil « P4 », déjà en fonctionnement, les expériences demandées par la D.G.R.S.T depuis juin 1966. (Contrôle des expériences de Rivière et Guérin sur la T8 et le LS347), avec en plus des expériences proposées par MM. Latarjet, Bernard et Lwoff ;
  • La construction du nouvel appareil ne gêne en aucune manière le déroulement des expériences avec l’appareil « P4 » ;
  • Ces expériences soient reproduites en priorité avec le nouvel appareil dès son achèvement ;
  • Le déroulement des travaux et la mise au point du générateur à paramètres variables fassent l'objet de comptes rendus réguliers à la D.G.R.S.T.

Entre le 16 juin 1972 et le 3 avril 1975 la D.G.R.S.T. débourse la somme de 2 480 000 F.

Malheureusement aucune des obligations de LEROY-SOMER ne fut honorée. Les détails seront exposés dans les sections suivantes.

Le 21 novembre 1975, H. Curien, délégué général, met fin au contrat et refuse, avec beaucoup d’agacement[26], de verser le solde de 1 020 000 F.

Toutes les interventions de la D.G.R.S.T. dans l’affaire PRIORE sont détaillées dans la note[27].

Références[modifier | modifier le wikicode]

  1. (75)
  2. (76)
  3. (77)
  4. (78)
  5. (79
  6. (80)
  7. Communication personnelle le 1 avril 2009
  8. (81)
  9. (82)
  10. (83)
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  19. (92)
  20. (93)
  21. (94)
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  24. (97)
  25. (98)
  26. (99)
  27. (100)

La période S.E.R.A.P.[modifier | modifier le wikicode]

Introduction[modifier | modifier le wikicode]

La S.E.R.A.P. (Société d’Exploitation du Rayonnement Antoine Priore ) était une société anonyme, au capital de 500 000 F., ayant pour objet: « la fabrication et la vente de générateurs produisant le rayonnement Antoine Priore et l’accouplement de ce rayonnement avec des champs magnétiques. »

Nous avons tenté de démêler le rôle de la S.E.R.A.P. dans l’Affaire Priore en isolant quatre thèmes :

  • Le cadre juridique de la société,
  • L’activité administrative de la société à travers ses bilans financiers, les rapports des Assemblées Générales etc.,
  • Les coulisses de l’administration de la société à travers des notes et lettres des protagonistes.
  • L’activité « réelle » de la S.E.R.A.P., c’est-à-dire la saga de la construction de l’appareil « M600 » et l’échec final.

La création de la S.E.R.A.P.[modifier | modifier le wikicode]

Diverses formes de statuts, de conventions entre la société et Antoine PRIORE et de licences d’exploitation ont été élaborées[1] entre décembre 1971 et juin 1972 avant que les versions définitives[2] furent formulées. Le Pr. J. Auby, (professeur de droit, qui avait auparavant signalé à Antoine Priore les irrégularités dans les contrats de la S.E.R.E.S.O.), donne un avis favorable[3] à Antoine Priore pour signer ces documents.

Les statuts de la société semblent tout à fait classiques.

  • Le 15 juin 1972 une convention[4] entre la société LEROY-SOMER et la S.O.V.I.R.E.L. fut signée: LEROY-SOMER cèdera 200 actions dans la S.E.R.A.P. à la société S.O.V.I.R.E.L.

Les conventions entre Antoine Priore et la S.E.R.A.P. sont plus alambiquées. Par exemple, il est prévu[5] explicitement que :

  • Antoine Priore devra constituer une société : la L.A.R.S.A.P. (LAboratoire de Recherches Scientifiques Antoine Priore). Elle sera consacrée aux développements scientifiques dont la S.E.R.A.P. sera la bénéficiaire exclusive ;
  • la S.E.R.A.P. ne devra jamais vendre un « appareil Priore », mais seulement le louer, son réglage devant être effectué par Antoine Priore ;
  • l’appareil, construit avec les fonds de la D.G.R.S.T., sera cédé à Antoine Priore en cas de succès et sera remis à la D.G.R.S.T. en cas d'échec.

L’acte constitutif de la S.E.R.A.P. fût signé le 16 juillet 1972[6] et la société enregistrée le 28 juillet 1972. Son siège social se trouvait, curieusement, au Parc Auto Victor Hugo, Place de la Ferme Richemont à Bordeaux !

Présidant du directoire de la S.E.R.A.P. : P. RIBEAU.
Directeur général de la S.E.R.A.P. : Antoine PRIORE.
Président du conseil de surveillance : G. CHAVANES.
Le conseil de surveillance de la S.E.R.A.P. était formé de G. Chavanes, H. Gossot, A. Lagière, P. Barry.

Dès sa première réunion, le 28 juillet 1972, ce conseil[7] alloue un salaire mensuel de 4 000 F. à Antoine Priore, le seul salarié de la S.E.R.A.P. Le 14 octobre le conseil de surveillance[8] charge H. Gossot des relations extérieurs de la S.E.R.A.P., notamment avec la presse.

Le capital de la S.E.R.A.P. (500 000 F.) était divisé en 5 000 actions de 100 F. chacune. Il y avait deux groupes d’actionnaires[9] :

Groupe (A) avec 2 250 actions (45%) A. PRIORE 2222 actions F. BERLUREAU 4 actions R. BLEU 4 actions J. DUPIN 4 actions H. GOSSOT 4 actions J. LAGUGNE-LABARTHET 4 actions A. LAGIERE 4 actions P. RIBEAU 4 actions

Groupe (B) avec 2 750 actions (55%) LEROY-SOMER 2 534 actions G. CHAVANES 4 actions P. BARRY 4 actions M. LABERNEDE 4 actions X. MALLET 4 actions S.O.V.I.R.E.L. 200 actions

Les statuts[10] n’expliquent pas cette distinction entre les actions A et les actions B. Cependant dans l’article 4 d’une convention[11] entre Antoine Priore et la société LEROY-SOMER est exprimée la volonté de former, éventuellement, deux sociétés de portefeuille avec les deux groupes d’actionnaires[12]. Ces sociétés ne seront jamais constituées.

La séparation des actionnaires en deux groupes n'est ni innocente, ni sans conséquence pour les intérêts d'Antoine Priore. Les cadres de la société S.O.V.I.R.E.L., toujours soucieux de lui protéger, demandent l'avis du service juridique et d'un avocat bordelais spécialisé dans les affaires, Me. Bladier. Ce dernier s'étonne[13] des conditions illégales qui seront imposées aux actionnaires A lors d'une augmentation du capital de la S.E.R.A.P. Le service juridique de la S.O.V.I.R.E.L.[14] estime qu'Antoine Priore sera obligé de souscrire en numéraire et qu'il aura certainement des impositions fiscales à payer. En plus, la validité de la constitution des sociétés de portefeuille était très douteuse[15].

L'apporte d'Antoine Priore à la S.E.R.A.P. était son savoir-faire et son secret, donc pour maintenir sa parité en actions (45%) avec LEROY-SOMER (55%) il sera obligé d'emprunter de l'argent … à LEROY-SOMER. Ce fut le cas en octobre 1979 et il devait donner en gage ses redevances éventuelles de ses brevets…

Référence[modifier | modifier le wikicode]

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  15. (115)

L’activité de la S.E.R.A.P.[modifier | modifier le wikicode]

La raison d’être de la S.E.R.A.P. était la commercialisation des appareils à but thérapeutique conçus par Antoine Priore. Ceci :

  • Sans avoir de prototype bien défini ;
  • Sans une caractérisation complète du rayonnement émis par l’appareil ;
  • Sans être dépositaire du « secret » d’Antoine Priore ;
  • Sans avoir de budget de recherche et développement adéquat ;
  • Sans personnel compétent dans les technologies requises, autre qu’Antoine Priore, qui, lui-même n’avait aucune expérience dans les procédés industriels ;
  • Sans ressources financières, en dehors de LEROY-SOMER et la subvention de la D.G.R.S.T.

Un tel tableau est invraisemblable pour un industriel sérieux.

Les travaux débutent en août 1972. Cependant, les termes du contrat D.G.R.S.T. ne seront jamais respectés !

Au lieu de construire un appareil semblable au « P4 », mais avec des composants fiables et des paramètres électromagnétiques variables, un monstre, le « M600 » fut construit dans un climat humain exécrable. Cet appareil fonctionna à partir du 5 février 1975 pendant quelques jours. Le Pr. Pautrizel alors constata des effets spectaculaires avec le modèle « trypanosome ». Malheureusement, une fausse manœuvre endommagea très largement l’appareil, qui ne fonctionnera plus jamais. Les aléas de cette épopée seront décrits dans les sections §4.4 et §4.5, pour le moment nous nous contentons de décrire les aspects financiers et administratifs de la S.E.R.A.P.

La S.E.R.A.P. n’a jamais eu la moindre activité commerciale.

Les bilans comptables[1], établis pour le 31 décembre de chaque année ne montre que des dépenses : salaire (pour Antoine Priore); charges sociales, impôts, frais de transports etc.:

1973 perte d’exploitation de 93 993,65 F. 1975 perte d’exploitation de 85 232,78 F. 1976 perte d’exploitation de 126 685,67 F. 1977 perte d’exploitation de 155 030,65 F. 1978 perte d’exploitation de 197 542,41 F. 1980 perte d’exploitation de 192 763,19 F.

Du côté LEROY-SOMER, la progression du cumul des dépenses, relatives[2] à la construction du générateur et des bâtiments du laboratoire, à l’aménagement des locaux et aux frais d’études et de fonctionnement, est résumée ci-dessous à partir des documents comptables de la société.

Dépenses pour le Générateur Cumul

12 juin 1972 - 30 juin 1973 2.999.856,51 F. H.T. 15 juin 1974 3.415.641,93 F. H.T. 30 juin 1975 3.59.1886,19 F. H.T. 15 juin 1976 3.697.101,03 F. H.T. 15 juin 1977 4.029.026,96 F. H.T. 15 juin 1978 4.091.966,51 F. H.T.


Dépenses pour le bâtiment, le laboratoire etc. Cumul

12 juin 1972 - 30 juin 1973 478.902,83 F. H.T. 15 juin 1974 724.306,00 F. H.T. 30 juin 1975 762.112,57 F. H.T. 15 juin 1976 767.404,51 F. H.T. 15 juin 1977 947.523,59 F. H.T. 15 juin 1978 947.523,59 F. H.T.


