Photographie/Thèmes/La nature morte

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La nature morte n'est pas réservée aux peintres, les photographes peuvent également pratiquer ce genre avec bonheur, dans des styles très divers. Beaucoup de photographies publicitaires représentant des objets sont conçues comme de véritables natures mortes.

Généralités[modifier | modifier le wikicode]

En anglais on dit still life. Still ne doit pas être pris comme on le fait parfois au sens de encore, encore en vie, mais au sens d'immobile, vie immobile. La caractéristique principale de ce thème est justement que l'on photographie des objets immobiles, d'où la nécessité pour le photographe de rechercher la perfection absolue dans la composition, la netteté, l'harmonie des couleurs, etc. Dans une nature morte, rien ne doit être laissé au hasard, le photographe est censé tout maîtriser et ce n'est qu'à lui-même que l'on peut imputer les éventuels défauts de l'image. Le genre, par conséquent, est beaucoup plus difficile que ce que l'on pourrait croire de prime abord.

Les peintres ont produit des milliers de natures mortes, dans des styles très différents. Les unes sont très stylisées, voire tendent vers l'abstraction, les autres se veulent très réalistes, les plus petits détails des sujets sont reproduits, avec une précision quasi « photographique ».

Les photographes ont très vite emboîté le pas aux peintres, et les natures mortes se prêtaient d'ailleurs parfaitement à la faible sensibilité des premières surfaces sensibles, en permettant de travailler avec des temps de pose très longs. L'une des premières photographies en couleurs, œuvre de Louis Ducos du Hauron est d'ailleurs une façon de nature morte :


Préparation des prises de vues[modifier | modifier le wikicode]

La réalisation d'une nature morte digne de ce nom nécessite presque toujours un important travail préalable.

Choix d'un sujet[modifier | modifier le wikicode]

En général, le photographe qui s'intéresse à la nature morte a déjà défini un sujet mais il peut s'agir aussi d'un thème « de commande », un produit industriel à photographier ou l'envie de présenter à un concours des photos sur le thème imposé par les organisateurs. Le sujet peut être présenté isolé ou en compagnie d'autres objets intrinsèquement moins intéressants mais qui pourront servir de faire-valoir. Les foires à la brocante, les vide-greniers, sont autant d'occasions de découvrir des objets attractifs en raison de leur rareté, de leur beauté, de leur caractère insolite, etc. L'automne est une très bonne saison pour des natures mortes de genre car elle permet de disposer de nombreux fruits, de feuilles mortes très colorées, etc., pour réaliser des compositions à base d'éléments naturels.

Le sujet principal peut être un bel objet présent de longue date dans la famille ou récemment acheté, un ensemble de fruits ou de produits saisonniers, etc. Dans tous les cas, si ce sujet est présenté seul, il sera bien difficile d'obtenir autre chose qu'un simple document. C'est en associant ce sujet principal à d'autres éléments que l'on donne vie à la scène, en établissant une sorte de « scénario » évoquant un moment de la journée, un art, un sentiment...).

Choix d'un décor[modifier | modifier le wikicode]

Les classiques fonds de studio avec des rouleaux de papier sont généralement inadaptés à la nature morte car ils sont à la fois trop grands et trop uniformes. Il faut avant toute autre chose avoir une idée précise de ce que l'on veut réaliser, puis se donner les moyens de mener cette idée à terme. Souvent, le photographe cherchera à reconstituer un coin d'appartement, ce qui le conduira à se procurer divers éléments de décor, tentures, petits meubles, nappes, fenêtre ou autres éléments récupérés sur des chantiers de démolition, etc. Tous ces éléments seront disposés et assemblés en utilisant force ficelle, fil de fer, ruban adhésif, etc. Un bon photographe, dit-on parfois, est forcément aussi un bon bricoleur, c'est le moment de le prouver.

Création d'une ambiance[modifier | modifier le wikicode]

Dans ce domaine, le choix d'une gamme de couleurs prépondérantes va grandement contribuer aux sensations qui seront ressenties par les observateurs. Très souvent, les auteurs privilégient les ambiances dites « chaudes », créées à partir de rouge, de jaune, de brun et de noir pour obtenir une impression de bien-être et d'intimité. Au contraire, des natures mortes à base d'objets industriels s’accommoderont plus facilement d'ambiances plus neutres, voir froides, créées par des teintes grises, blanches ou légèrement bleutées.

La composition des natures mortes[modifier | modifier le wikicode]

Il faut avant tout éviter la monotonie et amener le regard à se déplacer dans le cadre pour apprécier successivement les divers éléments qui constituent l'image. Le sujet principal doit en principe être situé au niveau d'un des points forts et non centré, d'une manière générale la symétrie doit être évitée ; si elle est au contraire recherché, alors il faut qu'elle soit parfaite !

