Photographie/Filtres optiques/Filtres à effets

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Filtres optiques


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De nombreux accessoires optiques peuvent être utilisés pour réaliser au moment de la prise de vue des effets spéciaux censés augmenter l'impact visuel des photographies. Il ne s'agit généralement ni de vrais filtres, ni encore moins de « lentilles », mais de systèmes optiques qui peuvent aller de la rusticité la plus absolue à un haut degré de sophistication.

Beaucoup de ces accessoires fournissent des effets qui peuvent être réalisés aujourd'hui par traitement numérique, plus facilement et surtout à moindre coût, puisqu'aucun achat supplémentaire n'est nécessaire et que les images ratées peuvent être immédiatement effacées.

Outre les innombrables objets disponibles chez les revendeurs, il est également possible de mettre à profit un vieux bas de nylon ou un filtre UV frotté de vaseline pour servir de diffuseur, ou encore de mettre devant l'objectif une feuille froissée du plastique irisé qui sert à emballer les cadeaux, afin de tenter d'apporter un brin de féerie à une scène des plus banales. Avec un peu d'imagination, on fait de petits miracles !

Diffuseurs[modifier | modifier le wikicode]

Les effets de flou ou de diffusion de la lumière ont été largement utilisés par les photographes, en particulier par le célèbre David Hamilton dont les livres et les posters se vendaient comme des petits pains dans les années 1970.

Les meilleurs effets sont généralement ceux qui correspondent à une image « floue-nette », entendons par là que le diffuseur laisse passer normalement une partie de la lumière et diffuse le reste pour former une sorte de « flare » qui enveloppera l'image nette par une autre, floue. La qualité d'un diffuseur dépend donc étroitement d'une part du rapport entre la quantité de lumière diffusée et la quantité qui ne l'est pas, et ensuite du degré de diffusion : en effet, si la lumière diffusée est trop dispersée sur l'ensemble de la photographie, elle ne permet d'obtenir qu'une baisse de contraste pas forcément agréable à l’œil, au lieu l'effet « poétique » ou « romantique » recherché.

L'action d'un diffuseur dépend bien sûr de la lumière qui provient su sujet lui-même, mais aussi de celle dur à l'environnement, lequel peut être plus ou moins clair ou foncé. En studio, il est relativement facile de protéger les diffuseurs des influences extérieures, c'est beaucoup plus délicat lorsque l'on photographie en plein air, en raison de la présence de sources intenses comme le ciel, les nuages blancs et bien sûr le soleil qui, en frappant directement les surfaces diffusantes, risque de voiler l'ensemble des images.

Tissus, trames, etc.[modifier | modifier le wikicode]

Les tissus très aérés de type gaze, mousseline, tarlatane ou tulle servent habituellement à faire des pansements, des rideaux, des voilettes ou des moustiquaires mais avec un peu d'ingéniosité les photographes peuvent facilement les utiliser comme diffuseurs. Leurs larges mailles laissent passer très largement la lumière, ce qui forme une image parfaitement nette, tandis que les fils créent des effets de diffusion et de diffraction plus ou moins marqués selon le type de tissu utilisé.

Certains textiles susceptibles de faire d'excellents diffuseurs, comme les tulles et les tissus de soie blutée, sont de plus en plus difficiles à trouver dans le commerce ; pour autant, ce n'est pas une raison pour aller découper votre matière d’œuvre dans les souvenirs accumulés dans le grenier de votre grand-mère.

Les différents tissus utilisables se distinguent par leur couleur, leur opacité et leur texture.