Frais de fonctionnement, études, vacations Cumul

12 juin 1972 - 30 juin 1973 267.676,63 F. H.T. 15 juin 1974 373.917,68 F. H.T. 30 juin 1975 639.241,03 F. H.T. 15 juin 1976 977.819,92 F. H.T. 15 juin 1977 1.340.929,77 F. H.T. 15 juin 1978 1.615.715,68 F. H.T.

La seule recette pendant cette période fût la subvention accordée par la D.G.R.S.T. dont le montant prévu était de 3 500 000 F.

Dans la réalité les fonds alloués furent les suivants:

- 16 juin 1972 60.000 F. H.T. - 3 janvier 1973 1.110.000 F. H.T. - 25 avril 1973 810.000 F. H.T. - 3 avril 1975 500.000 F. H.T.

Total 2.480.000 F. H.T.

La somme restante de 1 020 000 F. fût retenue par H. Curien[3] en novembre 1975, car la société LEROY-SOMER n’avait pas respecté les termes du contrat.

Donc, la construction du générateur a coûté à la société LEROY-SOMER la somme de 1 611 966,51 F. (4 091 966,51 F. - 2 480 000,00 F.).

Si on ajoute les dépenses du bâtiment et tous les frais de fonctionnement le coût TOTAL de l’opération pour la société LEROY-SOMER s’élève à 4 175 205,78 F. H.T.

Nous sommes très loin des affirmations que G. Chavanes proféra[4] plus tard comme quoi la société LEROY-SOMER avait dépensé 20 millions de francs, ou 9 millions ou 7 millions, selon son interlocuteur.

Cependant, la société LEROY-SOMER était elle-même dans un état financier très précaire. En 1973 elle avait perdu 40% de ses ventes en France[5]. Et devant ces dépenses relativement modestes pour la S.E.R.A.P., G. Chavanes a eu un reflex de commerçant: Il fallait que la S.E.R.A.P. fabrique et vende quelque chose très rapidement pour faire une entrée de liquidités.

Les Cabines d’Ionisation d'Antoine Priore furent donc choisies pour cela. Ce procédé thérapeutique, qui permet au patient de respirer des ions négatifs, était censé modifier son métabolisme, éliminer des radicaux libres etc. (Le flux gazeux de l'appareil a été analysé[6] par l'Institut du pin de l'université Bordeaux 1.) Cette méthode thérapeutique occupait une place marginale chez certains médecins adeptes de l’électrothérapie. Antoine Priore avait déjà amélioré[7] la technique, (qui n’a rien à voir avec « l’appareil Priore ») et il déposera un brevet[8] en 1977. En 1978 il signa une convention[9] donnant les droits d’exploitation commerciale de sa «Cabine d'Ionisation» à la S.E.R.A.P. De son côté, la S.E.R.A.P. :

  • dépose en mars 1979 une demande[10] d’aide auprès de la D.G.R.S.T., d'un montant de 1 600 000 F, pour le développement industriel de ce procédé. Cette demande de subvention ne fut jamais acceptée ;
  • lance une campagne de publicité auprès des médecins[11] ;
  • fait une étude de marché[12] ;
  • signe une convention[13] avec LEROY-SOMER et CORNING GLASS (actionnaire principal de la S.O.V.I.R.E.L.) en octobre 1979.

La chambre de commerce de Bordeaux et la mairie de Bordeaux, ont mis un local et quelques employés municipaux à la disposition de la S.E.R.A.P. pour la construction d’une présérie de 10 cabines destinées à être placée chez des médecins volontaires.

En réalité, aucun appareil ne fut commercialisé, faute d’une homologation par la Sécurité Sociale.

Cette tentative fut un échec de plus pour la société LEROY-SOMER.

Les pertes massives de la S.E.R.A.P. (plus de 75% du capital) obligent ses dirigeants à tenter une augmentation du capital de la société[14] en octobre 1979. Antoine Priore, possédant 45% des actions, aurait dû apporter 222 200 F, somme impossible pour lui à réunir. En décembre G. Chavanes[15] lui propose de céder ses actions à la société LEROY-SOMER avec promesse de pouvoir les racheter dans un délai de dix ans. Antoine Priore refuse cette offre[16]. Il souhaite que, lors de l'assemblée générale extraordinaire du 31 décembre 1979, les actionnaires soient informés de son désir de voir la S.E.R.A.P. dissoute.

Devant les échecs répétés, les problèmes financiers insurmontables et les conflits humains profonds, la société LEROY-SOMER décide d’arrêter les frais.

  • Le 23 avril 1980 elle signe une dernière convention[17] avec Antoine Priore. Elle accepte de financer les frais d’entretien (salaire de Priore, électricité, téléphone) jusqu’au 31 décembre 1980 à charge pour Antoine Priore de trouver les fonds pour remettre en état le « M600 ». En 1981 Antoine PRIORE, âgé de 69 ans, aigri et très malade (diabète, accident cérébrale vasculaire etc.) était dans l’impossibilité d’accomplir une telle tâche.
  • Le 23 janvier 1981, une assemblée générale extraordinaire de la S.E.R.A.P. a eu lieu. Le bilan financier[18] présenté par P. Ribeau annonce, sans donner les détails, un certain nombre de dépenses surprenantes pour l’année 1980 :

- le générateur 351.412,00 F. H.T. ; - le fonctionnement 445.464,99 F. H.T. ; - autres (CORNING) 244.000,00 F. H.T.

Alors que pendant cette même année le chantier du « M600 » était totalement inactif (aucune construction, aucune modification du générateur etc.). Même pendant les périodes de grande activité, les frais de fonctionnement étaient toujours inférieurs à la somme annoncée ci-dessus par P. Ribeau.

Lors de cette assemblée, la dissolution par anticipation de la S.E.R.A.P. fut votée et P. Ribeau convoquera pour le 4 mai, une assemblée générale ordinaire pour dissoudre la société.

La dissolution fut publiée dans les Échos Judiciaires de la Gironde[19] le 26 mai 1981.

La S.E.R.A.P. était finie.

Références[modifier | modifier le wikicode]

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Le contexte général lors de la construction du « M600 »[modifier | modifier le wikicode]

La construction de l'appareil subventionné par la D.G.R.S.T. aurait dû, et aurait pu, être le point culminant du dénouement de l'affaire Priore. Hélas, elle sonnait le glas pour Antoine Priore.

Nous avons décidé de respecter l’ordre chronologique des événements et d’utiliser un style plutôt télégraphique pour les décrire. Cette présentation détaillée est rébarbative, mais elle permet de mettre en relief l'interaction entre les problèmes techniques et les problèmes humains. Toutefois, elle masque les causes inductrices des comportements. Le lecteur doit donc garder en mémoire les sept fils conducteurs qui forment la trame de l'histoire:

A

  • Les problèmes technologiques normalement inhérents à la construction du nouveau générateur :
  • Délais longs et imprévisibles dans la livraison des composants de l’appareil ;
  • Défiances vis-à-vis des sous-traitants ;
  • Fausses routes dans la recherche des solutions aux problèmes techniques.

Dans l'équipe LEROY-SOMER, Antoine Priore était le membre le plus compétent sur le plan technique. Il était le seul à avoir une vue globale de l’appareil, mais quand il était dépassé ou contrecarré les problèmes purement techniques débordaient rapidement sur le terrain des conflits personnels.

B

  • Antoine Priore était accablé de dettes et ses ressources financières étaient maigres. En résumé :
il avait emprunté pour acheter des terrains contigus à sa maison afin de construire son futur laboratoire ;
lors du terrassement nécessaire à la construction du bâtiment destiné à abriter le M600, sa maison a été partiellement détruite. Pour la reconstruire, il a emprunté des sommes importantes auprès de la société LEROY-SOMER ;
pour acquérir ses actions dans la S.E.R.A.P. il a encore emprunté auprès de la société LEROY-SOMER.
Bilan des sources de revenues d'Antoine Priore :
  • Le contrat du Pr. Pautrizel avec la D.R.M.E. prévoyait, pendant sa durée, un salaire mensuel de 5 800 F. pour Antoine Priore. Cette source de revenus se termina en 1973.
  • En tant que salarié de la S.E.R.A.P. Antoine Priore avait droit à un salaire mensuel de 4 000 F. En 1973, quand le contrat avec la D.R.M.E. fût terminé, après d'âpres négociations menées par ses amis H. Gossot et le Pr. Pautrizel, son salaire a été augmenté. Mais, Antoine PRIORE n’encaissait jamais les chèques de LEROY-SOMER. Il pensait que le fait de refuser son salaire revenait à rembourser ses dettes envers cette société.
  • Mme Priore était employée, entre 1968 et 1979, par l’université de Bordeaux II comme laborantine[1]. Elle était attachée administrativement au laboratoire du Pr. Pautrizel, mais elle était affectée exclusivement au laboratoire d’Antoine Priore à Floirac.
Pendant très longtemps, Antoine Priore, son épouse, ses trois enfants et sa belle-mère vivaient dans deux pièces. Cette situation explique en grande partie sa hantise de ne pas se laisser dépossédé des éventuelles retombées financières de sa découverte.

C

  • L’ancien appareil, le « P4 », construit par Antoine Priore et son « équipe fidèle », avait une place très ambiguë au sein de la S.E.R.A.P.
D’une part, le Pr. Pautrizel estimait que l’appareil, financé en grande partie avec son aide, était essentiel pour accomplir les contrats de recherche auprès de la D.R.M.E. Il considérait que l’appareil n’avait strictement rien à voir avec la société LEROY-SOMER et la S.E.R.A.P.
D’autre part, la société LEROY-SOMER semblait considérer que l’appareil était la propriété d’Antoine Priore. Celui-ci étant au service de la S.E.R.A.P., la S.E.R.A.P. pouvait donc disposer de l’appareil « P4 » à sa guise.
Dans tous les cas, G. Chavanes s’engage auprès de la D.G.R.S.T. à ce que le « P4 » soit utilisé pour faire des expériences de contrôle dès la signature de la subvention et à ce que la construction du nouveau générateur n’entrave pas le fonctionnement du « P4 ».
Cette clause du contrat était essentielle pour l’obtention de la subvention.
Le non-respect de cette exigence était l’un des plus importants facteurs évoqués par la D.G.R.S.T. lorsqu'elle refusa de verser le solde de la subvention à la société LEROY-SOMER. (Le Pr. Pautrizel a appris[2] cette clause avec étonnement seulement le 8 mai 1973 par Mme DormontT de la D.G.R.S.T., car au début des travaux, P. Ribeau avait voulu tout simplement raser et la maison d'Antoine PRIORE et le « P4 » pour construire les nouveaux bâtiments !)
Dès le début des travaux, le transformateur d’alimentation du « P4 » a été endommagé ce qui a nécessité l'utilisation d'un groupe électrogène. Cette solution « temporaire » dura plus d’un an. L’appareil pouvait être utilisé seulement six heures par jour au lieu de 24 et le bruit du groupe électrogène était tel qu'il provoqua des conflits de voisinage.
Lors de l’endommagement de la maison d’Antoine Priore, la cage de Faraday de l’appareil a été détruite. La préfecture de la Gironde exigea alors l’arrêt de l’appareil à cause des brouillages d’un centre de communications militaire à Cenon, une ville proche de Floirac, et de l’aéroport de Bordeaux-Mérignac, provoqués par l’appareil sans cage de Faraday.
Cet état de fait était une source supplémentaire de conflits entre le Pr. Pautrizel et la S.E.R.A.P. puis entre la D.G.R.S.T. et la S.E.R.A.P.