La prépondérance du sujet principal gagne le plus souvent à être contrebalancée par la présence d'un autre élément intéressant situé lui aussi au niveau d'un autre point fort, généralement opposé au premier. Par ailleurs, il est fortement conseillé de ne pas laisser de vide dans l'image, mais au contraire de meubler les zones de moindre intérêt avec des éléments « neutres », tels que des éléments de mobilier, des rideaux, une fenêtre, etc.

Choix du matériel[modifier | modifier le wikicode]

Voici peu d'années, le terme « nature morte » évoquait immédiatement l'usage d'un appareil de moyen format approvisionné en films à grain fin, donc de faible sensibilité. La nécessité d'opérer le plus souvent avec un diaphragme très fermé, pour obtenir une profondeur de champ importante, était synonyme de temps de pose assez longs et donc de travail sur pied.

En 2017 les choses ont quelque peu changé, surtout pour les amateurs qui disposent d'appareils reflex suffisamment performants pour aborder ce domaine dans de bonnes conditions. La nécessité de travailler sur pied, toujours pour les mêmes raisons, n'a quant à elle pas disparu. Un trépied lourd et rigide, ou tout autre support présentant ces caractéristiques, est indispensable.

Un appareil de type reflex est généralement considéré comme le mieux approprié à la nature morte, puisqu'il permet de cadrer de la façon la plus précise possible. En 24 x 36 ou avec un appareil numérique dit « plein format », les objectifs les plus recommandables sont a priori les 50 mm, en raison de leur haute qualité et de leur grande ouverture. Pour de tout petits objets il sera peut-être préférable d'utiliser un objectif macro, ou éventuellement un petit téléobjectif pour obtenir un certain recul. Bien entendu, tous les objectifs de bonne qualité, zoom compris, sont utilisables.

Pour obtenir les meilleurs résultats possibles, ne pas oublier quelques détails :

  • débrayer l'autofocus : seule une mise au point manuelle permet de situer le plan de netteté de façon optimale. L'usage de la visée sur écran (live view), quand il est possible, facilite grandement les choses. Le mieux, toujours quand c'est possible, est encore de relier l'appareil à un ordinateur dont l'écran servant de viseur pourra donner une bien meilleure idée de l'image finale que celui de l'appareil, même en utilisant la loupe.
  • une fois le cadrage obtenu, il faut régler le diaphragme à la meilleure valeur possible, allant généralement de 8 à 16 : trop ouvert, la profondeur de champ sera insuffisante, trop fermé, la diffraction va intervenir et dégrader l'ensemble de l'image.
  • débrayer la stabilisation, car elle produit toujours quelques micro-mouvements nuisibles à l'obtention d'une netteté optimale.
  • éviter les temps de pose compris entre 1/25 s et 1 s : c'est en effet entre ces deux valeurs que les inévitables vibrations produites par le fonctionnement de l'appareil (relevage du miroir, présélection du diaphragme, fonctionnement de l'obturateur) peuvent nuire le plus à la netteté de l'image.
  • éviter de déclencher manuellement, car la pression du doigt sur le déclencheur ou sur l'écran produit forcément quelques petits déplacements et/ou vibrations de l'appareil. L'usage du retardateur, auquel on ne pense jamais assez, est un moyen simple de résoudre ce petit problème ; une télécommande filaire ou par radio peut apporter un peu plus de confort tout en évitant tout déplacement accidentel de l'appareil en cas de faux mouvement.

Techniques d'éclairage[modifier | modifier le wikicode]

Mise en place des éclairages[modifier | modifier le wikicode]

Utiliser la lumière naturelle est souvent une bonne idée, à condition d'éviter le soleil direct qui donne immanquablement des ombres très denses et des zones éclairées qu'il est bien difficile de ne pas surexposer. Ce conseil vaut aussi pour d'autres domaines comme le portrait, ce n'est évidemment pas par hasard que les ateliers de portraitistes étaient toujours munis de larges ouvertures orientées vers le nord.

L'éclairage d'ambiance principal est le plus souvent constitué par une ou plusieurs sources de grande surface, boîtes à lumière ou flashes de studio munis de parapluies, projecteurs halogènes utilisés en lumière indirecte, etc. Plus rarement, on pourra utiliser l'éclairage ambiant, naturel ou artificiel, que l'on trouvera à sa disposition dans une pièce. D'autres appareils d'éclairage plus ou moins intenses et généralement très dirigés (nids d'abeille, « snoots », etc.) permettent de mettre en valeur le sujet principal et certains éléments sur lesquels on veut attirer le regard.

Il est essentiel de disposer d'un éclairage continu afin d'évaluer facilement l'effet produit par les diverses sources. L'inconvénient des lampes à incandescence, surtout si elles sont puissantes, est de dégager beaucoup de chaleur. S'il s'agit de photographier des boules de crème glacée dans une coupe, il faut alors faire vite, à moins que l'on préfère utiliser des simulacres ou des imitations en matière plastique comme font souvent les photographes publicitaires.