  • Les tissus clairs ne sont généralement pas recommandés car leurs fibres constituent des réflecteurs qui renvoient la lumière en trop grande quantité et dans toutes les directions, provoquant un voile général de l'image. Si de plus ces tissus sont colorés, ils engendrent également des dominantes qui peuvent être indésirables. Les tissus sombres ou noirs évitent cette diffusion mais provoquent une diffraction dont les effets sont généralement beaucoup plus esthétiques.
  • La surface occupée par les fils compte évidemment beaucoup. Si elle est trop faible, la netteté générale et la luminosité de l'image se trouvent amoindries, ce qui n'est guère intéressant. En règle générale, des fils très fins par rapport aux trous du tissu sont presque toujours préférables et il faudra donc rechercher autant que possible des tissus très transparents.
  • Les textures des tissus sont également très variées. Les trames à mailles carrées de la gaze ou de la tarlatane ne sont pas forcément à rejeter mais elles ont tendance à donner un flou directionnel avec deux directions privilégiées tournées de 90 ° l'une par rapport à l'autre. Le tissage en nid d'abeille du tulle ou le tricot d'un bas transparent n'ont pas cette propriété. Nous employons ici le terme « propriété » plutôt qu'inconvénient car dans le domaine de l'esthétique, certains apprécient de que d'autres rejettent. Il faut aussi noter que les fibres naturelles sont souvent effilochées, présentant de multiples petites « barbes » réparties de façon totalement anarchique et dont l'effet est défavorable, car elles diminuent la transparence du tissu tout en favorisant le voile ; les fibres synthétiques n'ont généralement pas cet inconvénient.

Le tissu idéal serait donc a priori de couleur noire, tout en conciliant finesse, opacité et absence de fils parasites.

Multiplicateurs d'images[modifier | modifier le wikicode]

Ces « filtres » sont constitués par un assemblage de plusieurs prismes placés dans une monture tournante permettant de varier les effets et de choisir la meilleure composition. Les images multiples peuvent être parallèles, symétriques ou encore disposées selon un cercle. Les principaux fabricants ou revendeurs sont Hoya (filtres Multivision), Kenko (filtres Mirage et Varimage), Tamron (filtres Multiple Image) et Vivitar (filtres Multi-Images).

Les prismes multi-images peuvent comporter des facettes taillées parallèlement ou en étoile. Les premiers présentent un champ divisé en deux parties, l'une est une simple lame à faces parallèles tandis que l'autre comporte de 2 à 6 facettes (5 pour le prisme Tamron montré ci-dessus). Les prismes en étoile comportent 3 facettes en Y ou davantage, 4, 5 ou 6. Il existe aussi des systèmes comportant deux lames taillées qui, en tournant, offrent une multiplication des images secondaires. Il est possible, bien que ce ne soit pas vraiment gratuit, de faire tailler ou mouler ses propres lentilles à images multiples.

Les effets de ces prismes sont plus ou moins prononcés selon la focale de l'objectif utilisé, seuls des essais pratiques permettent de s'en faire une idée. Attention aussi au fonctionnement des systèmes autofocus, qui peuvent parfois être fortement perturbés par l'utilisation de ces compléments optiques.

Filtres à scintillement[modifier | modifier le wikicode]

Les filtres à scintillement ou filtres « star » sont généralement des lames de verre à faces parallèles portant de fines gravures disposées en réseaux et inclinées les unes par rapport aux autres à 90, 60 ou 45 °. Selon l'angle et la disposition des traits, ces filtres ont la propriété de transformer les points lumineux en étoiles à 4, 6 ou 8 branches dont l'orientation est déterminée par la rotation de la monture. La publicité a fait dans les années 1970 et 1980 un large usage de ces systèmes. On trouve ces filtres par exemple chez Hoya (filtre Variocross), chez Kenko (filtres Kenko-Cross et Vari-Cross) ou encore chez Vivitar (filtre Cross-Screen).

Les filtres à scintillement de haute qualité sont gravés au diamant sur des machines spéciales. Il faut réaliser des traits très fins, d'une largeur de 2 à 3 µm, ce qui constitue un travail très délicat. Le diamant doit être tiré dans une direction bien précise, sinon sa pointe risque d'éclater ; par ailleurs, l'obtention de lignes croisées est toujours très risquée, en raison des risques d'éclatement du verre au niveau des points d'intersection.