D

  • Antoine PRIORE avait la certitude que ses appareils pouvaient guérir certains cancers humains. Il ne voyait donc aucun intérêt à faire des expériences avec des animaux. Il voulait passer à l’homme tout de suite en construisant un appareil à but thérapeutique au lieu de refaire un appareil "P4" avec des composants neufs et des paramètres électromagnétiques variables, comme c’était convenu dans le contrat. Il obligea la société LEROY-SOMER à se mobiliser pour construire le « M600 » (champ magnétique principal de 5 000 Gauss au lieu de 1 200, émetteurs H.F. de 15 kW au lieu de 1 kW, lampe à plasma de 60 cm de diamètre et de 7 m de longueur, au lieu de 23,5 cm, et 2 m)

E

  • Les dirigeants de LEROY-SOMER, société au demeurant fragile financièrement, tenaient un tigre par la queue alors qu'ils pensaient avoir la main sur la poule aux œufs d'or. Cependant, ils n’avaient ni les compétences technologiques pour construire l’appareil, ni le secret des réglages pour l’utilisation de l’appareil. Ils étaient donc obligés de suivre Antoine Priore dans sa mégalomanie. Leur seul recours était de faire des tentatives pour « ficeler » Antoine Priore juridiquement et financièrement.

Deux autres problèmes, qui ne sont pas directement liés au « M600 », ont contribué à exacerber les tensions sur le chantier.

F

  • Antoine PRIORE n’avait aucun diplôme universitaire et il rêvait d’en avoir un. Or, il était possible d’obtenir un doctorat d’université en présentant un mémoire sur une recherche personnelle devant un jury d'universitaires, sans d’autres formalités. Le Pr. Pautrizel pensait que la réalisation de l’appareil « P4 » et les résultats des expériences biologiques méritaient un tel diplôme. Les transactions avec la présidence de l’université de Bordeaux II durèrent de 1972 à 1977. Le jury n'arrêtait pas de faire un pas en avant, puis un pas en arrière, redemandait des expériences puis des contre-expériences etc. Ceci finit par provoquer beaucoup d’énervement chez Antoine Priore et chez le Pr. Pautrizel. Les détails de « La thèse d’Antoine Priore » sont décrits dans la note[3].

G

  • Entre 1972 et 1977 le Pr. Pautrizel a subi diverses sanctions de la part de l’I.N.S.E.R.M. (Institut National de Santé et de Recherche Médicale) pour finalement, voir supprimée en 1977, l’Unité 89 qu’il dirigeait. La note[4] donne les détails de ces tribulations. Les brimades de l’I.N.S.E.R.M. étaient une conséquence directe de la collaboration entre Pautrizel et Priore. Avec la rumeur de truquage des expériences[5] qui continuait à être entretenue et les soupçons des instances dirigeantes la seule défense du Pr. Pautrizel était d’être en mesure de montrer un appareil en état de marche et de faire des expériences devant les diverses commissions d’enquête. Malheureusement, la construction du « M600 » tardait, d’où l’insistance et l’énervement du Pr. Pautrizel vis-à-vis de P. Ribeau pour que le « P4 » soit remis en fonctionnement.

Références[modifier | modifier le wikicode]

  1. (135)
  2. (136)
  3. (137)
  4. (138)
  5. (139)

La Saga du « M600 »[modifier | modifier le wikicode]

Dès l’accord officieux de la subvention par la D.G.R.S.T. en juillet 1971, la société LEROY-SOMER commence les travaux de démolition chez Antoine PRIORE[1], voir les photos[2]. Après la signature officielle par le ministre Xavier ORTOLI, le 18 avril 1972, et avant la création de la S.E.R.A.P., la société LEROY-SOMER[3] :

  • Passe commande de deux lampes, le 20 avril, auprès de la S.O.V.I.R.E.L.
  • Utilise les devis établis à la demande du Pr. PAUTRIZEL en 1971 pour commander les composants principaux.
  • Fait faire des études pour le bâtiment et les circuits de refroidissements...

1972[modifier | modifier le wikicode]

29 juin :

  • H. GOSSOT écrit[4] à MM . LAGIERE, PRIORE, RIBEAU et CHAVANES au sujet du salaire de PRIORE, payé par la S.E.R.A.P. P. RIBEAU propose 4000 à 5000 F. Auparavant PRIORE recevait 5800 F, payé par le Pr. PAUTRIZEL sur son contrat avec la D.R.M.E., auquel s'ajoutaient les frais de déplacement, les primes, le paiement des annuités de ses brevets etc. H. GOSSOT donne pouvoir (144) à L. LAGIERE pour le représenter aux réunions du conseil de surveillance.

10 juillet :

  • Réunion à la D.G.R.S.T. entre P. RIBEAU, P. AIGRAIN, BAILLY DU BOIS et Mme DORMONT (145). P. RIBEAU fait des promesses très imprudentes :
  • l’appareil "P4" sera fonctionnel à partir du début septembre pour faire les expériences de contrôle demandées par P. AIGRAIN ;
  • la mise en route du nouveau générateur est prévue pour le début du mois de décembre 1972 !
Ces promesses non-tenues auront des conséquences très néfastes par la suite.

18 août :

  • La presse girondine et charentaise[5] parle de la création de la S.E.R.A.P. et de la construction en série d’appareils Priore !
Pendant le mois d’août :
les travaux de démolition du bâtiment construit par la S.E.R.E.S.O. continuent, ce qui produit des dégâts dans la maison d’Antoine PRIORE: la cuisine s'effondre. P. Ribeau affirme que l’ancien appareil ne sera pas abîmé[6] ;
la cage de Faraday de l’appareil « P4 » est endommagée [7]. P. Ribeau promet[8] que les réparations seront faites et que les expériences pourront recommencer à partir du 9 octobre. Cette promesse non-tenue pèsera lourdement par la suite.

14 octobre :

  • Une réunion du conseil de surveillance [9] de la S.E.R.A.P.
Après avoir eu plusieurs entretiens en septembre et octobre entre MM. Gossot, Lagière et Pautrizel[10], P. Ribeau[11] soulève le problème récurrent du salaire et des dettes d’Antoine Priore. Le conseil de surveillance n’apporte pas de solution à cette question, qui deviendra un leitmotiv pendant des années.
H. Gossot raconte au Pr. Pautrizel[12] la véritable ambiance de cette réunion: G. Chavanes est déjà affolé par les dépenses engagées, il ne croit pas du tout au succès du projet, il est prêt à imputer l’échec à P. Ribeau...

13 novembre :

  • Antoine Priore, parti aux U.S.A. chez le fabricant des émetteurs H.F., est de retour. Il est furieux[13] que P. Ribeau, pour des raisons d’économie, ait remplacé des escaliers, prévus en aluminium, par des échelles en fer. Étant situées autour de la bobine magnétique, ce n'était évidement pas un choix judicieux !
En novembre la première lampe casse. Elle est remplacée rapidement par la S.O.V.I.R.E.L. (Au total six lampes différentes seront utilisées lors de l’épopée du « M600 ».)

5 décembre :

  • Antoine Priore est reparti aux États Unis. Les émetteurs H.F. ne peuvent être livrés comme prévu.

6 décembre :

  • La deuxième lampe casse pendant le processus de dégazage.

13 décembre :

  • Le Pr. Pautrizel écrit[14] encore à P. Ribeau pour demander quand l’alimentation électrique de l’appareil « P4 » sera remise en route. Ce dernier promet[15] de soulever cette question à la prochaine réunion du conseil de surveillance.

16 décembre :

  • Réunion du conseil de surveillance [16]) de la S.E.R.A.P. :
  • le dépassement financier inquiète G. Chavanes ;
  • la D.G.R.S.T. n’a rien versé de sa subvention ;
  • le directoire de la S.E.R.A.P. donne son rapport d’activité [17] depuis le 14 octobre 1972 :
- l’avancement du bâtiment et la mise en place des matériels principaux sont passés en revue ;
- la livraison des émetteurs H.F., en provenance des États Unis sera retardée ;
- la lampe livrée par S.O.V.I.R.E.L. était défectueuse ;
- P. Ribeau établit le planning[18] des travaux à faire jusqu’au 17 février 1973.
Depuis cette réunion Antoine Priore est très énervé ; beaucoup de choses n'avancent pas comme il l'aurait voulu. Des 'accrochages' entre lui et P. Ribeau[19] ne sont pas rares.

28 décembre :

  • Incendie au chantier du M600.
Un électricien de l’E.D.F., en soudant des fils, a mis le feu à une tour de refroidissement[20]. Il y eut des dégâts matériels importants.
Références[modifier | modifier le wikicode]
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1973[modifier | modifier le wikicode]

9 janvier 1973.

  • L’appareil « P4 » ne fonctionne toujours pas. Le Pr. Pautrizel est inquiet, car il est tenu de terminer son contrat avec la D.R.M.E. P. Ribeau affirme que l’appareil aurait pu fonctionner depuis longtemps, si Antoine Priore n'avait pas été accaparé par les cabines d’ionisation.
Les problèmes de l’appartement d’Antoine Priore et du L.A.R.S.A.P. sont toujours présents. Il y a beaucoup de tension sur le chantier. Antoine Priore veut tout racheter, rembourser tout le monde (D.R.M.E., D.G.R.S.T., LEROY-SOMER, etc.) et redevenir le seul maître[1].

1 février 1973.

  • Accrochage entre Antoine Priore et P. Ribeau. Ce dernier a modifié la bobine magnétique sans en avertir Antoine Priore. Il a fallu revenir à l’état originel, ce qui a entraîné des surcoûts et des retards.

