Philosophie/Théorie et expérience

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La science vient du latin scire : savoir. La science a deux sens :

- un sens ancien : chez les Grecs, la science désigne le savoir suprême : la philosophie, la métaphysique. Philosophie chez Platon : science de ce qui est essentiellement. Philosophie chez Aristote : science de l’Être en tant qu’Être.

- Un sens moderne : étude expérimentale, connaissance de l’univers et de la nature, caractérisée par son objectivité et sa rigueur.

Types de sciences[modifier | modifier le wikicode]

On distingue trois sciences :

- sciences de la nature (SVT, Physique, Chimie)

- sciences formelles (Maths)

- sciences humaines (psychologie, sociologie, histoire)

La méthode expérimentale[modifier | modifier le wikicode]

Méthode expérimentale mise au point XIXème siècle par Claude Bernard.

Trois moments : 1) observation Þ 2) hypothèse Þ 3) vérification

La méthode expérimentale est un ensemble de procédés qui permet la découverte des lois, des principes et des théories. Il s’agit de reproduire le phénomène observé de façon à pouvoir déterminer la loi d’apparition de ce phénomène.


1) observation[modifier | modifier le wikicode]

constatation d’un fait (dans la nature ou dans le contexte d’un laboratoire). Il faut des qualités d’ordre sensoriel et intellectuel. L’observation a trois caractères :

- elle doit être objective (pas de préjugés)

- le fait observé doit être significatif (digne d’intérêt pour la science). L’observation doit être capable d’étonnement et avoir un esprit critique et des connaissances scientifiques. Alain : « il faut être savant pour saisir un fait ».

- le fait observé doit être précis : souci de rigueur (avec des instruments de mesure)


2) hypothèse[modifier | modifier le wikicode]

idée provisoire, anticipée de la loi. L’hypothèse nécessite et manifeste la puissance créatrice de l’esprit. Pointcarré : « l’hypothèse expérimentale n’est que l’idée scientifique préconçue ou anticipée, elle doit toujours être le plus tôt et le plus souvent possible soumise à la vérification ». L’hypothèse a trois caractères :

- elle doit être plausible. Elle doit donc reposer sur des faits.

- L’hypothèse ne doit pas être contradictoire. Elle ne doit pas contredire des faits vérifiés à la même échelle.

- Elle doit être vérifiable.

Une hypothèse même fausse peut être féconde pour la science.


3) Vérification expérimentale[modifier | modifier le wikicode]

Répéter le phénomène pour l’observer de façon plus précise, l’analyser en dissociant les différents éléments qui entrent dans sa composition. Claude Bernard : « On introduit l’idée anticipée dans un raisonnement en vertu duquel on fait des expériences pour la contrôler ».


Définition de la loi : expression d’un rapport constant entre des phénomènes. La loi a une importance pratique et technique puisqu’elle permet de prévoir. Les lois expriment l’intelligence de l’univers. Il y a deux types de lois :

- loi déterminante : nécessaire et valable dans tous les cas. Ces lois ont pour fondement le principe de déterminisme (ordre dans la nature).

- Loi statistique : valable pour un ensemble de cas (il y a dans la nature une marge d’incertitude, d’indétermination)


La méthode se poursuit avec la recherche des principes et des théories.

Le principe est une proposition abstraite à partir de laquelle on peut déductivement redescendre jusqu’aux lois. Les théories ont pour rôle de coordonner ces principes en vue de l’unification totale des phénomènes et de leurs lois. 3 caractères de la théorie :

- commodité : économie de pensée (vaste synthèse)

- intelligible : elle favorise le raisonnement, la déduction

- fécondité : la théorie ouvre la porte à de nouvelles recherches et découvertes.


La science, ce n’est pas un enregistrement passif des faits, ce n’est pas non plus un ensemble de convention ; c’est le résultat d’un dialogue entre les idées et les faits.


Le rationalisme scientifique


Comment obtenir l’objectivité en science ?

L’homme est en effet porté à adhérer naïvement à adhérer à tout ce qui se dit, se fait.


Bachelard : « l’évidence première n’est pas une vérité fondamentale ». Notre connaissance sensible n’est pas à confondre avec la réalité ; elle n’est qu’une conjecture. L’évidence première est une intuition, une image.

Bachelard montre que le savant doit avoir un esprit critique, la science exige une lutte contre les opinions impures.


Comment lutter contre la jeunesse de l’esprit ?

« L’objectivité scientifique n’est possible que si l’on a d’abord rompu avec l’objectif immédiat, si l’on a arrêté et contredit les pensées qui naissent de la première observation ». L’attitude scientifique doit être différente de l’attitude spontanée. On passe de la diversité empirique à l’unification rationnelle. La conquête de l’objectivité nécessite la mise entre parenthèses du corps, de la subjectivité : « cycle de désubjectivisation ».

L’esprit du savant doit toujours être à l’écoute du réel. Le savant doit avoir une ouverture d’esprit. La connaissance scientifique n’est jamais achevée, définitive. Elle est « approchée » selon Bachelard : on n’a jamais fini de découvrir.