On obtient des résultats un peu moins bons par gravure à l'acide. La plaque de verre que l'on veut graver est d'abord recouverte d'un vernis protecteur que l'on raye à l'aide d'une aiguille très file. Elle est ensuite exposée brièvement à des vapeurs d'acide fluorhydrique, ce qui réalise la gravure. Les traits ne sont jamais inférieurs à 1/100 mm. Une variante consiste à utiliser un enduit photosensible à la place du vernis, ce qui permet d'obtenir un peu plus de finesse.

Les traits gravés peuvent être dépolis, translucides ou noircis. Certains filtres de bas de gamme sont d'ailleurs constitués de réseaux de traits directement imprimés sur le verre.

Certains de ces filtres ont la propriété de décomposer le spectre lumineux, ils provoquent donc des irisations qui peuvent être du plus bel effet, mais dont il ne faut pas abuser. D'autres présentent une partie centrale non striée qui permet d'obtenir des effets d'étoiles.

Filtres pour effets de croix[modifier | modifier le wikicode]

Ils reposent sur le même principe que les filtres à scintillement mais les croix lumineuses s'arrêtent net et l'effet est réglable en jouant sur l'ouverture du diaphragme. Le résultat peut être lourd, voire « lourdingue », à utiliser par conséquent avec modération.

Filtres pour effet de vitesse[modifier | modifier le wikicode]

Le filtre Cokin Speed Filter donne une image partiellement nette accompagnée d'une zone de filé intense donnant une impression de vitesse.

Flous et brouillards[modifier | modifier le wikicode]

Il s'agit de lames de verre lisses d'un côté et irrégulières de l'autre. Les procédés utilisés sont nombreux : rayures, effets de martèlement, léger dépolissage au sable ou à l'acide, inclusion de particules métalliques, etc. Ces irrégularités peuvent concerner toute la surface ou seulement une partie, dans ce cas elles provoquent la superposition d'une image nette et d'une image floue, avec parfois la possibilité de doser l'effet en jouant sur l'ouverture du diaphragme. Tous ces « filtres » ne se valent pas et un essai s'impose lorsque l'on veut obtenir un résultat précis. Ces « gadgets » sont relativement difficiles à trouver depuis que le numérique règne en maître.

Vignettage[modifier | modifier le wikicode]

Le vignettage basique est provoqué par les montures des lentilles, qui interceptent les rayons lumineux les plus inclinés par rapport à l'axe optique. Il s'ensuit un assombrissement caractéristique des angles des images, assombrissement d'autant plus important que le diaphragme est plus ouvert. Tout ceci est expliqué dans une page spécifique du livre.

Le vignettage est généralement considéré comme un défaut et les opticiens cherchent à le réduire dans toute la mesure du possible. Il est aujourd'hui assez facile de l'éliminer par des méthodes logicielles, directement dans les appareils de prise de vue numériques ou en post-traitement. Cependant, ce défaut devient une qualité lorsque l'on veut attirer l'attention d'un spectateur sur le centre d'une image ou encore diminuer l'impact visuel d'éléments indésirables situés à la périphérie d'une image.

Outre le vignettage naturel, qui présente un dégradé radial de forme circulaire, il est possible de créer des vignettages de forme diverses, à l'aide de caches pouvant prendre des aspects variables à l'infini, étoiles, trous de serrure, etc. Ces ouvertures étant placées juste devant l'objectif fournissent des contours dont les bords sont d'autant plus flous que le diaphragme est plus ouvert, ce qui offre des possibilités de réglage qui peuvent se révéler intéressantes.

Outre le vignettage « au noir », certains filtres présentent une plage entièrement transparente, parfois un simple trou, le reste étant dépoli de façon plus ou moins prononcée. Au lieu que l'image soit dégradée vers le noir au fur et à mesure que l'on s'éloigne du centre, elle est alors dégradée vers le clair, la partie nette étant accompagnée d'une sorte de halo lumineux dont, là encore, les limites sont d'autant plus floues que le diaphragme est plus ouvert.

Bibliographie[modifier | modifier le wikicode]

  • CHAMPLONG, Gérard .- Filtromania, tout ce qu'il faut savoir sur tous les filtres et toutes les lentilles. In : Chasseur d'Images, n° 14, 1er février - 31 mars 1979, pp. 41-57.