10 février 1973.

  • Antoine Priore part aux États-Unis pour réceptionner les émetteurs H.F.[2]. Les câblages commencent et on travaille sur la cage de Faraday.
Accrochages entre MM. Chavanes, Ribeau et Priore à cause des retards qui s’accumulent. H. Gossot constate que les retards sont dus à la maison LEROY-SOMER et ne sont pas la faute d’Antoine Priore. Gossot estime que la maison LEROY-SOMER veut montrer qu’Antoine Priore est incapable de monter l’appareil seul, sans avoir recours à elle.

19 février 1973.

  • Un gros problème avec la bobine du champ magnétique principal se révèle, il y a une fuite d’huile. Un usage malheureux de l’acétone dans le circuit de refroidissement de la bobine fait que le vernis d’isolation et la résine de blocage sont détruits. Lors des essais du champ magnétique, Priore dit avoir atteint 1 500 gauss; Ribeau prétend qu'il s'agit de 3 000 gauss !
P. Ribeau fait des essais avec l’anode tournante de la lampe, malgré le fait qu’Antoine Priore en est le responsable et que Pierre Genty n’a pas fini de faire l’équilibrage du système. La lampe à plasma se casse.

6 mars 1973.

  • Antoine Priore veut payer lui-même les réparations de son appartement, il ne veut plus être sous la coupe de G. Chavanes.

8 mars 1973.

  • En l’absence d’Antoine Priore on fait fonctionner la bobine magnétique sans son huile de refroidissement. La bobine chauffe et le système tombe rapidement en panne. La bobine est à refaire complètement[3].

24 mars 1973:

  • Réunion du conseil de surveillance[4]. P. Ribeau relate :
- les circonstances de l’incendie du 28 décembre 1972 ;
- les causes de l’accident survenu à la bobine magnétique principale ;
- la deuxième lampe se brise ;
- les fuites électromagnétiques de la cage de Faraday ;
- le bilan financier ;
- la visite des membres du C.N.R.S., Lwoff, Berteaud et des personnalités venues pour la réunion de la D.R.M.E.[5] organisée par le Pr. Pautrizel.

Deuxième trimestre 1973

  • La société S.O.V.I.R.E.L. met à disposition deux lampes de plus.
  • La cage de Faraday du « M600 » est améliorée et les fuites électromagnétiques réduites.

26 avril 1973.

  • A cause de l’accumulation des retards dans le chantier du « M600 », P. Ribeau demande à la D.G.R.S.T. une prolongation de la première phase du contrat. Le 18 avril P. Aigrain répond[6]: Une prolongation de trois mois sera accordée dès que l'appareil « P4 » sera prêt à être utilisé pour faire les expériences de contrôle stipulées dans le contrat.

11 mai 1973.

  • Problèmes avec la nouvelle bobine du champ magnétique principal, dus à des malfaçons[7].

23 juin 1973:

  • Assemblée générale[8] de la S.E.R.A.P.
Cette assemblée a été totalement fictive ! Cependant, l’annonce de la réunion et la démission (réelle) du commissaire des comptes ont été publiées dans Les Échos Judiciaires de la Gironde[9] le 19 octobre. H. GOSSOT[10] conseille vivement à Antoine Priore de ne pas signer le rapport du directoire et le procès verbal de cette soit-disant réunion. Il écrit[11] également à G. Chavanes, président du conseil de surveillance de la S.E.R.A.P. et le somme de convoquer le conseil de surveillance, avec pour ordre du jour la préparation d’une véritable assemblée générale de la S.E.R.A.P.

27 juillet 1973.

  • P. AIGRAIN écrit[12] à P. Ribeau et à A. Priore. Il est très mécontent de constater que :
- l’appareil « P4 » ne fonctionne toujours pas ;
- la clause sine qua non du contrat (comme quoi les travaux faits par la société LEROY-SOMER ne devaient pas empêcher le bon fonctionnement du « P4 ») n’a pas été respectée.
Les équipes de la D.G.R.S.T. sont déjà désignées (Gresser et Salomon, puis Avraméas et Berteaud). Aigrain demande, très fermement, une date à laquelle les expériences de contrôle pourront être effectuées.

Juillet 1973.

  • Problèmes techniques avec le modulateur du champ magnétique principal.
Il fonctionne avec 40 à 50 pulsations par minute au lieu des 70 à 80 comme le désirait Antoine PRIORE[13].

Septembre 1973.

  • La cage de Faraday du « M600 » ne fonctionne pas correctement[14].
L’expert n’a pas été consulté dès le départ, il propose cependant quelques modifications susceptibles d’améliorer la cage. Elles sont inefficaces puisqu'un poste de radio marche parfaitement bien à l’intérieur ! Antoine PRIORE pense trouver une solution avec son système personnel de « grille suppresseur ».

Octobre 1973.

  • Quand Antoine Priore procède à quelques modifications de l’appareil (en particulier sur le modulateur du champ magnétique), il n’en informe pas P. Ribeau. Celui-ci essaie alors d’obtenir des informations auprès d'autres personnes comme P. Genty, car il n’ose pas demander directement à Priore.

17 novembre 1973.

  • Réunion du conseil de surveillance de la S.E.R.A.P.[15].
La bobine magnétique principale a été refaite, la cage de Faraday rendue plus efficace et le modulateur de la bobine magnétique amélioré.
Avant la réunion G. Chavanes et le Pr. Pautrizel discutent de P. Ribeau et de sa façon de déformer la vérité, même lorsqu'il s'agit de choses triviales. Par la suite il y eut un accrochage[16] entre H. Gossot et le couple Ribeau-Chavanes, car P. Ribeau ne figure pas explicitement dans le film « La Lueur » réalisé par l’O.R.T.F., et dont H. Gossot était producteur délégué. Ce film, sur les travaux d’Antoine Priore, ne fut jamais diffusé de son vivant. Il est décrit dans la note[17].
Références[modifier | modifier le wikicode]
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  17. (178)

1974[modifier | modifier le wikicode]

Janvier 1974.

  • Le Pr. Pautrizel est inquiet pour la santé d’Antoine Priore. Celui-ci est sujet à des crises de colères importantes, visage empourpré, tremblements et problèmes cardiaques à l'appui.
Antoine Priore pense avoir résolu les problèmes du modulateur du champ magnétique. (corrosion des électrodes, cuve percée etc.) Des difficultés de livraison avec la société LANAVERRE retardent la mise en marche du modulateur[1].
Il y a aussi des problèmes avec le système de dégazage de la lampe: Antoine Priore est très remonté contre P. Genty de la société S.O.V.I.R.E.L.
Pour les émetteurs H.F., M. Chahbazian, de la société PRANA, doit venir aider Antoine Priore à les régler. Cependant, le fait que la société LEROY-SOMER ne lui paie pas ses services ne l’incite pas à venir de Paris rapidement.

9 février 1974.

  • M. Chahbazian est venu à Floirac pour le réglage des émetteurs H.F. Il y a des problèmes dus à l’injection dans la lampe des ondes H.F. générées par les trois émetteurs en parallèle. Après son départ, Antoine Priore fait des branchements personnels...[2].

1 mars 1974.

  • Lors de leurs manipulations MM. Chahbazian et Priore ont provoqué un retour d'ondes sur les trois émetteurs H.F.[3]. Les dégâts se révéleront considérables.

Deuxième trimestre 1974.

  • Brisure de la troisième lampe à plasma.
Nouvelle mise au point du champ magnétique principal[4].

5 juin 1974.

  • MM. Gerbier et Frémiot (C.E.A.) sont désignés par la D.G.R.S.T. pour vérifier[5] la conformité de l’appareil décrit dans l’annexe technique du contrat avec celui en construction. Ils se rendent à Floirac et font le constat de conformité.

28 juin 1974.

  • Réunion du conseil de surveillance[6] et assemblée générale de la S.E.R.A.P[7].

Septembre 1974.

  • Rupture des fixations de la bobine magnétique principale;
Défauts constatés dans le filament de chauffage de la cathode de la lampe à plasma.
Accrochage entre Antoine Priore et MM. Ribeau et Farago car ces derniers ne font pas ce que Priore leur demande de faire[8]. D'autre part, il y a des malfaçons dans la construction du bâtiment ce qui incite Antoine Priore à prétendre que P. Ribeau n’a pas suivi les plans de l’architecte, dans le but de faire des économies.
Antoine PRIORE n’est toujours pas rétribué par la société LEROY-SOMER.

Octobre 1974.

  • P. Ribeau[9] explique au Pr. Pautrizel que les divers problèmes et retards sont dus à des défauts d’isolement dans la troisième lampe.
Une quatrième lampe, avec toutes les améliorations nécessaires, sera mise en place à partir du 14 octobre.
Ribeau ne répond pas au Pr. Pautrizel[10], qui voulait savoir pourquoi il a fallu refaire la première bobine, qu'elles étaient les causes des ennuis avec la deuxième bobine et pour quelles raisons les fuites d’huile durent depuis presque un an.
Le début des expériences est prévu pour le 18 novembre.
Antoine Priore a fait poser une double cathode sur la lampe en place; la lampe de remplacement, qui est toujours chez S.O.V.I.R.E.L., n’a qu’une simple cathode.

21 octobre 1974.

  • P. Gousset, directeur commercial de S.O.V.I.R.E.L. veut savoir quand la société LEROY-SOMER paiera les lampes déjà fournies[11].

24 octobre 1974.

  • Réunion S.E.R.A.P.[12].
Fin des câblages du générateur de champ magnétique.
P. Ribeau prévoit la mise en charge de la nouvelle lampe pour le 8 novembre, suivie par des essais avec les trois émetteurs H.F. La fin de cette mise au point est prévue pour le 18 novembre. M. Régis (S.O.V.I.R.E.L.) est dubitatif devant la rapidité des mises au point techniques, compte tenu de son expérience avec les anciennes lampes.

27 octobre 1974.

  • Un différent prend place entre Antoine Priore et P. Ribeau au sujet de la modulation du champ magnétique. RIBEAU prétend, calculs à l’appui, que Priore ne peut pas moduler à 70 Hz. Priore prétend le contraire[13].

Novembre 1974.