  • une seule source de lumière : sauf si l'on souhaite certains effets spéciaux, les éclairages très dirigés, qui produisent des ombres aux contours nets, sont à éviter. En fait une seule lampe peut suffire, à condition de diffuser la lumière : on peut interposer une plaque de plastique blanc ou même une simple feuille de calque entre la lampe et le sujet, ou opérer par réflexion en faisant en sorte que la lumière soit renvoyée par un carton blanc, une plaque de polystyrène expansé, etc. C'est peut-être le moment de ressortir un écran de projection, les modèles perlés ou métallisés sont particulièrement efficaces. Des montages plus complexes peuvent être envisagés, notamment pour apporter un peu de lumière là où les ombres sont trop denses. De façon classique, la source unique est placée en haut à gauche du sujet, à 45 ° par rapport à l'horizontale et à l'axe optique de l'appareil.
Lorsque l'on recherche des effets de contre-jour, une seule source est souvent suffisante, les éclairages trop compliqués semblent alors trop artificiels.
  • deux ou plusieurs sources de lumière : Après tout il n'y a qu'un seul soleil, se plaisait à dire le grand portraitiste Daniel Masclet. Il savait bien que la surabondance de sources lumineuses se traduit généralement par une surabondance de problèmes pour ceux qui ne maîtrisent pas bien la chose. Le défaut le plus courant consiste en ce que des éclairages trop croisés donnent à la fois des ombres portées dans tous les sens et désorientent le regard des spectateurs. Il faut de toute façon une source principale, les sources auxiliaires étant bien moins intenses, voire discrètes ; le plus souvent, il s'agit d'appareils d'éclairage de type spot.
  • éclairage au flash électronique : toutes les remarques précédentes restent valables, mais ce mode d'éclairage ne permet pas d'apprécier directement le rendu, à moins d'utiliser des flashes munis de lampes-pilotes dont chacune délivre un flux lumineux proportionnel à l'intensité de l'éclair qui doit être délivré par le tube flash associé. Les sujets photographiés étant généralement de dimensions relativement petites, il n'est pas nécessaire de disposer de torches très puissantes. Les possibilités sont par ailleurs très nombreuses, selon les modes de liaison et de commande des flashes. Cependant, l'éclairage continu est généralement le moins onéreux et le plus facile à maîtriser par les amateurs.

Les pièges[modifier | modifier le wikicode]

Régler un éclairage est toujours très délicat. Chaque zone du sujet est éclairée par les diverses sources disposées par le photographe mais aussi par la lumière renvoyée par les objets voisins. Un objet blanc, par exemple, renverra beaucoup de lumière vers ses voisins immédiats. Ce sera pire avec un objet brillant ou en métal poli, qui pourra créer des reflets de diverses formes, aux bords nets, capables d'interférer avec les formes des objets voisins. Si l'objet qui renvoie la lumière est coloré, sa couleur se retrouvera aussi dans le voisinage ; l’œil du photographie risque de s'y habituer, ce que ne fera pas la pellicule ou le capteur.

Dans tous les cas il faut veiller à ce qu'aucune zone du sujet ne soit surexposée. Dans la plupart des cas, la matière des sujets photographiés doit être rendue avec le maximum de fidélité et les zones « brûlées », vides de détails, forment dans l'image des sortes de trous particulièrement désagréables. Les spécialistes de la photographie publicitaire connaissent bien ces problèmes : s'il s'agit de vendre un objet, celui-ci doit être mis en valeur dans toutes ses parties. C'est pourquoi, en plus des sources primaires « actives », ils ajoutent presque toujours des éléments d'éclairage « passifs », sous la forme de petits réflecteurs en papier blanc, en polystyrène expansé, ou encore de petits cartons garnis de papier d'aluminium, qui renverront un peu de lumière là où il en manque. Inversement, de petits « réflecteurs noirs » permettent d'atténuer les éclairages trop intenses en absorbant une partie de la lumière renvoyée vers le sujet.

Quelques exemples[modifier | modifier le wikicode]

Bibliographie[modifier | modifier le wikicode]

  • BÉLILE, Georges .- Natures mortes et mini-studio. In : Chasseur d'Images, n° 18, 1er novembre - 30 décembre 1979, pp. 65-69.
  • MARZOLF, Jean-Jacques .- Une nature morte doit vivre ! In : Chasseur d'Images, n° 18, 1er novembre - 30 décembre 1979, pp. 70-77.

Photographes spécialisés[modifier | modifier le wikicode]

  • Diego Porcel (Paris)

Images en réserve[modifier | modifier le wikicode]

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