  • Antoine Priore constate des malfaçons dans le montage des condensateurs très haute tension. Il est furieux envers A. Farago de la société LEROY-SOMER, car ce dernier a mal réalisé une armoire hermétique sur le toit. Cette armoire contient un transformateur qui alimente la cathode, or l’armoire est pleine d’eau !
P. Genty tient P. Ribeau pour entièrement responsable. C’était un problème d’isolement et les ouvriers auraient pu être électrocutés[14].
H. Gossot, en tant que membre du conseil de surveillance de la S.E.R.A.P., s’étonne du laxisme de la maison LEROY-SOMER et constate de nombreux dangers pour le personnel. Il télégraphiera[15] à P. Ribeau à ce sujet en le sommant de mettre le chantier en conformité immédiatement.
P. Ribeau prétend que c’est Antoine Priore qui retarde le projet. Antoine Priore traite P. Ribeau de menteur et donne quelques exemples de ses mensonges.

21 novembre 1974.

  • Quelques problèmes se révèlent avec le modulateur du champ magnétique. La fréquence de modulation se situe entre 15 et 20 pulsations par minute et un courant de 150 à 50 ampères.

9 décembre 1974.

  • Antoine Priore, sous la pression de P. Genty, accepte que A. Farago revienne à Floirac. Le champ magnétique fonctionne bien (4 500 à 5 000 gauss)[16].

22 décembre 1974.

  • Réunion à la D.G.R.S.T. entre MM. Aigrain, Ribeau, Chavanes qui tentent de convaincre Aigrain de débloquer le million de francs restant de la subvention.
Références[modifier | modifier le wikicode]
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1975[modifier | modifier le wikicode]

3 janvier 1975.

  • Selon H. Gossot, P. Ribeau est terriblement déçu, « Jamais on n’arrivera au bout de cet appareil » et P. Genty est désespéré. Cependant quand P. Genty parle avec le Pr. Pautrizel il est déchaîné contre P. Ribeau : « Il faut laisser Priore faire ce qu’il veut ! Il a eu des résultats ! Les autres, (Ribeau) avec leurs théories... »[1].

6 janvier 1975.

  • Réunion chez Antoine Priore (MM. Ribeau, Pautrizel, Gossot).
On se rend compte que P. Ribeau est très vexé de ne plus maîtriser l’affaire et que c’est Priore seul qui dirige la construction et corrige les erreurs de l’équipe de LEROY-SOMER.

8 janvier 1975.

  • Lettre de G. Chavanes à P. Aigrain. Il résume la réunion du 22 décembre et essaie de justifier les retards dans l’exécution du contrat avec la D.G.R.S.T. Il voudrait faire débloquer la somme restante.

15 janvier.

  • La nouvelle lampe est mise en place.

5 février.

  • Le « M600 » est enfin prêt pour une expérience avec des souris infestées par des trypanosomes. Avec la dose habituelle de 20 000 trypanosomes les témoins commenceront à mourir le 9 février. Malheureusement l’appareil tombe en panne après deux heures de fonctionnement. Le modulateur du champ magnétique fonctionne mal (La fréquence est de 18 pulsations par minute au lieu de 70). Un seul émetteur H.F. est en état de marche.

7 février.

  • Après un travail acharné, Antoine Priore réussit à faire fonctionner un deuxième émetteur en utilisant des composants du troisième.

8 février,

  • Le matin, toutes les souris infestées sont fortement positives. Le Pr. Pautrizel tente le tout pour le tout en procédant à huit heures d’irradiation en continu sous l’appareil.

9 février

  • Toutes les souris irradiées sont négatives[2].

Cinq jours plus tard, Antoine Priore a consolidé ses réparations de fortune sur les deux émetteurs H.F. et le Pr. Pautrizel recommence des expériences de vérification, cette fois avec 281 souris ! Les effets habituels sont bien retrouvés[3].

Un certain nombre de problèmes techniques sont observés lors de cette dernière expérimentation. Pour y pallier, il a été décidé de démonter l’environnement de la lampe et de refaire une lampe en deux parties. Il était prévu aussi de modifier les cathodes et le filament chauffant et enfin de réaliser des bobines de confinement du plasma[4].

Le « M600 » ne fonctionnera plus jamais après ce démontage.

4 mars 1975.

  • Du côté administratif les choses se dégradent aussi. Lors d'une réunion entre MM. Ribeau et Burgaud de la D.G.R.S.T., ce dernier reproche à la S.E.R.A.P. :
- la non-réalisation des expériences biologiques avec l’appareil « P4 » ;
- un délai dépassé sans raison valable ;
- une absence totale d’information depuis plus de 18 mois.
La D.G.R.S.T. refuse de débloquer la somme restante (1 020 000 F.) du contrat.

13 mars.

  • Réunion du conseil de surveillance. Rapport du directoire de la S.E.R.A.P.[5].

20 mars.

  • Antoine Priore est furieux envers P. Ribeau et la maison LEROY-SOMER, car ils refusent de construire un toit sur le bâtiment pour protéger la lampe[6].

21 mars.

  • P. Ribeau écrit une plaquette publicitaire[7] sur « La Machine Priore ». Son objet, semble-t-il[8], était de faire appel à la participation de personnes désireuses d’aider, à fonds perdus, le développement de l’invention d’Antoine Priore.

Avril 1975.

  • A la demande du Pr. Courrier, H. Gossot établit[9] un résumé de l’organisation et du financement du projet depuis avril 1972. Une réunion entre MM. Gossot, Chavanes et Pautrizel est prévue pour le 22 mai. Le Pr. Courrier veut utiliser cette information pour faire une demande de subvention auprès du ministre de la santé, Simone Veil.

9 mai.

  • Réunion S.E.R.A.P.[10].
Réflexions[11] sur les améliorations faites et à faire suite aux déficiences constatées lors des expérimentations biologiques des 5 et 10 février:
- La lampe est en deux parties. Il faut en améliorer les éléments internes et modifier les structures métalliques du générateur.
- Il y a un problème de diffusion du plasma sur les parois de la lampe.
- L'isolation des filaments et des cathodes est à revoir.
- L'adaptation des émetteurs H.F. sur la lampe est à résoudre.
- Il faut construire un étage supplémentaire au dessus du bâtiment ‘générateur’.
- Il y a un problème important de refroidissement du générateur (une température d'environ 45° C règne à l’intérieur du local !)
La mise en charge de la lampe par les TROIS émetteurs est prévue pour septembre 1975. Le problème d’adaptation des émetteurs sur la lampe nécessite une charge H.F. de 15 kW avec refroidissement interne. Il faut acheter cette charge aux U.S.A.

22 mai.

  • Réunion à l’Académie des sciences à la demande de H. Gossot (MM. Courrier, Gossot, Pautrizel, Chavanes)[12]. Lors de cette réunion H. Gossot proposa d’inviter le Pr. Courrier et Jacques Chaban-Delmas à la prochaine réunion du conseil de surveillance de la S.E.R.A.P. Il veut obliger Antoine Priore et P. Ribeau à faire des promesses sur les dates de mise en état des appareils devant MM. Courrier et Chaban-Delmas.
Antoine Priore est très mécontent de ne pas avoir été invité à cette réunion [13].

16 juin.

  • Toujours des problèmes avec le modulateur du champ magnétique. On doit démonter le système mis en place par R. Ribeau et revenir à l’ancien système de PRIORE[14].

23 juin.

  • Altercations : entre H. Gossot et Mme Priore ; entre Antoine Priore et le Pr. Pautrizel ; entre Antoine Priore et P. Ribeau[15].

27 juin.

  • Assemblée général extraordinaire de la S.E.R.A.P.[16] et assemblée générale ordinaire[17]. MM. Priore et Ribeau s’engagent devant MM. Chaban-Delmas et Courrier à ce que l’appareil remarche en septembre 1975.

2 juillet.

  • Antoine Priore s'est encore accroché avec P. Ribeau au sujet du toit de protection de la lampe, qui n’est toujours pas fait. Beaucoup de travail a été accompli par MM. Priore, Farago et Genty. Ces derniers partent en vacances et Antoine Priore reste seul.

18 juillet Antoine Priore montre toutes les malfaçons du bâtiment au Pr. Pautrizel.

25 juillet.

  • Réunion S.E.R.A.P.[18]. La réunion a lieu chez Antoine Priore (MM. Chavanes, Leroi, Gossot, Ribeau, Pautrizel et Priore). : Le Pr. Pautrizel[19] insiste sur trois points :
- la rémunération d’Antoine Priore (il n’a pas de quoi vivre) ;
- les malfaçons dans les constructions qui se répercutent au niveau de son logement ;
- les dettes d'Antoine Priore.
Il semble qu’Antoine Priore n’ait jamais mis les chèques de son salaire à l’encaissement, pensant qu’il réglait ainsi ses dettes envers la maison LEROY-SOMER ! G. Chavanes demande que MM. Pautrizel et Leroi apportent des éclaircissements et proposent une solution.
  • Le redémarrage des émetteurs H.F. est lié à la présence de la charge H.F. de 15 kW, or, cette charge n’est pas encore livrée. La société PRANA ne peut donner une date prévisible de livraison.
  • Les travaux sur les tours de refroidissement sont plus importants que prévus.
  • Le modulateur liquide du champ magnétique principal est en attente, depuis six mois, d’un composant essentiel (une charge résistive) en provenance des États Unis.

Août 1975.

  • La construction des cabines d’ionisation progresse.
Il y a toujours des conflits entre Antoine Priore et P. Ribeau. Il a été décidé de constituer un cahier où toutes les décisions seraient notées, qui serait tenu au jour le jour et contresigné par Ribeau et Priore afin d’éviter des litiges[20].

Troisième trimestre 1975.

  • Remise en état de l’appareil « P4 » (cage de Faraday et nouveaux émetteurs). Problèmes persistants avec la cage de Faraday.

2 septembre 1975.

  • Réunion S.E.R.A.P.[21].
- Ni la charge de 15 kW , ni la charge résistive pour le modulateur du champ magnétique ne sont encore arrivées.
- Les travaux sur les tours de refroidissement sont presque terminés.
- La nouvelle lampe doit arriver le 29 octobre, les essais sont prévus pour le 15 novembre.
- L’étage complémentaire du "bâtiment générateur" sera fini pour le 15 novembre.
G. Chavanes demande à Antoine Priore de venir à Angoulême afin de trouver un accord définitif au sujet du remboursement des sommes engagées par LEROY-SOMER pour son appartement.
Venu à Bordeaux de M. De Laage, qui en 1971 proposait un financement à Antoine Priore. Il n’assiste pas à la réunion S.E.R.A.P.[22] et G. Chavanes refuse sa participation financière au fonctionnement de la S.E.R.A.P.

13 septembre.

  • Antoine PRIORE doit partir en Italie pour emprunter de l’argent à sa famille, car les créanciers le relancent.
Mme Priore a supplié son mari de n’en plus parler avec P. Ribeau, car elle craint qu’en se fâchant, il tombe malade.
Antoine Priore ne compte plus sur LEROY-SOMER, il veut tout abandonner[23].

15 septembre.

  • Le Pr. Pautrizel rappelle[24] à G. Chavanes qu’il n’a rien fait pour résoudre le problème du salaire d’Antoine Priore. Celui-ci ne vit qu'avec la modique indemnité versée à son épouse par les bons soins du Professeur Pautrizel.

16 septembre.

  • Pour décourager la proposition de financement et de partenariat de M. De Laage, G. Chavanes[25] prétend que l’appareil a livré tous ses secrets et que P. Ribeau est capable d'en construire autant qu'il le voudrait.

30 septembre.

  • Réunion entre MM. Chavanes, Priore, Lagière, Gossot, Gousset, Régis, Berlureau, Ribeau, Pautrizel. Le Pr. Pautrizel[26] parle des ennuis financiers de Priore. (Le contrat avec la D.R.M.E. étant terminé, Antoine Priore n’a plus de salaire) Il rappelle également une anecdote qu’Antoine Priore garde en travers de la gorge : A la D.G.R.S.T. on lui a dit qu’il n’était que le salarié de LEROY-SOMER et que l’on n’avait pas à traiter avec lui.
P. Ribeau propose[27] un projet de remboursement des dettes d’Antoine Priore en jouant sur les salaires qu’Antoine Priore n’a pas encaissés.

7 octobre.

  • Il semble que quelqu’un a annulé la commande de la charge résistive sans en avoir averti Antoine Priore. Ce dernier pique une colère devant MM. Pautrizel et Faugère. Le Pr. Pautrizel a peur pour la santé de Priore (visage empourpré, tremblements etc.)

20 octobre.

  • H. GOSSOT écrit[28] à Antoine Priore pour donner son avis, et son calcul, sur la proposition de P. Ribeau concernant le remboursement de son appartement. Il en conclut que la dette est presque effacée. Il donne copie[29] de sa lettre à G. Leroi.

31 octobre.

  • Réunion à Floirac (MM. Chavanes, Leroi, Berlureau, Gousset, Gossot, Ribeau, Priore, Pautrizel)[30]/ Antoine Priore fait état de sa fatigue et exprime le désir de se retirer. Il propose que P. Ribeau prenne l’affaire en mains avec A. Farago.
G. Chavanes est tout à fait d’accord. Cependant, G. Leroi met les pieds dans le plat : Il pose à P. Ribeau la question directe : « Monsieur Ribeau, puisque Monsieur Priore propose son remplacement par vous-même pour finir les travaux, oui ou non, êtes-vous capable d’assumer cette charge ? »
Paul Ribeau élude la question et G. Leroi est obligé d’insister, en lui répétant « Monsieur Ribeau, répondez-moi, oui ou non ? ».
P. Ribeau s’en sort par une pirouette en disant: « Depuis 1973 je n’ai qu’un rôle administratif, c’est-à-dire, faire signer, facturer bons de commandes... Monsieur Priore a tellement fait changer le plan de l’installation, que je ne peux plus m’en occuper. ».
La charge résistive doit arriver vers la fin novembre, en attendant, Antoine Priore doit se reposer. Il s’occupera ensuite de la remise en état du « P4 ».

3 novembre.

  • Le Pr. Pautrizel écrit[31] à P. Ribeau. Il résume l’historique de la construction du « P4 » et les dégâts causés par les travaux sur le générateur « M600 » : juillet 1972 une partie du laboratoire s’écroule, destruction du transformateur d’alimentation, nécessité d’utiliser un groupe électrogène bruyant, endommagement de la cage de Faraday (la préfecture de la Gironde interdit l’utilisation de l’appareil à cause des brouillages H.F.); Il demande à P. Ribeau d’appliquer la solution trouvée par Priore pour améliorer la cage de Faraday.

4 novembre.

  • Conversation entre MM. Chavanes et Pautrizel au sujet de P. Ribeau et de sa manie d'être souvent en marge de la vérité, même pour des choses très banales. G. Chavanes admet que P. Ribeau ment souvent, mais qu’il est un excellent élément pour l’industrie[32].

7 novembre.

  • Réunion entre MM. Leroi, Priore et Pautrizel pour savoir si P. Ribeau doit revenir à Floirac ou non. Il est évident qu’Antoine Priore peut prendre en charge la partie technique, mais qu’il ne peut supporter les frais financiers[33]. P. Ribeau fait des pieds et des mains pour rentrer dans les bonnes grâces d’Antoine Priore.

10 novembre.

  • Après discussions avec MM. Gossot, Leroi et Pautrizel, Antoine Priore accepte[34] que Ribeau revienne à Floirac, à condition qu'il se conforme à la décision prise lors de la réunion du 31 octobre: lui, Antoine Priore, prendra seul désormais la direction des travaux sur le générateur, jusqu’à la fin.

12 novembre.

  • P. Ribeau demande[35] à un expert de vérifier l’état de la cage de Faraday.

13 novembre.

  • Antoine Priore annonce au Pr. Pautrizel qu’il a besoin de 150 000 F car un de ses prêteurs a de grosses difficultés et il faut qu’il le rembourse immédiatement.

18 novembre.

  • Pourparlers entre H. Gossot et L. Lagière de la mairie de Bordeaux qui semble être un émissaire de G Chavanes ou de P. Ribeau[36].

19 novembre.

  • Il semble qu’Antoine Priore soit réconcilié avec P. Ribeau. Il veut savoir si les calculs de Gossot montrent que le remboursement de son appartement est bien terminé[37].

22 novembre.

  • Un avenant[38] à la convention du 15 juin 1972 fait qu'Antoine Priore n’est plus salarié de la S.E.R.A.P., mais mandataire et que les futurs brevets d’Antoine Priore demeureront sa propriété. Toutefois, il devra en concéder la licence exclusivement à la S.E.R.A.P.

3 décembre.

  • Réunion S.E.R.A.P.[39] :
- L’appareil « P4 » n’est toujours pas en état de fonctionner. Les modulateurs sont hors d’usage et il y a toujours des problèmes avec la cage de Faraday. La date prévue pour le fonctionnement du « P4 » est reportée au 15 janvier 1976.
- P. Ribeau informe l'assistance de la lettre[40] de H. Curien (D.G.R.S.T.) du 21 novembre, où il lui reproche: l’absence de rapports, le retard de mise en route du nouveau générateur, l’impossibilité de faire des essais avec l’ancien générateur et où il lui signifie qu'il refuse définitivement de verser le reliquat du contrat.
- La mise en route du nouveau générateur est prévue pour avril 1976.
G. Chavanes reproche au Pr. Pautrizel[41] d'avoir remercié la S.O.V.I.R.E.L., sans mentionner LEROY-SOMER dans sa lettre du 3 novembre. Il parle ensuite du vieil appareil. Jamais ils n’ont voulu le détruire; Chavanes a toujours souhaité que Priore aille installer son gros laboratoire ailleurs que chez lui, c’est Priore qui a insisté pour rester dans ses locaux.
Le Pr. Pautrizel précise qu’Antoine Priore avait pourtant été d’accord pour l’installer à la faculté avant que LEROY-SOMER entre en scène. Dès le début des travaux, quand le bulldozer a démoli une partie de la maison de Priore, Ribeau voulait tout raser. C’est Pautrizel qui s’y est opposé, car Ribeau avait presque convaincu Priore de tout démolir. Ribeau est même revenu à la charge quelques mois plus tard quand il y a eu une discussion au sujet de l’appartement de Priore. Il voulait d'ailleurs aussi que le vieil appareil (le « P4 ») devienne la propriété de la S.E.R.A.P. mais Pautrizel s'y est encore opposé.
Devant l’insistance de Chavanes, Pautrizel précise qu’il a l’habitude de discuter avec Ribeau, dont les dires sont souvent contradictoires. La réunion continue, les documents concernant le brevet et la licence sur les cabines d’ionisation sont signés.
Le Dr Berlureau fait un compte rendu personnel[42].

9 décembre.

  • P. Ribeau établi[43] un planning détaillé des travaux à faire avant la remise en marche du nouveau générateur.
H. GOSSOT écrit[44] à Antoine Priore pour commenter les dernières propositions de P. Ribeau au sujet du remboursement de son appartement et aussi de son salaire.
G. Chavanes précise que dans le contexte actuel, il n’est pas possible financièrement, de lancer la fabrication d’une présérie de cinq cabines d’ionisation.

15 décembre.

  • P. Ribeau envoie ses dernières propositions[45] de plan de remboursement de l’appartement d’Antoine Priore à H. Gossot pour avoir son approbation. Le plan est basé sur une augmentation du salaire de Priore (de 4 500 F. à 6 900 F.) à partir d’octobre 1975. Le 5 janvier H. Gossot[46] communique à Antoine Priore ce plan de remboursement avec son acquiescement.
Références[modifier | modifier le wikicode]
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1976[modifier | modifier le wikicode]

19 janvier.

  • G. Chavanes a adressé une lettre à la D.G.R.S.T. le 8 janvier, disant que l’appareil « P4 » était disponible (ce qui était faux, puisque l’appareil fonctionnera seulement à partir de novembre 1976 !) et que le Pr. Pautrizel était d’accord pour faire les expériences de contrôle. Mais P. Ribeau n'a montré un brouillon de cette lettre à Antoine Priore que le 12 janvier. Ce dernier aurait voulu que Ribeau obtienne l’accord du Pr. Pautrizel avant d’envoyer la lettre... Antoine Priore réalise qu’il a été roulé une fois de plus par LEROY-SOMER.[1]

1er Trimestre 1976.

  • Remise en route des circuits de refroidissement et du modulateur mécanique du « M600 ».
Remise en état de deux émetteurs H.F.

8 mars.

  • P. RIBEAU établit[2] un planning détaillé des travaux à faire avant la remise en marche du « M600 ».

9 mars.

  • Réunion S.E.R.A.P.[3] :
La mise en route du nouveau générateur est prévue maintenant pour la fin mai.
La mise en route de l’appareil « P4 » (Remise en état de la cage de Faraday. Installation de trois nouveaux émetteurs de puissance construits par MM. Priore et Farago) est aussi prévue pour le mois de mai.

20 avril.

  • P. RIBEAU établit[4] un bilan des travaux effectués et des finances pour la D.G.R.S.T. Ce compte rendu d’activité annuelle, prévu dans le contrat, semble être le premier soumis à la D.G.R.S.T. depuis le début de celui-ci en avril 1972. Le manque d’information de la part des responsables de la S.E.R.A.P. a été un des griefs de P. Aigrain et de H. Curien.

24 avril.

  • Réunion S.E.R.A.P. chez Antoine Priore[5] (MM. Chavanes, Ribeau,Berlureau[6], Leroi, Genty, Léglise, Farago, Priore, Pautrizel) : L’appareil « P4 » marchera dans une quinzaine de jours. Quant au « M600 », Antoine Priore pense qu’il fonctionnera au mois d’août alors que les autres penchent pour septembre au plus tôt.

29 juin.

  • H. Gossot écrit une nouvelle note[7] à l’attention d’Antoine Priore, au sujet du remboursement de son appartement et de son salaire.

30 juin.

  • Assemblée générale de la S.E.R.A.P.[8].

6 octobre.

  • Le Pr. Pautrizel demande[9] à M. Casanova, conseiller technique auprès du Premier ministre, d’obtenir un rendez-vous à la D.G.R.S.T. pour envisager le démarrage des expériences de contrôle

20 octobre.

  • Réunion S.E.R.A.P.[10] :
La mise en route du « P4 » est prévue pour le 26 novembre.
Une demande[11] auprès de la D.G.R.S.T. est faite pour pouvoir procéder aux expériences demandées depuis juin 1966.
La mise en route du « M600 » est prévue pour le début janvier 1977.

2 novembre.

  • Antoine Priore s’inquiète de ce que la D.G.R.S.T. ne réponde pas. G. Chavanes a seulement écrit à B. Grégory[12], le nouveau délégué général de la D.G.R.S.T.

10 novembre

  • H. Gossot relate le mécontentement de P. Ribeau, devant les travaux qui n’avancent pas. Il semble que dans sa lettre à B. Grégory (D.G.R.S.T.), G. Chavanes avait donné des dates précises et ces dates se rapprochent, d'où l’inquiétude de Ribeau.
Antoine PRIORE reçoit maintenant un salaire de 9 000 F. brut. depuis le Modèle:1er octobre.

30 novembre.

  • L’appareil « P4 » fonctionne, tout semble correct; y compris la cage de Faraday. Les expériences de contrôle pourront être faites en janvier[13].
Références[modifier | modifier le wikicode]
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  2. (242)
  3. (243)
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  11. (251)
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  13. (253)

1977[modifier | modifier le wikicode]

3 janvier.

  • L’appareil « P4 » est en état de marche. On procède aux vérifications avec le modèle du trypanosome.

8 janvier.

  • G. Chavanes redemande à la D.G.R.S.T. de pouvoir faire des expériences de contrôle avec le « P4 ».

2 février.

  • B. Gregory, (D.G.R.S.T.), accepte[1] le principe de constituer une commission de contrôle chargé de vérifier les modèles LS347 et T8 avec le « P4 », sous la présidence du Pr. J. Bernard.

12 février.

  • G. Chavanes confirme[2] que l’appareil « P4 » est prêt à fonctionner sur les modèles de cancer (LS347 et T8).

31 mars. Le Pr. Pautrizel écrit[3] à G. Chavanes : L’appareil « P4 » marche depuis janvier avec le modèle du trypanosome. Antoine Priore a fait des modifications en février mais l’appareil modifié marche toujours avec le modèle trypanosome. Toutefois l’appareil ne fonctionne pas à la fréquence qui serait nécessaire pour traiter les modèles du cancer.

17 juin. Réunion à la D.G.R.S.T.

27 juin. Assemblée générale de la S.E.R.A.P.[4] : Aucun progrès n'a été réalisé sur le « M600 ». Le bilan financier est catastrophique. On envisage sérieusement une activité commerciale avec les cabines d’ionisation.

7 septembre. Réunion S.E.R.A.P.[5].

La remise en route des émetteurs H.F. est prévue pour la semaine du 12 au 17 septembre, avec l’aide de M. CHAHBAZIAN de la société PRANA.
La mise sous tension de la lampe est prévue pour la fin du mois de janvier 1978
L’appareil « P4 » était réglé, depuis le mois de mai à la fréquence spécifique de la carence des yeux (?). Le 12 septembre il sera réglé sur la fréquence spécifique du trypanosome, pour l’expérience demandée par la commission de la thèse d’Antoine Priore, puis l’appareil sera réglé sur la fréquence spécifique des tumeurs T8 et LS347, pour les expériences demandées par la D.G.R.S.T.
Les tractations avec la D.G.R.S.T. semblent progresser assez lentement (à cause de la D.G.R.S.T cette fois.).
Pour les cabines d’ionisation, les expériences faites sur des hommes et des animaux sont encourageantes. On peut envisager de présenter l’appareil à une commission d’homologation et de demander un brevet.

13 septembre.

  • P. RIBEAU fait un appel de capital auprès des actionnaires de la S.E.R.A.P.[6]. Les détenteurs de 4 actions doivent payer 300 F., Antoine PRIORE (2 222 actions) doit donc payer 166 650 F, ce qui pose un grave problème pour lui. Il emprunte alors la somme de 222 200 F. à la société LEROY-SOMER pour payer sa contribution. En contrepartie[7] il cède, jusqu’à complet remboursement de cette dette, toutes ses redevances éventuelles à venir sur les cabines d’ionisation.
Le siège social de la S.E.R.A.P. est transféré au 83 cours Gambetta, Floirac, domicile d’Antoine Priore.

Octobre.

  • Début du traitement des malades du cancer avec l’appareil « P4 ».

Novembre.

  • L’expérience des « témoins internes » demandée par la commission de la thèse est faite par A-M. Bottreau et ses collaborateurs de la faculté des sciences avec l’appareil « P4 ».
Références[modifier | modifier le wikicode]
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1978[modifier | modifier le wikicode]

15 février.

  • Réunion S.E.R.A.P.[1] :
L’appareil « P4 » doit être maintenu en marche (à cause du traitement des cancers humains).
Il y a toujours des problèmes techniques avec les émetteurs H.F. du « M600 » et leur couplage avec la lampe. Il n’est donc pas possible de prévoir une date de mise en route.
Il y a un vague projet (qui ne sera jamais approfondi) de construire une présérie de 10 appareils semblables à l’appareil « P4 ».
G. Chavanes veut procéder au développement commercial des cabines d’ionisation.
Face aux problèmes technologiques rencontrés avec le « M600 » et le manque de moyens financiers, P. RIBEAU propose[2] d’abandonner la construction du « M600 » et de faire un « M315 » avec des émetteurs H.F. de 2 kW et une bobine magnétique principale de 2 000 gauss. Il suffirait de le mettre dans la structure du « M600 ». Ce serait un appareil semblable à l’appareil abandonné par la S.E.R.E.S.O., mais plus proche du « P4 ». Pour réaliser cet appareil il faudrait seulement 1 million de francs au lieu des 3 millions nécessaires pour terminer le « M600 ». Antoine Priore acquiesce à contre cœur.
Les travaux sur la cabine d’ionisation, appelée ‘’IONOTRON’’ sont bien avancés

30 juin.

  • Assemblée générale de la S.E.R.A.P.[3] :
- L’activité industrielle est nulle.
- L’augmentation du capital a été réalisée en septembre 1977.
- Les émetteurs H.F. sont impossibles à mettre en marche.
- L’appareil « P4 » fonctionne sur le modèle du trypanosome, et depuis octobre 1977 sur quelques cas de cancer humain.
- La D.G.R.S.T. ne réagit pas: aucune nouvelle de la commission présidée par le Pr. J. Bernard.
- Présentation du bilan financier.

17 juillet.

  • G. Chavanes écrit à P. Aigrain (délégué général), après la réunion du 30 juin. Il résume l’historique du contrat, demande que la commission de la D.G.R.S.T. fasse son travail de contrôle (l’appareil « P4 » est prêt depuis début 1977 et la D.G.R.S.T. n’a toujours pas réagi.) et que la somme restante soit débloquée.

29 septembre.

  • G. Chavanes réécrit[4] à P. Aigrain car il n’a pas eu de réponse à sa lettre du 17 juillet.

10 octobre. Réunion S.E.R.A.P.[5] :

- Les expérimentations humaines, avec le "P4" sont encourageantes.
-La S.O.V.I.R.E.L. annonce qu’elle ne financera pas la présence permanente de Pierre Genty à Floirac en 1979.
- G. Chavanes demande que l’appareil « M315 » soit terminé pour janvier 1979.
- MM. Chavanes, Gossot, Régis cherchent un financement d’un million de francs pour terminer l’appareil.

Fin 1978. Un prototype de l’IONOTRON a été monté. L’étude de marché est lancée.

Références[modifier | modifier le wikicode]
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  2. (262)
  3. (263)
  4. (264)
  5. (265)

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1979[modifier | modifier le wikicode]

11 janvier.

  • Réunion S.E.R.A.P.[1] :
Il est fait le point sur le « M315 » : Rien n'est terminé. La date de fin février est avancée pour le montage de l’appareil.
Le prototype d’une cabine d’ionisation est prévu aussi pour la fin du mois de février.
P. Ribeau écrit une plaquette publicitaire[2] décrivant les effets bénéfiques de la technique.

6 février.

  • Réunion S.E.R.A.P.[3].
- Il est fait le point sur le « M315 » : Le circuit magnétique est terminé (le plan[4] de la bobine principale était fait par A. Farago.), la lampe est aussi terminée et les électrodes sont en fabrication. Les structures métalliques seront terminées dans 6 semaines. Les émetteurs ne fonctionnent toujours pas.
- La D.G.R.S.T. ne veut pas débloquer la partie du contrat restante (1 M.F.)
- Une étude commerciale pour les cabines d’ionisation est en cours.
- H. GOSSOT propose d’avoir deux appareils disponibles: un pour traiter des malades et le deuxième comme appareil de secours, mais qui pourrait être utilisé pour des animaux si le premier est en fonctionnement.
- Un compte rendu personnel[5], écrit par H. Gossot pour le Pr. Pautrizel, décrit l’ambiance réelle de cette réunion :

CHAVANES : ficelé financièrement par PRIORE ; LEROI : Chabanite chronique : PRIORE : insupportable ; BERLUREAU : transparent ; LAGIERE : inutile ; RIBEAU : bien ; GOUSSET : c’est GOUSSET

Priore : "Des animaux ? Jamais, plutôt la clef sous la porte !"
Le chœur de notables: "Oui c’est très bien". Trois minutes plus tard : "Non c’est pas bien" etc.
G. Leroi attaque violemment H. Gossot pour avoir pris contact avec M. Manciet de la mairie.
Antoine Priore interdit à Gossot d’utiliser le film La Lueur et de remettre les pieds chez lui.
  • 15 février.
  • Réunion S.E.R.A.P.[6]
Le point sur le « M315 » révèle que la bobine magnétique et la lampe sont finies, mais que les émetteurs H.F. ne sont pas prêts.
  • 27 février.
  • Réunion S.E.R.A.P.[7]
La mise en route du « M315 » est prévue pour la fin mars.
Les essais avec le prototype de la cabine d’ionisation sont prévus à partir du 15 mars.
  • 18 avril.
  • Réunion S.E.R.A.P.[8] avec une commission de la D.G.R.S.T.
La commission est présidée par M. Bisconte (membres: Constant, Priou et Dutreix). Le compte rendu manuscrit de cette commission[9], écrit par M. Bisconte, et signé par tous les participants, prévoit que la somme de 1 M.F. restant du contrat D.G.R.S.T. sera débloquée pour finir la construction et l’essai de l’appareil « M315 ».
  • 21 mai.
  • H. Gossot constate que dans le compte rendu officiel[10], écrit par M. Bisconte, une phrase a été ajoutée après que les contractants aient signé. Page 2 : « Depuis juin 1971, elle (le « P4 ») est employée à des fins non prévus dans le contrat ».
  • En mai, J. Chaban-Delmas proposa[11] à G. Chavanes les participations de THOMSON C.S.F. et de Marcel Dassault au capital de la S.E.R.A.P. Cette proposition fut refusée, car G. Chavanes pensait que la S.E.R.A.P. ferait rentrer de l'argent avec les cabines d’Ionisation.
  • 11 juin.
  • Assemblée générale de la S.E.R.A.P.[12]
L’activité industrielle est nulle. Le bilan financier est catastrophique.
  • 10 juillet.
  • Le Pr. Pautrizel écrit à Antoine Priore pour lui dire que Dubourg, Courty et lui-même pensent faire une communication à l’Académie de médecine afin de décrire les observations cliniques faites sur les malades traités avec l’appareil « P4 » depuis octobre 1977.
  • 24 octobre.
  • Réunion S.E.R.A.P.[13] avec une Commission de la D.G.R.S.T.
La commission est présidée par Stratis AvraméasS (membres: MM. Constant, Dutreix, Priou, Fauve, Guenet, Guillon, Bisconte, Delourme). L’objet de la réunion est de faire débloquer les 800 000 F. de la D.G.R.S.T. pour financer la construction du « M315 » et de définir les expériences de contrôle. En effet, la D.G.R.S.T. accepte, mais insiste sur l'expérimentation animale avec le « M315 ». Le compte rendu de cette réunion était écrit par le Pr. Avraméas[14].
  • 30 octobre.
  • Réunion S.E.R.A.P.[15]
A la fin de 1978 les pertes de la S.E.R.A.P. étaient supérieures au capital initial de 500 000 F. Ou c’était la faillite ou il fallait trouver du capital pour la société. La direction de la S.E.R.A.P. propose une augmentation du capital de 500 000 F.

Octobre

  • Antoine PRIORE a décidé d’arrêter la réalisation du « M315 », il veut revenir au « M600 » !
Cette volte-face d’Antoine Priore, au moment où la D.G.R.S.T. est sur le point de débloquer 800 000 F pour finir le « M315 », est facilement explicable. Le seul véritable but d’Antoine Priore était la thérapeutique du cancer humain, il ne voulait plus d’expérimentation animale avec ses appareils. Or, en octobre 1979 il fût contacté par un riche industriel de Dakar, J-C. Mimram. M. Mimram avait un ami très proche, malade du cancer. Il était prêt à apporter 7,5 M.F. pour terminer le « M600 », s’il pouvait entrer dans le capital de la S.E.R.A.P. et en prendre le contrôle. Antoine Priore et le Pr. Pautrizel[16] sont allés à Dakar. G. Chavanes[17] et la mairie de Bordeaux furent informées[18] de cette possibilité de financement. Ce dernier a même engagé une enquête[19] sur la moralité et sur l’état financier des frères MIMRAM. (A ce titre un article dans France-Soir[20] de mai 1986 montre l’étendue de l’empire financier de M. Mimram). Cependant, G. Chavanes refusa de céder le contrôle de la S.E.R.A.P. à J.-C. Mimram et ce dernier n’insista pas.

Décembre 1979

  • Antoine Priore refuse de céder toutes ses actions à la société LEROY-SOMER pour permettre l’augmentation du capital de la S.E.R.A.P. Les problèmes entre lui et LEROY-SOMER persistent.
Références[modifier | modifier le wikicode]
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1980[modifier | modifier le wikicode]

  • Janvier 1980, l’Académie de médecine[1] refuse de considérer la publication des observations cliniques de MM. Dubourg, Courty et Pautrizel.
  • Avril 1980 Antoine Priore arrête le « P4 ». Sa dernière patiente[2], l’épouse du Pr. Robert Courrier rentre à Paris. Elle meurt de son cancer des poumons quelques mois plus tard.
Références[modifier | modifier le wikicode]
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  2. (287)

La saga du « M600 » était finie.

La Suite[modifier | modifier le wikicode]

La santé d’Antoine Priore était très précaire. Il fût hospitalisé à plusieurs reprises à cause de ses problèmes diabétiques et cardio-vasculaires. De plus, lui et sa famille vivaient dans un grand dénuement. Il n’avait même pas les moyens de payer ses factures d’électricité domestique. L’Association National de Bioélectromagnétisme, présidée par le Pr. Pautrizel, dut payer[1] une facture de l’E.D.F. La mairie de Bordeaux proposa également son aide.

C’est dans ce contexte que P. Ribeau, en juin 1982, lui envoie une proposition hallucinante[2]. En effet, Ribeau propose à Antoine Priore de prendre seul la direction d’une nouvelle société destinée à commercialiser les appareils PRIORE dans le monde entier. Il est prévu que cette société sera financée par les États au prorata de leur produit intérieur brut !

Mme Priore n’osa pas montrer ce document à son époux, toujours alité, par peur de le voir entrer dans une colère qui soit nuisible à sa santé.

Antoine Priore meurt le 9 mai 1983 à la suite d’un accident vasculaire cérébrale.

Après le décès d’Antoine Priore la société LEROY-SOMER a essayé de monnayer sa main mise sur le chantier du « M600 ». Dans une entrevue télévisée, G. Chavanes réclamait 20 M.F. pour partager le savoir-faire de sa société avec d’autres.

En octobre 1983, G. Chavanes demande[3] une subvention de 9 M.F. auprès de Laurent Fabius, ministre de la recherche, pour la mise en route du « M600 ». Il s'appuie pour cela sur un projet[4] écrit par P. Ribeau. Dans le résumé historique qui accompagnait cette demande, G. Chavanes :

  • affirma que sa société avait déjà dépensé 20 M.F. ;
  • occulta complètement le rôle de la S.O.V.I.R.E.L. ;
  • laissa entendre que ses ingénieurs avaient déjà construit plusieurs appareils avec résultats biologiques à la clé ;
  • prétendit que toutes les publications scientifiques avaient été faites avec le concours de LEROY-SOMER.

Le ministre, après avoir refusé[5] d’accorder la subvention, en s'appuyant sur le rapport [6] très négatif de MM. Bernard et Latarjet, hésite. Après l'intervention du Pr. J-P. Bader et d'un entretien avec G. Chavanes le 26 juin 1984 il est prêt à débloquer 2 5 M.F., sous certaines conditions. La presse publie[7] cette nouvelle le 5 juillet qui est suivi d’une volte-face du cabinet du ministre le lendemain[8].

Au cours de l'année 1984 le conseil régional d’Aquitaine[9], sous l’impulsion de P. Madrelle, A. Rousset et G. Savary, apporte son soutien à l'équipe universitaire de la faculté des sciences de Bordeaux, formée par le Pr. Joussot-Dubien et tente de la faire collaborer avec la société LEROY-SOMER. Le président du conseil régional, P. Madrelle, proposa[10] un protocole d'accord équitable entre la société LEROY-SOMER, Mme Priore et l'équipe universitaire. Mais ce fût sans succès, en raison, d'une part des exigences financières de G. Chavanes vis-à-vis des universitaires, et d'autre part l'attitude hargneuse de MM. Chavanes et Ribeau. Leur mécontentement était en effet exacerbés par la publication du livre « Dossier Priore » par J-M. Graille. Ce livre révélait certains faits historiques peu flatteurs pour eux. Or, Graille a obtenu, en partie, son information documentaire par l'intermédiaire du Pr. Pautrizel et de Mme Chateaureynaud, membres de l'équipe universitaire ! Cette prise de position navrante de MM. Chavanes et Ribeau a été évoquée explicitement par J. Chaban-Delmas[11] et par P. Madrelle[12].

En 1985 il semble que[13] la société LEROY-SOMER ait voulu créer une nouvelle filiale: la S.C.R.I.P.T. au capital de Modèle:Unité30 (20 M.F. correspondent à la somme que G. Chavanes estime avoir été apportée en matériel par LEROY-SOMER et 10 M.F. à trouver.) En réalité, rien ne s'est fait.

La dernière tentative, à notre connaissance, de la Société LEROY-SOMER pour relancer la construction d'un appareil Priore fut une lettre[14] écrite par P. Ribeau le 3 mars 1989 à François Mitterrand, Président de la république. S'appuyant sur l’effet de stimulation des défenses immunitaires du rayonnement Priore et sur les ravages du S.I.D.A., il demanda à être entendu par des scientifiques compétents. La présidence de la république transmit sa lettre au Pr. J-P. Levy de l’agence national de recherche contre le S.I.D.A. Ce dernier souhaita[15] plus amples informations de la part de P. Ribeau. En réponse, Ribeau proposa[16] tout simplement, si on lui octroyait des crédits, de construire un appareil Priore pour expérimenter sur les malades du S.I.D.A. !

Sa lettre resta, bien évidement, sans réponse.

Également en mars 1989, P. Ribeau et H. Gossot, à titre privé, proposent une collaboration et la fusion de leur savoir-faire avec les membres restants du groupe universitaire (MM. Joussot-Dubien, Veyret et Moreau). L'activité de ce groupe hybride est décrite dans la note[17] ne concerne pas directement la société LEROY-SOMER.

Références[modifier | modifier le wikicode]

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